dimanche 29 novembre 2015

Le XXe siècle idéologique et politique de Michel Winock

Ciel mon mari !
Le XXe siècle idéologique et politique de Michel Winock (tempus, 2009, 487 pages sans les notes)

Incipit :
L'idéologie, terme péjoratif sous la plume de Marx - l'idéologique est le contraire de scientifique -, prend une tournure positive sous celle de Lénine : un système d'idées et de théories destinées à servir d'armes dans le combat politique.

Par une série de relatifs courts chapitres, Michel Winock met en perspective les idéologies du XXème siècle, totalitarisme, fascisme et démocratie. Il rappelle comment ces idéologies se sont définies, comment elles ont évoluées et en enfin comment l'historien peut en faire une synthèse éclairée qui permet à tout citoyen de mieux en saisir le sens, la complexité.

Puis dans d'autres chapitres il expose le capitalisme, le socialisme, les extrémismes, le populisme, en se focalisant principalement sur la politique française. La richesse de l'exposé, l'argumentation claire et solide permet de se faire une bonne idée de l'histoire politique et de l'histoire des idées au sein de l'histoire française, de ses élites, de la classe dirigeante et de montrer ainsi, sous un jour nouveau, les évènements parfois douloureux qui ont émaillé son périple. Le personnage de Jeanne d'Arc, Clemenceau et De Gaulle, l'Affaire Dreyfus, le colonel La Rocque, la décolonisation, enfin Mai 68 font partie de ces sujets que l'auteur explore, analyse, décortique, ce qui m'a permit de mieux appréhender le monde qui m'entoure et pas seulement l'histoire du passé. Par exemple, et cela m'a plutôt amusé d'une certaine manière, de découvrir des arguments déclinistes, xénophobes, réactionnaires au XIXème siècle, les mêmes que j'entends encore aujourd'hui à peu de choses près. Et ce n'est qu'un des aspects de ce livre dense, riche, qui mérite une attention toute particulière tant il peut apporter à tout un chacun. Pourquoi ne l'ai-je pas lu plus tôt ?

Pour apprendre ou réviser et avoir des bases solides sur des sujets qu'il n'est pas conseillé d'ignorer. Si vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique, quant à elle, s'intéresse à vous. Michel Winock rappelle à bon escient le rôle de l'historien et les écueils qu'il lui faut éviter (anachronisme, ne pas se mettre dans le contexte de l'époque, juger avec moralisme etc), il a bien sûr raison mais cela devrait également être le cas des citoyens. Cela éviterait bien des polémiques stériles, polarisée, binaires. Encore que. L'auteur rappelle à juste titre que la vérité et l'objectivité ne sont pas toujours les objectifs poursuivis, et il explique pourquoi. Il insiste aussi sur le fait de ne pas toujours de laisser envahir par les grandes lignes de fractures, la simplicité, et de regarder au delà, plus en détail. Il fait très bien sur l'Affaire Dreyfus par exemple. Sur Mai 68 aussi il y a quelques phrases clés qui permettent de mieux comprendre le phénomène. Cela m'éviteras l'intimidation de certains avec des phrases ou slogans tout fait style "la pensée 68", ce qui ne veut pas dire grand-chose en soi, car il rappelle pertinemment que ce n'est pas si simple, en particulier que ladite pensée s'est forgée après (livres etc) et que l'esprit du temps (y compris et surtout dans d'autres pays)  a beaucoup contribué également. Quand je vous dit que ce livre vaut son pesant de cacahuètes ! Je vous recommande également, du même auteur, Le siècle des intellectuels. J'en ai un excellent souvenir. Pour conclure un livre qui permet de penser, loin du brouhaha médiatiques, des petites phrases qui font la une, de la pensée kleenex, de la philosophie tweeter,  des commentaires de blog idiots, des polémistes aux discours simplistes et polarisés, des journaux d'opinions qui tordent la réalité, des politiques menteurs et manipulateurs, de la télévision sans mémoire, racoleuse, médiocre et au voyeurisme pornographique et des émissions dont la bêtise abyssale laisse pantois. Sur ce dernier point, je ne sais plus, je ne regarde plus la télévision.

Note : AAAAA

dimanche 22 novembre 2015

Les désorientés d'Amin Maalouf

T'as pas vu mon cerf-volant ?
Les désorientés d'Amin Maalouf (Poche, 514 pages, 2012)

Incipit :
Je porte dans mon prénom l'humanité naissante, mais j'appartiens à une humanité qui s'éteint, notera Adam dans son carnet deux jours avant le drame.
Dans un pays qui s'apparente au Liban (mais qui n'est jamais cité), Adam est  contacté par un ancien ami, Mourad, mourant, qui souhaite le revoir une dernière fois. Adam qui a fui son pays décide d'y revenir, d'y rassembler le cercle d'amis tel qu'il fut 30 ans auparavant. Ce sera l'occasion pour lui de se remémorer son passé, ses amis, ses relations, et bien plus.

C'est d'abord en nous ligotant le corps que les tyrannies morales nous ligotent l'esprit. Ce n'est pas leur unique instrument de contrôle et de domination, mais il s'est révélé, tout au long de l'histoire, l'un des plus efficaces.
Un livre plein d'humanisme, de réflexions sur le monde, la guerre et ses conséquences sur des destinées individuelles. Des observations et des remarques d'une troublante justesse. Très bien écrit, un voyage qui pousse à s'interroger sur la puissance de l'amitié, la complexité des relations humaines, la psychologie humaine lorsque les différents protagonistes proviennent d'univers variés, que cela soit le milieu social ou la religion. Même les retrouvailles amoureuses sont amenées avec beaucoup de délicatesse. Je cherchais un livre réconfortant après les attentats de Paris. Je l'ai trouvé, même si la fin est amère. Un livre d'ouverture contre le fanatisme. Car les intégristes sont prompts à interdire, par exemple la musique (voir la vidéo d'un imam, l'imam de Brest, endoctrinant des enfants : la musique vous transforme en porc ou en singe (sic), les morts du Bataclan apprécieront, mais étonnamment n'interdit en rien certains travers ... qui concernent les riches bien entendu. Comme de s'acheter une Porsche ou une Ferrari rutilante, voir ces véhicules abandonnés en Arabie Saoudite. Il y a bien d'autres exemples où la loi religieuse est aménagée, interprétée ... pour les puissants, rien de surprenant de la part d'un pouvoir, de tous les pouvoirs).
Ma patrie sociale, c'est l'entre-deux. Ni les possédants, ni les revendicateurs. J'appartiens à cette frange médiane qui, n'ayant ni la myopie des nantis ni l'aveuglement des affamés, peut se permettre de poser sur le monde un regard lucide.
Sans chercher à juger, avec beaucoup de finesse, une histoire lumineuse porteuse d'espoir même si, je ne m'y attendais pas le moins du monde, la fin m'a fauché dans mon humeur quasi mystique.
Personne ne prétend qu'il ne faut jamais rien interdire. Mais certains de tes coreligionnaires ont l'interdiction facile. On a l'impression qu'ils fouillent les textes à la recherche d'un interdit de plus, qu'ils se dépêchent de proclamer. Quelqu'un a dit un jour des puritains anglais : "Ils ne sont pas vraiment fanatiques, ils veulent seulement être sûrs que personne ne s'amuse nulle part."
Un livre aussi sur le voyage, l'exotisme, l'exil, l'émigration et ses conséquences sur notre vision du monde et sur nos choix. 
 Mais à votre âge il faut que vous le sachiez : le temps de la décence est révolu. Ou, pour dire les choses plus brutalement : la décence est morte.
Un livre magnifique. Quelques paragraphes très instructifs et quelques phrases qui pourraient servir d’aphorismes. J'ai adoré ce livre. Cela m'a donné l'envie de lire d'autres livres de cet auteur. J'ai choisi Les identités meurtrières.

Ceux qui appellent à la révolution devraient démontrer à l'avance que la société qu'ils vont établir sera plus libre, plus juste, et moins corrompue que celle qui existe déjà. Vous ne croyez pas ?

Note : AAAA

jeudi 19 novembre 2015

La septième fonction du langage de Laurent Binet

Ne pas confondre hémorroïde et
annus horribilis
La septième fonction du langage de Laurent Binet (Grasset, 494 pages, 2015)

Incipit :
La vie n'est pas un roman. C'est du moins ce que vous voudriez croire. Roland Barthes remonte la rue de Bièvre. Le plus grand critique littéraire du XXe siècle a toutes les raisons d'être angoissé au dernier degré.

Un accident. Roland Barthes renversé. Un accident ? vraiment ? Un inspecteur est sur le coup. Une étrange voiture le suit lors de son enquête dans le milieu intellectuel de l'époque, où on rencontre Chomsky, Derrida, Kristeva, Foucault où le langage fait l'objet de toutes les analyses. Une société secrète, le Logos Club, où les joutes de langage remplacent le combat dans l'arène, voyage en Italie pour croiser Umberto Eco. Un livre riche, à l'humour délicat, qui se joue de la langue, des mots, des personnages, de l'histoire, avec un petit côté délirant délicieux.

Une enquête intello qui se moque gentiment, au passage, des têtes pensantes de l'époque de Barthes. La première partie est plus emballante, la deuxième et les suivantes se perdent un peu parfois dans la critique d'un milieu à l'instar d'un David Lodge mais au final assez jubilatoire. Le résultat du combat avec Sollers est assez tordante. Quant à la fin, intéressante ...

Un livre érudit et bien ficelé !

Note :  AAA

L'islamisme vrai visage de l'islam d'Hamid Zanaz

Le Mal est dans l'œil de celui qui regarde
L'islamisme vrai visage de l'islam d'Hamid Zanaz (Les éditions de Paris, 2012, 80 pages)

Incipit :
Le fanatisme lié à la religion islamique est un sujet brûlant, voire explosif. Ce n'est pas un hasard si les écrits se multiplient sur le sujet. L'islamisme, dans toutes ses composantes, est le nouveau colonialisme du monde arabe qui pourrait menacer la sécurité du monde et la civilisation.

Une introduction prémonitoire. Bien avant les attentats contre Charlie Hebdo, le restaurant juif, contre les valeurs de la République, de la fatwa contre Charb, des manifestations hostiles, incitant à la haine et aux meurtres de la part des islamistes (notamment en Grande-Bretagne, voir les photos et les slogans !!), et aux attentats de Paris dernièrement. Bien avant 2084 : la fin du monde de Boualem Sansal (mieux accepté malgré la charge de sa fable que Soumission de Michel Houellebecq) mais après Yasmina Khadra, bien avant Merah,  et je m'arrêterai là, un livre synthèse, sourcé, citant Le choc des civilisations, des penseurs s'exprimant dans Le Monde, Le Nouvel Observateur, un livre qui ne pratique pas la langue de bois ou des propos lénifiants, qui dit clairement ce qu'il exprime, sans ambages ou circonlocutions superfétatoires. Il n'ignore pas les musulmans généreux, pacifiques qui font partie de la majorité de cette croyance mais indique sans fard que l'islam en tant que religion est incompatible avec les valeurs de la République, de la modernité. Il va même plus loin, il n'y a pas d'islamistes : l'islamisme est l'islam. Les terroristes sont d'une certaine manière plus pressés que les autres et utilisent la voie de la violence. Mais le but est le même, celui clairement exprimé dans 2084 de Sansal. La domination totale. Une théocratie mondiale. Je me suis étonné de la sociologue citée (Leïla Babes) indiquant que nulle part dans le Coran la femme pouvait être battue (clairement indiquée dans le verset 34, sourate les femmes), après vous pourrez lire sur des sites musulmans que ce n'est pas tout à fait vrai, dans une belle démonstration de rhétorique alambiquée digne des plus grands jésuites. Pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.  Ou encore des propos de Fadela Amara. Comme tout pouvoir il cherche à s'étendre et diminuer le pouvoir de l'autre. D'où l'intérêt de la loi sur la laïcité où chacun est libre ... chez soi. Bref. Le plus ironique est Zemmour vilipendé d'islamophobie, alors qu'il est tout de même assez phallocrate, réac etc. ce qu'est la religion de l'islam. Ce livre parlait déjà de Molenbeek, ville belge carrefour des terroristes.

Suite aux évènements récents, cela fait en tout cas froid dans le dos. J'espère qu'Hamid Zanaz se trompe. Je terminerai par une très belle citation : "A long terme, tous les fils d'Adam et d'Eve sont des enfants perdus" (Amin Maalouf).

Note : AAA

L'ami retrouvé de Fred Uhlman

I'm a poor lonesome cowboy ...
L'ami retrouvé de Fred Uhlman, introduction d'Arthur Kœstler (folio, 140 pages, 2000)

Incipit :
Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir. Plus d'un quart de siècle a passé depuis lors, plus de neuf mille journées fastidieuses et découses, que le sentiment de l'effort ou du travail sans espérance contribuait à rendre vides, des années et des jours, nombre d'entre eux aussi morts que les feuilles desséchées d'un arbre mort.

Un adolescent au lycée, sans véritable ami. Jusqu'au jour où un nouvel arrivant, très bien habillé, d'une famille noble et réputée, arrive dans sa classe. C'est l'ami qu'il recherchait. Cela sera-t-il réciproque ?

Me rappelle La lettre à un jeune poète de Rilke par les sensations que ce texte dégage, la façon de raconter, cette amitié magique et totale. Qu'un totalitarisme va broyer, c'était l'amour dans 1984 d'Orwell, ce sera l'amitié dans L'ami retrouvé. Quoique ... la fin est d'une certaine manière plus optimiste comme le titre le sous-entend. Il trainait à la maison, c'est au programme de ma fille. Lu en une soirée (environ 2h je dirais).

Un texte lumineux, une histoire simple et sublime.

Note : AAA

Le suicide français d'Eric Zemmour

Passé subjectif versus présent décomposé
Le suicide français d'Eric Zemmour (Albin Michel, 544 pages, 2015)

Incipit :
La France est l’homme malade de l’Europe. Les économistes évaluent sa perte de compétitivité. Les essayistes dissertent sur son déclin. Les diplomates et les soldats se plaignent en silence de son déclassement stratégique. Les psychologues s’alarment de son pessimisme. Les sondeurs mesurent son désespoir. Les belles âmes dénoncent son repli sur soi. Les jeunes diplômés s’exilent. Les étrangers les plus francophiles s’inquiètent de la dégradation de son école, de sa culture, de sa langue, de ses paysages, de sa cuisine même. La France fait peur ; la France se fait peur. La France est de moins en moins aimable ; la France ne s’aime plus. La douce France vire à la France amère ; malheureux comme Dieu en France ?

Eric Zemmour revisite la France de 1970 à nos jours, beaucoup de référence à la culture, l'économie, la politique. Il critique pas mal (lol), il y en a qui vont avoir les oreilles qui sifflent. Langage intéressant, soutenu parfois, j'ai même trouvé un zeugma ...

Il aborde des sujets divers et variés : l'éducation, l'autorité, le pouvoir gay, la fin de l'assimilation, la globalisation, l'immigration, l'islam, l'agro-alimentaire, l'urbanisation, les centrales d'achat, l'anti-racisme qui mélange tout, le communautarisme, De Gaulle, Chirac, Jospin, Napoléon etc.

Il y a des propos réducteurs à son encontre. Pour Vichy oui il dit que les juifs français ont été sauvés par le sacrifice des juifs étrangers (sourcé) on peut y voir une réhabilitation mais plus loin il indique bien que ce régime (Pétain/Vichy) était funeste aux juifs.

Il y a une cohérence de sa pensée, il regrette la perte des repères, la fin de l'assimilation, la tout dans un monde globalisé etc. et c'est dans ce sens que l'immigration musulmane actuelle lui pose souci (chômage, communautarisme, etc).

Au lieu de lire ce qu'on en dit vous y gagnerez à le lire. Bien sûr vous ne serez pas d'accord sur tout, et justement c'est bien plus intéressant. Par exemple même si je comprends que la judiciarisation à l’américaine est une dérive à déplorer (en lieu et place d'une médiation par exemple) cela justifie-t-il pour autant qu'on puisse mettre la main aux fesses d'une jeune femme, fussent-elles jolies ? (c'est son argument !!).

Un livre riche, des mises en parallèle surprenantes ...mais Zemmour a tendance à essentialiser (le peuple, la France, les musulmans, les féministes etc), à simplifier et grossir le trait. Néanmoins cela permet de poser un débat et d'y réfléchir.

Récemment accusé de racisme pour des propos en Italie, cela ne fait que confirmer ce qu'il dit dans son livre. SOS-racisme et ses dérives à tout va étant égratignés dans son livre pas de surprise pour cette tentative de museler la liberté d'expression, car si ce qu'il a dit relève de l'incitation à la haine raciale il va falloir censurer pas mal de journaux (entre autres). Ce n'est pas sain pour le débat et me rappelle la Terreur (La révolution française de Max Gallo) où sous des prétextes de vertu, de morale on condamnait avec parodie de procès, on muselait, on décapitait. Si effrayés par Eric Zemmour ou si peu sûr d'eux mêmes, qu'ils en sont réduits à des méthodes d'intimidation et d'attaques ad hominem. Et s'il y avait un peu plus de matière à lui opposer que des vocables infamants comme raciste ou réactionnaire ? L'accuser de racisme est un peu dévoyer les termes et ne pas les utiliser judicieusement. A force de les utiliser à propos de tout et n'importe quoi cela les vide de leur substance. Comme les accusations de racisme à l'encontre du dernier Astérix (ignorant au passage que les numides de l'album sont scribes et que l'un d'entre eux dévoile le plan de César ... entre autres). Il y a beaucoup plus idiot, de la part de Michel Serres pour qui la série Astérix est fasciste (sic) et incite à la drogue (France Info le dimanche 18 septembre 2011). A comparer avec son analyse de Tintin. Pauvre Michel Serres, après son produit marketing Petite Poucette  il passe le mur du çon avec les honneurs.

Il faut prendre le livre dans sa globalité. Il n'est pas tant contre Bourdieu que par ce que la gauche en a fait : l'égalitarisme, où l'école se nivelle vers le plus bas. Il n'est pas tant misogyne, phallocrate ou contre le féminisme que contre l’indifférenciation. Indifférenciation que l'on retrouve dans le cosmopolitisme mondialisé etc, le communautarisme, la non intégration, donc le rejet de la France et de ses valeurs. C'est pour cela qu'il ne faut pas se contenter d'extraits de son livre mais le lire intégralement.

Ces tentatives de censure, ces propos réducteurs parfois à son encontre, me rendent encore plus nécessaire de lire son essai. Pour la liberté d'expression et parce qu'on est encore, je l'espère, dans une démocratie. Et pour faire la nique aux bien pensants :-)

Cet article devait paraitre samedi dernier. Les attentats de Paris par des islamistes ont changé la date de sa parution et colore son contenu de façon étrange et prémonitoire. L'idéalisme ne marche pas. L'angélisme non plus. Ce livre montre bien que l'assimilation (pour ne prendre que cette thématique) est plus favorable à la vie ensemble que la non intégration qui pousse à l'intégrisme et aux attentats (au regard du contexte actuel). Boualem Sansal est bien plus sévère dans sa fable ...

Note : AAA

samedi 14 novembre 2015

Attentats Paris


Suite aux évènements de cette nuit, je suis en deuil. Mes pensées aux victimes.




lundi 9 novembre 2015

1789 : silence aux pauvres ! d'Henri Guillemin

Hue dia !
1789 : silence aux pauvres ! d'Henri Guillemin (utovie / h.g., 120 pages, 2012)

Incipit :
J'avais pensé à Éloge des vaincus. Mais il fallait avoir lu mon petit texte pour comprendre ce titre-là : les vaincus ? ceux que liquida le 9 Thermidor, avec, en quarante-huit heures, la plus belle fiesta de la guillotine, plus de cent dix têtes coupées le 10 et le 11.

Je ne sais plus comment j'ai découvert Henri Guillemin (mais j'ai pu l'écouter en mp3 ou le voir sur youtube). Il est doté d'un style pamphlétaire réjouissant.

Dans ce court récit, la révolution en peut se résumer par : les gens de biens contre les gens de rien.

La suite idéale à La révolution française de Max Gallo même si ce dernier ne cache en rien ce qu'en dit Henri Guillemin.

Note : AAA

La révolution française de Max Gallo

Tu sors !
La révolution française de Max Gallo (France Loisirs, 756 pages, 2008/2009)

Incipit :
Il était le roi de France, Louis, le XVIè du nom, l'héritier d'une lignée qui depuis plus de dix siècles avait bâti et gouverné ce royaume des fleurs de lys et qui, par la grâce de Dieu, en avait fait l'un des plus puissants du monde.

Un pavé qui nous fait revivre la révolution française jusqu'à l'avènement de Napoléon Bonaparte.

La fin de la monarchie, Louis XVI décapité. Naissance de la république et ce qui l'accompagne la Terreur, Danton et Robespierre en assassins, Fouquier Tinville en psychopathe. Où on tue au nom de la morale, de la vertu et de la liberté !.

Le pouvoir de la com, déjà, de la politique qui permet par un renversement des mots de tout justifier. La naissance de la gauche, de la droite, l'assemblée, l'école publique etc.

Des détails d'une période troublée et chaotique, les luttes intestines de pouvoir, pouvoir qui rend cruel, inhumain, assassin. C'est bien mieux que Game of Thrones car ancré dans la réalité et faisant partie du fondement de la France.

Cela se lit presque comme un roman, si la densité de détails, de personnages, de renversements, si la complexité des situations ne demandaient pas autant de concentration.

Une mine d'information ! Peut aider grandement à comprendre d'où viennent certains courants politiques et le pourquoi de leurs oppositions.

Note : AAA

L'intégrale Gaston Lagaffe de Franquin

M'enfin !
L'intégrale Gaston Lagaffe de Franquin (Hachette Collection, 2015)

L'intégrale de Gaston Lagaffe. Comment résister ? En sus les deux volumes Idées Noires. A chaque fois des suppléments qui détaillent les personnages, des anecdotes. Le plus de cette série est le respect des couleurs tel que l'aurait voulu Franquin (par exemple au début Gaston a les espadrilles oranges ...) et la qualité des albums (dos toilé, cousu, grand format).

Un grand plaisir de retrouver un de mes héros d'enfance. La collection vient de se terminer et j'ai fini le dernier album il y a quelques jours déjà. Ô tempore Ô mores.

Note : AAA

Le Jour J Tome 11 et Tome 12

Le Jour J Tome 11 La nuit des Tuileries et Tome 12 Le lion d’Égypte (Delcourt)



J'avais complètement oublié de parler de ces deux épisodes de Jour J. Sauf que je les ai lu il y a au moins trois semaines. Depuis voyage en Normandie et autres lectures et j'ai un peu oublié. Dans la nuit des tuileries il y a le roi, Marie-Antoinette, des trahisons etc. j'aurais beaucoup gagné à le lire après La Révolution Française de Max Gallo que je viens de terminer. Quant au Lion d’Égypte, je me rappelle seulement que les machines infernales de Léonard de Vinci y font fureur.

Note : AA

samedi 7 novembre 2015

Le guide du routard spécial débarquement et la bataille de Normandie

Le guide du routard Le débarquement & la bataille de Normandie (Hachette, 158 pages, 2014)

Récemment parti en vacances en Normandie, thème plages du débarquement. Je n'ai pas pu trop lire pendant ce voyage culturel et fort passionnant (bon un petit peu quand même, j'avais emmené mon kindle).

La station radar de Douvres










Nous sommes passés à Arromanches pour découvrir les vestiges du port artificiel, le Mulberry B. Le musée présente deux maquettes de l'ensemble, une vidéo 3D et bien sûr des objets comme un scaphandre, une mine flottante pour les plus imposants.
Tombe juive cimetière canadien


Il y a eu aussi la Pointe du Hoc où environ 200 Rangers ont du grimper des falaises et sécuriser un site hautement défendu. Il nous a été possible d'y voir encore les trous profonds, traces du bombardement intensif il y a quelques 70 ans.

Passage obligé, le pont de Bénouville, rebaptisé Pégasus Bridge, car Pégase était le symbole du 6th airborne.  Des gliders (planeurs) ont réussi l'exploit d'atterrir à 50 m du pont, en pleine nuit, sans GPS ...Bon d'accord le pilote était nyctalope mais quand même. Le musée est très bien fait, avec le pont d'origine, un glider réparé à partir de pièces d'autres glider, les ponts Bailey, facile à bien monter, difficile à mal monter, parole du génie et beaucoup d'objets (dont la cornemuse de Bill Millin). Une maquette avec des points animés raconte en détail la nuit du 6th airborne. Pas loin nous avons avons fait une pause au café Gondrée (première bâtisse libérée et qui a servi d'hôpital de campagne).
Mulberry, port artificiel Arromanches

Le Mémorial de Caen, avec son bunker souterrain de 70 m de long et une présentation de nombreux thèmes, au prix d'entrée le plus élevé de toutes nos visites, n'a pas échappé à notre vigilance. Les jardins du souvenir (américain, canadien et britannique) sont superbes en particulier l'américain et sa chute d'eau.
Street Art à Arromanches

Le Grand bunker de Ouistreham, sur cinq étages, dont le commando anglais a du s'y reprendre à deux fois pour exploser la porte blindée (d'abord 3 kg de TNT puis 5 Kg), où il y a un télémètre, des pièces spécialisées (armurerie, cuisine, chambrée, salle des cartes etc), une barge à l'extérieur qui a servi pour le film Il faut sauver le soldat Ryan ; Et le musée Kiefer du commando de français, les seuls français présents lors du débarquement, tout proche.

Le point le plus éloigné de notre voyage, Sainte-mère église, avec le mannequin de John Steele sur la flèche bien que du mauvais côté par rapport à la réalité historique, un musée richement doté, avec un C47 et la reconstitution des instants avant le largage des paras (bruitage inclus). A noter, dans l’Église, peut-être l'unique vitrail au monde à présenter la vierge marie entourée de parachutistes.

Cimetière américain de Colleville
Et bien sûr le respect du aux morts par le recueillement dans un cimetière Canadien, au cimetière britannique de Ranville, au cimetière allemand de la Cambe, à celui Américain de Coleville où nous avons pu suivre une visite guidée (excellente) par un britannique. Beaucoup d'anecdotes, le fils du président Roosevelt y est enterré, y sont aussi enterrés des frères dont Spielberg s'est inspiré pour son film (cf. supra), du personnel non militaire comme une femme de la croix rouge, décédée dans un accident d'avion etc. Il n'est pas possible de rester indifférent devant tant de stèles et le sacrifice de tant d'êtres humains. A noter les petites pierres posées sur les tombes juives surtout au cimetière canadien et britannique.

Vierge marie et G.I. Église de
Sainte-mère église

A la sortie du cimetière de Colleville il y a l'Overlord Museum avec des reconstitutions étonnantes (Avec des véhicules lourds, et même un char Tigre IV, des scènes diverses assez réalistes).

Une semaine dense, avec quelques 450 photos pour se remémorer, les pieds en compote, mais aucun regret (Enfin si, ne pas y être resté plus longtemps au regard du nombre de sites potentiels à visiter ).

Le guide du routard nous a été d'une aide précieuse pour préparer ce voyage. Le GPS aussi pour circuler sans souci (avec une estimation de la durée des trajets) et surtout se permettre tous les détours si d'aventure une opportunité se présentait.

Outre le guide que je vous recommande, allez en Normandie vous ne le regretterez pas ! J'ai acheté quelques livres spécialisés sur le débarquement notamment celui d'une série chez Osprey où chaque débarquement de plage est étudié en détail (j'ai pris celui sur Sword Beach). Merci à Françoise pour son prêt du livre Le débarquement en chiffre. J'avais déjà commencé à lire sur le sujet avant ce voyage avec entre autre D Day Normandie, Stratagèmes, Winston Churchill qui a aidé pour le pont artificiels comme les containers Phoenix.
Sculpture pacifiste au Mémorial de Caen

Note : AAA