dimanche 19 juin 2016

De nos frères blessés de Joseph Andras


De nos frères blessés de Joseph Andras (Actes Sud, 140 pages, 2016)

Incipit :
Pas cette pluie franche et fière, non. Une pluie chiche. Mesquine. Jouant petit. Fernand attend à deux ou trois mètres de la route en dur, à l'abri sous un cèdre.Ils avaient dit treize heures trente.
A partir d'une histoire vraie, le destin de Fernand Iveton, un français d'Algérie, qui va prendre fait et cause pour la libération de l'Algérie.

Une histoire difficile car la guerre, qui ne voulait pas porter pas son nom (on parlait des "évènements"), a été cruelle. La France n'a pas aussi bien négocié la fin de la colonisation que l'Angleterre, et préfèrera s'enfoncer dans une guerre sale, en torturant et abattant à tour de bras. C'était l'époque, difficile à comprendre pour moi de nos jours. Même aujourd'hui à l'émission L'as-tu lu mon p'tit loup ? interrogé sur les raisons des guerres, l'expert parlant des pays attaqués, envahis, parle de légitime défense. A l'époque de l'Algérie, il aurait considéré comme un traitre et lynché. Pourtant la France avait été occupée et n'avait pas franchement apprécié (à part les collabos et les fachos). Mais la realpolitik ce sont des intérêts économiques et d'influences etc. et pour ces raisons, un état s'assoit assez facilement sur les grands principes. Le destin d'Alfred Iveton est alors emblématique d'une telle situation, payant au prix fort l'inéluctable, la libération d'un pays, de son pays, seul européen à être guillotiné par la France lors de ce conflit. La Justice a, une fois de plus, brillé pour son manque de clairvoyance. Des politiciens, Coty et Mitterrand, qui ont bien entachés leur CV. Avec l'actualité il est difficile de soutenir des actes qui relèvent du terrorisme, mais le contexte était bien différent et le modus operandi aussi.

Prix Goncourt du 1er roman (refusé par le lauréat), j'ai apprécié les thèmes abordés : la raison d’État et le déni de Justice, la décolonisation de l'Algérie, le destin d'un idéaliste sacrifié sur l'autel d'intérêts soit-disant supérieurs, l'aspect historique, le sujet "politiquement incorrect" (oui il faut affronter les squelettes dans le placard de l'Histoire !!!).

Une tragédie écrite magnifiquement, un style court, haletant, un rythme paradoxalement enjoué, une lueur d'espoir au fin fond de la nuit soulignée par une histoire d'amour touchante, une écriture fluide, envoutante, qui ne vous lâche pas, passant avec souplesse d'un sujet à l'autre, ciselée comme la guillotine qui ... une claque qui m'a bien niquée le moral (ha bah merci, pour un dimanche soir, sympa ...).

Note : AAAAA

samedi 18 juin 2016

zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

Ban ban ban ban
zaï zaï zaï zaï un road movie de Fabcaro (6 Pieds sous Terre Editions, 21 mai 2015))

Un jeune (délinquant, menace pour la société, un gauchiste, quand aurons nous le courage de parler de la surpopulation comme dans Freedom ?), est dans un supermarché (Églises du XXIème siècle). A la caisse (modèle standard, symbole marxiste post-moderne de la soumission au marché), au moment de régler (dénonciation osée de la société de consommation, cliché de l'acte répétitif de l’allégeance au patronat), il s'aperçoit qu'il a oublié (lapsus gestuel volontaire ?) sa carte de fidélité (ancre PNL se substituant aux rapports amoureux, induisant un rapport affectif à l'acte d'achat). S'ensuit un road movie avec une analyse fine de la généalogie de la morale au travers de l'acte consumériste, doublée d'une critique sans concession des clichés éculés de notre société de communication (postures des soit-disant experts, storytelling médiatiques, déconstruction des repères, mise au pilori du GPS idéologique de la langue fasciste).

Une BD hilarante, j'en ai eu les larmes aux yeux à plusieurs moments, j'ai du interrompre ma lecture en public afin d'être plus discret, et moins nuire à mon image de superstar. Catherine me l'a bien vendu (pour un prêt de médiathèque, ça sent l'arnaque), même Julie était MDR (genre poupée à bascule et crise d'hystérie) c'est dire. Me rappelle l'état d'esprit décalé et caustique de Bastien Vivès ou d'un Édika (qu'est-ce qu'il m'a bien fait marrer cet auteur !!!) un sens de l'observation, mouliné à l'absurde, un sens particulièrement drôle de la chute, basé sur un contraste violent entre ce qui est attendu et ce qui est proposé. Un mashup très très drôle de notre société de consommation et de communication. Un concentré d'humour, un sens aiguisé de l'absurde, une mise en scène étonnante, un art consommé de la chute (bis repetita), une merveille, la réutilisation de phrases passe partout passées au mixeur du lâcher prise existentiel. N'hésitez pas  !!!!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA (tchoum)

jeudi 16 juin 2016

Freedom de Jonathan Franzen

Freedom de Jonathan Franzen (Points, 786 pages, 2012)

Incipit :
Les nouvelles concernant Walter erglund ne furent pas découvertes dans un quotidien local - Patty et lui étaient partis pour Washington deux ans plus tôt et ils ne signifiaient dorénavant plus rien pour St. Paul - mais la bonne société urbaine de Ramsey Hill n'était pas loyale à sa ville au point de ne pas lire  le New York Times.
Les relations difficiles au sein d'une famille et entre voisins. Et parfois avec des patrons. Aussi avec des connaissances. Un roman psychologique.

Pour ceux qui trouvent qu'il y a des longueurs, ils auraient pu s'en douter (je rappelle pour les plus distraits que le livre fait 786 pages, si on aime pas les personnages ou les relations difficiles, bonne chance). Faut pas être surpris comme ça, lisez Amélie Nothomb plutôt. Pour ceux qui n'aiment pas la psychologie poussée des personnages, lisez dans ce cas L'équipe ou la série Martine. Si vous aimez les choses simples, sans trop de ramifications, un livre détente quoi, penchez vous sur Musso ou Lévy. Maintenant pour ceux qui aiment des romans qui vous font réfléchir, offre des personnages complexes, des idées intéressantes ou tout simplement qui apprécie déjà Franzen comme dans Les corrections ou Purity, alors allez-y.

Les points positifs :

  • Relations complexes et labyrinthiques entre les personnages. 
  • Portraits psychologiques denses
  •  Différentes thématiques abordées : liberté/incertitudes des choix familiaux, amicaux, politiques, choix économiques. Écologie, notre place dans le monde
  •  l'impression ressentie due au nombre de pages (du temps qui passe, la profondeur des personnages) et à la multitude des sujets abordées, effet de durée, accentue l'impression d'une fresque ou d'une saga comme dans Le Fils de Philipp Meyer ou même Le livre des Baltimore (mais ici en plus dense)
  •  la qualité des dialogues, qui rendent bien la cruauté, l'amour, l'indécision, les sentiments en général etc
  •  un roman familial qui montre les incompréhensions, le manque de communications, un vrai bazar/chaos qui reflète bien que nous vivons sur de pures illusions.
  • La description très vivantes des personnages, de leur manque de cohérence, leurs illusions (oui je me répète), de nos changements d'avis, d'idées, de nos luttes et compromissions pour nos idéaux
  • La construction, en différentes parties, avec un journal en deux parties, qui change les points de vues
Les points négatifs :

  • quels points négatifs ? Ok rien n'est parfait, mais franchement il est doué Jonathan !!

Si je devais choisir entre les trois ce serait Purity en premier et les deux autres en deuxième position ex-æquo. En tout cas il arrive à se renouveler, même si à chaque fois c'est un roman familial psychologisant, il trouve des thématiques différentes. J'adore !

Note : AAAAA

La cavale du Docteur Destouches de Paul Brizzi et Christophe Malavoy

La Montagne Tragique
La cavale du Docteur Destouches de Paul Brizzi et Christophe Malavoy (Futuropolis, 93 pages, 2015)

La fuite en Allemagne nazie de Céline à la fin de la guerre.


Un sujet pas forcément facile, sur un personnage ambivalent, à la fois considéré comme grand écrivain (j'ai lu seulement Voyage au bout de la nuit de lui) et un traitre.

Couverture qui pourrait faire penser au Dr Frankenstein, à Vlad l'empaleur, ou encore à Dr Jekyyl et Mr Hyde. Un magnifique crayonné, parfois sous forme de caricatures, qui m'enchante, j'adorerais dessiner au crayon comme cela !!!! Et puis pour une ambiance sombre dans un chaos innommable, cela va très bien.

Cependant l'histoire ne m'a pas emballée, mais c'est due à mon manque d'intérêt pour le sujet, pas à la qualité de l'histoire en elle-même. A nouveau des choix matures et audacieux de Futuropolis !

Note : A

Le signe des quatre de Conan Doyle

Brain Power
Le signe des quatre de Conan Doyle (Michel Laffont, pages, 151-292, 1956)

Incipit :
Sherlock Holmes prit la bouteille au coin de la cheminée, puis sortit la seringue  hypodermique de son étui de cuir. Ses longs doigts pâles et nerveux préparèrent l'aiguille avant de relever la manche gauche de sa chemise.
 Nouvelle assez longue aussi qui suit Étude en rouge.  Doyle y développe son personnage et en particulier son addiction à la cocaïne, solution à 7% (et parfois la morphine). Cette fois au lieu de partir dans la conquête de l'ouest on part en Inde. Un vrai récit d'aventures, avec moult rebondissements. Un vrai plaisir de relire les aventures d'Holmes.

Note : AAAA


dimanche 12 juin 2016

Sélection librairie Chantelivre

Chantelivre Orléans
Sélection librairie Chantelivre d'Orléans  à la médiathèque de Beaugency vendredi 10 juin 2016


Pour ceux qui n'auraient pas noté ou pu venir, voici la sélection présentée par la librairie Chantelivre vendredi soir :

  • Euphoria, Lily King, Christian Bourgeois
  • Purity, Jonathan Franzen,  Éditions de l'Olivier
  • Comme neige, Colombe Boncenne, Buchet Chastel
  • Tout va bien madame la comtesse !, Francesco Muzzopappa, autrement
  • Le chagrin des vivants, Anna Hope, du monde entier Gallimard
  • Nos vies insoupçonnées, Anaïs Jeanneret, Albin Michel
  • Camping-car, Sophie Brocas, Julliard
  • Mémoire de fille, Annie Ernaux, Gallimard
  • Condor, Caryl Férey, série noire Gallimard
  • La ville des morts, Sara Gran, Points
  • Les machines à désir infernales du docteur Hoffman, Angela Carter, L'OGRE
  • Histoire du silence, Alain Corbin, Albin Michel
Les livres ont été présentées avec passion, j'ai eu des difficultés à restreindre mes achats, je me suis limité à trois seulement, Euphoria, La ville des morts et bien sûr Les machines à désir infernales du docteur Hoffman qui me rappelait dans la présentation Michel Folco ou encore L'homme qui savait la langue des serpents.

Écrit en écoutant l'album du groupe de K-Pop BTS, In the mood for love. Merci à ma fille pour ses précieux conseils.  

Prix Emmanuel Roblès 2016

Prix Roblès 2016
Prix Emmanuel Roblès 2016

Le lauréat est (sans surprise) En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut. J'avais voté pour la première place pour Today we live. Déçu de ne pas avoir pu y assister, mais j'ai pu voir le streaming de la cérémonie.

Il y a aussi la liste des livres qui n'ont pas concouru mais qui aurait pu :

La sélection off 2016

  • Danse de la vie brève, Hubert Antoine, Verticales
  • L'orage, Clara Arnaud, Gaïa
  • Nos âmes seules, Luc Blanvillain, Plon
  • La cache, Christophe Boltanski, Stock
  • Korzen, Baptiste Boryczka, Lemieux éditeur
  • Après le silence, Didier Castino, Liana Lévi
  • Camille, mon envolée, Sophie Daull, Philippe Rey
  • 111, Olivier Demangel, La Fanfare
  • Les loups à leur porte, Jérémy Fel, Payot et Rivages
  • L'enfant de Trébizonde, Cypris Kophidès, Diabase
  • La petite barbare, Astrid Manfredi, Belfond
  • Extrêmes et lumineux, Christophe Manon, Verdier
  • Les échoués, Pascal Manoukian, Don Quichotte éditions
  • Les jardins de consolation, Parira Reza, Gallimard
  • Finir la guerre, Michel Serfati, Éditions Phébus
  • La maladroite, Alexandre Seurat, Éditions du Rouergue
  • Les iris jaunes, Lionel Stolèru, Anne Carrière éditions
  • Des vies de chat, Christian Viollet, Le Cherche Midi

Écrit en écoutant l'album du groupe de K-Pop BTS, In the mood for love. Merci à ma fille pour ses précieux conseils. 

Platinum End de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Platinum End de Tsugumi  Ohba et Takeshi Obata (Kazé éditions, 192 pages, 2016)

Après l'excellent Death Note, une nouvelle série où un humain se voit pourvu de quelques pouvoirs par le truchement d'un ange. La mort, le suicide, le bien / le mal, l'équilibre du monde, un amour impossible, sont les quelques ingrédients conviés dans ce volume 1.

Pas trop convaincu au départ, à cause de l'ange trop angélique, mais qui au fur et à mesure découvre une personnalité pas claire au niveau de la morale. Le héro désespéré qui se voit offrir l'occasion de devenir heureux, mais à quel prix ?  Avec de super pouvoirs jusqu'où sommes nous prêt à aller pour être heureux ? Le pouvoir ne va-t-il pas nous corrompre ? L'illusion du libre arbitre n'est-il pas préférable ? Et devenir Dieu cela vous intéresse ?

Petit à petit le scénario s'étoffe jusqu'à la scène finale qui me donne carrément envie de savoir la suite.

Note : AAA

Écrit en écoutant les groupe de K-Pop B.A.P, morceau Fight for freedom , SHINee avec les morceaux Sherlock, Lucifer. Merci à ma fille pour ses précieux conseils.

Akira (noir & blanc) édition originale Tome 1 de Katsuhiro Otomo

ben, ça baigne
Akira (noir & blanc) édition originale Tome 1 de Katsuhiro Otomo (Glénat, 362 pages, 2016)


Orgasmique !!  Le réédition du chef-d’œuvre d'Otomo. Noir et blanc (et pas la colorisation), sens de lecture original japonais (enfin), une nouvelle traduction, un prix attractif. Que du bonheur.

Je l'avais lu dans les années 80 grâce à un prêt d'un copain. Puis relu il y a quelques années grâce à une bibliothèque. Puis tentation de les acheter, difficultés de les retrouver en noir et blanc, je n'avais que les tomes 1 et 2.

La réédition est en cours, le tome 2 prévue fin de ce mois, le tome 3 en septembre.

Un monde post-apocalyptique, une jeunesse désœuvrée, un complexe militaro-industriel, un groupe de résistant ... à découvrir, à relire.

Note : AAAAA

Écrit en écoutant le groupe de K-Pop B.A.P, morceaux Blind, Coffee Shop (japanese version). Merci à ma fille pour ses précieux conseils.

La tarte et le suppositoire de Michel Ouellebeurre

En association avec les dragées Fuca
La tarte et le suppositoire de Michel Ouellebeurre (Éditions de Fallois, 43 pages, 2011)

Incipit :
En contemplant les statues du château de Versailles qui se détachaient dans l'herbe close, Jed compris le sens de la proposition qui lui avait été faite. Déposer d'abominables sculptures au milieu de merveilles l'enchantait.


J'aime bien les pastiches, comme ceux de Pascal Fioretto ou de Reboux et Müller. Bon là c'est très court, à acheter d'occasion sinon cela faire cher la page. Là c'est Michel Houellebecq et d'autres personnages, par exemple Jeff Koons dans l'incipit. Bon là c'est court (oui je me répète), et c'est amusant, sans plus. Si vous ne savez pas quoi faire aux sanitaires, cela peut donner de la lecture pour quelques séances. J'ai surtout satisfait à une curiosité et avait envie de rigoler un peu. Réussi de ce point vue là.

Note : AA

Écrit en écoutant le groupe de K-Pop B.A.P, morceaux What the hell, 전부 거짓말, Albatross. Merci à ma fille pour ses précieux conseils.

Etude en rouge de Conan Doyle

Ceci n'est pas une pipe
Étude en rouge de Conan Doyle (Robert Laffon, pages 17-147 1956)

Incipit :
En 1878, reçu médecin à l'Université de Londres, je me rendis à Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de l'armée ; et là, je complétais mes études. On me désigna ensuite, comme aide-major, pour le 5e régiment de fusiliers de Northumberland en garnison aux Indes.

Grand fan de Sherlock Holmes depuis mon enfance, j'aime relire les nouvelles de Conan Doyle mais aussi découvrir avec des auteurs modernes, ses aventures. J'adore également la série télé britannique Sherlock (avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman). Il est intéressant de voir comment Moffat a adapté au monde contemporain des aventures datant du XIXème siècle. Il esst assez ludique de comparer certaines scènes comme celle de la rencontre entre Watson et Sherlock, ou encore cella de la montre gousset par rapport au smartphone.

J'avais envie de retrouver mon héro et relis de temps en temps ses aventures dans la collection complète des œuvres de Doyle, aux éditions Michel Laffont. Quatre tomes sont consacrées à Sherlock. La première aventure étant L'étude en rouge. Très originale dans sa construction avec un flash back en plein désert chez les mormons. Cette aventure, et la suivante, mettent en place le décor, l'association de Watson et Holmes, la science de la déduction. Une madeleine de Proust.

Note : AAAA

Écrit en écoutant le groupe de K-Pop B.A.P, morceaux Zero, Happy Birthday, Hurricane, Power, Rain sound. Merci à ma fille pour ses précieux conseils.

mercredi 1 juin 2016

Divers !

Divers !

surtout vers la fin !
Tout d'abord une anecdote, j'ai récemment commencé (et même fini) L'éternité n'est pas de trop de François Cheng. Dès le départ cela me rappelait quelque chose, l'impression diffuse que j'avais soit déjà lu l'ouvrage ou lu sur cet ouvrage, ou encore des réminiscences du club de lecture, quelqu'un qui en aurait fait le résumé et qui perturbait ma lecture. Je suis allé jusqu'au bout avec cette impression de déjà-vu qui m'arrive parfois. Et puis j'ai pensé, bien tardivement, à regarder sur ce blog ... et en fait je l'avais déjà lu !!! Bon ce n'est pas tout, récemment j'ai acheté Dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters. Vous allez rire, dès le début à nouveau cette sensation. Bon là j'ai de suite cherché sur mon blog avec le nom de l'auteur. Oui, déjà lu aussi, mais en anglais. Deux livres déjà lu coup sur coup !!! Pas croyable. Oui, oui, je vous entends, il faut que je consulte un psychiatre illico ou vérifier si l'oncle Alzheimer ne se serait pas invité déjà chez moi.

Apocalypse Columbo
Je n'ai pas été très présent dernièrement, ce qui ne m'a pas empêché de lire (ouf !!!) puis de produire mes articles en retard la même journée, sauf que je les au fait paraître dans l'ordre inverse de mes lectures (vous allez me dire que vous vous en tamponnez complètement ... et vous n'auriez pas tort). En clair j'ai d'abord lu Le livre des morts, puis Les corrections et enfin je viens de terminer REVER de Thilliez. J'ai aussi lu Étude en rouge de Conan Doyle (l'article arrive). Que vais-je lire maintenant ? J'ai commencé la relecture du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne (en édition Pléiade) et bientôt Le signe des quatre de Doyle (oui j'aimerais relire toutes les aventures de Sherlock Holmes). Mais pour un roman j'hésite à commencer Freedom de Franzen ou un autre (parmi ma P.A.L. immense).


Note (pour cet article magnifique) : AAAA


Le livre des morts de Glenn Cooper

Death Note
Le livre des morts de Glenn Cooper (Le cherche midi, 420 pages, 2009)

Incipit :
DAVID SWISHER FIT TOURNER la molette de son Blackberry. Il cherchait le courriel envoyé par l'expert-comptable d'un de ses clients qui souhaitait prendre rendez-vous pour discuter du rééchelonnement d'une dette. La routine, quoi, le genre de boulot qu'il abattait en rentrant chez lui.

Des morts surviennent et ne semblent pas liés, le FBI s'y casse les dents. Et pour cause ... un serial killer tout à fait atypique.

Un thriller sympathique, le point fort est le lien avec ce qui s'est passé à partir du XIème siècle. Aussi avec les théories du complots et l'area 51.

Note : AAA

Les corrections de Jonathan Franzen

CorrectOr c'est de l'or !
Les corrections de Jonathan Franzen (Points, 694 pages, 2002)

Incipit :
La folie d'un fond froid balayant la Prairie en automne. On le sentait : quelque chose de terrible allait se produire. Le soleil bas sur l'horizon, une lumière voilée, une étoile fatiguée. Rafale sur rafale de dislocation.
Le quotidien d'une famille dysfonctionnelle. Les rapports complexes, pervers, des membres d'une famille. L'exploration de la psyché de ces individus se mouvant dans une société moderne.

Les points positifs :
  • la thématique : les corrections, que ce soient celle des copies d'élèves, de nos comportements pour s'adapter à notre milieu professionnel ou personnel et affectif, d'un outil révolutionnaire pour recâbler notre cerveau en panne, etc.
  • Les jeux de pistes ou passage de témoin entre différentes parties de l'ouvrage. Par exemple ASLAN, drogue liée au Mexican A, et personnage dans les chroniques de Narnia, mais il y en a d'autres, qui produise des échos entre différents passages, personnages, époques etc. Un autre exemple ? Le Generator, restaurant et aussi un groupe électrogène dans un autre endroit du livre. Dans Purity, que j'ai trouvé encore meilleur, il le fait aussi.
  • La profondeur induite par le nombre de pages et le procédé des flash-backs. Ce n'est pas un procédé nouveau, par exemple Conan Doyle l'a utilisé dans l’Étude en rouge, où le deuxième chapitre repart 20 ans en arrière dans un autre pays avec au départ l'impression de lire un autre livre. Sauf qu'au lieu d'en faire 20 pages Jonathan Franzen en fait 200.
  • La densité des portraits psychologiques des personnages, un TP de psychopathologie de la vie quotidienne.
Les points négatifs :
  • un tout petit peu de longueur, en ce qui me concerne, dans la partie En Mer et le Generator  
En tout cas un très bon roman contemporain.

Note : AAAAA

REVER de Franck Thilliez

Votre pire cauchemar ...
REVER de Franck Thilliez (fleuvenoir, 596 pages, 2016)

Incipit :
D'une main tremblante, Abigaël Durnan sortit une Marlboro de son paquet et la planta entre ses lèvres. Le déclic provoqué par le briquet Zippo monopolisa son attention. Elle ne fumait pas, mais elle avait appris à voir, écouter, sentir comme nul autre, et cette fois encore, chaque détail de son environnement revêtait son importance.

Une psychologue, atteinte de problème du sommeil, et qui aide la criminelle à poursuivre un serial-killer, se retrouve dans un accident où elle perd son père et sa fille. Mais cet incident n'est peut-être pas totalement étranger à l'enquête qu'elle mène auprès des gendarmes.

Bon il ne faut pas trop en dire, après tout c'est un thriller et qu'attends-t-on d'un thriller ? de l'inquiétude, de la frustration, l'envie d'avancer et de savoir, des retournements de situation et coups de théâtre, du suspens, des situations trèèèès tendues, l'empathie pour le héro ou l'héroïne, une histoire à 100 à l'heure, être déstabilisé aussi ? sur tout ces points, une fois de plus, Franck Thilliez réussit totalement. Avec en prime une (petite) énigme à résoudre en fin de livre. Énigme que j'ai résolu dans les formes (la solution est dans le livre, mais j'ai tenté (réflexe) au départ d'analyser le code de la page avec le debugger intégré de mon navigateur, mais voilà ce n'est pas client-side, c'est un POST et le javascript ne contient pas la solution, ha ha) ce qui m'a permis de lire le chapitre manquant et le bonus des chapitres pour les lire dans l'ordre chronologique.

J'ai été très content de trouver quelques easter eggs dans le code littéraire, par exemple le nom de Xavier Illinois, si vous prenez ses initiales (première du prénom et les trois du nom) cela donne XIll !!! Coïncidence ??? Je ne crois pas. Une couverture attrayante, avec un ambigramme comme titre, avec un léger relief, avec un contenu à la hauteur de mes espérances, un page turner que j'ai dévoré en deux jours. En plus on y apprend une foule de chose sur le sommeil, et des termes comme hypnagogique. Les références à Inception ou autres m'ont aussi bien plus. Bref un thriller excellent qui ravira les fans, j'en suis persuadé. J'ai noté un peu d'autodérision dans l'ouvrage sur les auteurs de thriller, peut-être pour l'auteur une manière ironique de répondre à ses détracteurs (s'il en a, je n'ai pas vérifié, quant à moi je suis fan à 100% !!!). Autre aspect amusant, qu'il dise qu'un écrivain qui écrive des histoires horreurs (c'est le cas d'un des personnages) doit pas être bien net dans sa tête, ha ha ha ... Un bon moment passé avec Abigaël et à m'inquiéter pour elle. Et le jeu de piste à la fin c'est génial !! Je suis prêt à décrypter un code s'il le faut !! Ou alors un poster avec un message caché ? Houla calme toi, tout va bien. La construction "aléatoire" des chapitres provoquent une légère confusion chez le lecteur (bon, ok, chez moi), ce qui est assez raccord avec l'état d'Abigaël, donc une excellente idée (qu'elle est bonne).

Merci M. Thillier pour ce thriller de bonne facture ! ! J'espère avoir l'occasion de vous croiser de nouveau, sinon à dans un an pour votre prochain !

Note : AAAAA