vendredi 30 décembre 2016

Obedience to authority by Stanley Milgram

Obedience to authority by Stanley Milgram (Harperperennial, 224 pages, 1974 pour l'édition originale chez Harper)

Incipit :
Obedience, because of its very ubiquitousness, is easily overlooked as a subject of inquiry in social psychology. But without an appreciation of its role in shaping human action, a wide range of significant behavior cannot be understood. For an act carried out under command is, psychologically, of a profoundly different characer than action that is spontaneous.

Un livre beaucoup plus profond, essentiel, édifiant, que ce qu'on peut en lire par ailleurs (résumé, procès à charge, instrumentalisation des uns et des autres). Comme quoi toujours aller à la source. Et pour ce livre c'est d'autant plus important que, comme le rappelle l'auteur dès la préface l'obéissance est ubiquitaire et partie intégrante de nos comportements. L'expérience principale la plus connue et souvent reprise dans les médias, dans les films (I comme Icare ou le biopic The Experimenter) n'est que le sommet de l'iceberg. Les variantes et surtout la finesse des analyses de Milgram, ses arguments réfléchis, argumentés sont au moins sinon plus important que la synthèse qu'on peut lire par ailleurs. En clair, ce livre est un incontournable, un livre référent sur plus d'un point (les autres étant l'éthique des expériences humaines, les protocoles, les détails du protocole jusqu'à ce qui semble le plus anodin ... et qui ne l'est pas). La transformation en état agentique autant que ce qui différencie l'obéissance dans le cadre de cette étude de l'obéissance sous le régime Nazi sont des points majeurs qu'on ne peut ignorer.

Un livre fascinant qui vous en apprendra beaucoup sur la nature humaine mais aussi sur les manières d'aborder la complexité des comportements. Il donne à voir aussi les attitudes diverses de défense notamment le déni et les mécanismes sous-jacent. Sans être dogmatique ni moraliste, il explicite que ces mécanismes sont parfois plus ou moins conscients ou a posteriori, ce qui peut sembler parfois contre-intuitif. Un livre éblouissant de clarté et de synthèse.

Note : AAAAAAA

jeudi 29 décembre 2016

New-York Collapse by Warren Merchant

New-York Collapse, A survival guide to urban catastrophe by Warren Merchant, Ubisoft Entertainment, Alex Irvine (Chronicle Books, 176 pages, 2016)

Toujours dans la même thématique que son pendant illustré The Art of The Division, un livre complément du jeu The Division d'Ubisoft. En fait il s'agit d'un véritable guide de survie urbaine, avec un scénario catastrophe centré sur New-York. De vrais conseils sont présentés et une réflexion réaliste, crédible et carrément flippante est détaillée au fil des pages, étapes par étapes, jusqu'à la mort ineffable, décomplexée, inexorable ... arrggh je meurs.

C'est aussi un croisement avec non seulement le jeu d'Ubisoft mais un complément narratif car ce guide est couvert d'annotations manuscrites qui à la fois raconte l'histoire de la détentrice du guide, une enquête sur l'auteur Warren Merchant et avec une certaine ironie se moque de certains conseils car, il faut bien l'admettre, à ce niveau d'effondrement, bonne chance pour survivre.

Ce guide fait encore plus dans l'immersif car il a des pages abîmées, tachées, sales (ou alors la factrice a bien mal fait son boulot), et contient des suppléments (par exemple une carte de métro, un plan de Manhattan, une affiche de recherche d'un disparu etc.) rendant encore plus empathique ce produit dérivé du jeu. Comme en plus il s'agit d'un vrai guide c'est vraiment de la balle. A rajouter dans votre bibliothèque, section "On va tous mourir dans d'atroces souffrances", juste à côté de la série "C'est dommage, j'aimais bien New-York".

Note : AAAAAA

The Art of The Division by Paul Davies

The Art of The Division by Paul Davies, Ubisoft (Titan Books, 160 pages, 2016)

Un livre d'art (un art book) sur le jeu vidéo The Division d'Ubisoft. Un MMORPG, jouable tout de même en solo (c'est un peu plus dur, faut looter pas mal), post-pandémie, situé dans Manhattan. Ce livre fait la synthèse des travaux graphiques, recherche de designs, de mises en scène, d'un environnement urbain assez réaliste et crédible, saccagé par une pandémie brutale. Une recherche très travaillée sur ce qui aurait pu se passer dans les rues, les immeubles, les services de secours, les réactions des uns et des autres, que deviendraient les prisonniers de Rikers Island,  etc. Une reconstitution assez bluffante d'une partie de New-York.

Un bon complément sur le travail visuel d'un jeu assez prenant pour peu qu'on adhère à sa thématique ou qu'on se laisse prendre à ce scénario catastrophe. Pour collectionneur, passionné ou simplement givré.

Note : AAAAA

mercredi 28 décembre 2016

Histoire de la psychologie de Collectif

Histoire de la psychologie de Collectif (Sciences Humaines, 237pages, 2011)

Nan, nan, ce blog n'est pas mort (et moi non plus). Je lis plusieurs livre en parallèle, ce qui en soit n'est pas forcément fabuleux mais ralentit d'autant la parution de nouveaux articles (bon, oui, ok, je joue aussi pas mal à The Division sur PS4).

Ce livre d'Histoire de la psychologie est surtout un recueil d'articles thématiques. Oui, comme le Hors Série de Cercle PSY [n°100]. Bon, alors, vous allez me dire, pourquoi le lire (vu que j'ai aussi le Hors Série, enfin vous le sauriez si vos lisiez mon blog) ? Bonne question. Excellleeeeennnnte question. Déjà les thèmes abordés ne sont pas toujours les même (et toc!) et en plus l'auteur d'un article a un angle qui n'est pas toujours le même (et retoc). Et puis (voire surtout) pour compenser ma mémoire de poisson rouge, c'est un façon de réviser. Parfois il y a l'idéologie comme sur le Freudisme. Dans ce recueil le freudisme n'en sort pas grandit. Dans la lignée de ce qu'il est possible de lire chez des historiens et dans la revue Sciences Humaines. Je comprends l'émoi à la sortie du livre de Michel Onfray (émoi par l'intelligentsia des psychanalystes), il n'empêche que Freud n'avait pas une démarche très scientifique (et je suis gentil), a arrangé ses analyses (not cool bro), a sciemment menti et caviardé ses recherches, s'est construit un mythe que des idolâtres continuent de perpétuer et la psychanalyse relève au final plutôt de l'imposture, ou à tout le moins n'est pas ce qu'elle prétend parfois être. Ce livre ne parle bien sûr pas que de Freud et chaque thème abordé est à la fois concis, efficace, instructif. Jung, Piaget etc.  Une bonne base.

Ah oui j'oubliais, de bonnes références à la fin et bon guide des psychologues cités, ce qui est assez pratique. J'ai bientôt terminé une de mes lectures parallèle (cf. supra) sur L'obéissance de Milgram. Il me reste que quelques pages. Quand je vous disais que les articles allaient tomber !!!! Sortez vos parapluies.

Note : AAA


mardi 20 décembre 2016

La clôture de Fabcaro

Aïe mes yeux !
La clôture de Fabcaro (6 Pieds sous Terre Éditions, 43 pages, 2009)

Bonjour à tous, oui cela faisait un moment que je n'avais pas écrit quoi que ce soit. Cela ne m'a pas empêché de lire, j'ai d'ailleurs plusieurs ouvrages en cours (Je finis le livre de Milgram sur l'obéissance, j'ai en cours Extinction, Les Garennes de Watership Down, La psychologie sociale de chez Dunod et quelques autres, oui c'est bon, okay, je me disperse un peu). Faut dire aussi que j'ai été emballé par l'excellente série américaine de chez HBO, Westworld, qui traite un condensé de thématiques qui m'intéressent particulièrement (l'homme qui se prend pour Dieu, l'intelligence artificielle, le libre arbitre, l'esclavage, la violence, la liberté, les MMORPG, la frontière entre la réalité et la fiction, la conscience, l'interaction homme machine, les réseaux neuronaux, la définition du vivant et j'en passe). Et puis par quelques jeux comme la série Uncharted (1, 2, 3 et 4).

Mais grâce à Catherine, je peux facilement faire premier article ce mois !! Merci grande prêtresse de la Marguerite ! De surcroit par un auteur que j'aime beaucoup qui a réalisé notamment Zaï Zaï Zaï Zaï mais aussi La Bredoute ou encore Carnet du Pérou. Faudrait que le Salon du Livre de Beaugency l'invite !! Je promet de m'occuper de lui !

Bon La clôture donc, un BD qui, déjà, m'a fait m'esclaffer aux moins quatre fois et rien que pour cela c'est top moumoutte mégadrive ! Une histoire à l'apparence un peu chaotique et absurde mais totalement maîtrise, dans l'art de la rupture, de l'entremêlement étonnant de plusieurs histoires, de l'humour et d'un sens de la dérision désopilant. Il est très bon cet auteur, je vous le recommande une fois de plus !

Difficile à résumer bien qu'on pourrait dire qu'il s'agit d'une rencontre, une histoire d'amour, mais ce serait trop en dire.

Note : AAAAAA

dimanche 27 novembre 2016

Je te vois de Béatrice Shalit

The show must go on
Je te vois de Béatrice Shalit (Julliard, 177 pages, 2015)

Incipit :
Eva
En face de chez moi, s'élève depuis ce matin une grue bleue. Les travaux ont commencé en janvier cette année. Mais cette grue est une nouveauté. Nous sommes en juin et je me suis habituée à voir de ma terrasse œuvrer les hommes du chantier.

Une femme, psychanalyste de profession, veuve, ses deux enfants, un chantier devant chez elle et une histoire qui tourne, chaque personnage donnant son point de vue ou une partie de l'histoire, autour de ce chantier. Une écriture intéressante, des personnages atypiques, une histoire assez courte et  de lecture aisée. Déjà j'ai pu lire je ne vais pas me plaindre, j'avais du mal à commencer un nouveau roman et avec celui-là j'ai accroché. La comparaison en quatrième de couverture avec Fenêtre sur cour d'Hitchcock me parait assez abusive, pour ne pas dire mercantile.

Je l'ai emprunté au Club de Lecture car il était recommandé par un membre du Club mais aussi parce qu' Eva, un des personnages principaux, est psychanalyste. Et comme en ce moment je potasse de la psychologie ... Mais bien que psychanalyste elle a tout de même du mal à décoder ses propres affects. L'émotion sans doute.

Un roman qui se lit, sans être exceptionnel. M'a quand même donné envie de découvrir d'autres livres de cette auteure.

Note : AA

samedi 12 novembre 2016

Psychologie cognitive Manuel visuels de Licence d'Alain Lieury

Psychologie cognitive Manuel visuels de Licence d'Alain Lieury 4ème édition (Dunod, 427 pages, 2015)

Après Psychologie du développement, Psychologie clinique et psychopathologie, voici dans la collection Manuel visuel de chez Dunod : Psychologie cognitive !!! Hip hip hip !

Pour les remarques générales, ce sont sensiblement les même : pas de glossaire, certains mots non définis. Là je remarque une fois de plus qu'il est indiqué comment faire une recherche web : mettre deux mots de recherche, par exemple Phineas Cage (p. 369). Ah ouais quand même ... c'est tout de même un manuel de niveau licence, vu que ma fille de 15 ans sait depuis un paquet d'année faire des recherche web, je suis surpris du niveau de ce genre de conseil pour des BAC+1. Oui je crois que j'ai envie de râler en ce moment. Doit être lié à une élection récente.

Plus surprenant est page 391, sur l'expérience de Milgram, l'expérimentateur est en "blouse blanche"(c'est moi qui souligne) : ben non, je commence à être calé sur cette expérience (documentaires sur youtube, biographie de Milgram, je suis en train de lire son livre Obedience to authority, ai vu le film Experimenter). Non il s'agit d'une blouse grise, et il y a de bonnes raisons à cela, on voit le souci du détail de Milgram et les détails, en psychologie sociale (pour ne pas dire ailleurs), c'est primordial. S'ensuit dans le même paragraphe un acteur qui "mime la douleur" (c'est moi qui souligne). Encore une approximation. Le sujet dans le protocole de base (il y a eu des variantes) ne voit pas la "victime" mais l'entends. Alors, qu'un acteur mime la douleur, n'est pas très pertinent. Encore plus étrange les voltages annoncés dans le paragraphe suivant : "de 2 volts à 4,5 volts" et plus loin "l'intensité du choc varie de 3 à 7" n'indiquant même pas l'unité. Non seulement les valeurs présentées ne correspondent pas à l'expérience (les voltages commencent à 15 volts et progressent de 15 v en 15 v) mais semble en plus confondre l'échelle de 0 à 30 de Milgram (qui n'est pas en volt celle-là). C'est un peu léger, voire manque un peu de sérieux comme présentation, surtout pour une 4ème édition, et m'inquiète sur le reste du livre sur des sujets que je ne maîtrise moins ou pas du tout.

Ceci étant dit ce livre est absolument passionnant, que ce soit sur les sens,  la mémoire (en fait les mémoires), l'apprentissage, le langage, la motivation, les émotions, l'intelligence, la personnalité, chaque partie offre une flopée d'informations sur le fonctionnement de l'être humain et apporte son lot de surprises. A propos de surprise, je suis étonné qu'un chapitre complet ne soit pas proposé pour présenter le cerveau (comme cela a été fait pour l’œil, l'oreille etc) et donnant une fois pour toutes les axes, les zones, le nombre de neurones (enfin un chiffre précis annoncé et une répartition : page 303, car les chiffres d'un livre à l'autre varient sans à chaque fois préciser de quelle partie on parle, cortex, cervelet ?). Difficile de retenir autant d'informations, nécessite un travail important (voir chez Librio Apprendre à apprendre d'André Giordan et Jérôme Sallet).

Il est rappelé et cela de manière argumentée avec des études à l'appuie, que la graphologie et l'astrologie sont des pseudo sciences qui relèvent du charlatanisme. Sachant que la graphologie est très utilisée par les recruteurs français cela laisse songeur. Il est rappelé aussi dans ce livre que les kits mains libres en voiture ont la même influence dangereuse que de prendre son téléphone en conduisant ... cela aussi laisse assez songeur sur les politiques publiques et la prise en compte des recherches. Mais après tout la population est empoisonnée de pesticides (par exemple les pommes) avec l'appui des industriels, la FNSEA et des politiques, alors ...

Un excellent ouvrage, une bonne base de travail, idéal en L1 Pyscho. Donne de bonnes pistes dans une bibliographie assez fournie.

Note : AAAAA

Le Jourde & Naulleau Entreprise de nuisance littéraire

Le Jourde & Naulleau Entreprise de nuisance littéraire, version aggravée du Lagarde & Michard de Jourde & Naulleau (Point, 398 pages, 2015)

Incipit :
Nous allons vous parler d'un temps que les moins de quatre fois vingt an ne peuvent pas connaître. Que les autres poussent à fond le volume de leur Sonotone et veuille bien se souvenir de ce mot : la littérature.

En fait je l'avais déjà lu ... mais bon celui-là c'est la version actualisée avec plus d'impostures, plus de tête de turcs. J'avoue je trouve cela assez drôle, pas tant les écrits que les exercices associés ou quelques notes caustiques de bas de page.

Pour la plupart de ceux visés, je ne es ai pas lu, je n'ai donc que des exemples, parfois affligeants il faut bien le reconnaitre. Cela donne une idée d'une certaine exigeance, d'une certaine critique de style. Les écrivains ne sont pas non plus parfaits, je me rappalle qu'en lisant Les mots de Jeau-Paul Sartre, à quel point je le trouvais imbu de lui-même, arrogant, puant d'orgueil. Mais peut-on en conclure que le livre n'est pas intéressant pour autant ? Non, ce sont deux choses différentes. Mais voilà il y a l'auto-fiction (j'attends le jour du Salon de l'Auto-fiction), si en plus c'est écrit comme c'est parlé, très court, en racontant à peu près tout et n'importe quoi qui se passe de sa journée avec un intérêt assez limité, cela donne Christine Angot (J'ai essayé de lire, deux fois, je trouve cela complètement nul, sujet nul, style nul) ou Marie Darrieusscq (J'ai tenté Truismes, je suis tombé des nues, c'est quoi cette daube ?) Maintenant je ne suis pas expert, loin de là, j'ai essayé dernièrement de lire le dernier Prix Goncourt, Chanson Douce, et même si le premier chapitre est bien construit avec une dramatisation évidente, le style est plat, la famille banale à pleurer, avec des problèmes d'une platitude ennuyeuse à mourir. Cela va peut-être marcher car l'intrigue joue sur une angoisse qu'a connu beaucoup de parent, la recherche d'une nounou fiable.  Puis j'ai tenté Babylone de Yasmina Reza (j'avais bien aimé Art et Le Dieu du Carnage). Pareil, j'accroche pas. Mince qu'est-ce qu'il m'arrive ? Un petit passage à vide ou alors je deviens blasé ????

Bon revenons à Jourde & Naulleau. Un traité humoristique de style, avec un léger soupçon de mauvaise foi, et même si on peut ne pas être d'accord sur tout, il y a tout de même quelques points bien sentis qui font mouche. Avec les pastiches, une autre manière amusante de s'intéresser à notre époque en littérature, le travers de certains auteurs ou plutôt de certaines de leurs "œuvres". Plus d'un exercice (et encore plus leur correction) sont même parfois hilarants ! Vous y trouverez Olivier Adam, Christine Angot, François Bégaudeau, Emmanuelle Bernheim, Patrick Besson, Madelaine Chapsal, Christophe Conte, Marie Darrieusecq, Alexandre Jardin, Anna Gavalda, Yannick Haenel, Philippe Labro, Camille Laurens, Benrnard-Henri Lévy, Marc Levy, Philippe Sollers, Dominique de Villepin, Florian Zeller.

Note : AAAA

mardi 8 novembre 2016

Le cri de Nicolas Beuglet

Le cri de Nicolas Beuglet (XO, 494 pages, 2016)

Incipit :
Sarah claqua la porte derrière elle. Essoufflée par ses propres cris, elle demeura debout, sans bouger, reprenant sa respiration.
Le silence du couloir n’était plus troublé que par le bourdonnement étouffé d’une télévision encore allumée à cette heure avancée de la nuit.
Le cœur battant trop vite, elle chemina vers la cage d’escalier, lentement, certaine qu’il allait rouvrir la porte d’une seconde à l’autre, lui déclarer qu’il l’aimait et n’avait toujours aimé qu’elle, que cette tromperie était une erreur, une faiblesse qui ne se reproduirait plus jamais.
 Un thriller qui commence sur les chapeaux de roue pour ne plus vous lâcher. Le cadre me séduisait, un vieil hôpital psychiatrique, dans la Norvège, au passé sombre et glauque. Une policière attachante, qui a subit un traumatisme et a des problèmes de couples. Un homme, soit-disant suicidé, qui ... bon c'est un thriller, difficile de parler de l'intrigue. Cette dernière est bien fichue, utilise des faits déjà utilisés par ailleurs (par exemple Thilliez), mais l'intrigue, le rythme haletant, la policière à laquelle on s'attache, le complot, les rebondissements, l'intensité des situations, bref c'est un vrai page-turner. Si vous avez aimé Le premier miracle de Legardinier, ce livre pourrait bien aussi vous plaire. J'ai dévoré ce livre et je ne le conseille à tour de bras (oui aussi bien Le cri que Le premier miracle).

Note : AAAAA


La présidente Tome 2 : Totalitaire

La présidente Tome 2 : Totalitaire de François Durpaire et Farid Boudjellal (Les arènes, 140 pages, 2016)

La suite de La Présidente dont certaines "prédictions" se sont avérées. Espérons que les prédictions de ce tome 2 n'aboutiront pas, comme l'élection de Donald Trump. De la politique fiction, s'inspirant de faits réels, des programmes, des slogans et de la communication des différents parti en particulier celui du FN. C'est très bien fait et criant de vérité.

Beaucoup plus sérieux et inquiétant que le carnet secret de Marion Maréchal Le Pen. C'est plutôt bien que des auteurs fassent œuvre de réflexion et la BD manifestement se prête bien à la politique d'anticipation.

Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenu.

Note : AAAA

mardi 1 novembre 2016

The Man Who Shocked The World: The Life and Legacy of Stanley Milgram de Thomas Blass

1 Kg ! (Milgram)
The Man Who Shocked The World: The Life and Legacy of Stanley Milgram de Thomas Blass (Basic Books, 384 pages, 2004)

Incipit :
 STANLEY MILGRAM WAS  born in the Bronx on August 15, 1933, to Samuel and Adele Milgram, both jewish immigrants from Eastern Europe. They met in the United States and were married in February 1931.

Un titre au jeu de mot électrique !

La biographie d'un psychologue, spécialisé en psychologie sociale, célèbre pour son expérience sur l'autorité, expérience reprises dans de nombreuses publications, dans des films (par exemple I ... comme Icare, avec Yves Montand, ou Experimenter dernièrement, avec Winona Ryder) et toujours dans des cours (par exemple le volume pour les L1 psycho Psychologie Sociale, chez Dunod).

Une vie passionnante, raconté avec force détails, anecdotes, extraits de documents, où l'histoire de la Psychologie Sociale se confond parfois avec les avancées apportées par Milgram. Plusieurs de ses expériences sont présentées (utilisant par exemple la technique de la lettre perdue) comme la théorie du "le monde est petit", où chaque personne peut être reliée à n'importe quelle autre par une à 10 intermédiaires, avec une moyenne de six (les six degrés de séparation). Génial !

J'ai adoré ce livre, aussi bien enchanté par la vie de ce chercheur que par ses découvertes. Le monde de la recherche en psychologie sociale avec les problèmes éthiques soulevés comme avec son expérience sur l'obéissance/soumission à l'autorité. Pourtant, à peine mentionnée à la fin, la SPE (Stanford Prison Experiment) de Zimbardo (né la même année que Milgram, même promo, et toujours en vie ! voir sa conférence TED The psychology of evil) pose bien plus de questions éthiques. De même la comparaison de cette soumission d'américain à une autorité de recherche avec celle des allemands sous le régime nazi occulte le contexte (régime dictatorial, conditionnement de tout un peuple, etc.), la menace (pour les allemands qui protégeait des juifs :  déportation de la famille entière ...) qui n'est pas similaire à celle des américains de classe moyenne qui ont passé cette expérience, dont le contexte (régime démocratique) la menace (pas de menace physique et ils pouvaient quitter l'expérience quand ils le souhaitaient) n'est pas identique (et de loin). Et bizarrement ces différences essentielles ne sont pas soulignées dans ce livre.

Dans Le cercle Psy, ils parlent du film Experimenter, que je vous recommande même s'il est assez scolaire, que Milgram s'adresse au spectateur (j'aime pas trop), et que sa biographie est bien plus complète, détaillée et nuancée. Dans Le cercle Psy ils rappellent que Milgram était aussi cinéaste. Bon en fait il s'intéressait au cinéma, et il a fait quelques documentaires. Pour les voir accrochez-vous, je voulais les acheter, hé bien sur Amazon le coffret est à plus de 2000 euros. Sur TheAlexanderStreet chaque film est aux environs de 200$ et le tout pour 1000$. Donc déjà si on l'achète en France on se fait arnaquer de 1000 euros. Sympa. Mais surtout le prix est prohibitif ! Seule l'expérience sur l'obéissance est disponible sur Youtube, pour les autres films ce sont des bandes annonces. J'ai demandé à quelques bibliothèques, y compris universitaires, elles ne l'avaient pas. j'ai tenté une demande pour que le coffret soit commandé, on verra.

Bref, ce livre m'a passionné (déçu qu'il soit déjà fini), la psychologie sociale est peut-être la branche qui me tenterait le plus ... Bien plus qu'une biographie c'est un livre sur la psychologie sociale, sur la connaissance de l'homme et les débats éthiques liés aux expérimentations humaines. Je vous recommande aussi le Hors Série du magazine Le Cercle Psy qui vient de paraître. Très très intéressant avec force détails sur certaines légendes (Ex : Pinel qui aurait enlevé les chaînes des fous, la vérité est un peu plus pragmatique).

Note : AAAAA

Demian d'Hermann Hesse

Demian : Histoire de la jeunesse d’Émile Sinclair d'Hermann Hesse (Livre de Poche, 219 pages, 1979)
Les portes de la perception

Incipit :
Je commence mon histoire par un évènement de l'époque où, âgé de dix ans, je fréquentais le gymnase de notre petite ville. 
Tout vient à ma rencontre et éveille en moi une douleur sourde et d'agréables frissons : rues sombres et rues claires, maisons et tours, carillons et visages humains, chambres tièdes et confortables, chambres pleines de mystère et de la peur des revenants.

Un livre qui montre les angoisses, la recherche de sens, l'incertitude, les ambivalence, la recherche d'un modèle, comment se distinguer etc. de l’adolescence. Émile Sinclair s'en pose des questions ! Et la religion lui apporte quelques réponses mais cela lui semble incomplet. La rencontre avec une figure tutélaire, Demain, va lui permettre d'évoluer, de changer voire de se transformer.

Par l'auteur de Le Jeu des Perles de Verre, où j'ai reconnu son style, sa quête de dépassement de soi, de recherche de stades supérieurs. Ici beaucoup de figures duales, le bien/le mal, la sécurité/le risque, l'amour/la haine, la sérénité/la peur, Dieu/Satan, vie intérieure/vie extérieure, etc. et le symbole de ce yin yang chrétien, le dieu Abraxas. Il y a un lien étonnant avec une œuvre de Maurits Cornelis Escher  Angels and Demons, qu'on peut voir dans la conférence TED de Zimbardo. Dans un contexte de changement (c'est juste avant la guerre), un monde va renaitre et cela fait écho au changement à l'adolescence où pour créer il faut détruire son monde, afin de mieux renaitre. Beaucoup de symboles dans ce livre (la mère de Demain s'appelle Eve, Demian fait écho au démon etc.) ce qui en fait une lecture riche, profonde, et un sujet de discussion idéal avec votre ado, d'autant que c'est parce que ma fille le lisait que je me suis mis à le lire. Merci chaton !!

Note : AAAA

dimanche 30 octobre 2016

Les bottes suédoises d'Henning Mankell

Les bottes suédoises d'Henning Mankell (Seuil, 368 pages, 2016)

Incipit :
Ma maison a brûlé par une nuit d'automne. C'était un dimanche. Le vent s'était levé dans l'après-midi et, le soir, l'anémomètre indiquait des rafales à plus de 70 km/h.

Le dernier livre d'Henning Mankell. Fait suite, d'une certaine manière, à son très beau roman Les chaussures italiennes.

On suit de nouveau l'histoire du septuagénaire, Frederik Welin, ancien chirurgien, et de sa fille, dont il a eu connaissance très très tard (voir Les chaussures italiennes).

Une ambiance crépusculaire, la fin d'un monde, presque la fin d'une vie, une quête de sens, même pour un homme qui a bien vécu. L'incertitude du monde, de la connaissance de soi et des autres, un environnement isolé, froid, un peu hostile et sauvage, comme le personnage de Fredrik Welin, solitaire, asocial, veule.

Une histoire un peu décousue, comme nos vies finalement, où on cherche un sens, à comprendre les autres sans jamais vraiment y parvenir, où on subit son destin plus qu'on ne le dirige. Un livre bien pensé, cohérent, qui laisse un peu d'amertume, comme un goût de mort annoncé, le tout s'embrasant comme une futaie de paille un soir d'automne.

Ne m'a pas laissé aussi enchanté que le précédent, donc petite déception (au regard de l'attente que j'y mettais), mais d'un autre côté, ce livre, sous une apparence de fausse légèreté, est plus profond qu'il n'y parait,  au fur et à mesure que j'y ai réfléchi (notamment pour cet article).

Note : AAAA

Papy, Tatie et moi de Marion Maréchal-Le Pen,

Papy, Tatie et moi de Marion Maréchal-Le Pen, Le faux carnet secret de Marion Maréchal-Le Pen, bon en vrai c'est de Josselin Bordat (Flammarion, 128 pages, octobre 2016)

Le journal intime mais aussi des documents divers (relevés de notes, dessins, aménagement de la chambre etc) de Marion Maréchal Le Pen, avec l'idéologie, la pensée et aussi les clichés de l'extrême droite remis dans un contexte de journal intime.

C'est assez bien fait, assez drôle et bien trouvé.  L'hostilité, réelle ou supposée, entre Marion et sa tante, est très amusante. Il y a plein de petits détail véridique, comme le fait que Marion n'a pas fini ses études et bim direct en politique. Bref cela s'inspire de faits bien réels.

Il y a plusieurs ouvrages divers (essais, BD) sur le Front National en ce moment. Bizarre. Bon en tout cas celui là m'a bien amusé !!!

Note : AAAA

BD en folie !!!

Lectures effrénées de bandes dessinées

Bon cela faisait un moment, je suis pas trop ordinateur en ce moment. Plus console de jeu ... et lecture !!! Au trois quart du manuel Psychologie cognitive, mais aussi quelques romans ... et quelques BD :
  • Cadavre exquis de Pénélope Bagieu
 Trop drôle, en fait je l'avais déjà lu, mais je m'en suis rappelé vers la fin, assez ironique. L'histoire d'une jeune fille qui a une vie pas terrible, un compagnon beauf, et qui rencontre un homme cultivé, petit bourgeois, vivant en reclus, en plein Paris. Ce dernier est écrivain, très connu. S'ensuit une histoire d'amour entre la jeune fille et son intello, chacun comblant le vide de sa propre vie. Jusqu'au jour où la jeune fille rencontre l'ex du monsieur, qu'elle découvre la véritable raison de son isolement, évolue et ... Ben j'étais content de le relire !
  • L'arabe du futur Tome 1 de Riad Sattouf
 Depuis le temps que je me dit qu'il faut que je le lise ! Avec la promo du Tome 3 dans les médias, j'avais un rappel tous les jours ... Ils l'avaient à la médiathèque, mais il est en piteux état, sous assistance respiratoire, au bloc, pas loin de la morgue. Et donc il était en recommande. Mais ils ont eu la générosité de me le prêter tout de même, j'ai promis de l'accompagner dans ses derniers instants.

La jeunesse de Riad Sattouf, son regard d'enfant, son humour. Et heureusement, car les situations ne sont pas toujours drôles, le père n'est pas toujours très fin dans ses propos, mais la vie continue, même dans un pays dictatorial et miséreux. Un regard sur la Syrie, le Liban il y a quelques décades. La raison de ma lecture sont les évènements actuels en Syrie, moi la géopolitique ça me connait.

Un dessin simple, efficace, bien monté.
  • Lucky Luke Collector - Les rivaux de Painful Gulch - Dalton city
Un double album qu'il est possible de se procurer chez votre magasin de journaux en ce moment. Deux grands classiques accompagnés d'un supplément. Dos toilé. Magnifique. La raison principale était de l'offrir à mon épouse qui a été passionnée par Les rivaux de Painful Gulch, une BD lu et relue dans sa jeunesse au point que les pages s'envolaient tels des lambeaux d'une momie parkinsonienne hystérique (non, il ne s'agit pas de ma femme).

Deux grands classiques dans une belle édition. A offrir.
  • Tanguy et Laverdure Tome 1 L'école des Aigles
 Une série rééditée elle aussi chez votre libraire. En plus le premier volet est donné (moins de 2 euros). Attention, il y a une suite, l'histoire se terminant (je suppose) dans le volume 2. Dessiné par Uderzo !! Et puis l'histoire, les personnages, la mise en page etc. c'est pas mal du tout. Je ne connaissais pas trop (si tout de même de nom, ho !), j'avais plutôt lu Buck Danny étant ado.

Espionnage, avions de chasse, gros méchants et deux personnages principaux avec leurs caractères assez différents. Un bon moment. J'attends la suite pour avoir le fin mot de l'histoire !!


dimanche 16 octobre 2016

La controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière

Chuuuuut !
La controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière (Pocket, 253 pages, 1992)

Incipit :
Des peuples nouveaux. Qui sont-ils ?
Les habitants du Japon, de la Chine, que Marco Polo visita ? Les descendants d'une des tribus perdues d'Israël ? Les hommes fabuleux de Thulé, dont on parlait depuis l'Antiquité, depuis qu'un navigateur marseillais, nommé Pithéas, au retour d'un périple dans le grand océan de l'Ouest, avait raconté monts et merveilles ? Mais les marseillais exagèrent, chacun sait ça.

Au XVIème siècle une controverse oppose les intérêts de ceux qui considèrent les indiens Aztèques comme des inférieurs, sans âmes, exploitables, des esclaves et ceux qui considèrent qu'ils sont nos semblables, nos frères, qu'il faut laisser libre.

Bon c'est plus compliqué que cela, et c'est tout l'intérêt de ce livre, un joute rhétorique entre la raison et la foi, la première n'étant forcément la plus éclairée, des interrogations sur la foi, la croyance, la place laissée entre le christianisme et les autres croyances (sujet toujours d'actualité), une discussion tranché, subtile parfois, sur qu'est-ce que l'autre, la différence, la supériorité ou non d'un peuple, la tolérance. Et bien sûr la realpolitik et l'économie. Un livre très riche donc, particulièrement intéressant, idéal pour les lycéens (et les autres). Un livre toujours actuel par les sujets qu'il aborde. La fin laisse songeur ...

Un livre vivement conseillé.

Note : AAAAA

PSYCHOBOOK: Games, Tests, Questionnaires, Histories de Lionel Shriver

Forever Jung, I want to be forever Jung
PSYCHOBOOK: Games, Tests, Questionnaires, Histories de Lionel Shriver, Oisin Wall and Mel Gooding (Princeton Architectural Press, 192 pages, 2016)

Incipit :
As a kid I was always beffudled by classmates whose reigning ambition was to "fit in" - to blend with their peers as if into human wallpaper. I wanted to stand out. Admittedly, I came of age in the 1960s, an era that celebrated oddity.
Un livre multiforme fruit d'une équipe d'auteurs, un guide historique bien illustrés d'anciens tests de personnalités. Assez grand public, supposé nous étonner à chaque page (bon là c'est un peu survendu) qui est assez critique soit sur le défaut scientifique du test (la phrénologie), soit sur l'instrumentalisation des tests à des fins idéologiques ou politiques (armée, recrutement, classement des étrangers, politique d'immigration) qui montre que parfois les tests de personnalités ou les tests psychotechnique sont aussi créés dans un contexte social, politique et font écho aux stéréotypes ou tendent à prouver ce qu'ont souhaitait qu'ils prouvent.

Depuis il y a une démarche scientifique plus aboutie (la psychologie a énormément progressé depuis le début du XXème siècle), une épreuve des faits (statistiques, enquêtes, recherche, mis en ligne), et les biais idéologiques sont normalement écartés autant que possible (ils sont pris en compte dans l'élaboration et éliminés autant que possible). Néanmoins ce livre rappelle qu'un test en tant que tel peut être pervertie de sa finalité, par incompétence, par idéologie, par narcissisme du psychologue qui se croit tout puissant et bien d'autres facteurs. Ce livre est tout de même assez à charge, omettant qu'un test fait partie d'un contexte, qu'un test à lui seul est insuffisant dans une démarche thérapeutique, par exemple, que c'est un outil parmi d'autres, qu'il est un des éléments permettant d'aider ou d'étudier l'autre mais ne se suffit pas à lui-même. Le danger sont ceux qui se servent des tests à des fins autres, qui en ont une vue idéalisée et réductrice, qui instrumentalisent ces tests pour prouver des vues politiques, raciales, etc. et qui cherchent à faire dire beaucoup plus que ce qu'un test peut dire. Ce livre à ce titre le rappelle et il est une forme de mise en garde. en revanche le choix de certains tests dans ce livre, que le lecteur peut faire, est assez pauvre, quelques questions sur certains thèmes, le tout se rapprochant des pseudo tests de magazine, que l'ouvrage dénonce par ailleurs. Des tests actuels peuvent avoir 500 questions et demander plusieurs heures à réponde. Certains arguments sont de toute manière intéressant et pourront rappeler à l'étudiant en psychologie quelques règles de déontologie, de rigueur scientifique et de rester humble.

Ce qui me gêne le plus dans ce livre est la confusion entre les type (Jung) et les "big five" (traits). Dans le premier cas il y a quelques catégories par des types qu'on a ou pas (on/off). Dans le cas des big five, c'est l'aspect dimensionnel des traits de caractères (par exemple l'angoisse sera évaluée entre 1 et 10), ce n'est plus du "on a le trait ou pas" mais plutôt on est plus ou moins angoissé. Sur 5 traits cela donne 10 puissance 5 différentes personnalités, bien plus riche que les quelques types de Jung, beaucoup plus fin etc. et une approche radicalement différente. Et le livre ne fait pas la distinction entre ces deux approches et les mets dans le même sac !!!!! Big five n'étant pas 5 types de personnalité. C'est assez décevant pour ce type d'ouvrage.

L'iconographie, les photos, les objets anciens mis en valeur dans ce livre est le point fort de l'ouvrage. Cela donne presque envie de collectionner les mallettes, les planches de ces tests.

Un livre intéressant mais pas aussi génial que le quatrième de couverture me l'avait laissé penser.

Note : AAA


Au rendez-vous des revenants d'Alfred Hitchcock (Robert Arthur)

???
Au rendez-vous des revenants d'Alfred Hitchcock (en vrai de Robert Arthur)

Incipit :
 Bob Andy laissa sa bicyclette devant le perron et entra dans la maison.
"C'est toi Bob ?
-- Oui maman."
 Bob courut à la cuisine où sa mère, une jeune femme brune et mince, préparait de la pâte à beignets.

Le départ de la carrière des trois jeunes détectives, une série de livre vendu sous le nom d'Alfred Hitchcock pour des raisons de visibilité. Afin de démarrer une agence de détective, Bob, Hannibal et Peter recherchent une maison hantée pour le compte d'Alfred Hitchcock.

Un livre que j'ai relu pas mal de fois, dernièrement par pure nostalgie. J'aime bien ce premier volet où l'antre des trois jeunes est caché au sein d'un bazar, avec différentes entrées secrètes. L'ambiance de mystère qui enrobe chaque histoire, ici un classique : le château hanté, les titres alléchants et un peu délirants, le côté Sherlock Holmes d'Hannibal. Il y a quelques livres qui ont marqué ma jeunesse, à l'instar des Sans Atout, de Kim détective et compagnie, de Langelot Agent Secret.

J'aurais du le relire en anglais (The Three Investigators) mais soit ils sont cher en occasion soit ne sont pas en numérique.

Note : AAAA

samedi 15 octobre 2016

Le prix Nobel de Littérature 2016 par les comiques suédois

Le prix Nobel de Littérature 2016 par les comiques suédois (Politiquement incorrect éditions)

J'ai cru à un poisson d'avril, mais voilà nous ne sommes pas en avril. Bob Dylan prix Nobel de Littérature 2016. Très surprenant. Si la surprise était la volonté du comité alors pourquoi pas un Prix Nobel de Littérature pour un auteur de BD, un mathématicien (les mathématiques ne sont-ils pas un langage universel ?), un cinéaste, un musicien (la musique n'est-elle pas un langage ? Beethoven Prix Nobel de Littérature cela se défend non ?), un auteur de littérature jeunesse, ou, plus dans l'esprit du temps et du dévoiement des prix et de leur finalité, à une agence de communication. Mais parait-il il faut élargir notre vision du monde, décloisonner ... sinon on est un esprit chagrin. Alors allons-y pour une agence de communication pour le prochain Nobel de Littérature et un Grammy Awards pour Homère, pourquoi pas. Le comité participe à sa manière à la confusion des valeurs du monde d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas de dire que Dylan c'est mauvais (au contraire c'est très bien), mais de dire que par rapport à Homère, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Apollinaire, entre autre exemples, ce n'est pas comparable (et de loin).

Un choix nostalgique d'un groupe d'anciens, où Antoine Compagnon, connaissant une partie des jurés, a bien ramé à la radio (Hier matin, sur France Culture, je crois) pour défendre le côté littéraire, parlant même de jeunisme pour ce choix. Rappel de la définition (Wikipédia) : "Le jeunisme est un néologisme généralement péjoratif qui décrit la volonté supposée de donner une place plus importante aux jeunes, ou aux notions liées à ces derniers". Lapsus révélateur (car jeunisme est généralement péjoratif) mais surtout contresens d'Antoine Compagnon, car lorsqu'un groupe de personnes d'un âge certain l'attribue à une personne elle-même âgée de 75 ans, j'ai du mal à percevoir où se situe le jeunisme.  Je constate plutôt la gêne de l'universitaire.

Il est symptomatique de lire un nombre de sites web conséquents expliquant à longueur de pages pourquoi c'est un bon choix, exposant de nombreux extraits de textes de Dylan. Il se trouve que je lis l'anglais et que la pauvreté des textes est assez surprenante. Je ne doute pas un seul instant que chanté, accompagné de musique, cela se révèle magistral. Mais à lire c'est une autre chanson (ha ha). Avez vous lu du Rolling Stones ? Non ? Ben le faites pas. Écoutez plutôt leurs albums.Dylan qui a aussi puisé chez de nombreux poètes (27 citations dans un de ses albums, dixit un journaliste du Monde de ce week-end), au point où, personnellement, je me demande ce qu'a vraiment écrit Dylan par lui-même et si c'est vraiment le plus grand poète vivant (?!). Ayant lu Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Victor Hugo, Dylan ne leur arrive pas à la cheville. Encore une fois je parle de ses textes, pas de ces derniers chantés et accompagnés de musique. Amusant de lire aussi (Le Monde de ce week-end) que les textes de Dylan sont parfois abscons, rétifs à la compréhension etc. bref un substrat qui permet beaucoup d'interprétations, des liens d'associations, ce qui fait leur force bien sûr, mais aussi selon moi leur faiblesse littéraire. Un manque de substance permet plus d'hypothèse mais un manque de substance est un manque du substance. Parfois, toujours dans Le Monde de ce samedi, sont admirés les passages surréalistes, mot intellectuel qui cache parfois le n'importe quoi. Le journaliste rapporte aussi les propos d'un maître de conférence qui insiste sur le fait que Dylan lisait beaucoup, critère un peu faible (sinon je vais être nobélisable ?), et qui cite le vers suivant, un superbe exemple de flux kerouacien qui a marqué les sixties (rien que ça) dixit le maître de conférence :


Don't follow leaders/Watch the parkin' meters ("Ne suis pas les maîtres/surveille les parcmètres").

Hummm ... ah ouais quand même. Renversant. Si on arrive à dire autant sur ce type de vers, je m'interroge sur les adulateurs de Dylan. Abus de LSD ? Idolâtrie ? Delirium Tremens ? trop de Kellogs aux pesticides au petit déj le matin ? trop de chewing gum ?


Beware of the dark / who's kickin' your back ? ("Fais gaffe à l'obscurité, qui te botte le derrière ?")

On nous balance que Dylan a écrit 700 textes, mais en livres, combien de pages (oui ok c'est quantitatif et le qualitatif est important aussi) ? L’œuvre de Murakami est tout de même plus dense, plus littéraire que les 700 textes de Dylan.Le plus ironique (toujours dans Le Monde de ce week-end) il est écrit que traduire Dylan n'avait pas de sens (normal, cela nuit à la prosodie, aux assonances etc vu qu'on change de langue) ce qui limite drastiquement la portée universelle des textes (et non de ses chansons j'insiste).

Que les fans de Dylan soient ravis cela se conçoit, mais quid des lecteurs, des écrivains ?  Il est surprenant que les quelques personnes de mon entourage qui trouvait cela bien ne lisent pas ou s'en moque un peu de ce prix. Ce qui me confirme dans l'idée que ce choix est un doigt d'honneur à la littérature, qu'il n'incitera pas le moins du monde à lire, qu'il s'agit plus d'un non évènement, d'un choix de nostalgiques gâteux, peu inspiré dans un monde où tout se vaut, où tout peut se justifier. Heureusement il y a tellement d'auteurs merveilleux et toute la littérature classique que finalement ce choix, même si je le trouve médiocre, m'incite encore plus à lire des auteurs. Mais étant déjà lecteur je prêche un convaincu, moi-même de surcroit, c'est d'un intérêt tout relatif.

Bon je ne vais pas être un de ces esprits chagrins, tout se vaut, à quand le Goncourt pour Banksy, le Renaudot à Jeff Koons, le Médicis à Madonna ou Maître Gims ?


Attention le deuxième vers cité (supra) est une blague !! ha ha !

dimanche 9 octobre 2016

Collector d'Olivier Bonnard

Quoi ma gueule,
qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
Collector d'Olivier Bonnard (Actes Sud, 316 pages, 2016)

Incipit :
J'entendais toujours le jet de la douche, de l'autre côté de la cloison, ce qui signifiait que tout allait bien. Pénélope y était déjà depuis un moment, mais elle aimait s'attarder dans les vapeurs d'eau chaude. Il restait moins de cinq minutes avant la fin des enchères. J'ai rechargé la page. Le prix stagnait à 394 euros, pour 34 enchères, mais je savais que ça n'allait pas durer.

Qui n'a jamais eu de passion ? de collection ? Timbres, pièces, objets anciens, livres, poupées, etc. Là il s'agit d'une espèce peu courante,  le toyhunter, le chasseur de jouets. Ici, de jouets des années 80. Un peu à la manière d'un Retour vers le futur ou l'équivalent (pour le cinéma) de Last Action Hero, c'est une Alice particulière qui va passer de l'autre côté du miroir. Jusqu'où souhaite-t-on retrouver l'idéal, plus ou moins imaginaire, de notre enfance, de ce qui nous a marqué car à un moment de notre vie si singulier, l'enfance, l'innocence, l'insouciance. Ayant eu le Goldorak Jumbo (merci à ma grand-mère !!!) ce livre me parle, me touche, et rappelle à ma mémoire tout un passé révolu, de la musique (Duran Duran) aux animé (Goldorak, Albator, Cobra), en passant par les figurines Star Wars ou, mieux, les figurines Action Joe aux mains articulées !!!!).

A la fois le portrait d'un collectionneur passionné, au point de mettre en péril son couple, une plongé dans le passé, du passage à l'âge adulte d'un adulescent frappé du syndrome de Peter Pan,  et un regard distancié sur un passé idéalisé faisant la part belle au fantasme, gommant au passage ce qui pourrait contredire cette vision idyllique.

Je me rappelle avoir eu la figurine articulée de Steve Austins, d'avoir suivi Inspecteur Gadget ... ahhhh cette visite guidée dans ce passé rêvé des années 80 est une vraie madeleine de Proust (même si dans un manuscrit retrouvé, ce n'était pas une madeleine au départ, et même si, au regard des recherches en psychologie cognitive, le sens de l'odorat est très surestimé dans ce cas précis).

Une lecture qui a été un voyage de multiples manières. J'ai bien aimé !!

Note : AAAA

jeudi 6 octobre 2016

Le premier miracle de Gilles Legardinier

Le premier miracle de Gilles Legardinier (Flammarion, 520 pages, 2016)

Incipit :
Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.
Des artéfacts sont volés autour du monde. A chaque fois avec méthode, des moyens sophistiqués, ignorant des pièces de grande valeur. Un historien et un membre des services secrets vont s'allier pour lever le voile sur une intrigante énigme.

J'ai appris à la fin de ce livre que ce dernier était constitué de papier recyclé, en particulier avec ma carte postale (pour plus d'explication voir son dernier livre Quelqu'un pour qui trembler). Apprenant cela après la lecture de ce roman, cela m'a touché.

Comme avec Franck Thilliez avec son dernier livre) des infos supplémentaires en ligne, accessible  sur son site web avec mot de passe à rechercher dans le livre, et qui donne accès notamment à des photos.

Je ne donnerais pas d'infos sur l'intrigue comme le souhaite l'auteur mais c'est un livre que j'ai dévoré, j'aime beaucoup les personnages, l'ambiance générale, l'aventure avec un côté Indiana Jones/Da Vinci Code, les liens avec l'Histoire (cerise sur le gâteau, la période qui m'intéresse le plus !), le tout servi d'une postface sympathique. Tout cela est rondement mené, bien construit. Un vrai moment de plaisir et de bonheur.

Seul bémol (mais tout petit bémol) la perpétuation d'un cliché sur soi-disant l'échec de la ligne Maginot (magistralement corrigée dans le livre  En vieillissant les hommes pleurent de Jean-Luc Seigle).  Non la ligne Maginot n'a pas été un échec, elle a justement très bien fonctionné !! Pour preuve les allemands ont due la contourner.

Revenons au Premier Miracle, dans le genre, une réussite totale !!! Je prédits un succès et un classement en tête des ventes rapidement ... J'aime aussi beaucoup le bureau de l'auteur avec, entre autre, une baguette Harry Potter !

Note : AAAAA

Petit manuel pour une laïcité apaisée de Jean Baubérot et le cercle des enseignant.e.s laïques

Petit manuel pour une laïcité apaisée à l'usage des profs des élèves et de leurs parents de Jean Baubérot et le cercle des enseignant.e.s laïques (La découverte, 231 pages, 2016)


Incipit :
J'ai été élevé dans une famille de profs. Ma mère enseignait la philosophie au collège de jeunes filles de Limoges (Haute-Vienne), mon père l'histoire au lycée des garçons.
Un guide pour aider parents, profs et élèves à vivre la laïcité, en particulier à l'école.

Comment vivre la laïcité à l'école de nos jours ? Le livre tente d'y répondre avec des tendances à plutôt blâmer l'état, la loi, les usages etc. bref à être unilatéral. Les élèves, qui veulent exprimer leur foi, primant sur la neutralité de l'école, bien sûr pour le bien de tous, l'auteur se moquant du manque de précision sur la taille d'un voile, non précisé dans la loi, que l'état n'a pas à décider sur ce qui et religieux ou pas, tout ça est juste techniquement, discutable sur le fond, mais relève aussi et surtout d'une certaine mauvaise foi (sans jeu de mots) et d'une relative hypocrisie.  Dire tout à la fois qu'un voile n'est pas exclusivement un signe religieux ostentatoire (mais aussi parfois pour une ado d'embêter ses parents), tout en soulignant de nombreux témoignages de filles voilées, à chaque fois pour une liberté ... religieuse. 

Tendance aussi à parler des droits des élèves ... mais rarement de leurs devoirs. Ce livre incite au débat avec les élèves, qui est aussi le rôle de l'école, mais à un moment donné il faudrait faire comprendre aux soixante-huitards qu'il y a aussi des règles et que l'élève est là pour recevoir un savoir et non exprimer ses revendications qui relèvent de la sphère privée.

On pourra relever des points assez tendancieux (par exemple sur la charia page 102 : je cite, "../.. la charia serait contraire aux droits humains ../..", c'est moi qui souligne. L'usage du conditionnel se passe de commentaires.

Je comprends, dans ce cas, que certains soient accusés de Munichois, qui, historiquement ont cédés par pacifisme et "bonnes intentions", avec les conséquences que l'on connait, ce qui peut être aussi reproché à l'auteur et qui, au lieu de répondre sur ce point, préfère en déduire que dans ce contexte de Munichois qu'alors les jeunes musulmanes sont assimilés à des nazis (sic), page 110. Outre que comparaison n'est pas raison ce type de déduction spécieuse n'ajoute rien au débat et démontre une mauvaise foi étonnante de la part d'un auteur qui se veut apaisant et qui en appelle régulièrement à l'histoire. Des propos limite délirants.

L'auteur et ses partenaires s'intéressent beaucoup à l'islamophobie (citant Oriana Fallaci et ses propos racistes par exemple) mais en revanche s'intéressent peu voire pas du tout à l'islamisme radical et des problèmes qu'il pose (fatwa, attentats, provocations, sites extrémistes, journalistes ou caricaturistes menacés, communautarisme etc). Deux poids deux mesures, où, à nouveau, la laïcité est an cause, pas la religion. Cela donne un ouvrage mal équilibré, un peu faux cul, idéologiquement pas neutre, pour ne pas dire islamophile ou islamo-gauchiste si on reprend les qualificatifs, eux aussi polarisés, de l'autre bord.

Pas de remise en cause du concordat, ce qui est une entorse à la République, mais ajoute à l'idéologie sous-jacente des auteurs.

Les auteurs tapent sur la médiatisation exagérée ou la censure (de l'école et de l'état bien sûr, encore la vision unilatérale) au point qu'il aurait finalement fallu laisser, à les comprendre, le livre sur le créationnisme entrer dans les CDIs et n'en point parler dans les médias.
 
Autre exemple, page 113, le problème n'est pas l'élève qui menace mais l'équipe éducative qui ne respecte pas la loi, l'éducation passant à la trappe au passage. La loi est rappelée très souvent, mais en terme d'éducation la loi n'est pas tout.

Pour les auteurs, pas de problème avec l'islam, il parle même d'un islam imaginaire page 107 suivi dans les paragraphes suivant de tout un tas de souci liés à l'Islam ce qui donne l'impression d'un propos pour le moins contradictoire, mal équilibré.

Le plus gênant pour l'ensemble est le relativisme (la vérité de la religion au même plan que la vérité scientifique par exemple p 165) et je ne parle même pas du Darwinisme où c'est aux enseignants de se contorsionner pour apprendre quelques vérités aux élèves. L'auteur sait-il qu'aux états-unis les créationnistes ont réussi dans certains états à faire enseigner cette doctrine en parallèle des théories de l'évolution avec des critères d'égalité, aux élèves de se forger leur propre opinion, en toute liberté de conscience ? Comme quoi l'égalité est un concept qui peut prendre des formes pour tout et n'importe quoi, mais surtout ce sont les même critères utilisés par l'auteur, qui reviennent assez souvent, au détriment de la neutralité de l'école.

Un propos clair serait que la religion relève de la sphère privée et n'a pas lieu d'être dans une école laïque. Point. Priorité à l'éducation. Mais pour l'auteur il faut des compromis, en faveur des élèves bien sûr et au détriment de la neutralité. Comme pour le Kirpan des Sikhs, la règle de pas d'arme blanche à l'école subit une entorse.

Les extraits du livre de témoignages d'élèves voilées est un florilège des éléments de langage ressassés ad nauseam dans les médias et l'internet (blessure psychologique, stigmatisé, humiliant, injustice etc) propre aux ados en général et pour à peu près n'importe quoi, comme lors de la confiscation d'un smartphone en plein cours, et ne démontre pas grand-chose sur le fond, mais que ce soit utilisé dans ce livre sans de prise à distance ni de nuances relève quasiment de la propagande.

Un livre qui m'a interrogé sur plusieurs points par ses propos lénifiants mais qui, apportant des points de vue différenciés, des rappels sur des textes,  peut nourrir un débat sur un sujet moins simple qu'il n'apparait de prime abord. Dommage qu'il ignore Nasser qui se moquait des rigoristes qui voulaient voiler les femmes (vidéo disponible sur Youtube, avec une assemblée hilare). Dommage qu'il ignore les autres témoignages de femmes à qui on impose le voile (et bien plus) dans d'autres pays. Un livre qui fait le jeu du salafisme sous couverts de bonnes intentions et, comme chacun sait, l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Note : AA

vendredi 30 septembre 2016

La tectonique des plaques de Margaux Motin

Hiiiii j'ai dépassé la ligne !!!
La tectonique des plaques de Margaux Motin (Delcourt, 192 pages, 2013)

Toujours un dessin aussi joli, fin et bien campé. Des scénettes décalée à l'humour un peu grossier parfois. Un journal inspiré de la vie de Margaux Motin et que j'espère exagéré ... ;-)

Plaira aux fans du Journal de Bridget Jones ou de la série Sex and the city (je suppose).

Une BD très sympathique, bon moment de détente !

Bon, cela faisait un bout de temps que je n'avais pas publié, hé oui je rejoue aux jeux vidéos (actuellement Far Cry 4, après avoir terminé Rise of the Tomb Raider), je me fais l'intégrale de la deuxième période (à partir de 2005) du Doctor Who (j'en suis à la saison 4, et, oui je regarde aussi les épisodes spéciaux, de Noël et tout !), je lis toujours de la psycho (le gros volume de la Psychologie Cognitive),  des magazines, des journaux etc. Bon et puis je vais au boulot aussi. Pfffuit, la journée est bien remplie.

Note : AA

Platinum End Tome 2 de Ohba et Obata

Sorry Angel, Sorry So ...
Platinum End Tome 2 de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata (Kazé Edition, 192 pages, 2016)

Suite du premier volume (oui c'est dingue, hein ?) et déjà je sens que je vais avoir du mal à continuer. De nouvelles règles, des rebondissements alambiqués, je sens les ficelles de l'auteur de Death Note et cela me gêne beaucoup. Le cliffanger de la fin du Tome 1 m'avait incité à poursuivre mais là bof bof. C'est bien fait mais là tout d'un coup suis moins motivé.

Note : A

Guerilla de Laurent Obertone

This is the end
This the end, my only friend
Guerilla Le jour où tout s'embrasa de Laurent Obertone (Ring, 414 pages, 2016)

Incipit :
Que le ciel s'obscurcissent et tu seras seul. -- Ovide
La courneuve, 17h
Dans ce trou vivaient des hommes.
Des barbares, comme ils s'appelaient eux-mêmes.
Cette cité était leur territoire. Un quartier redoutable, le plus craint de la ville, et peut-être du pays.
Un thème très actuel en ces périodes troublées, aux idéologies marquées, aux actualités anxiogènes. Et si les émeutes de 2005 ne s'étaient pas arrêtées mais au contraire s'étaient amplifiées avec des terroristes islamistes en plus ? Ah oui, clairement, ça craint du slip.

J'aime bien les films catastrophes (La Tour infernale mais aussi The Road), les livres catastrophes (La Mort Blanche de Franck Herbert, etc), le post-apolyptique (films, jeux vidéos, livres, BD etc) et donc naturellement ce livre m'a tenté.J'avais déjà lu Utoya, du même auteur, très bon livre, glaçant, efficace qui m'a aussi fait comprendre que nous n'étions plus habitués à des agressions violentes et meurtrières (donnant raison en cela à Dominique Venner et son Un Samouraï d'Occident).

Mais là je suis un peu déçu, le style un peu lourd, trop ironique, pamphlétaire, les personnages à peine esquissés, manquant de profondeur (par ex le Président, réduit à la caricature de sa com'), très idéologisés, très polarisés, le manque de point de vue différencié, la description de l'ensemble de la société déliquescente qui manque de crédibilité, sur ce dernier point j'ai été plus convaincu par la structure d'un Black Out par exemple. Bon c'est efficace mais manque complètement de subtilité. Fait un peu roman de gare ou série B. L'intérêt du livre réside plus dans sa résonance avec l'actualité, pourquoi pas.

Ce qui peut inquiéter c'est que ce scénario est plus probable (et pas pour autant fortement probable j'espère !) que celui de Houellebecq dans Soumission). Se lit bien quand même. Fait un peu flipper aussi.Va plaire aux survivalistes de tout poil ainsi qu'aux catastrophistes. Aurait bien plu à Maurice G. Dantec !!!

Note : AA

dimanche 18 septembre 2016

2017 : Le chaos ou le sursaut ? de Pierre Larrouturou

Vers l'au delà et l'infini !
2017 : Le chaos ou le sursaut ? A nous d'agir ! de Pierre Larrouturou (Fayard, 143 pages, 2016)

Incipit :
Nous sommes une dizaine à nous retrouver dans l'appartement de Stéphane Hessel pour créer le collectif Roosevelt 2012. Nous espérons tous que François Hollande va gagner contre Nicolas Sarkozy, mais nous savons, hélas, que le projet du PS ne tient pas la route.
Quel livre revigorant !!! Enfin pas au début, car c'est un réquisitoire contre la droite de Sarkozy, le président actuel François Hollande et les présidentiables les plus médiatisés comme Alain Juppé, Arnaud Montebourg & Co. C'est aussi un constat  sans concession sur la situation dramatique dans laquelle nous vivons, due à un système français sclérosé de politiciens professionnels sans idées neuves, ne tenant pas leurs promesses, proposant des solutions mille fois entendues alors qu'elles ne fonctionnent pas, usant de la communication pour masquer une indigence affligeante.

Ce livre est de prime abord peu encourageant, mais dans une deuxième partie offre un panel de propositions novatrices, la moindre n'étant pas de limiter une professionnalisation de la politique notamment par une Assemblée constituante en partie composée de citoyens. Limiter le pouvoir aberrant d'élus corrompus et ne pensant qu'à leur carrière ? Cela ne va pas être facile ! Pour autant faudrait-il voter pour Sarkozy ou Hollande ??? Alors, citoyens, agissez ! Donner votre vote à un politicien qui propose quelque chose de nouveau, de raisonnable, d'argumenté et qui offre, enfin, une vraie perspective d'avenir ! Pour en savoir plus vous pouvez visiter Nouvelle Donne, le site de l'excellent documentaire Demain et le site du collectif qui apparait dans l'incipit : Collectif Roosevelt.

Et lisez ce livre, offrez-le autour de vous ! Vous comprendrez aussi pourquoi les médias exposent peu ou pas du tout ce type d'idées (il suffit d'écouter actuellement Le Téléphone sonne ou du même Nicolas Demorand dans Questions politiques pour s'apercevoir que les journalistes sont agressifs, veulent du buzz, du clash, du slogan, du scoop à deux balles, écoutent à peine ceux qui proposent quelque chose qui n'est pas dans leur logiciel de compréhension, qu'ils condamnent toute innovation sur l'autel de 'ça ne marchera jamais' etc. Émissions assez pénible à tenter d'écouter. Nous sommes loin d'un Stéphane Paoli et de sa maïeutique, qui écoutait sans condamner, qui cherchait à comprendre, qui approfondissait, etc.)

Note : AAAAAAAAAAAA

samedi 17 septembre 2016

The Big Bang Theory The Official Trivia Quiz Book by Adam Faberman

We're the kings of the world !!
The Big Bang Theory The Official Trivia Quiz Book by Adam Faberman (Headline, 380 pages, 2015)

Un quizz papier sur la série télévisuelle The Big Bang Theory. Cela concerne seulement les 8 premières saisons. Différents niveaux de question dont le niveau PhD (Doctorat !).

Une liste des épisodes, des extraits de scripts, et un niveau de question élevé, réservé aux plus acharnés ! J'ai commencé à jouer en ayant vu déjà trois fois l'intégrale jusqu'à la saison 9, la saison 10 commençant ... la semaine prochaine !!!!! yeepee !!! Bien que fan (je peux vous citer au moins 6 objets sur le bureau de Sheldon, du cyberman, en passant par Gollum, sans oublier un crâne et un jeu de dés bleu pour JDR, le tapis de souris AlienWare [modèle en rupture de stock]) je n'ai pas eu 100%. Déjà parce que je n'arrive toujours pas à retenir entièrement la chanson Soft Kitty. Oui bon je vais pas y passer ma vie non plus, j'ai aussi Doctor Who !!! Tout de même, j'ai déjà récupéré des scripts d'épisodes, transformés en epub pour les lire sur ma liseuse.

Fun to play !!!

Note : AAAAA

Une année au lycée T1 de Fabrice Erre

Une année au lycée. Guide de survie en milieu lycée. Tome 1 de Fabrice Erre (Dargaud, 158 pages, 2014)

La vie au lycée, les travers des profs et des lycéens, bourrés de clichés mais tellement vrais !!!! On retrouve bien l'esprit de l'école, des priorités bien différentes entre des profs qui veulent élever le savoir des élèves et ces derniers qui ne pensent qu'à buller, à la note d'un devoir, ... à vivre quoi !!! La vie du lycée en gags une page ou deux.

Bien ancré dans notre présent et ses tablettes numériques de distraction massive, un bon moment de rigolade pour toute la famille, mon épouse et ma fille ayant bien ri aussi !!

En allant à la librairie ce matin j'y ai vu le Tome 2 (ha bon ?) et même un Tome 3 !!!!!!!!!!

Un bon moment !!

note : AAA

Un samouraï d'Occident de Dominique Venner

Un samouraï d'Occident. Le bréviaire des insoumis de Dominique Venner (Pierre Guillaume de Roux, 317 pages, 2013)

Incipit :
S'il restait encore en moi une réserve de compassion, je pourrais plaindre les immigrés d'Afrique noire, du Maghreb, de Turquie ou du sous-continent indien qui ont été importés massivement dans le but de casser les salaires des travailleurs européens.

Dès l'introduction le ton est donné, les thèmes de l'extrême droite sont bien présent. Problème de l'immigration, perte de l'identité, théorie du remplacement, anti mariage pour tous (Dominique Venner édulcorant les slogans les plus homophobes comme l'amalgame avec la pédophilie et la zoophilie, pour Venner tout s'est bien passé !!), arguments pro domo, réactionnaire, valorisation de la virilité et de la guerre, anticommunisme, anti globalisation, déclinisme, décadence, anomie de notre société, conservateur, idéalisme du passé (et quel passé car remonte à l'antiquité, suivant en cela l'argumentaire et la stratégie d'Alain de Benoist). Idéologue et manipulateur : le plus drôle étant son souci (p. 37) " ../.. d'analyse, la précision de la pensée et ses nuances, l'emploi du mot juste". Ce qui est sûr c'est que pour ce qui l'arrange vous aurez des références (en général les siennes, mais pourquoi pas) et pour ce qui ne lui plait pas c'est parfois évacué en deux lignes sans aucune explications ou références (exemple : Simone de Beauvoir et son ouvrage Le deuxième sexe, ou encore l'avenir des enfants d'homosexuels, la "diabolisation" d'Alexis Carrel, etc.). Pour l'analyse, la précision de la pensée et ses nuances, l'emploi du mot juste vous repasserez. Un autre exemple, plus trivial, pour D. Venner le shinaï, l'arme utilisée en kendo, est en bois. Le mot juste serait plutôt le bamboo. Bref. En tout cas retrouve dans ce livre les thématiques développées dans Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France de Michel Winock. D'une certaine manière ce que nous raconte D. Venner n'est pas très original. Il se démarque avec un lien, sorte de fil conducteur, à la culture du Japon et en particulier la "pensée" et l'attitude des samouraï.

Plus étonnant quand même, Dominique Venner valorise l'Europe, ses racines etc. Admettons. Le communisme sera vilipendé. Normal. Mais pas une seule fois ne sera évoqué la période du nazisme qui a ravagé cette Europe qu'il valorise tant. Rien, pas un mot. Zéro. Nada. Que pouic. Et pourtant que de liens, comme avec l'ethnocentrisme, la valorisation de la guerre, de la force, le peuple blanc, l'eugénisme d'Alexis Carrel, les références au philosophe nazi Martin Heidegger. Parfois ce qui n'est pas évoqué est encore plus troublant que ce qui est évoqué. L'échec historique d'Adolf Hitler n'empêche pas certains, de nos jours, d'estimer que sur le fond il avait raison. Bon il y en a qui vénèrent encore Staline, Mao etc. tous ces criminels, alors, tout est possible. Mais ignorer cette période sanglante me surprend, j'aurais aimé connaitre le fond de la pensée de Venner sur ce point.

Le livre est tout de même intéressant, notamment sur l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, les passages sur le stoïcisme, l'influence du christianisme sur la société, l'influence de la globalisation et ses effets néfastes. Je le suis moins sur la théorie d'un suicide "utile" ou honorable. Encore plus mal à comprendre son suicide, en plus dans un lieu sacré, Notre-Dame de Paris.

Il y a un fort contraste entre la pensée "théorique" (première partie du livre) de Venner, et les recommandations en fin d'ouvrage (Sept conseils pratiques), non pas que ces derniers soient inintéressants, ,au contraire je les trouve utiles et très justes. Mais quel contraste entre une vision de haut niveau (qu'on soit d'accord ou pas) et des conseils qu'on peut retrouver au rayon bien-être d'un supermarché ou dans n'importe quel magazine rayon psycho. A nouveau ces conseils sont utiles mais difficile de les trouver à la hauteur de la thématique du livre.

Note: AAA