mardi 16 août 2016

Psychologie du développement de Ricaud-Droisy, Oubrayrie-Roussel et Safont-Mottay

Vers l'infini et au delà !
Psychologie du développement Enfance et adolescence d'Hélène Ricaud-Droisy, Nathalie Oubrayrie-Roussel et Claire Safont-Mottay 2ème édition (Dunod, 248 pages, 2014)

Support de cours de Psychologie niveau L1. Sur le développement des enfants et des ados principalement avec en fin de partie l'éducation familiale et le développement de la personnalité.


Cela m'a pris environ 15 jours en en lisant un peu tous les jours, prenant quelques notes, recherchant quelques définitions. Par exemple agonistique que le Petit Robert lie aux muscles, ce qui n'aide pas vraiment, en revanche la racine latine est plus juste : qui combat dans les jeux, bref des comportements ou conduites à tendance agressive.

Points positifs
  •  la pensée pré opératoire et opératoire avec les exercices trouvés par Piaget (p. 61). Ce qui m'a fasciné ce sont les différents exercices trouvés. Et aussi les dialogues (de type maïeutique) entre Piaget et les enfants, sans jugement mais pour comprendre leur logique et leur vision du monde. Édifiant.
  • la méticulosité des psychologues pour classifier des comportements et leurs dons d'observation (Tableau 1.1 p. 10). S'il faut retenir quelque chose c'est la démarche méthodologique, la recherche très détaillée de typologie et de classification.
  • les études sur le développement de l'enfant, fascinantes, qui m'ont rappelés certains stades de ma fille mais que je n'avais pas vu sous ces angles si détaillés (tableau 2.6 p. 81)
  • Génial les dessins des enfants (j'ai même commandé le livre Portraits d'autoportraits) et surtout l'exercice p. 113 pour déduire en fonction de photos de dessins le sexe et l'âge de l'enfant (en s'aidant des stades décrits dans les pages précédentes). Ce n'est pas aussi évident que j'aurais pu le penser au départ (Présomptueux !!)
  • L'éducation familiale, les conflits interpersonnels d'enfants, très éclairants sur les comportements et leur déchiffrage mais aussi sur l'influence sur le développement cognitif en fonction des "types" de famille.
  • La bibliographie (qui m'a permis de retrouver un des livres cités, non mis en note de bas de page).
Points négatifs
  • toujours pas d'index ni de glossaire
  • des erreurs de typo ou d'orthographes (ex : p.196 ".. que nous allons détaillés" ). Cela peut être parfois gênant sur le fond, je me rappelle, dans Psychologie clinique et psychopathologie que Foucault avait parlé du "grand enfermement", et dans la marge le livre indiquait "renfermement". Deux mots aux champs sémantiques assez différents.

Un livre très instructif. Elle est vraiment bien cette collection. Pour L1 Psycho c'est un bon départ. Je vais pouvoir étudier le suivant La psychologie cognitive dans la même collection Dunod, beaucoup plus gros, cela devrait me prendre quelques semaines. De manière contingente j'ai entendu une émission (France Inter, Chercheurs d'avenir) où il y avait Stanilas Dehaene et j'y ai appris les progrès impressionnants des IRM comme la possibilité de voir un neurone et ses états ainsi que les liens dendritiques (au nombre de 10 000 tout de même) en temps réel !!!. Plus bluffant encore, le projet du connectome. Je comprend mieux que les NBIC aient le vent en poupe. Il y a même un projet de cerveau humain. Là on est en plein cœur de la recherche. J'aurais du choisir les neurosciences ... En attendant pour l'étudiant en psycho avoir un cerveau virtuel et expérimenter devrait être absolument génial. Si cela sort en PS4 ... Apprendre c'est quand même la drogue ultime, non ?

Note : AAAA

dimanche 14 août 2016

Habibi de Craig Thomson

Habibi de Craig Thomson (Casterman écritures, 671 pages, 2011)

L'histoire d'amour entre Dodola et Zam, luttant contre les affres de la vie.

Un roman graphique étonnant ! Des dessins très travaillés, aux symbolismes complexes et variés : la langue, le poème, l'écriture arabe, l'ésotérisme, les carrés magiques etc.  Cette histoire d'amour doit lutter pour survivre, lutter contre la dureté de la vie humaine : esclavage, viol, pauvreté, prostitution, mutilation, intolérance, racisme, méchanceté, violence, pollution etc. Ils trouveront tout de même quelques rares alliés. Un conte des mille et une nuit mais plus dur, plus violent, moins féérique mais tout aussi puissant car empreint d'une spiritualité dense, puisant à la fois dans le Coran et dans la Bible et offrant par ses choix graphiques une vision édifiante de l'humanité.

Ce livre montre aussi toute l'ambivalence de l'humain, capable du pire comme du meilleur, à la fois d'une spiritualité élevée et détruisant la planète. Comment survivre à toute cette ambiguïté ?

Note : AAAAA

samedi 13 août 2016

Introduction à l'Ethnologie et à l'Anthropologie de Jean Copans

Introduction à l’Ethnologie et à l'Anthropologie 3ème édition de Jean Copans (Armand Colin, 128 pages, 2016)

Incipit :
Pourquoi l'ethnologie et l'anthropologie ? Pourquoi existe-t-il plusieurs disciplines, apparemment très distinctes, pour étudier et expliquer la vie des hommes et des femmes en société ? On conçoit que facilement que la vie des générations décédées demande des méthodes et un état d'esprit particulier : l'histoire. On comprend également que les relations aux espaces et aux milieux à la fois naturels et humains fassent l'objet d'une préoccupation scientifique : la géographie.

Suite à mes lectures sur la psychologie, il y avait des liens vers l'ethnographie ou l'anthropologie. Il y en avait aussi avec la linguistique, prévu dans mes lectures, et cela tombe bien car c'est une des matières de l'anthropologie. Comme quoi tout est plus ou moins lié. Bref, je souhaitais en savoir plus sur ces branches des sciences humaines. Un livre d'introduction, plutôt bien noté sur les sites en lignes, et j'ai donc choisi ce livret. Certes il n'y a pas énormément de pages mais c'est écrit petit, lisible, mais petit quand même.

On sent que l'auteur maitrise son sujet, langage soutenu, parfois un peu pédant ce qui nuit, à mon sens, à l'aspect pédagogique que je souhaitais. Néanmoins il présente les tenants et aboutissants de ces deux domaines dont l'un, l'anthropologie, englobe l'autre, l'ethnographie. Il insiste sur l'évolution de ces domaines, leurs contradictions, leurs biais, et comment, à notre époque moderne, ces deux domaines peuvent encore apporter quelque chose. Une introduction dense, avec beaucoup de références, une vrai interrogations et une vraie critique de fond de ces sciences de l'homme. Donc plutôt satisfait de cette lecture pas toujours aisée. Me donne même envie d'en savoir plus, mais il me faudra attendre ... Je vois maintenant un peu plus clair sur ces deux matières et c'est là le principal, j'apprécie d'autant plus le regard non partisan, situé au dessus et qui s'essaye à une vue globale et de synthèse, qui justifie son statut d'introduction.

A noter quelques erreurs, notamment la carte (p 48-51) sur les grandes enquêtes, et bien pour celle sur les Dogons (Mali), la numéro 9, ce dernier est placé aux états-unis ! C'est curieux pour une troisième éditions. Dans un autre registre, pas à proprement parlé une erreur, p. 55, il parle de la loi de l’œdipe, et pourtant celle-ci n'est pas universelle (je pense l'avoir lu dans 30 notions de psychologie).  Une dernière remarque, cette fois, il parle aussi de la loi de Sapir-whorf (p. 90) qui se trouve également dans 30 notions de psychologie et comme c'est la raison de ma lecture d'un livre sur l'ethnographie/anthropologie la boucle est bouclée !

Note : AAAA

dimanche 7 août 2016

Carnet du Pérou de Fabcaro

Carnet du Pérou Sur la route de Cuzco de Fabcaro (6 Pieds sous Terre Editions, 96 pages, 17 octobre 2013))

Depuis Zaï Zaï Zaï Zaï, je suis cet auteur. J'ai lu La Bredoute et maintenant Carnet du Pérou.C'est un peu différent des autres car il est un peu plus sérieux (si, si, il y arrive ... presque), avec un carnet de voyage. Mais pour ceux qui le connaissent rassurez-vous il y a quelques pages bien délirantes aussi. Cela donne un mélange tout à fait délicieux entre témoignage d'un pays qui fait rêver et délires personnels qui font marrer, saupoudré de clins d’œil sympathiques (à Tintin par exemple).

Un bon moment de passé avec cette BD guide du routard originale.

Note : AAAA

Les fondamentaux de l'aide à la personne revus et corrigés de Jonathan Evison

Aide toi et le ciel t'aidera
Les fondamentaux de l'aide à la personne revus et corrigés de Jonathan Evison (Monsieur Toussaint Louverture, , )

Incipit :
J'étais complètement fauché quand le devoir m'a appelé au chevet des moins bien lotis que moi, alors on ne peut pas dire que je suis Mère Thérésa. Et à la lumière de ce qui s'est passé avec Piper et Jodi, on ne peut pas vraiment dire non plus que je suis qualifié pour m'occuper de qui que ce soit.
Un père en cours de divorce, qui a perdu ses deux enfants, dont le compte en banque est en bout de course, qui n'a rien foutu depuis plus d'un an, recherche désespérément un boulot. Il se retrouve à prendre en charge un ado handicapé physique, atteint de myopathie de Duchenne (dégénérescence physique). S'ensuit un road movie doux amer où l'humanité des uns prend le pas sur la déchéance des autres.

Bon, dit comme cela, ce n'est pas très vendeur. On ne peut pas vraiment parler d'un feel good book même si à la fin on se sent plus positif. Il y a de l'humour, du pathétique (beaucoup), et aussi pas mal de force spirituelle empreint d'humanité. Un livre qui donne de l'espoir, qui a pour quasi motto (de Notre-Dame) de ne pas se laisser abattre en dépit de tous les obstacles, la force de la Vie sur le chaos. Cela se lit étonnamment bien en dépit du contexte un peu chargé, due au talent de l'auteur pour insuffler de l'espoir partout où cela est possible. Un bon livre sur un sujet pas facile, Evison s'en sort avec les honneurs, et toute ma gratitude.

Comme d'habitude chez l'éditeur (cf. Mailman, Karoo, Le linguiste était presque parfait, Demande et tu recevras) les petits commentaires délicieux sur l'élaboration du livre (livre, couverture, polices de caractères, l'ouvrage) à ne pas manquer (en fin d'ouvrage).  Toujours des couvertures originales !!! Merci !

Note : AAAA

jeudi 4 août 2016

Harry Potter and the cursed child by J.K. Rowling

Quidditch Nest Home
Harry Potter and the cursed child by J.K. Rowling (Little Brown, 352 pages, 2016)

Incipit :
KING’S CROSS

A busy and crowded station. Full of people trying to go somewhere. Amongst the hustle and bustle, two large cages rattle on top of two laden trolleys. They’re being pushed by two boys, JAMES POTTER and ALBUS POTTER, their mother,GINNY, follows after. A thirty-seven-year-old man, HARRY, has his daughter, LILY, on his shoulders.

ALBUS: Dad. He keeps saying it.

HARRY: James, give it a rest.

Ahhhh un nouveau Harry Potter !!!!! Yeepee !!!!!!! Bon ok c'est une pièce de théâtre et c'est forcément mieux adapté pour les planches que pour une lecture. Peu de didascalies, quasiment pas de pensées des personnages, décors très peu décrits (mais des lieux mythiques). Ok. Mais tout cela est propice à l'imaginaire, ce dernier bien fourni grâce aux volumes précédents, aux films etc. Donc pas vraiment de soucis à se faire de ce côté là. J'ai tout de même trouvé le début laborieux, manque de matière, le vol au Ministère de la magie assez peu crédible, peu d'affinités au départ avec Albus ou Scorpius. Mais quel plaisir de retrouver tout ces personnages si connus, à commencer par Harry et Hermione !!! Et voilà, vers la moitié cela décolle (enfin, sinon j'aurais été très très déçu) et jusqu'à la fin le plaisir était là. Quelques belles scènes, des rencontres surprises, des rapprochements inattendus. Si J.K. Rowling fait une préquel ce serait génial !!

Bon je ne vous dévoilerais rien, et certainement pas l'intrigue (à deux étages), juste que je suis très content de retrouver Harry, Hermione, Ron, Ginny, etc. ainsi que les nouveaux comme Albus ou Rose. Les thèmes de prédilection (amour filial, l'amitié, la solidarité) sont toujours aussi prégnants que dans les volumes précédents. Si j'ai la possibilité j'irais bien voir la pièce !!!! Je n'aurais pas été contre un volume de 2600 pages, bon je me contenterais de cette pièce, tant pis. Oui je reste un peu sur ma faim quand même ... En volume relié cela fait impression, mais comme c'est une pièce de théâtre cela se lit (trop) vite.

Note : AAAAA

Sexe désirs et petites contrariétés de Pluttark

Mieux vaux Pluttark que jamais
Sexe désirs et petites contrariétés de Pluttark (Fluide-G, 50 pages, 2012)

Une BD sympathique avec comme thème central sexe et désirs. Pas vraiment pour les enfants donc, mais pas non plus pour les pervers hystériques.

Des gags amusant, un petit moment (oui on arrive vite à la fin) de détente. Souvent des situations normales qui, une fois dans un contexte approprié (vue la thématique vous imaginez le contexte ...), deviennent assez drôle.

Note : AAA

lundi 1 août 2016

Demande et tu recevras de Sam Lipsyte

Mathieu 7:7
Demande et tu recevras de Sam Lipsyte (MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE EDITIONS, 416 pages, 2015)

Incipit :
L'Amérique n'était plus qu'une vieille mère maquerelle en fin de vie. Qu'était donc devenue cette grande nation qui avait pris d'assaut les plages de Normandie, fait la nique aux soviets et inondé les marchés émergents d'une génération pleine de promesses ?

On suit Milo et ses déboires, une vie considérée comme moyenne, non réussi, au point de se demander s'il ne provoque pas ce qu'il redoute, un être pathétique jusqu'à en être drôle. Une Amérique décadente, un parallèle à peine dissimulée avec la chute de l'Empire Romain, d'ailleurs cité dans le livre, p.328). Un humour noir, au deuxième degré, un côté aussi joyeux et optimiste qu'un Michel Houellebecq mais situé ici aux states. Caustique et décalé, n'hésite pas dans l'ironie mordante et le politiquement incorrect.
Le médecin s'est arrêté devant mon lit avec son porte-bloc.
"Vous allez pouvoir sortir, annonça-t-il.
-- Tout va bien donc ?
-- Ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit le toubib. J'ai seulement dit que vous alliez pouvoir sortir."

Le titre français rappelle une citation de la Bible,  Mathieu 7:7, ce qui est moins évident avec le titre anglais mais toujours possible. Milo est un dépendant, qui tend la main à son épouse, son patron, son ami, etc. Il quémande en quelque sorte, et cela se dégrade, il perd rapidement son triple A, les agences de notations ne lui sont guère favorables. Cela me rappelle, chez le même éditeur, Mailman et Karoo, éditeur d'ailleurs aux couvertures si particulières et aux remarques si amusantes (à la fin de l'ouvrage) sur la confection dudit volume (Couverture gentiment claquée pour la secouer un peu, ouvrage rempli d'innombrables désillusions ...ha ha sont trop forts !!!!).
Je ne lirais jamais un livre dont vous seriez le personnage principal, Milo. Et je doute que quiconque ait envie de le faire. A quoi bon ?
Personnellement j'ai bien aimé (j'aime Houellebecq, alors ...), les destins désespérés, le style ironique caustique grinçant deuxième degré, à la limite de l'absurde parfois, cela doit m'interpeler, et il y a quelques passages qui m'ont bien fait rire. Oui, ci-après, un des personnages s'appelle bien Vagina.
"Tout va bien se passer, Milo, reprit Vagina. Tenez."
Elle fit glisser une fiche plastifiée vers moi. C'était la recette de la salade russe.
"J'ai regardé comment faisait mon mari. Il ne doit jamais savoir. Personne ne doit jamais savoir.
-- Merci Vagina
-- Promettez-moi d'arrêter les wraps, Milo. C'est répugnant, vraiment.
-- Je m'en rends compte, maintenant."

Note : AAA