vendredi 30 décembre 2016

Obedience to authority by Stanley Milgram

Obedience to authority by Stanley Milgram (Harperperennial, 224 pages, 1974 pour l'édition originale chez Harper)

Incipit :
Obedience, because of its very ubiquitousness, is easily overlooked as a subject of inquiry in social psychology. But without an appreciation of its role in shaping human action, a wide range of significant behavior cannot be understood. For an act carried out under command is, psychologically, of a profoundly different characer than action that is spontaneous.

Un livre beaucoup plus profond, essentiel, édifiant, que ce qu'on peut en lire par ailleurs (résumé, procès à charge, instrumentalisation des uns et des autres). Comme quoi toujours aller à la source. Et pour ce livre c'est d'autant plus important que, comme le rappelle l'auteur dès la préface l'obéissance est ubiquitaire et partie intégrante de nos comportements. L'expérience principale la plus connue et souvent reprise dans les médias, dans les films (I comme Icare ou le biopic The Experimenter) n'est que le sommet de l'iceberg. Les variantes et surtout la finesse des analyses de Milgram, ses arguments réfléchis, argumentés sont au moins sinon plus important que la synthèse qu'on peut lire par ailleurs. En clair, ce livre est un incontournable, un livre référent sur plus d'un point (les autres étant l'éthique des expériences humaines, les protocoles, les détails du protocole jusqu'à ce qui semble le plus anodin ... et qui ne l'est pas). La transformation en état agentique autant que ce qui différencie l'obéissance dans le cadre de cette étude de l'obéissance sous le régime Nazi sont des points majeurs qu'on ne peut ignorer.

Un livre fascinant qui vous en apprendra beaucoup sur la nature humaine mais aussi sur les manières d'aborder la complexité des comportements. Il donne à voir aussi les attitudes diverses de défense notamment le déni et les mécanismes sous-jacent. Sans être dogmatique ni moraliste, il explicite que ces mécanismes sont parfois plus ou moins conscients ou a posteriori, ce qui peut sembler parfois contre-intuitif. Un livre éblouissant de clarté et de synthèse.

Note : AAAAAAA

jeudi 29 décembre 2016

New-York Collapse by Warren Merchant

New-York Collapse, A survival guide to urban catastrophe by Warren Merchant, Ubisoft Entertainment, Alex Irvine (Chronicle Books, 176 pages, 2016)

Toujours dans la même thématique que son pendant illustré The Art of The Division, un livre complément du jeu The Division d'Ubisoft. En fait il s'agit d'un véritable guide de survie urbaine, avec un scénario catastrophe centré sur New-York. De vrais conseils sont présentés et une réflexion réaliste, crédible et carrément flippante est détaillée au fil des pages, étapes par étapes, jusqu'à la mort ineffable, décomplexée, inexorable ... arrggh je meurs.

C'est aussi un croisement avec non seulement le jeu d'Ubisoft mais un complément narratif car ce guide est couvert d'annotations manuscrites qui à la fois raconte l'histoire de la détentrice du guide, une enquête sur l'auteur Warren Merchant et avec une certaine ironie se moque de certains conseils car, il faut bien l'admettre, à ce niveau d'effondrement, bonne chance pour survivre.

Ce guide fait encore plus dans l'immersif car il a des pages abîmées, tachées, sales (ou alors la factrice a bien mal fait son boulot), et contient des suppléments (par exemple une carte de métro, un plan de Manhattan, une affiche de recherche d'un disparu etc.) rendant encore plus empathique ce produit dérivé du jeu. Comme en plus il s'agit d'un vrai guide c'est vraiment de la balle. A rajouter dans votre bibliothèque, section "On va tous mourir dans d'atroces souffrances", juste à côté de la série "C'est dommage, j'aimais bien New-York".

Note : AAAAAA

The Art of The Division by Paul Davies

The Art of The Division by Paul Davies, Ubisoft (Titan Books, 160 pages, 2016)

Un livre d'art (un art book) sur le jeu vidéo The Division d'Ubisoft. Un MMORPG, jouable tout de même en solo (c'est un peu plus dur, faut looter pas mal), post-pandémie, situé dans Manhattan. Ce livre fait la synthèse des travaux graphiques, recherche de designs, de mises en scène, d'un environnement urbain assez réaliste et crédible, saccagé par une pandémie brutale. Une recherche très travaillée sur ce qui aurait pu se passer dans les rues, les immeubles, les services de secours, les réactions des uns et des autres, que deviendraient les prisonniers de Rikers Island,  etc. Une reconstitution assez bluffante d'une partie de New-York.

Un bon complément sur le travail visuel d'un jeu assez prenant pour peu qu'on adhère à sa thématique ou qu'on se laisse prendre à ce scénario catastrophe. Pour collectionneur, passionné ou simplement givré.

Note : AAAAA

mercredi 28 décembre 2016

Histoire de la psychologie de Collectif

Histoire de la psychologie de Collectif (Sciences Humaines, 237pages, 2011)

Nan, nan, ce blog n'est pas mort (et moi non plus). Je lis plusieurs livre en parallèle, ce qui en soit n'est pas forcément fabuleux mais ralentit d'autant la parution de nouveaux articles (bon, oui, ok, je joue aussi pas mal à The Division sur PS4).

Ce livre d'Histoire de la psychologie est surtout un recueil d'articles thématiques. Oui, comme le Hors Série de Cercle PSY [n°100]. Bon, alors, vous allez me dire, pourquoi le lire (vu que j'ai aussi le Hors Série, enfin vous le sauriez si vos lisiez mon blog) ? Bonne question. Excellleeeeennnnte question. Déjà les thèmes abordés ne sont pas toujours les même (et toc!) et en plus l'auteur d'un article a un angle qui n'est pas toujours le même (et retoc). Et puis (voire surtout) pour compenser ma mémoire de poisson rouge, c'est un façon de réviser. Parfois il y a l'idéologie comme sur le Freudisme. Dans ce recueil le freudisme n'en sort pas grandit. Dans la lignée de ce qu'il est possible de lire chez des historiens et dans la revue Sciences Humaines. Je comprends l'émoi à la sortie du livre de Michel Onfray (émoi par l'intelligentsia des psychanalystes), il n'empêche que Freud n'avait pas une démarche très scientifique (et je suis gentil), a arrangé ses analyses (not cool bro), a sciemment menti et caviardé ses recherches, s'est construit un mythe que des idolâtres continuent de perpétuer et la psychanalyse relève au final plutôt de l'imposture, ou à tout le moins n'est pas ce qu'elle prétend parfois être. Ce livre ne parle bien sûr pas que de Freud et chaque thème abordé est à la fois concis, efficace, instructif. Jung, Piaget etc.  Une bonne base.

Ah oui j'oubliais, de bonnes références à la fin et bon guide des psychologues cités, ce qui est assez pratique. J'ai bientôt terminé une de mes lectures parallèle (cf. supra) sur L'obéissance de Milgram. Il me reste que quelques pages. Quand je vous disais que les articles allaient tomber !!!! Sortez vos parapluies.

Note : AAA


mardi 20 décembre 2016

La clôture de Fabcaro

Aïe mes yeux !
La clôture de Fabcaro (6 Pieds sous Terre Éditions, 43 pages, 2009)

Bonjour à tous, oui cela faisait un moment que je n'avais pas écrit quoi que ce soit. Cela ne m'a pas empêché de lire, j'ai d'ailleurs plusieurs ouvrages en cours (Je finis le livre de Milgram sur l'obéissance, j'ai en cours Extinction, Les Garennes de Watership Down, La psychologie sociale de chez Dunod et quelques autres, oui c'est bon, okay, je me disperse un peu). Faut dire aussi que j'ai été emballé par l'excellente série américaine de chez HBO, Westworld, qui traite un condensé de thématiques qui m'intéressent particulièrement (l'homme qui se prend pour Dieu, l'intelligence artificielle, le libre arbitre, l'esclavage, la violence, la liberté, les MMORPG, la frontière entre la réalité et la fiction, la conscience, l'interaction homme machine, les réseaux neuronaux, la définition du vivant et j'en passe). Et puis par quelques jeux comme la série Uncharted (1, 2, 3 et 4).

Mais grâce à Catherine, je peux facilement faire premier article ce mois !! Merci grande prêtresse de la Marguerite ! De surcroit par un auteur que j'aime beaucoup qui a réalisé notamment Zaï Zaï Zaï Zaï mais aussi La Bredoute ou encore Carnet du Pérou. Faudrait que le Salon du Livre de Beaugency l'invite !! Je promet de m'occuper de lui !

Bon La clôture donc, un BD qui, déjà, m'a fait m'esclaffer aux moins quatre fois et rien que pour cela c'est top moumoutte mégadrive ! Une histoire à l'apparence un peu chaotique et absurde mais totalement maîtrise, dans l'art de la rupture, de l'entremêlement étonnant de plusieurs histoires, de l'humour et d'un sens de la dérision désopilant. Il est très bon cet auteur, je vous le recommande une fois de plus !

Difficile à résumer bien qu'on pourrait dire qu'il s'agit d'une rencontre, une histoire d'amour, mais ce serait trop en dire.

Note : AAAAAA