dimanche 31 janvier 2016

Hell de Lolita Pille

Assholes not dead
Hell de Lolita Pille (Livre de Poche, 156 pages, 2002)

Incipit :
Je suis une pétasse. De celles que vous ne pouvez supporter ; de la pire espèce, une pétasse du XVIe, mieux habillée que la maîtresse de votre patron. Si vous êtes serveur dans un endroit «branché» ou vendeur dans une boutique de luxe, vous me souhaitez sans doute la mort, à moi, et à mes pareilles.

Une pétasse aristo, d'un cynisme trash, recherche un sens à sa vie et incidemment l'âme sœur. Cela tombe bien, Andréa, un petit con friqué aristo, comme elle, semble être son double idéal. Auront-ils des enfants cyniques, superficiels, pourris gâtés comme eux ? Le suspense me taraude l'esprit.

Genre Roméo & Juliette (pour l'amour impossible) version Dolce & Gabbana destroy, beaucoup plus proche du cynisme nihiliste de notre époque que du romantisme d'un Choderlos de Laclos avec ses Liaisons dangereuses. Version encore plus pathétique et trash que Cruel Intention, un film déjà inspiré des Liaisons dangereuses, mais cette fois spécial pour ado. Difficile de s'émouvoir pour ces écorchés vifs dont la seule intelligence émane de l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes, pas une seule ligne (même de coke) indiquant leur richesse intérieure, étouffée totalement par leur richesse extérieure (sac Dior, voiture de luxe, montre à 100 plaques etc). L’instinct de mort décuplé par le pouvoir de la carte bleue (ici en noire VIP, les Carte Bleues "normales" c'est pour les bouseux). Une fascination de l'auteure pour les plaques minéralogiques, des phrases qui font mouche, un style un peu punk déjanté. Mais un peu vain tout cela, car une fois lu, So What ? Bref. Mauvais point pour avoir mal orthographié Creep de Radiohead (écrit Creap dans le livre). Bon point pour le choix de paroles de Léo Ferré que j'aime beaucoup. Mais voilà, au final personnages inconsistants et creux, que de l'apparence, ce qui est raccord avec le sujet d'une certaine manière mais manque de psychologie.

Lu sur les conseils de Frédéric Beigbeder, dans son livre Premier Bilan après l'apocalypse, et je me demande un peu pourquoi (j'ai préféré sur ses conseils Disgrace ou Mendiants et orgueilleux), à part peut-être parce que Lolita Pille cite le livre de F.B. 99 francs et que ce dernier l'a édité, un renvoi d'ascenseur ? ils ont partagé un rail de coke lors d'une soirée ?  ils ont vomi ensemble dans les chiottes d'un hôtel de luxe 5 étoiles ? Bon cela ne nous regarde pas. Peut-être que l'histoire lui rappelle des souvenirs tout simplement, ou l'attrait pour les phrases concises comme un slogan de pub dont il est friand lui-même dans ses livres ? J'ai appelé Mme Soleil pour savoir. J'ai eu le répondeur. Dommage.

Il y a du potentiel c'est vrai (ben oui je reconnais que c'est balaise de pondre un livre, j'en suis pas capable) mais l'histoire est un peu convenue et tourne parfois en rond (normal vu ce qu'ils s'enfilent derrière la cravate, en soie). Se lit bien mais sans plus. Pour ado névrosé, cela les rassurera sur leur condition comme à l'époque de Dallas (la Dallasothérapie comme l'avait titré un magazine de Psychologie de l'époque. Je résume : hein ? les riches de Dallas sont méchants, alcoolos, ne sont pas heureux ???!!!! mais ... alors ... ma vie de pauvre est pas si mal alors ... allez cool je pars chez Dia m'acheter des chips avec ma mob, youpiiiiiiii !!!!). Vous pouvez faire l'impasse et lire autre chose, vous pouvez aussi la jouer à Pille ou face (désolé ai pas pu m'empêcher).

Note : A

Article en écoutant Avec le temps de Léo Ferré, Engels de Rammstein, l'adagio d'Albinoni, Wish you were here de Pink Floyd. Position du poirier ascensionnel.


mardi 26 janvier 2016

Vers l'abîme d'Erich Kästner

La vie est le fait du hasard,
la mort une certitude
Vers l'abîme d'Erich Kästner (Éditions Anne Carrière, 252 pages, 2016 pour la présente édition, 1931 pour la première édition en Allemagne)

Incipit :
Assis dans un café du nom de Spalteholz, Fabien lisait les gros titres des journaux du soir : « Un dirigeable anglais explose au-dessus de Beauvais », « Un stock de strychnine au milieu des lentilles », « Une fillette de neuf ans saute par la fenêtre », « Nouvel échec électoral : toujours pas de ministre-président », « Meurtre au Lainzer Tiergarten », « Scandale au service municipal de l'approvisionnement », « La veste qui parle : une voix artificielle dans votre poche », « Baisse des ventes de charbon dans la Ruhr », « Les gratifications du directeur Neumann », « Des éléphants sur le trottoir », « Nervosité sur les marchés du café », « La sulfureuse Clara Bow », « Menace de grève générale dans la métallurgie », « Crime à Chicago », « Dumping du bois : négociations à Moscou », « Révolte des Starhemberger-Jäger ». Tâche quotidienne. Rien à signaler.

Un livre au destin particulier, fruit d'un dandy de la haute société berlinoise, dénonçant la dérive dans laquelle se dirige son pays. Critique, acerbe, il sera voué aux gémonies par les nazis, grands visionnaires totalitaires, utilisant l'ouvrage dans des autodafés nihilistes, preuve s''il en est de la clairvoyance de l'auteur. Ce dernier trouvera même nécessaire d'y adjoindre en 1946 une postface expliquant sa démarche. La traductrice y a ajouté sa propre critique et remarques... la crainte que le lecteur passe à côté de quelque chose ? Intéressant tout de même.
Peut-être n'était-il effectivement pas nécessaire de tabler sur l'élévation morale d'une humanité déchue ?
La description de la décadence d'une époque désabusée où la pauvreté se répand, où la perte de repères égare les plus courageux. Le héro de l'histoire essaye avec difficultés à donner un sens à sa vie. Après avoir essuyé une déception professionnelle, sentimentale, c'est la perte d'un ami cher qui le déstabilise le plus. Des passages qui donnent l'espoir, d'autres plus poignants, une certaine légèreté qui se désagrège au fur et à mesure.

Qu'attendait-il depuis toutes ces années ? Peut-être la confirmation qu'il était né pour être spectateur et non, comme il le croyait aujourd'hui encore, acteur sur le théâtre du monde.

Le titre résume bien la thèse défendue, cela ne donne pas la pêche, à l'instar du livre lu précédemment, Disgrace, il va falloir que je trouve quelque chose de plus positif, nom de Zeus !

Note : AA

Écrit en écoutant, entre autres,  I say a little prayer de LinaBurn it to the ground de Nickelback, Carmina Burana - Fortuna Imperatrix Mundi de Carl Orff, Stole the Show de Parson James, Ich will de Rammstein.

samedi 23 janvier 2016

Disgrace de John Maxwell Coetzee

Généalogie de la violence
Disgrace de John Maxwell Coetzee (Points, 273 pages, 2002)

Incipit :
Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon satisfaisante. Le jeudi après-midi il prend sa voiture pour se rendre à Green Point. A deux heures piles il appuie sur le bouton de la porte d'entrée de Windsor Mansions, il donne son nom et il entre.

Un professeur d'université vieillissant, désabusé par les étudiants, rêvant de passion à l'instar d'un Byron, son auteur préféré, s'offrant les services de prostituées, se découvre une passion pour une jeune étudiante. Découvert, répudié par l'institution, ce sera les prémisses d'une chute sociale, culturelle, relationnelle, familiale, sexuelle.

Un roman puissant qui, par palier, par quelques détours, frappe fort, tant par sa profondeur que par le non dit. Pas de scènes décrites avec fracas, pas de tape à l’œil, tout est dans l'ellipse, le non-connu, le manque d'information, la vue parcellaire du professeur, l'architecture discrète, non appuyée et pourtant qui fonctionne magistralement. Dans un environnement difficile, l'Afrique du Sud, avec ses codes, sa culture, ses us et coutumes, la vision occidentale, morale, paternelle est remise fondamentalement en question. Un livre qui m'a beaucoup touché, qui atteint un peu le moral tout de même. Livre écrit avec talent, une histoire enrichissante, un très beau roman tragique. L'illusion du sens de la vie que chacun se donne se fracasse contre le réel avec violence et désespoir. L'histoire d'une chute et qui s'interroge au passage sur la violence des rapports entre individus, l'abus de pouvoir du professeur sur une étudiante, la violence urbaine, la domination, l'exploitation, l'amour, le désir, les problèmes relationnels, familiaux, le viol, beaucoup de sujets en somme. Le parallèle avec la SPA, et l'euthanasie des chiens donne un relief particulier à l'ensemble. Celui entre la vie réelle et celle fantasmée par le professeur sur Byron et Teresa est aussi éclairante.

Lu sur les conseils (avisés) de Frédéric Beigbeder dans son livre  Premier bilan après l'apocalypse. Je l'avais suivi aussi pour l'excellent Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery. J'espère que cela continuera pour ceux que j'ai acquis récemment comme Les Rats de Bernard Franck, American Psycho de Bret Easton Ellis, ou encore Le loup des Steppes d'Hermann Hesse.

Note : AAAAA

Article écrit en écoutant California Dreamin' de Sia, Go Down Moses de Louis Armstrong, My own summer (shove it) des Deftones, Elastic Heart (piano version) de Sia. Amnesia de Keith Richards.

mardi 19 janvier 2016

Écoute le chant du vent, suivi de Flipper, 1973 d'Haruki Murakami

Hagakure
Écoute le chant du vent, suivi de Flipper, 1973 d'Haruki Murakami (Belfond, 326 pages, 2016)

Incipit :
«UN TEXTE PARFAIT, ou ce que l'on pourrait qualifier comme tel, ça n'existe pas. Pas plus que n'existe un désespoir parfait.»
 Voilà ce que me déclara un écrivain que le hasard me fit rencontrer alors que j'étais étudiant. Sur le moment, ces paroles furent pour moi une source de réconfort, même si je n'en compris le sens véritable que beaucoup plus tard. Bon, il n'y avait donc pas de texte parfait.

L'auteur s'explique sur cette parution tardive dans sa préface. Deux nouvelles écrites juste avant son premier roman, Le mouton sauvage, qui clôt le cycle du Rat, pilier de bar de son état. Il cite Agota Kristof, Le Grand Cahier (trilogie suivie de La Preuve et de Le troisième mensonge) dont le style est similaire au sien selon lui (phrases courtes, peu de périphrase, etc) ce qui est assez juste.

Dans la première nouvelle, il parle dès le début de la difficulté d'écrire, c'est d'ailleurs souvent le premier sujet qui vient à l'esprit lorsqu'on tente cette aventure, en tout cas c'était mon cas lorsque j'ai essayé. Il est difficile de sortir de cette obsession, écrire, mais quoi ?, écrire, mince c'est pas facile, écrire, est-ce intéressant ce que je dit ? Parfois j'ai cru que le lieu aurait de l'importance, de l'influence, un effet catalyseur. Pour Murakami, l'envie a été évidente, une révélation. L'endroit un coin de table dans une cuisine. Le support, une machine à écrire, la papier n'a pas été le bon choix, initialement. Il cite souvent, dans cette première nouvelle, l'écrivain Derek Hartfield et là, j'avoue, je me suis bien fait avoir, très amusant et très bien fait.
- Si c'est réellement ce que vous pensez, répondit-elle, vous pourriez tout aussi bien vivre dans une boite à chaussures.
C'était certes une idée magnifique.
Spécificité de Murakami, ces histoires sont très souvent imprévisibles, on se laisse lire comme on se laisse vivre. Comme un bain de soleil on se laisse imprégner d'une atmosphère qui irradie ses contes défaits. La solitude, le sens de la vie, la jazz, des thèmes récurrent. Le Rat, le bar J. commun aux deux nouvelles. La deuxième a des passages drôle (les jumelles, 208 et 209) et carrément magiques, notamment les parties concernant le flipper, la Spaceship. Le dialogue entre le narrateur, qui lit Critique de la raison pure de Kant, et la Spaceship est très beau.

Pour ceux qui aiment Murakami ils seront heureux de retrouver son univers, frôlant toujours l'onirisme, plein de surprises, d'amours éthérées, de vapeurs d'alcool, d'une amertume particulière, pour les autres c'est une bonne entrée en matière. En tout cas cela méritait d'être édité.

Note : AAA

Article écrit en écoutant l'album Relight de Dubphonic.

samedi 16 janvier 2016

Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery

So much beauty in the world,
so few eyes to see it.
Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery (Éditions Joëlle Losfeld, 235 pages avec les annexes, 2013 pour la présente édition)

Incipit :
Gohar était réveillé à présent ; il venait de rêver qu'il se noyait. Il se souleva sur un coude et regarda autour de lui, les yeux remplis d'incertitude, encore hébété par le sommeil. Il ne rêvait plus, mais la réalité était si proche de son rêve qu'il demeura un instant perplexe, fortement conscient d'un danger qui le menaçait.
J'ai découvert cet auteur grâce à Frédéric Beigbeder dans son ouvrage  Premier bilan après l'apocalypse. Et je ne le regrette pas. Un livre qui suit quelques personnages en Égypte. Un policier et un groupe de mendiants. L'un d'entre eux, Gohar, était un philosophe qui aurait pu avoir un avenir tout tracé mais a préféré la vie de mendiants, car libre, détaché du monde matériel, de la consommation, du capitalisme et des mensonges du pouvoir (dit-il). Un acte irréversible va déclencher quelques évènements.

Il se dégage de ce livre une atmosphère de sédition et de subversion, d'ironie douce, un souffle de liberté qui prend à contre-pied nos modes de vie occidentaux. C'est rafraichissant et pousse à s'interroger sur notre manque de spiritualité. L'auteur pousse loin la provocation car Gohar, un des mendiants, se retrouvera par la grâce de l'auteur dans une position au delà du bien et du mal.

J'ai apprécié cette ambiance ambivalente, la description de la pauvreté et de l'indigence, prostitution, misère, et cela sans sensiblerie mais plutôt avec un regard attendri, d'amour même, pour ses personnages. Un style vaporeux comme une boulette de hash, matière très consommée par les différents protagonistes. Un appel à la contemplation, à se détacher des valeurs matérielles, une philosophie de vie qui fait la nique à l'absurdité de nos vies. Faudrait que je relise la chronique de Frédéric Beigbeder !

Note : AAAA

Article écrit en écoutant Take Five de The Dave Brubeck QuartetInfinie solitude, Tutto Va Bene, Sur le bout de la langue de Camille Bazbaz, Blood like lemonade de Morcheeba, Walking in the air de Nightwish, Goodnight Moon de Shivaree.

François le Petit de Patrick Rambaud

Vroum !! vroum !!
François le Petit Chronique d'un règne de Patrick Rambaud (Grasset, 234 pages, 2016)

Incipit :
Ce qu'un monarque a de bon c'est sa bonhomie. Les gros rassurent ; on peut s'en moquer, croit-on, sans craindre le bâton. M. Charles Philipon, un ami de Balzac, dirigeait deux insolentes gazettes, La Caricature et Le Charivari. Lui-même dessinait.

A l'instar des Chroniques sur le règne de Nicolas Ier du même auteur, dont j'avais lu les trois premiers tomes, Patrick Rambaud relate les frasques, les sursauts, les travers, les promesses et autres billevesées, du pouvoir de François et de sa cour. Pour ceux qui croiraient s'en prendre une bonne tranche sur François le Petit, ils risquent de déchanter, outre Nicolas-le-fourbe, d'autres personnages clés de la clique politique en prennent pour leurs grades, et certaines affaires sont rappelées avec gourmandise. Rien qui ne défrisera particulièrement un lecteur assidu voire occasionnel du Canard Enchaîné, mais ici sous forme de pamphlet littéraire, le talent de conteur d'un Patrick Rambaud énervé en plus. Le livre se clos sur les atrocités commises par quelques crétins anencéphales : les attentats de Charlie Hebdo et de la supérette Kasher.

Il fait suite au Tombeau de Nicolas Ier et avènement de François IV que l'auteur résume en :
Que cent mille grâces vous soient rendues, Sire, pour avoir suivi le conseil que j’osai vous prodiguer à l’issue de ma dernière Chronique : vous avez finalement dégagé. La fin joyeuse de votre règne électrique, ô Désopilante Majesté, me permet d’entamer avec sérénité cet ultime volume de vos prouesses, lequel va relater par le menu l’affreuseté de votre dernière année sur le Trône, matamoresque et dangereuse.

La Politique n'en sort pas grandie (mais est-ce vraiment une surprise tant les politiciens changent d'avis, mentent, trahissent leurs promesses, se chamaillent comme des gamins de CM2, font honte à leur pays dans l'hémicycle, trempent dans des affaires, etc) ce qui interroge sur l'espèce humaine. Rien d'étonnant à ce que l'auteur fasse à un moment donné un parallèle avec les rats qu'il connait bien pour avoir écrit un roman sur eux. Une satire où on rit jaune. L'usage de termes qui rappellent la monarchie est bien sûr volontaire et démontre que le pouvoir et ses travers n'ont guère changé, que la Révolution Française n'a pas révolutionné tant que ça sur certains points, comme le rappelle  Henri Guillemin. Le pouvoir corrompt et on ne prête qu'aux riches/puissants. Cette semaine vous avez Lagerfeld et ses déboires d'évasions fiscales dans le Canard Enchaîné et d'un autre côté le contre-feu du Figaro (il est en couverture du Figaro Madame je crois). Et on apprend dans le Canard que Bernadette Chirac avait intercédé en sa faveur par le passé pour réduire ce qu'il doit. De telles collusions laissent pantois. Il y a quand même un point qui m'a surpris, lorsque Nicolas-le-rusé est allé faire de la diplomatie à l'étranger, contraire à celle du régime en place, ce qui relève pour le moins de la Haute Trahison et là Patrick Rambaud reste plutôt doux je trouve.

Bref, un pamphlet où le milieu politique est vilipendé avec férocité, gauche, droite, extrême-droite, l'extrême-gauche étant anecdotiquement traitée, agrémenté d'une conclusion provisoire proposant une taxonomie des crétins. Certainement mieux écrit que Merci pour ce moment, que l'auteur a du lire pour son travail, je le plains. Un plus pour la photo de couverture, très drôle !


A suivre, hélas ... pour rependre les propos de l'auteur ...

Note : AAA

Chronique écrite en écoutant Still Be Lovin' You de Fourplay, Los Muertos Vivos Estan featuring Tambuco Percussion Ensemble de la BO de Spectre (wouha la percu !), Sweet Nothin's de Brenda Lee (superbe !)

lundi 11 janvier 2016

Bilan 2015

Chers internautes fidèles à mon blog,
!!! BOOK AWARD !!!

oui il était temps, bon nous sommes encore en janvier alors il est possible de dire que je suis encore dans les clous (et les couleurs cela ne se discute pas).


Petit bilan rapide de mes lectures en 2015 :
  • 20 BDs
  • 46 romans
  • 28 essais, histoire etc.
Pourtant j'ai l'impression de ne pas avoir beaucoup lu, par rapport à ce que je j'aimerais lire s'entend. Au Club de Lecture, il nous a été demandé de donner un classement pour 2015 de nos meilleures lecture et du livre le plus drôle. Dur, dur, source d'intenses frustrations, d'une consommation effrénée de Xanax, de la vision en boucle de l'intégrale de Babar pour me détendre, suivi parfois d'un épisode des Bisounours pour m'achever. Après des semaines sans dormir, les yeux humides de déchirement, tellement humide que mon Rimmel (c) a coulé, j'ai d'ailleurs du me remaquiller un nombre incalculable de fois, j'ai enfin réussit à atteindre un résultat que je dévoile devant vos yeux ébahis, quémandeurs, suppliants, bon ça suffit maintenant, dans l'ordre, et avec un son de trompette thaïlandaise :

  1. La mort est mon métier de Robert Merle
  2. Rien où poser sa tête de Françoise Frenkel
  3. Vernon Subutex (1&2) de Virginie Despentes
  4. Les luminaires d'Eleanor Catton
  5. Le livre des Baltimore de Joël Dicker
Le plus drôle : Quai d'Orsay (1&2)

Chronique rédigée en écoutant Susie Q de Creedence Clearwater Revival, Family Portrait de P!nk, West Coast de Lana Del Rey, California Dreamin' de Diana Krall.

Les groseilles de Novembre d'Andrus Kivirähk

Peakaboo !!!
Les groseilles de Novembre (Chronique de quelques détraquements dans la contrée des Kratts) d'Andrus Kivirähk (Le Tripode, 265 pages, 2014)

Incipit :
PEU AVANT MIDI, LE SOLEIL SE MONTRA UN INSTANT. Cela faisait plusieurs semaines que l'on n'avait plus vu un tel prodige : depuis le début d'octobre, le temps était resté gris et pluvieux. L'astre du jour épia une dizaine de minutes entre les nuages, puis le vent se leva, reboucha le mince interstice qui s'était ouvert brièvement, et le soleil disparut. De la neige fondue se mit à tomber.

Découvert dans ma librairie de quartier un samedi matin avant d'aller déguster un café sélectionné avec le plus grand soins dans un café bio d'élite. J'avais déjà pu apprécier le talent de l'auteur dans l'excellent L'homme qui savait la langue des serpents. De plus il s'agit du même type original de couverture, toujours aussi magnifique ! Bravo à l'éditeur.

L'histoire est toujours aussi païenne et farfelue. Nous passons ici un mois en compagnie de paysans d'un village. Ils sont méprisants, voleurs, débrouillards, lâche, égoïste etc. mais parfois peuvent faire preuve d'humanité (en cherchant bien) ou d'un amour touchant. Assez deuxième degré, donc ne vous minera pas le moral, parfois cocasse, toujours inventif, mais tragique tout de même. La rencontre avec le Diable est assez amusante, la confection des Kratts (constructions hétéroclites qui, après un accord Faustien, sont habités d'une âme et servent de personnel à tout faire, en particulier voler le bien d'autrui) est pour ainsi dire poétique. Je ne suis pas surpris que l'auteur traduise Arto Paasilinna, un auteur que j'affectionne. Il est vrai que la côté nature et découverte, deuxième degré, moquerie, dans un monde absurde les rapproche. Pour l'imaginaire c'est aussi un peu dans l'esprit Tim Burton ou de la poésie délirante de la série Pushing Daisies (dont je ne regretterais jamais assez l'arrêt, retrouver l'acteur Lee Pace, notamment dans La bataille des cinq armées, ne m'a pas consolé non plus).

Une lecture plaisante, originale, drôle (un art consommé pour l'auto dérision, l'auteur parlant de son peuple tout de même !!! Qu'il soit populaire en son propre pays, l'Estonie, montre que l'autodérision est bien plus répandue qu'on ne croit) mais une histoire malheureusement moins bien que L'Homme qui savait la langue des serpents. Une petite déception de ce point de vue. Compensée par l'arrivée massive de livres commandés (à cause de Premier bilan après l'apocalypse et de Conversations d'un enfant du siècle), je quitte mon boulot, nous partons en famille loin, et bim ! la lecture toute la journée ! Yeepee !)

Un livre tout de même à conseiller car sort des sentiers battus. Tiens, là que j'y pense, pour ceux qui ont aimé La mécanique du cœur de Mathias Malzieu même si Les groseilles de Novembre est moins optimiste.

Note: AA


Article écrit en écoutant Shigeru Umebayashi Lovers, Sophie Hunger Le vent nous portera, Ella Fitzerald & Louis Armstrong Summertime, et après une séance chez le dentiste (I will survive !)

samedi 9 janvier 2016

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

Mission Impossible
Envoyée spéciale de Jean Échenoz (Les Éditions de Minuit, 312 pages, janvier 2016)

Incipit :
 Je veux une femme, a proféré le général. C'est une femme qu'il me faut, n'est-ce pas.
 Vous n'êtes pas le seul dans ce cas, lui a souri Paul Objat. Épargnez-moi ces réflexions, Objat, s'est raidi le général, je ne plaisante pas la-dessus. Un peu de tenue, bon Dieu. Le sourire d'Objat s'est dissous : je vous prie de m'excuser, mon général. N'en parlons plus, a dit le gradé, réfléchissons.

L'histoire mouvementée d'une jeune femme qui se retrouve au cœur d'une mission secrète pour le contre-espionnage français.

L'auteur a tendance à vouloir nous accompagner, parfois même nous tenir par la main, au cas où nous serions perdu. L'impression, désagréable parfois, de l'avoir au dessus de son épaule. Cela n'empêche nullement de s'installer une atmosphère à la fois ludique, détachée, pince-sans-rire, où le rocambolesque côtoie la tragédie. On s'attache aux divers personnages en particulier Constance, qui est celle du livre puisqu'on la suit jusqu'à la fin. Une galerie de personnage qui ont un lien plus ou moins avéré et dont les rencontres inattendues font le sel de cet ouvrage, comme pour Bonus de Chalumeau.

J'ai retrouvé l'esprit de l'auteur (pour celui des livres que je connais de lui, Je m'en vais, et Des éclairs, 14, lus avant l'ouverture de ce blog) , qui s'amuse, se fait plaisir et in fine nous réjouit de sa verve sur des sujets variés.

A noter, pour Le Masque et la Plume, un Zeugma page 302 : "Il s'y remettra vite à fumer ainsi que de ses désillusions". Oups la conclusion, alors au final c'est sympathique, bien construit, se lit avec plaisir mais il m'a manqué quelque chose (je cherche encore). Quant à la fin j'aurais quelques questions pour ceux qui l'auront lu.

Note : AA

Article écrit en écoutant Six Gnossiennes et Trois Gymnopédies d'Erik Satie, œuvres pianistiques magistrales.

vendredi 8 janvier 2016

Premier bilan après l'apocalypse de Frédéric Beigbeder

Nécrologie du livre papier
Premier bilan après l'apocalypse de Frédéric Beigbeder (Livre de poche, 426 pages, 2011)

Incipit :
Les livres sont des tigres de papier, aux dents de carton, des fauves fatigués, sur le point de se laisser dévorer. Pourquoi s'obstiner à lire sur un objet pareil ? Des feuilles fragiles, inflammables, reliées, imprimées, sans batterie électrique ? Tu es obsolète, ô vieux livre bientôt jauni, nid à poussière, cauchemar de déménageur, ralentisseur de temps, usine à silence.

Guide des cents livres à lire avant la fin du monde, la fin du monde étant au choix, la fin du livre papier, la fin du XXème siècle, la fin d'un type de littérature qui ne sera plus pareille après le numéro 1 (American Psycho). Toujours la verve de Frédéric, la mise en rapport de point de vue originaux, l'utilisation de sa connaissance de la littérature pour mettre en avant les raisons étayées de ses choix. Assez amusant dans la forme, toujours intéressant sur le fond, réussit à donner l'envie de lire, ce qui, pour ce type d'ouvrage, est la fonction première, réussit totalement. Il faut ne pas être effarouché par le côté mondain, aristo, fêtard, faussement modeste, faussement je-m’en-foutisme parfois, oui Frédéric se la pète un peu, mais c'est assez bien fait, un rythme enlevé et une furieuse envie de découvrir des auteurs dont je n'avais, à ma grande honte, jamais entendu parler (Christian Kracht, Hanif Kureishi, Ned Rorem, Albert Cossery etc). Je me suis laissé tenter (dur de choisir) par Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery. Comme quoi sa mission est d'ores et déjà réussie !!!

Le livre papier est-il en danger ? Si l'on en croit toutes les analyses des media, un nouveau media ne supprime pas totalement l'ancien, la télé n'a pas tué la radio par exemple. Mais là c'est un peu différent, c'est un changement de support, il ne s'agit pas d'un nouveau livre, juste de son medium. Pourtant les spécificités du livre papier ont des attraits bien supérieur au véhicule que sont les tablettes. Pour cette raison, le livre papier ne disparaitra pas totalement, je n'y crois pas. Mais il va peut être diminuer (en volume de vente) pour le roman par exemple. Le livre ne se résumant pas au roman, il y a de la marge, mais cela mérite réflexion.

Apocalypse : mot à la mode, totem des millénaristes, annonce le choix en place numéro 1 du compilateur de recensions F.B., et comme le classement est présenté à l'envers, l'apocalypse se retrouve à la fin (comme dans la Bible).

Dans le choix N°58 (page 175) l'auteur utilise la loose au lieu de la lose (pourtant utilisé correctement plusieurs fois dans le reste du livre, cela m'agace presque autant que l'utilisation de programmateur au lieu de programmeur).

Un recueil talentueux pour vous faire découvrir et aimer la littérature. Bon avec moi il est en terrain conquis mais tout de même c'est particulièrement plaisant de lire ces présentations ...Bizarre pour Hermann Hesse de n'avoir pas cité Le jeu des perles de verre, Essai de biographie du Magister Ludi Joseph Valet accompagné de ses écrits posthumes, publié en 1943, alors qu'Hesse était blacklisté pour certains de ses ouvrages par les nazi, et qui lui a valu, pour une grande part, le prix Nobel de Littérature en 1946 (remarquable pour un allemand et vu l'époque, exploit selon F.B. lorsqu’on est le contemporain d'Adolf Hitler, et j'ajouterais lorsqu'on porte le même nom que Rudolf Hesse, représentant du NSDAP). Et je ne dis pas cela uniquement parce que je l'ai lu, mais pour la profondeur du thème traité, portant la culture à son plus haut niveau de raffinement. Surpris aussi lorsque F.B. parle de Brautigan et qu'il omet de citer Dreaming of Babylon: A Private Eye Novel (1942 ), Un privé à Babylone en français. Et je ne dis pas cela parce que je l'ai lu (en anglais) mais par le succès de cet ouvrage en particulier. Un recueil éminemment sympathique. Dommage que l'auteur ne me l'ai pas fait relire je lui aurait proposé quelques améliorations (oui, moi aussi je peux me la péter).

Note : AAAA

Article écrit en écoutant l'album Hymn to the Immortal Wind de Mono.

dimanche 3 janvier 2016

Star Wars: The Force Awakens by Alan Dean Foster

Pilule bleu ou pilule rouge ?
Star Wars: The Force Awakens by Alan Dean Foster (Ebook, 272 pages, 2015)

Incipit :
SHE NEEDED HIM. And he was nowhere to be found.
There was no one else she could rely on. No one like her brother. No one else at all, now that the New Republic stood on the verge of implosion, of destruction, of complete collapse.
They had thought that with the fall of the Empire it would all be so easy. That people would understand the need for patience, that time would be required to rebuild that which the Empire had taken away. Cities, communications, trade: All these could and were well on their way to full restoration. It was the intangibles that proved so much more difficult to re-establish throughout galactic society.

Novélisation du film éponyme.

J'ai été surpris de voir que la novélisation a été faite par A. D. Foster. Il y a fort longtemps j'avais lu celle d'Alien du même auteur ! Cela ne me rajeunit pas (lui non plus certainement).

L'intérêt de lire ce livre ? A part bien sûr l'étape obligatoire pour les fanatiques g33ks obsessionnels psychopathe qui veulent de tout leur être revivre en boucle l'histoire la nuit (parce que le jour on voit toutes les séances, en 2D ou VHS ou videodisc, en 3D, en anaglyphes, un doigt dans l’œil, aux formats IMAX, IMAX DMR, HFR, HFR+, on relit les romans et les comics pour se détendre entre deux séances) ? peut-être pour apprendre quelques détails qui ne sont pas dans le film, les pensées des protagonistes par exemple, des noms de personnages non cités dans le film, la marque des piles du sabre laser de Luke, le nom du parfum que porte le capitaine Phasma etc. Alors, oui, quelques menus détail, pour le reste c'est (trop) fidèle au film. Bon c'est aussi le principe de la novélisation, pas de style et fidélité à tout prix. Ah si j'oubliais, c'est aussi pour travailler mon anglais (wouha l'excuse de charlot, j'y crois pas ...).

Il y a quelques points positifs par rapport au film : ne pas entendre votre voisin farfouiller dans son pot XXL de pop-corn, pire, celui qui met quinze plombe a enlever un emballage de gâteau, sentir le blaireau de derrière qui repose ses pieds sur votre siège, proposant une version cinéma dynamique, malheureusement rarement en accord avec ce qui se passe à l'écran, manquer les retardataires qui passent devant, version moderne de la grotte de Platon, ne pas entendre (de nouveau) ceux qui confondent salle de cinéma et papoter au bar et ne pas avoir à éviter, par des clignements d’œil, tous les branleurs qui utilisent leur smartphone, particulièrement bien visible dans une salle obscure. Il n'est pas exclu d'être entouré par toutes ces versions au cours d'un même film. D'où l'avantage énorme du cinéma d'art et d'essai, en général on dépasse rarement dix et parfois on est même seul. Le luxe. Ou simplement du livre. L'incivisme de notre société est étonnant. Heu oui je suis allé le voir ... j'avoue. Mais revenons au livre : se lit bien, sans plus. Pour fan bien sûr.

Note : AAA    

samedi 2 janvier 2016

Quai d'Orsay, tome 2 de Blain et Lanzac

Du haut cette tour 40 siècle
vous contemplent. ONU qui mal y pense
 Quai d'Orsay, tome 2, Chroniques diplomatiques de Blain et Lanzac (Dargaud, 104 pages, 2011)

Au cœur de l'équipe diplomatique française en pleine crise du Lousdem. Celle-ci devra tenter d'imposer son point de vue à l'ONU alors que l'exécutif Américains souhaite la guerre à tout prix.

Avec le même talent (d'Achille) que pour le précédent,  nous sommes témoins de l'effervescence du Ministère des affaires étrangères, avec un premier ministre extravagant sous amphétamines et une équipe sous pression corvéable à merci 24/24, avec une vie privée chaotique. Toujours un dessin dynamique, un travail sur le mouvement, les émotions, les postures, les cadrages, et un texte très travaillé ponctué de scènes fendantes (reformulation d'un texte à l'ONU par exemple). Les personnages ont une réelle consistance, je me suis surpris à m'y attacher.Le travail sur les relations de pouvoir et les éléments de langage associé fait plus vrai que nature. On reconnait bien là les codes de l'administration ...

Sous les noms fictifs comme le Lousdem on reconnait l'Irak, et la préparation de son invasion (On croise donc G.W.  Bush, Colin Powell). L'ajout de quelques clins d’œil à Indiana Jones et à Star Wars (Darth Vador et l'Empereur) sont une excellente idée.

Toujours aussi brillant et hilarant (voir le Tome 1) ! La suite, la suite, la suite !

Note : AAAAAAA

vendredi 1 janvier 2016

Comme des rats de Patrick Rambaud

Ratatouille undercover
Comme des rats de Patrick Rambaud (Grasset,177 pages, 1980 réédition de 2002)

Incipit :
C'est un jeune rat privilégié par la nature, plein de puces, aux oreilles courtes et aux yeux rouges, qui habite le sous-sol d'un pavillon de la viande dans les anciennes Halles de Paris.
Patrick Rambaud nous fait vivre de l'intérieur  dans une famille de rat. Territoire, reproduction, guerre de clans, communication, organisation enfin la promiscuité avec qu'il appelle le Gros (nous les humains).

Comme il le rappelle en quatrième de couverture l'homme et les rats sont les seuls animaux qui dévorent leurs semblables. D'autant plus angoissant lorsque des rats se mêlent aux humains et pénètrent chez vous ... une aventure violente dont le point de vue m'a rappelé Bernard Werber avec Les fourmis. Sauf que là c'est un peu plus hardcore et il n'y a pas de volonté de communiquer avec les rats, plus celle (d'Orléans) de les observer, de les étudier et de les exterminer.  Une aventure dynamique suivant plusieurs générations de rats, au cœur de l'action, pour un peu on sentirait l'odeur d'égout, où la violence, la survie, la puissance de la vie est omniprésente. Un clin d’œil amusé via le rat Eudipe (deviendra chef/roi [Eudipe rat], "épousera" sa mère et tuera son père) qui dénote chez Rambaud d'un humour caustique et raffiné (sic).

C'est en écoutant récemment une émission de radio, je ne me rappelle plus laquelle, où l'auteur parlait de ce livre car c'est le seul qui n'a pas marché (alors là ni une ni deux je le commande). C'est dommage car c'est assez bien fait, on s'y croirait, l'auteur n'a pas lésiné pour se renseigner auprès de spécialiste, et nous avons un Ratatouille qui ne fait pas dans la haute gastronomie, plus dans le gore qui tâche. Un contraste assez fort avec le délicieux repas de réveillon du Nouvel An ! Bonne Année 2016 !

Note : AAA

Conversations d'un enfant du siècle de Frédéric Beigbeder

You fuck my wife ?
You talking to me ?

Conversations d'un enfant du siècle de Frédéric Beigbeder (Grasset, 371 pages, 2015)

Incipit :
J'aimerais, plus tard, qu'on dise des pages qui suivent : oh, c'étaient des gens qui écrivaient des choses mais surtout, c'étaient des personnes qui s'asseyaient à une table pour discuter de littérature.

Recueil d'interviews autour d'une bonne table avec des écrivains choisit par l'auteur.

Frédéric B. fait partie de mes auteurs favoris, dont j'ai presque tout lu (comme pour Michel Houellebecq, David LodgeAlessandro Baricco, Haruki Murakami etc.). Son meilleur ? Peut-être Windows on the world ou Un roman français.

J'apprécie son style, son dandysme, son sens de la formule, son sens de l'interview. Il réussit à créer une alchimie à laquelle les interviewés se laissent charmer et cela fini par produire des échanges riches, amusants, étonnants, qui donne envie de découvrir les auteurs (leurs livres surtout) en question. Il est fort probable que je lise Jean D'Ormesson (Histoire du Juif errant ou La gloire de l'Empire) ou Albert Cossery (Mendiants et Orgueilleux). Il y a une sur représentation américaine et mâle dans ce recueil mais bon pourquoi pas.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces interviews, en particulier celles des disparus et bien sûr celle de Frédéric Beigbeder himself. Bienvenue dans le milieu mondain du name-dropping aux carnets d'adresses (hôtels, restaurant, lieux de rêves) bien fournis.

Note : AAAA


Bonne année 2016 !!!!!

Bonne année 2016 !!!!!
 A mes lecteurs et lectrices ! Wouf wouf ! ... bon ok aussi aux chiens. Miaaaaououuu ..., c'est bon, c'est bon, aux chats aussi.
 Et que la lecture soit avec vous !