mercredi 30 septembre 2015

Ramsès T2 Le Temple des millions d'années de Christian Jacq

Hé Manu, tu descends ?
Ramsès T2 Le Temple des millions d'années de Christian Jacq (France Loisirs, 382 pages, 1996)

Incipit :
Ramsès était seul, il attendait un signe de l'invisible.
Seul face au désert, à l'immensité d'un paysage brûlé et aride, seul face à son destin dont la clé lui échappait encore.

La suite du Fils de la Lumière, où la magie est beaucoup plus présente, ce qui ne me gêne pas, mais change du premier qui était plus "réaliste". Amusant de croiser des grecs, avec Ménalas, Hélène et surtout Homère, écrivant l'Illiade.

Toujours des intrigues de pouvoir où Chénar, le frère qui n'a pas été choisi pour la succession de Séthi, complote à tout va. Les liens de Ramsès avec ses camarades d'études, que ce soit Moïse ou Âcha, se délitent petit à petit. Ramsès marque de son empreinte le début de son règne en fondant notamment Pi-Ramsès. Les tensions avec les Hittites vont grandissante ... heureusement il y a encore de la place pour une spiritualité et même l'amour très romantique avec son épouse Néfertari.

Toujours aussi emballant !!

Note : AAA

samedi 26 septembre 2015

Jour J T01 Les Russes sur la lune ! de Duval & Pécau - Buchet

Jour J T01 Les Russes sur la lune ! de Duval & Pécau - Buchet (Delcourt, 56 pages, 2010)


J'ai commencé par le Tome 2, n'ayant pu trouver le tome 1 à ce moment là et cela m'avait convaincu de continuer. J'ai pu d'ailleurs emprunter les six volumes qui suivent le tome 2 à la Médiathèque. Tout un programme (spatial).

Cette uchronie prend pour hypothèse que les Russes réussissent les premiers à poser le pied sur la Lune. Comme pour le Tome 2, un addendum donne des sources qui ont inspirés le volume en question ainsi que des explications.

Pour ce volume 1 l'idée de départ n'est pas si farfelue qu'on pourrait le croire. Les Russes ont eu quelques incidents qui ont reculé de quelques mois leur programme, et si la NASA avait rencontré des problèmes similaires alors la Russie aurait très bien pu damer le pion aux États-Unis. C'est raconté dans De Spoutnik à la Lune : l'histoire secrète du programme spatial soviétique de Pierre Baland, indiqué dans l'addedum.

A partir de cette modification de l'Histoire, le récit parle d'une colonisation de la Lune, deux bases, l'une soviétique, l'autre américaine, avec la lutte des deux géants, la guerre froide battant son plein. Mais ce qui se passe sur la Lune reflète-t-il la même chose que sur Terre ? Dans un milieu aussi hostile, la collaboration ne parait-elle pas la meilleure stratégie ? L'idéologie ne va-t-elle pas étouffer tout message humaniste ? Ces quelques idées sont développées dans ce thriller uchronique. Comme à chaque fois des clins d’œil (par exemple Stanley Kubrick avec l'affiche 2001 qui regarde les news à la télévision) ou des contrepieds par rapport aux faits réels.

J'ai hâte d'entamer les suivants !

Note : AAA

vendredi 25 septembre 2015

Ramsès T1 Le Fils de la Lumière de Christian Jacq

Séthi le bon ?
Ramsès Le Fils de la Lumière de Christian Jacq (France Loisirs, 411 pages, 1995)

Incipit :
Le taureau sauvage, immobile, fixait le jeune Ramsès.
La bête était monstrueuse ; Les pattes épaisses comme des piliers, de longues oreilles pendantes, une barbe raide à la mâchoire inférieure, la robe brun et noir, elle venait de sentir la présence du jeune homme. 

La vie de Ramsès II en cinq volume, Le Fils de la Lumière étant le premier.

Une écriture fluide qui nous emporte dans un conte sur fond d'histoire égyptienne. Des intrigues, des trahisons mais surtout une vision du monde spirituelle envoûtante dans des décors sublimes. Un père magnétique au charisme magique, une mère royale et un frère qui veut contrecarrer la destinée de Ramsès. Ajoutons à cela une histoire d'amour passionnée avec Iset. Cette dernière sera-t-elle reine ? Ramsès réussira-t-il à déjouer les pièges d'un frère ambitieux ?

Sur fond d'Egypte ancienne, un exotisme qui fascine, une histoire emballante !! J'adore ! Une manière idéale de s'imprégner de la mythologie mais aussi des Pharaons ou des monuments qui ont traversé le temps. Des détails sur l'architecture, les vêtements, les métiers, etc. font de ce récit un riche enseignement. Cela me rappelle ma visite au Louvre section Égypte, un très bon moment passé en famille.

Note : AAA

jeudi 24 septembre 2015

L'arpenteur de mondes de Jean-Christophe Chaumette

Electric Dream
L'arpenteur de mondes de Jean-Christophe Chaumette (Éditions Lokomodo, 395 pages, 2010)

Incipit :
Je contemple l'enveloppe, mon enveloppe ... Elle est vieille, sèche, décharnée, sans force. Inexorablement, la chaleur, l'énergie et la vie la désertent.

Une journaliste, Vigdis Gehrke, rencontre des tas de voyants, gourous ou autres illuminés. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux la persuade de l'arrivée de l'arpenteur ...

Assez dans l'air du temps, du zeitgeist (fin du monde, 2012, le Mal, la religion, le déclin, la décadence, les jeux vidéos MMO, la réalité virtuelle, l'aliénation, certaines séries comme Lucifer, The Messengers etc.) un livre qui se lit comme une bonne série B. Les passages religion inventés (hors Apocalypse de la Bible) sont très bien fait. On dirait un RPG avec des héros improbables, ferait un bon scénario de série ou de jeu.

Note : AA


Jour J Tome 02 Paris secteur soviétique

Jour J Tome 02 Paris, secteur soviétique de Duval, Pécau, Séjourné et Blanchard (Delcourt, 55 pages, 2010)

Une série originale basée sur l'uchronie, une modification du résultat d'un conflit et les conséquences possibles. Cela offre à l'amateur d'Histoire des points de vue qui décoiffe, comme par exemple sur la couverture, la Tour Eiffel endommagée et Paris occupé avec un secteur soviétique (comme pour Berlin dans la vraie Histoire).

Sur fond de cette uchronie la traque d'un serial killer, dans une ambiance d'espionnage style guerre froide, qui rappelle Jack l'éventreur. Assez amusant les personnages historiques que l'on retrouve dans des contextes originaux comme Béria, Albert Camus ou encore Jean-Paul Sartre.

J'aime beaucoup ! Je pense que plus on connait l'Histoire plus on apprécie ce genre de BD.

Note : AAA

mercredi 23 septembre 2015

La première guerre mondiale de John Keegan

Vanité, tout n'est que vanité
La première guerre mondiale de John Keegan (Le Club, 542 pages, 1998, 2003 pour la version française)

Incipit :
La Première Guerre Mondiale fut un conflit tragique et inutile. Inutile, dans la mesure où le fil des évènements qui la provoquèrent aurait pu être rompu à tout moment au cours des cinq semaines de crise qui précédèrent les premiers combats, si l'on avait fait preuve de prudence et de bon sens. Tragique, car elle provoqua la mort de 10 millions d'êtres humains, en traumatisa un plus grand nombre encore, et anéantit l'humanisme propre à la culture européenne.

La Grande Guerre, la der des der, qui a engendré la deuxième, de sa genèse, pas complètement expliquée, par étape, au conflit violent qui devint mondiale, et à sa conclusion, imparfaite, avec en germe les éléments qui allaient engendrer un autre monstre et toutes les dérives extrêmes.

Ce qui frappe tout de même à la lecture de cet ouvrage est que l'humain est une matière première comme les autres, les obus, les véhicules, l'essence. Une matière première qui s'use , se remplace, malléable comme un sac de charbon. Outre la déshumanisation que l'on ressent, la cruauté, la froideur, le peu d'intérêt pour le le soldat en tant qu'arme, je comprend mieux le pacifisme politique à l'aube de la deuxième guerre mondiale, ce qui a permis, ironiquement, à Hitler de poursuivre son fantasme impérialiste.

Également la froideur des militaires qui envoient à la mort plusieurs milliers de personnes (parfois en une seule journée) sans sourciller semble-t-il. Certes il faut "accepter" des pertes et garder son sang-froid. C'est le travail du militaire sinon faut faire un autre métier. Mais l'obstination sur plusieurs années de tactiques pour la majorité dès le départ vouées à l'échec laisse sans voix. Bien sûr il est aisé de juger a posteriori, dans un contexte très différent, d'une époque passée plus ou moins lointaine. Mais tout de même j'ai ressenti un amateurisme (meurtrier) plus prégnant dans ce conflit que dans le deuxième.

Mais quid de la sanction de tels comportements de chefs militaires (incompétence, plans mal ficelé, pensée magique, etc) parfois à la limite de la haute trahison (Exemple, Nivelle qui a parlé de son plan à Londres, qui a fuité en Allemagne et a contrecarré son offensive) ?  c'est le limogeage ou encore plus étonnant une récompense (nomination comme Maréchal) ce qu'il a été également possible de constater dans Winston Churchill.

C'est une une boucherie sans nom, écœurante dans les grandes lignes mais encore pire lors de témoignages de soldats français, britanniques ou allemands. Ces derniers sont parfois même écœurés d'aligner les cibles comme au champ de foire. L'impression d'un immense gâchis, d'un dilettantisme devant l'exécution de tant d'êtres humains. Même la lecture de ce livre ne doit approcher même de loin le vécu des atrocités commises. L'illusion concernant la guerre est à tout les niveaux. Une ignorance qui permet d'envoyer à la mort des millions de personnes qui en 1917 finissent tout de même par trouver qu'il y a de l'abus.

La défaite de la politique, la défaite de la pensée,  la défaite de l'humain. Défaite de la pensée militaire où par exemple certains militaires obtus voulaient garder le pantalon rouge de l'infanterie, cible parfaite !. Où les combats n'ont pas évolués depuis Napoléon voire, dans cette guerre d'attrition, depuis la bataille de Kadesh, où c'est celui qui a le plus de réserve d'homme qui finit par l'emporter, le degré zéro de la guerre, à la hauteur de l'impéritie des dirigeants. Car déjà maitriser ou non l'entrée en guerre relève d'un exercice de haute volée mais une fois la guerre déclenchée, à part faire de son mieux, le reste est quasiment imprévisible (durée, pertes, etc).

L'Europe au faîte de sa gloire (culture, économie, etc) mais où pourtant des capitaines d'industries se pourlèchent les babines d'une guerre possible (voir la série DVD Apocalypse La première guerre mondiale), source de profits. Cela n'a guère changé de nos jours. Une guerre familiale aussi puisque les dirigeants des pays belligérants sont pour partie de la noblesse et descendants de la reine Victoria. Enfin un effet domino qui n'a pu être induit que par la décrépitude politique, usée et assise sur une vision du monde dépassée, des plans militaires qui prennent leurs désirs pour des réalités (Plan Schlieffen, le front de l'Ouest plié en ... quatre semaines) etc. Le constat est accablant sur plusieurs niveaux. Pire, l'humanité n'apprends pas, n'évolue pas, ne profite pas des leçons, continue de rechercher les conflits, les profits et se dirige tranquillement à sa perte, comme on peut le constater pour d'anciennes civilisations dans Effondrement de Jared Diamonds. La civilisation mondiale peut ressentir que les indicateurs sont au rouge (réchauffement climatique, migrations, guerres, etc), il y a des experts qui alertent, mais voilà les forces en présence ne cèdent pas.

Un bon dossier de références, et une conclusion percutante. Un bon livre, éclairant, qui pose de bonnes questions, et remet en perspective ce conflit sur plusieurs points. Des cartes un peu sommaire, l'explication des divisions etc. pas claire mais une une analyse intéressante.

Note : AAA

lundi 14 septembre 2015

Stratagèmes de Jean Deuve

Abracadabra !
Stratagèmes Duperies, tromperies, intoxications pendant la Seconde Guerre Mondiale de Jean Deuve (Nouveau Monde poche, 332  pages, 2013)

Incipit :
L'histoire a maintes fois démontré que la tromperie est, dans le domaine de la guerre, une ressource essentielle. Elle permet à celui qui l'utilise de surprendre son adversaire, de vaincre un ennemi plus puissant ou de se sortir de situations périlleuses.
Le synthèse d'opérations basées sur la tromperie lors de la deuxième guerre mondiale. Guerre de l'information et des apparences.

Quelques définitions au début qui distinguent stratagèmes, déception, mystification, intoxication et désinformation.

La description d'opérations comprend Fortitude mais est plus précise car il y a Fortitude Nord et Fortitude Sud.

Sunshield
Plus surprenant, j'en avais déjà entendu parler, est l'utilisation d'illusionnistes et de décorateurs de cinéma pour faire croire à la présence de matériel, à la présence de troupes etc. voire déguiser un char en camion !!

Tous les coups sont permis, allant de fausses pistes d’atterrissages, faux messages, fabrication de fausses armées, trafic radios etc. jusqu'à l'utilisation d'un sosie (Clifton James en Bernard  Montgomery !).

Amusant les exemples cités du XIIème siècle et qui s'appliquent pratiquement de la même manière, en tout cas le même esprit, au XXème.

Des aspects de la guerre qui transparaissent peu dans les livres généraux sur la deuxième guerre mondiale. En lisant l'histoire secrète de la Gestapo, j'avais l'impression que les allemands étaient les plus fort, en lisant ce livre que c'était les alliés, plus par l'amoncellement d'exemples liés au sujet que par la volonté de l'auteur de biaiser la réalité mais tout de même de lire ces différents ouvrages donne un aperçu plus complet et équilibré.

Note : AAA

mardi 8 septembre 2015

Winston Churchill de François Kersaudy

Debellare superbos, sed parcere
subjectis
Winston Churchill de François Kersaudy (Tallandier, 658 pages, 2015)

Incipit :
Le 30 septembre 1874, au palais de Blenheim, dans l'Oxfordshire, naît Winston Leonard Spencer-Churchill, fils de Randolf Churchill et de Jennie, née Jerome. 

La biographie de Winston Churchill en moins de 700 pages. Au regard de cette destinée étonnante François Kersaudy réussit une belle synthèse, étayée de nombreuses références et notes de bas de page, explorant autant que faire se peut les facettes multiples de cette vie foisonnante qu'est celle de Sir Winston Churchill.

Tour à tour politicien, diplomate, peintre, romancier, écrivain (il sera Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son œuvre !), guerrier, etc. et parfois le tout quasiment en même temps, cette force de la volonté, cet homme à l'énergie épuisante pour les autres, aura traversé l'histoire d'une trajectoire éblouissante. J'ai découvert au passage les coulisses des politiques, des états-major, des conflits d'ego, des succès mais aussi des erreurs (plus ou moins grandes) ... une mine de réflexion.

L'auteur n'en souligne pas moins les travers de W. Churchill, confondant de naïveté parfois, mais sachant faire la part des choses sans le juger au travers du prisme de notre époque. Un portrait contradictoire, mais tout à la fois saisissant, étonnant, incroyable voire dépassant la fiction la plus débridée. Faisant écho à une de mes lectures récente, La deuxième guerre mondiale, c'est l'occasion de ressentir de plus près les relations complexes avec De Gaulle, Staline, Roosevelt et tant d'autres. Un être d'exception qui aura bénéficié d'une chance quasi divine, échappant de nombreuses fois à la mort. Un imaginatif (pensée latérale) concepteur, entre autre, du port artificiel (Mulberry) pour le débarquement. Une force de travail époustouflante, un humour qui fait mouche, il y a tant de choses à en dire !

Un livre bien écrit (quelques coquilles ou expression bizarre mais c'est assez mineur) qui vous emporte complètement. Une vue également de la vie politique anglaise. Au final un livre époustouflant qui m'a totalement emballé. Claude Quétel m'avait incité à lire la biographie de Winston Churchill, après de multiples recherche et la lecture attentive de critiques, j'ai choisi ce livre de M. Kersaudy. Je ne le regrette pas.

Quel contraste avec Adolf Hitler, ce dernier, peintre qui n'a pas réussit, alors que Winston chuchill voit plusieurs de ses peintures exposées, mais aussi sur de nombreux autres points, Adolf Hitler ayant une culture assez étroite, ethnocentrée, Winston Churchill ayant voyagé en Inde, en Afrique du Sud, s'intéressant aux autres cultures (sous le prisme du colonialisme tout de même). Il y en aurait bien d'autres comme ce point très instructif : terrasser les orgueilleux, mais épargner les soumis. J'ai pu lire tout l'intérêt de cette vision des choses lors de l'après-guerre des Boers (un passage étonnant). Dit autrement vos ennemis d'aujourd'hui seront vos partenaires de demain. C'est d'autant plus vrai que, ce principe n'ayant pas été appliqué, l'humiliation du traité de Versailles a poussé vers la deuxième guerre mondiale. Ménager l'ennemie défait se retrouve d'ailleurs comme un des principes de l'Art de la Guerre de Sun Tzu.

Un excellent ouvrage à la hauteur de son sujet !!

Note : AAAA