vendredi 29 décembre 2017

La P... respectueuse suivi de Morts sans sépulture de Jean-Paul Sartre

Dans KKK il y a KK
La P... respectueuse suivi de Morts sans sépulture de Jean-Paul Sartre (Folio, 218 pages, 1947)

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de théâtre, comme ce sont les vacances j'en profite pour lire un max. Et ce type de littérature me manquait. Je suis tombé sur celui-là à la librairie de Beaugency (où j'ai acheté également La servante écarlate de Margaret Atwood et un livre très prometteur d'Edgar Morin, Connaissance ignorance mystère). J'avais entendu parler de la première pièce, peut-être à cause du titre qui ne passe pas inaperçu, mais pas de la seconde. Je n'en connaissais pas les thèmes, ni de l'une ni de l'autre. C'est assez terrible en fait, la première est sur le racisme dans un monde qui rappelle les états du Sud des États-Unis (les confédérés) et qui, au regard notamment des évènements de Charlottesville et des propos racistes et honteux de Donald Ubu-Trump, reste toujours actuelle (et pas que dans le Sud des États-Unis malheureusement). Un condensé de charge émotionnelle sur le racisme, la misogynie, l'aliénation, la pression sociale et le pouvoir totalitaire (au sens où il envahie jusqu'à l'individu). La deuxième pièce porte sur un moment particulier de l'histoire de France, où des résistants se retrouvent prisonniers de miliciens. Un conflit extérieur qui s'immisce jusqu'à l'intérieur des individus et anéanti tout sur son passage, amitiés, famille, amour, fraternité etc. Au delà des sujets qui ne sont guère positif deux pièces très bien écrites qui frappent fort. Joyeux Noël.

Note : AAAAA

jeudi 28 décembre 2017

Origin by Dan Brown

Attention ammonite tueuse ...
Origin by Dan Brown (Bantam Press, 461 pages, 2017)

Incipit :
As the ancient cogwheel train clawed its way up the dizzying incline, Edmond Kirsch surveyed the jagged mountaintop above him. In the distance, built into the face of a sheer cliff, the massive stone monastery seemed to hang in space, as if magically fused to the vertical precipice.

Le dernier thriller ésotérique de Dan Brown où j'ai retrouvé, avec plaisir, Robert Langdon l'expert en symbologie. Comme à son habitude un mélange de considérations esthétique, artistique, architecturales (ici Antoni Gaudí), le choix d'un pays (Espagne) et d'une ville (Barcelone) avec des perspectives historiques liées à un passé lourd (le franquisme) et comme souvent des réflexions sur la religion et la technologie. Et sur ces deux derniers points pour avoir lu récemment Homo Deus, SapiensPetit voyage dans le monde des quanta,  ou encore Chatbot le robot, ce livre ne m'a pas vraiment surpris mais cela ne m'a pas empêché d'y prendre grand plaisir tant la narration est enjouée et dynamique. J'ai senti qu'il avait bien travaillé les différents points de vue et les argumentaires (confirmé en cela par les remerciements en fin d'ouvrage) et sur ces points ce livre s'inscrit dans l'air du temps et propose à son lectorat des pistes d'analyse du monde probable à venir. Il m'a aussi clairement donné l'envie de visiter la Sagrada Familia ... Bref, j'ai trouvé, si je devais comparer, cet opus plus intéressant qu'Inferno son précédent ouvrage. Pure coïncidence, dans Courrier International de cette semaine il y a un article fort intéressant sur les techno-gourous de la Silicon Valley qui se posent des questions métaphysiques et font des stages de méditation/yoga, ce qui montre à quel point les mutations en cours sont rapides et perturbantes, alors que, selon une des thèses élaborées dans cet ouvrage, ils devraient plutôt inventer la techno-religion qui va avec leurs outils numériques (genre GUT, la Grande Unification Théorique en Physique). En conclusion un livre plutôt riche pour un thriller.

Note : AAAA

Les mystères de Channel Row d'Alain Bauer et Roger Dachez

Somnolence post-prandiale ?
Les mystères de Channel Row d'Alain Bauer et Roger Dachez (JC Lattès, 322 pages, 2007)

Incipit :
L'Oie et le Gril
Londres, juin 1717
  A l'approche de l'été 1717, Londres subissait un climat inhabituellement chaud et les riverains de la Tamise, délaissant les parages des eaux douteuses du fleuve, s'étaient installées dans une sorte de torpeur. Pourtant en ce jour de la Saint-Jean Baptise, le 24 juin, le temps s'était soudainement rafraîchi et, comme pour y répondre, une certaine agitation avait envahi Saint-Paul Churchyard, le traditionnel quartier des libraires situé à l'ombre de la cathédrale achevée sept ans auparavant par Christopher Wren, l'immortel architecte.

Un mélange de faits historiques et d'une enquête plutôt bien menée, dans le même esprit que Giacommeti et Ravenne. Ici nous sommes transportés à un moment clé de la franc-maçonnerie, la création d'une Grande Loge, et cela en 1717 en Angleterre (l’Écosse y aura également sa part). Un roman situé dans l'Histoire ce qui est pour moi un de ses points forts et qui recrée l'ambiance possible de cette époque. A la fin de l'ouvrage un liste des principaux personnages précise ce qui est historiquement avéré, le reste étant romancé. J'ai trouvé la trame historique ainsi que les différents mystères assez bien agencés, la lutte pour le pouvoir, même au sein de la franc-maçonnerie très bien rendu. J'ai pris grand plaisir à ce roman. Il faisait parti du pilon lors de la vente pour le téléthon 2017 orchestré par la médiathèque de Beaugency (où en famille nous avons ramené ... 40 livres ... une paille, c'est pas comme si je manquais de livres à lire ...)

Note : AAAA

dimanche 24 décembre 2017

Homo Deus by Yuval Noah Harari

Enlarge your brain
Homo Deus A brief History of Tomorrow by Yuval Noah Harari (Penguin Random House/Vintage, 514 pages, 2017)

Incipit :
At the dawn of the third millenium, humanity wakes up, stretching its limbs and rubbing its eyes. Remnants of some awful nightmares are still drifting across its mind.

Un livre qu'il est possible de positionner dans le prolongement de Sapiens du même auteur. Cette fois Yuval Noah Harari réfléchit à notre avenir qu'il est possible de résumer en la fin du libéralisme et l'avènement de technologies qui vont modifier en profondeur la société. Mais il ne prêche rien, ne prédit pas, il anticipe et donne à penser sur des possibilités. Son esprit de synthèse qui permet parfois de résumer un argumentaire en une phrase lapidaire mais à la fois édifiante et drôle me charme beaucoup. J'apprécie son style, sa manière d'exposer les choses et de provoquer mais de manière constructive et lumineuse.  Parfois redondant mais ne me gêne pas car tout en reprenant une idée, il brode sur celle-ci quelques variations ou s'en sert afin de développer une autre piste. C'est ce type d'ouvrage qui me donne l'impression d'élargir ma vision du monde, qui me donne à réfléchir, à m'interroger et, je l'avoue, à m'inquiéter. Un livre qui ne peut laisser indifférent et franchement rien que pour cette raison déjà c'est positif. Si en plus il donne des éléments et des idées alors je dis bravo, et il se permet d'être accessible à tous, bon ok je crie au génie. 

Note : AAAAAAAAAAAA puissance 11

PS : en parlant  d'élargir sa conscience allez sur le site Orbs !

Comment parler des livres que l'on n'a pas lu ? de Pierre Bayard

Comment parler des livres que l'on n'a pas lu ? de Pierre Bayard (Les Éditions de Minuit, 162 pages, 2007)

Incipit :
Né dans un milieu où on lisait peu, ne goûtant guère cette activité et n'ayant de toute manière pas le temps de m'y consacrer, je me suis fréquemment retrouvé, suite à ces concours de circonstances dont la vie est coutumière, dans des situations délicates où j'étais contraints de m'exprimer à propos des livres que je n'avais pas lu.
Enseignant la littérature à l'université, je ne peux en effet échapper à l'obligation de commenter des livres que, la plupart du temps, je n'ai pas ouverts.
Ce livre était cité dans une de mes lectures (et je ne sais plus laquelle) et comme cet essai me paraissait amusant je me suis laissé tenter. Un essai d'ailleurs plutôt bien écrit, avec une bonne analyse/synthèse du sujet, à la fois érudit tout en étant drôle. C'est une extension de l'aphorisme d'Oscar Wilde cité en exergue du livre : «Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ; on se laisse tellement influencer». Le ton est donné ... et l'incipit où l'auteur précise qu'il est enseignant de littérature à l'université et qu'il se doit de commenter des livres qu'il n'a même pas ouverts enfonce le clou ...  Déjà le surtitre (Paradoxe) souligne un des traits de cet essai dont le titre laissait présager une contradiction insoluble. Hum, insoluble vraiment ? L'auteur commence par un constat sur l'état de connaissance réel des livres par les lecteurs supposés, sur l'hypocrisie généralisée de les avoir lus, fruit du devoir connaitre (pression sociale, image) et de l'impossibilité de tout lire. L'auteur en profite alors notamment pour développer le point de vue intéressant sur la culture littéraire, plus lié à la position et le thème des livres et/ou au discours autour des livres reconnus, qu'au contenu même de ces derniers. Cela n'empêche pas Pierre Bayard d'illustrer son essai d'auteurs et d’œuvres diverses qui à la fois confirme son exposé et font parti des livres pas vraiment lu par l'auteur (L'auteur a développé au début de l'ouvrage une nomenclature où n'apparait pas l'état de LL Livre Lu et LNL Livre Non Lu mais des états intermédiaires ou incertain, comme LP un Livre Parcouru) au moins c'est cohérent voire congruent. Il y a une seule fois où je ne suis pas d'accord c'est lorsqu'il soutient que quasiment personne ne lit entièrement un livre (De la première à la dernière page). En ce qui me concerne je lis de la première à la dernière page ou alors je le classe dans les livres abandonnés. Là où j'aurais pu classer un livre parcouru c'est au lycée pour Madame Bovary, j'avoue que j'ai lu une page sur trois (à peu près).

Un livre sur la littérature, la critique de cette dernière mais surtout sur l’appropriation de la première et des livres en particulier bien moins claire, nette ou binaire que ce qu'on voudrait le penser. En tout cas une réflexion et un point de vue iconoclaste qui m'a enrichi et d'une certaine manière déculpabilisé.

Note : AAA

mercredi 13 décembre 2017

Eat pray love by Elizabeth Gilbert

Sutra power
Eat pray love by Elizabeth Gilbert (Bloomsbury, 348 pages, 2006)

Incipit :

I wish Giovanni would kiss me.
Oh, but there are so many reasons why this would be a terrible idea. To begin with, Giovanni is ten years younger than I am, and-like most Italian guys in their twenties-he still lives with his mother. These facts alone make him an unlikely romantic partner for me, given that I am a professional American woman in my mid-thirties, who has just come through a failed marriage and a devastating, interminable divorce, followed immediately by a passionate love affair that ended in sickening heartbreak. This loss upon loss has left me feeling sad and brittle and about seven thousand years old. Purely as a matter of principle I wouldn't inflict my sorry, busted-up old self on the lovely, unsullied Giovanni. Not to mention that I have finally arrived at that age where a woman starts to question whether the wisest way to get over the loss of one beautiful brown-eyed young man is indeed to promptly invite another one into her bed. This is why I have been alone for many months now. This is why, in fact, I have decided to spend this entire year in celibacy.

Un livre sur la quête de sens où Elizabeth Gilbert raconte son expérience personnelle, au travers de 108 chapitres (nombre hautement symbolique car étant notamment le nombre de perles d'un mala) et de trois pays (Italie, Inde, Indonésie) comment elle devient elle-même. Questionnements existentiels et réflexions autant sérieuses qu'humoristiques donnent à ce livre un ton léger mais non dénué de profondeur. Il apporte maintes fois des remarques judicieuses sur la méditation, les voyages (intérieur comme dans les pays), les relations humaines, certaines spécificités de l'Inde ou encore l'amour et l'amitié. Un livre qu'il est possible de classer dans les feel-good book et qui s'inscrit pleinement dans la mode du développement personnel et les recherches spirituelles et philosophiques de chacun et chacune tout en offrant une histoire d'aventure riche. J'ai trouvé pour ma part qu'il était un complément sympathique à mes pratiques et recherche personnelles, par exemple l'excellent documentaire récent d'ARTE sur le Zen. Ce livre a été porté à l'écran mais je ne l'ai pas (encore) vu. Il a été traduit en maintes langues dont le français sous le titre Mange Prie Aime. Il semble que la méditation soit à la mode, et d'ailleurs Alexandre Jollien dans le dernier Philosophie Magazine met en garde contre cette forme de dénaturation. Il en est revenu de la méditation. D'un autre côté il en attendait certainement beaucoup, car pour se mettre à la méditation il est carrément parti en Corée (!) et de plus avec un moine de religion plutôt occidentale ce que je trouve doublement paradoxal. Après trois ans il en est parti à l'anglaise, sans dire coucou à son guide puis regrette quelques lignes plus loin que ce dernier ne l'ai jamais recontacté (ce qui à mon sens est cohérent avec la spiritualité en question). Tout cela est assez contradictoire surtout de la part d'un philosophe de plus attiré par ces spiritualités (non attachement, vivre l'instant etc) mais dénote à la fois d'une sincérité, d'une honnêteté touchante mais aussi de la complexité des affects humains, sans parler de nos nombreuses contradictions et incohérences internes inhérentes à Homo Sapiens en général. I'm only human after all, don't put the blame on me ?

Note : AAAA

dimanche 3 décembre 2017

Le Bouddhisme pour les nuls de Landraw et Bodian

Om
Le Bouddhisme pour les nuls de Jonathan Landraw et Stephan Bodian (First Edition, 400 pages, 2005)

Incipit :
Le bouddhisme est bien plus connu dans le monde aujourd'hui qu'il ne l'était il y a trente ans, lorsque nous nous y sommes intéressés pour la première fois. On trouve des dizaines de livres sur le sujet en librairie, et il existe plusieurs centaines de centres bouddhiques en Amérique du Nord comme en France où l'on peut s'informer sur le bouddhisme directement auprès d'adeptes de ses diverses traditions. Le bouddhisme semble même s'infiltrer dans la culture plus générale ; on en entend couramment des références occasionnelles au cinéma et à la télévision.

Une excellente introduction sur le sujet, que ce soit sur les aspects historiques et culturels comme sur ceux plus opératifs comme la méditation. Différentes traditions sont abordées et j'ai apprécié la description de la journée type d'un pratiquant dans chaque cas de figure ce qui donne une idée concrète et accessible à tous. Un modèle simple de notre fonctionnement, de ses conséquences (causalité/karma, souffrance), et les différentes manières de s'en soustraire, qui repose sur trois piliers, la connaissance, la méditation, la mise en pratique. Sur ce dernier point, il ne s'agit pas tant de ne plus souffrir soit mais qu'aussi tous les êtres vivants soient libérés. C'est un Art de vivre altruiste qui passe par un changement profond de soi. J'ai apprécié également la partie illustrée avec la roue de la vie très riche en signification et explications qui m'a rappelé le magnifique film coréen Printemps été automne hiver et printemps de Kim Ki-Duk.

Ce livre fait très bien son travail d'introduction, il ratisse plutôt large, offre de multiples angles d'analyse et de réflexion, bref pour ce qu'on en attend c'est parfait. Je n'aime pas trop écrire sur mes livres, même au crayon à papier, mais sur ce type d'ouvrage de travail en vue de le mettre en pratique j'ai griffonné pas mal. Cela me permet de retrouver plus rapidement des notions clés, principes ou des concepts à travailler. J'aurais aimé à la fin quelques pages de synthèse (avec renvoie dans le livre pour plus détails) qui condensent les préceptes, les pratiques essentielles, les quatre nobles vérités, le noble sentier octuple etc.

Le film Samsara de Pan Nalin posait des questions importantes comme par exemple l'abandon par le prince Siddharta de sa femme Yashodhara et de son fils Rahula. Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas a priori très bon pour son karma. Je ne pense pas avoir trouvé dans ce livre la réponse. Mais cela reste un très bon ouvrage sur le sujet.

Note : AAAAA

Jeanne d'Arcadie ou la secrète couronne de Jack Minier

Jeanne d'Arcadie ou la secrète couronne de Jack Minier (Diamedit, 513 pages, 2012)

Incipit :
Le soleil avait dépassé le zénith depuis longtemps et une courte averse d'été venait de rafraîchir l’atmosphère. Sous les fonds plats des barcasses de pêche et des lourdes gabarres de la « Corporation  des marchands fréquentant la rivière de Loire », le fleuve royal coulait calmement son large chemin d'eau et l'on pouvait voir, vers l'amont, les couleurs d'un arc-en-ciel s'y mirer avec coquetterie.
Un livre français à la Dan Brown ou à la Giacometti et Ravenne, genre de roman à clés historico-ésotérique qui revisite l'histoire de Jeanne d'Arc sous un regard à la fois très érudit et critique de la légende communément connue. C'est aussi, et c'est ce qui m'a fait l'emprunter au cours du dernier Club de Lecture La Marguerite, un roman local qui se déroule, à plusieurs époques historiques différentes à Orléans mais également à  Beaugency, Cléry-St-André ou encore au campus de la Source ! Certains qui connaissent l'histoire locale pourrait être surpris ou amusés, par exemple par l'usage de noms réels sous forme d'anagramme (comme celui d'un ancien maire d'Orléans). La deuxième partie, plus fantastique, fricote avec au moins le niveau 3 de l'échelle de Barkun, mais globalement j'ai apprécié la lecture de ce pavé assortit d'un nombre conséquent d'annexes dont l'une soutient l'hypothèse que le corps de Jeanne reposerait à Cléry-St-André ...

Le seul bémol est le nombre de fautes et de coquilles mais pour le reste un sujet dense traité avec verve et imagination.

Note : AAA

dimanche 26 novembre 2017

Petit voyage dans le monde des quanta d'Etienne Klein

Petit voyage dans le monde des quanta d’Étienne Klein (Champs sciences, 193 pages, 2004)

Incipit :
Voici un atome, un atome d'hydrogène, le plus simple de tous. Le plus petit aussi, ne serai-ce que du point de vue du nombre de ses constituants. Son noyau se résume à un simple proton, autour duquel un unique électron, minuscule, tourbillonne sous l'effet de la force électrique attractive qui le lie au proton, de charge électrique opposée à la sienne.
Suite à un début d'échange mail avec une amie sur l'intrication, le calcul quantique qui serait global et qu'on pourrait rapprocher des fulgurances du cerveau, j'ai réorienté temporairement ma lecture sur un livre scientifique portant sur de tels concepts. D'ailleurs l'incipit ne doit pas être pris au pied de la lettre tant il est relié à une manière de penser passée d'une vision du monde. Lorsqu'il y a révolution on l'explique avec nos conceptions passées, il faudrait aussi révolutionner notre manière de voir, de définir, de décrire. L'auteur nous montre ici les défis sur comment conceptualiser la physique quantique, comme la penser, comment inventer de nouveaux mots plus conforme à ce qui est constaté dans les expériences, mais comment aussi les mots peuvent induire en erreur (le principe d'incertitude où le mot incertitude est mal choisi), et où on en revient aux fondamentaux, qu'est-ce que le réel, qu'est-ce qu'une mesure ? (liste non exhaustive, le livre est bien sûr plus complet). Plus profond encore, dans quelle mesure la théorie doit être un reflet de ce qu'on appelle le réel ou est-ce qu'un outil, fut-il conforme eux faits observables, peut se réduire à n'être qu'un outil, après tout s'il fonctionne a t on besoin d'aller plus loin ? Mais ne se doit il pas d'être intrinsèquement et ontologiquement conforme au réel ? N'est-ce pas plus satisfaisant qu'il y ait un lien fort entre l'outil et philosophiquement une vision du monde tel qu'il fonctionnerait ? Ce livre offre les différentes approches et les différents débats qui occupent encore de nos jours les physiciens. Au delà des formules il y des réflexions profondes sur l'épistémologie mais aussi plus généralement sur la philosophie qui essayent d'offrir une vision intelligible, cohérente et complète du monde. Dans le numéro de Science et Avenir de ce mois il y a de la cryptographie quantique à base de photons intriqués, voilà une application pratique assez troublante. Ce livre explique aussi la décohérence et donc pourquoi au niveau macroscopique les attributs quantiques disparaissent. Le milieu ambiant, à l'instar d'un observateur et surtout d'un appareil d'observation (qui utilise par exemple la lumière), modifient l'état quantique des particules, et cela avec très peu de photons (par exemple), alors à notre niveau macro, sur des objets énormes par rapport à une particule, il y a longtemps que ces attributs quantiques ont été modifiés et ne sont plus à l'état latent. Un livre à relire tant les sujets évoqués sont fondamentaux et ici dans un texte accessible pour moi.

Note : AAAAA

samedi 25 novembre 2017

L'art de vivre de William Hart

L'art de vivre Méditation Vipassanã enseignée par S. N. Goenka de William Hart (Points/Sagesses, 248 pages, 2012)

Incipit :
Supposez que vous ayez la possibilité de vous libérer de toutes vos responsabilités de le vie dans le monde pendant dix jours, en disposant d'un lieu tranquille et retiré où demeurer, protégé des dérangements extérieurs. Dans ce lieu, vos besoins matériels seraient satisfaits ; des auxiliaires seraient disponibles pour veiller à un confort raisonnable.
Un livre qui explique en quoi consiste la méditation Vipassanã telle qu'enseignée par S. N. Goenka. Elle provient d'une technique redécouverte il y a 2500 ans par le Bouddha. Elle s'appuie sur un cours de dix jours, enseignement et méditation particulière, qui permet de s'isoler avec soi-même sans perturbations, pour un volume de 100 heures de méditation au total.

Ces dix jours particuliers vont permettre au méditant d'apprendre à se concentrer, à se mettre en observateur, et en tant qu'observateur de se focaliser sur ses émotions/sensations de manière détaché et équanime. Et ce n'est pas facile. Préparez vous à souffrir ! Ce livre expose clairement la méthode et ses objectifs, des questions/réponses complètent l'ensemble. Le livre est parfois redondant ce qui, d'un point de vue pédagogique, me semble important. Au final un appendice reprend en quelques pages, comme un résumé, l'ensemble du livre mais c'est bien en ayant tout lu que je pense m'être bien imprégné de l'enseignement. Mais le plus important est de pratiquer, d'expérimenter par soi-même, sans cela ce cours ne sert à rien et ne serait qu'une perte de temps. Ce n'est pas moi qui le dit mais le livre même. Ayant pu par des méditations de plus en plus longue et une introspection mieux guidée m'apercevoir par la pratique de la véracité de cet ouvrage je ne peux que le recommander à toute personne souhaitant s'enquérir sur cette pratique. A la fin de l'ouvrage une liste de centres est proposé, en France c'est le Dhamma Mahi.

Note : AAAAAA

mardi 21 novembre 2017

Les vieux fourneaux Tome 4 de Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux Tome 4 La magicienne de Lupano et Cauuet (Dargaud, 56 pages, 2017)

Ha là c'est déjà un cran nettement au dessus du dernier Astérix. Ok, c'est pas le même public, et il est injuste de comparer. Disons que cela m'apporte plus de matière à réflexion et à sourire. Toujours dans le même esprit que les précédents. Je m'attache de plus à en plus à ce village et ses histoires emberlificotées, et surtout les références à l’actualité ou à des sujets polémiques et la manière dont c'est présenté est assez drôle. Bon je ne sais pas trop quoi ajouter, la journée à été longue, cet après-midi j'étais en formation et surtout j'ai Jeanne d'Arcadie sous le feu, enfin façon de parler, et comme cela se passe pas mal à Orléans (je suis quasi à côté) dans des quartiers où j'ai usé mes semelles, et quand j'apprends que la rue Sainte Catherine où j'ai habité avait un relais templier ... bref je vous en dirais plus lorsque je l'aurais fini.

Note : AAA

Astérix et la transitalique de Gosciny et Uderzo

Astérix et la transitalique de Gosciny et Uderzo mais en fait Ferri & Conrad (Dargaud, 48 pages, 2017)

Oui ce blog est encore en vie. J'ai juste fait un tour d'une semaine à Nantes pour un congrès très riche en informations et ramené des souvenirs ainsi que des caramels au beurre salé. J'ai aussi commencé une autre lecture (une de plus, c'est pas malin) aka Homo Deus tant j'avais apprécié Sapiens, et j'ai donc un peu dérivé sur le cumul de lecture en parallèle, ce qui veut dire qu'à un moment je vais en terminer plusieurs et que ce blog va exploser ! J'ai surtout, suite au dernier Club de Lecture, entamé un livre sur Jeanne d'Arcadie, un pavé, avec une lecture non conformiste emplie de symbolisme ... un pavé disais-je, de 522 pages écrit petit avec des marges ridicules donc plus proche du 900 pages dans un format standard. Mais attention, hein, j'ai réussi à ne pas débuter Petit voyage dans le monde des quanta (d’Étienne Klein), oui vous pouvez applaudir, et tout ça à cause d'un copain qui m'a recommandé une excellente vidéo sur les objets (du même Étienne Klein) et qui explique que le principe d'incertitude a peu été compris (c'est clairement plus proche du principe d'indétermination), le début avec la citation de Nietzsche est pas mal non plus. Ah oui Astérix ... bon c'est un cadeau de mon épouse, difficile après de nuancer ma déception ... J'étais mitigé avec les précédents, je reste toujours mitigé ... il est vrai que cela m'a rappelé un peu Les fous du volant, mais bon, certes cela se lis mais quitte à acheter une BD je préfèrerais le volume 4 de l'Incal ... (oui, on ne sait jamais pour Noël ...)

Note : A

samedi 11 novembre 2017

Sapiens, une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari

«ça pionce »
une brève histoire du sommeil
Sapiens, une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari (Albin Michel, 492 pages, 2015)

Incipit :
 Il y a environ 13,5 milliards d'années, la matière, l'énergie, le temps et l'espace apparaissaient à l'occasion du Big Bang. L'histoire de  ces traits fondamentaux de notre univers est ce qu'on appelle la physique.
 Environ 300 000 ans après leur apparition, la matière et l'énergie commencèrent à se fondre en structures complexes, appelées atomes, lesquels se combinèrent ensuite en molécules. L'histoire des atomes, des molécules et de leurs interactions est ce qu'on appelle la chimie.

Raconter l'histoire de l'humanité (fusse-t-il brièvement) est une gageure largement réussie par cet ouvrage. A l'instar de l'excellent Jared Diamond, Yuval Noah Harari propose une vision d'ensemble avec un art consommé de la synthèse, de rapprochements d'idées, a priori éloignées dans le temps et l'espace, pour mieux nous surprendre ou nous faire réfléchir. Souvent la fin d'un paragraphe ou celle d'un chapitre est proche de la phrase qui tue qui, si elle était citée hors contexte ou amputée des paragraphes explicatifs qui précèdent serait balayée d'un geste. Un livre qui propose des angles ou une nouvelle perspective et donc de mieux embrasser, si tant est cela possible, une meilleure objectivité de notre monde. Beaucoup d'idées, une fois le regard distancié, remettent en cause nos préjugés ou nos croyances d'une manière à la fois fondamentale et radicale. Des questions essentielles, pour les personnes curieuses, sont ici abordées, y compris celle du bonheur. Beaucoup d'analyses présentées ne sont pas à l'honneur d'Homo Sapiens (la cause animale est ici superbement défendue), d'autres montrerons notre soumission à des idéologies ou à notre chimie. Parfois l'auteur utilise des raccourcis (souvent édifiants et non dénués d'humour) ou tronque des références (comme celui de l'Oracle de Delphes, p. 461 qui ne se résume pas au "Connais-toi toi même", il manque la phrase qui suit) mais devant la prouesse de tout condenser en 400 pages je m'incline bien bas, voire sous terre. Différemment de la théorie du complot de sociétés secrètes ou autre, et notamment utilisée par l'extrême droite, une des raisons profondes de la révolution française, bien plus plausible ici, serait liée fortement au manque de financement et au manque de crédit (le détail de l'explication dans le livre !). Mais surtout certaines révolutions posent questions, comme la révolution agricole ou encore cognitive. Pour cette dernière, pour faire simple, Sapiens a un gros cerveau, ok, mais devant Néandertalien ou un tigre à dent de sabre, cela ne fait pas la différence. A l'époque un Q.I. de 160 aurait du perdre devant une mâchoire acérée ou des muscles aguerris. Et pourtant, Sapiens a survécut. Pourquoi ? Comment ? Vous trouverez dans ce livre quelques pistes de réponses. S'appuyant sur les dernières recherches Harari offre à son lecteur un condensé de réflexions comme peu souvent. J'aurais des centaines de raisons d'en parler, mais le mieux est de vous inciter fortement à le lire et à vous faire votre propre opinion. Pour qui souhaite avoir des éléments de discussions, ce livre en regorge à foison. La partie sur le bonheur ou encore celle sur notre future sont une source de réflexions étonnantes et fructueuses. Au point que je me dit qu'il faudra relire ce livre sous peine d'en oublier rapidement les pépites. Qu'il y ait en plus une partie sur le bouddhisme n'est pas pour me déplaire et qui est cohérent avec mes autre lectures, comme L'infini dans la paume de la main. La fin qui ébauche la révolution génétique ainsi que l'avènement d'un nouveau règne en sus du minéral, végétal et animal (il s'agit de l'artificiel) est un peu court à mon goût. Les avancées stupéfiantes de CRISPR-Cas9 laissent songeur. Le cas d'une véritable Intelligence Artificielle méritent réflexion comme dans Chatbot, le transhumanisme est à peine abordé mais néanmoins ce livre reste une référence. L'empreinte digitale qui fait le i de Sapiens est à elle toute seule une idée brillante tant elle est riche de symboles. Lien avec la main de la grotte Chauvet, l'évolution technologique (caractéristiques d'une personne, traçabilité), l'individualité (biométrie), etc.

Bref, un livre tout à fait fascinant. Une référence tant son accessibilité est aisée et tant il est abordable par tous. Si je n'avais emprunté hier soir au Club de Lecture un livre j'aurais de suite commencé son autre ouvrage Homo Deus : a brief history of Tomorrow (Oui, cette fois en anglais, car là je vais devoir le commander alors autant en même temps pratiquer mon anglais)

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA puissance 12

dimanche 29 octobre 2017

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu (Folio SF, 329 pages, 2010)

Incipit :
Quand ça arrive, voilà ce qui arrive : je me tire dessus.
 Enfin, c'est-à-dire, pas sur moi à proprement parler. Sur mon futur moi. Il sort d'une machine à voyager dans le temps et se présente comme Charles Yu. Qu'est-ce que vous vouliez que je fasse ? Je le tue. Je tue mon propre avenir.
Un livre assez loufoque et bien barré. Jeu de narration, machine à voyager dans le temps et à voyager dans l'imaginaire et dans le texte, le narrateur est aussi l'auteur, auto-fiction voire auto-science-fiction, mise en abyme, jeu sur la diégèse, extradiégétique, intradiégétique et métadiégétique (tant qu'à faire), bref un jeu littéraire assez abouti et c'est tout le mérite de cet ouvrage. Néanmoins les aspects familiaux dysfonctionnels sont moins probants voire ennuyeux et donc je suis un peu déçu. Et pourtant plusieurs thématiques sont abordées comme l'espace-temps, la réalité/l'apparence, la relativité et même le bouddhisme (cela tombe bien) mais c'est moins passionnant que la mise en abyme dans L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde ou les voyages temporels de Les voies d'Anubis de Tim Powers ou de Le voyageur imprudent de Barjavel. Là l'auteur mélange plus de thème que les livres que je viens de citer, et cela est clairement son point fort mais au détriment d'une histoire qui n'est au final pas vraiment intéressante, un peu dommage.


Note : AAA


Chère Ijeawele de Chimamanda Ngozi Adichie

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie (Gallimard, 84 pages, 2017)

Incipit :
Chère Ijeawele,
Quel bonheur. Et quels prénoms adorables : Chizalum Adaora. Elle est si belle. A peine un jour, et elle semble déjà curieuse du monde. C'est magnifique ce que tu as fait là, mettre un être humain au monde. T'adresser mes «félicitations» paraît bien peu de choses.
Une lettre à une amie souhaitant éduquer sa fille selon des principes féministes. Certains pourrait y voir un manifeste de plus. C'est surtout dans un style sensible, équilibré, harmonieux, la recherche d'une éducation sur des bases égalitaires au sens de non soumises à un arbitraire ou à une hégémonie culturelle/politique/sociologique à dominante masculine. Il ne suffit pas de proclamer être pour légalité homme-femme, ni de temps en temps faire la vaisselle, voire reprendre à bon compte quelques maximes sans se rendre compte qu'elles sous-tendent justement cette hiérarchie homme-femme.Tout changement passe par l'éducation, donc celle des enfants, encore faut-il se débarrasser de nos atavismes dépassés. 

Un texte court mais fort utile où, en quelques suggestions, est proposé un changement de vision et de logiciel afin d'avoir un monde meilleur et plus respectueux des uns et des autres. A une époque où le sexisme (et parfois pire) sévit, un livre salutaire que tout un chacun devrait méditer.

Merci Mélanie pour ce prêt.

Note : AAAAAAAAA

samedi 28 octobre 2017

Conspiration de Giacometti et Ravenne

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Conspiration de Giacometti et Ravenne (JC Lattès, 530 pages, 2017)

Incipit :

La nuit tombait en douceur sur cet arrondissement de la rive droite, autrefois populaire. Une vraie soirée de début de printemps, calme et tiède, que les Parisiens savouraient comme un cadeau inespéré après des semaines grises et pluvieuses. Pas un nuage à l’horizon, juste un ciel pur et lumineux qui se métamorphosait en bleu d’encre. Les lampadaires de rue, infatigables travailleurs de la nuit parisienne, luisaient dans le couchant. Il flottait dans l’air ce parfum familier de laisser-aller, de douceur réconfortante qui contrastait avec le rythme effréné de la journée. C’était dans ces moments éphémères que Paris continuait à ensorceler. Et à panser ses récentes blessures.
Après In Nomine, Le Rituel de l'Ombre, Conjuration Casanova, et Frère de Sang, La croix des assassins, ApocalypseLux Tenebrae, Le Septième Templier , Le Temple Noir et Le règne des Illuminati, L'Empire du Graal, le dernier en date des aventures du commissaire franc-maçon s'attaque cette fois à une conspiration mondiale inspirée des projets MK Ultra de la CIA. Étonnamment (ou pas d'ailleurs) le dernier Science & Vie donne des pistes réalistes, à la puissance utilisée près, je ne donne pas plus de précision sinon je vais divulgâcher (une excellente trouvaille canadienne pour remplacer le mot spoiler en anglais) l'intrigue. Un nouveau thème est abordé, une société secrète à laquelle ont appartenu des présidents américains comme les Bush. La fin augure d'un prochain épisode et cela c'est la bonne nouvelle. Car oui là je n'en ai plus à me mettre sous la dent. Pas grave je suis dans Mange Prie Aime, un roman initiatique spirituel post Sex & the city. Pour en revenir à Conspiration, ces romans sont toujours construit un peu de la même manière mais c'est efficace et prenant, la base pour un thriller. Bonne lecture !

Note : AAA

mercredi 25 octobre 2017

L'infini dans la paume de la main de Trinh Xuan Thuan et Matthieu Ricard

Lorsque le sage regarde la lune,
l'idiot regarde la paire de jumelles.
L'infini dans la paume de la main, Le moine et l'astrophysicien de Trinh Xuan Thuan et Matthieu Ricard (Pocket, 400 pages, 2000)

Incipit :
Introduction
par Matthieu Ricard
Comment mener mon existence ? Comment vivre en société ? Que puis-je connaître ? Ces trois questions ont préoccupé l'humanité au travers les âges. Idéalement, la conduite de notre existence devrait nous amener à un sentiment de plénitude qui inspire chaque instant et nous laisse sans regret à l'heure de la mort. Vivre en société avec les autres devraient engendrer le sens de la responsabilité universelle. La connaissance devrait nous révéler la nature du monde qui nous entoure et celle de notre esprit.
A l'instar des débats philosophiques antiques, un dialogue fructueux entre deux visions du monde, celle de la science et celle du bouddhisme. Un livre d'une grande profondeur tout en étant accessible et qui évoque des questions pour le moins fondamentales. On pourra retenir que science sans conscience n'est que ruine de l'âme mais aussi qu'une science purement abstraite est non seulement insuffisante pour répondre à certaines questions mais peut manquer à l'imaginaire du scientifique pour nourrir sa pensée latérale.

L'Histoire a également montrée au travers de scientifique de renom qu'ils se sont lourdement trompés sur certains point et qu'un peu d'humilité alliée à une ouverture d'esprit dont la spiritualité fait partie ne peut être que bénéfique pour tous et en premier lieu pour le scientifique lui-même.

Des échanges particulièrement riches qui offrent au lecteur des arguments qui font sens et permettent d'approfondir sa réflexion mais aussi d'avoir une approche plus subtile et plus vaste du monde. Certains éléments défient notre imaginaire mais en compensation changent nos perspectives sur la vie, la mort, notre place dans l'Univers, nos perceptions et j'en passe. Le plus étonnant est l'adéquation troublante d'une vision vieille de 2500 ans et des dernières avancées en matière de physique quantique.

Mon unique réserve est que le livre est faible sur la partie intelligence artificielle, on dirait un débat des années 80, réduisant l'IA à des performances brutes et semble occulter les dernières avancées ou dernières technologies (auto-apprentissage par réseau de neurones, deep learning etc), le livre Chatbot le robot, certes plus récent, est plus pertinent sur ce thème au niveau philosophique, même si trop court à mon goût.

En tout cas un excellent livre, au titre magnifique tiré d'un vers de William Blake, un de ces livres rares qui sont à la fois exigeant mais dans la limite de ma compréhension et qui, en un nombre de pages limitées, réussit l'exploit de me donner à penser de manière éclairante et élevée. Car se limiter à le lire et à comprendre c'est bien, l'intégrer et changer sa manière de voir et penser c'est nettement plus séduisant. Une bonne suite à Une Nuit ou à Siddhartha. Un très bon complément à mes études bouddhistes.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
(oui une assez bonne note)


jeudi 19 octobre 2017

Une nuit de Trinh Xuan Thuan

Une nuit de Trinh Xuan Thuan (L'Iconoclaste, 237 pages, 2017)

Incipit :
Je suis sur l'île d'Hawaï au milieu de l'océan Pacifique. Le paysage est loin de celui des cartes postales, des plages au sable fin et des palmiers. Le panorama, aride, dépourvu de toute végétation, est quasi lunaire : nous sommes au sommet du volcan endormi Mauna Kea, l'un des meilleurs sites au monde pour observer le ciel. La dernière éruption remonte à 5000 ans. A 4207 mètres, environ 40% au-dessus de l'atmosphère terrestre, le ciel est d'une pureté sans pareille.
L'auteur raconte une nuit passé dans un observatoire astronomique unique au monde. Un mélange harmonieux de cette nuit, parsemée de poésies, d'extraits de la littérature, de photos absolument splendides sur notre Univers, avec pour cet ensemble comme thématique la nuit, ce moment particulier où, en levant la tête, un monde féérique et grandiose s'offre à nos sens. A la fois vulgarisation scientifique mais aussi emprunt d'idées bouddhistes comme l'impermanence, car, entre autre tout est en mouvement. Est aussi abordé l'interdépendance entre toutes choses (et donc pas d'existence en soit en tant qu'absolu, rien n'existe en tant que tel car tout change tout le temps et cela illustre la vacuité en zen) ce qui donne un mélange d'une grande beauté et d'une profondeur spirituelle sidérante. Un livre magique, édifiant et magnifique. Une réussite sur tous les points. Je m'incline avec respect devant Trinh Xuan Thuan.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

mardi 17 octobre 2017

Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro

Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro (Folio, 297 pages, 1984)

Incipit :
Niki : ce nom que nous avons donné à ma fille cadette n'est pas un diminutif, mais le résultat d'un compromis avec son père. Paradoxalement, c'était lui qui voulait lui donner un nom japonais ; quant à moi, souhaitant peut-être égoïstement que rien ne put me rappeler le passé, je tenais à un prénom anglais. Il accepta finalement Niki, trouvant ce nom une consonance vaguement orientale.
Bien après le drame de Nagazaki, une japonaise, vivant dorénavant en Angleterre, se remémore son passé, des situations avec son beau-père, son mari et quelques amies, dont une en particulier sur le départ pour l'Amérique.

Ambiguïté des situations, communication pervertie, hypocrisie dans les relations, non-dits, fêlure entre l'ancien Japon et la Japon moderne accentué par la globalisation en particulier l'américanisation avec en fond de toile tout le paradoxe lié au passé si particulier de Nagazaki, l'auteur, au travers de situations de tous les jours, a l'art de laisser en suspend, de ne pas tout dévoiler, de laisser planer des doutes, de laisser des hypothèses non résolues, le tout dans un style légèrement clinique. En manque de Murakami et suite à l'attribution du Prix Nobel de Littérature 2017 à Ishiguro, j'ai pensé lire son premier ouvrage. J'ai bien fait.

Note : AAAA

dimanche 15 octobre 2017

La Citadelle des Neiges de Matthieu Ricard

Bouddhisme pour les nuls
La Citadelle des Neiges de Matthieu Ricard (Pocket, 114 pages, 2005)

Incipit :
Détchèn naquit à Khorma, un hameau de l'Est du Bhoutan, au pied de l'Himalaya. Un moine des environs l'avait baptisé Détchèn Dorjé, «Félicité de Diamant ». Tout enfant déjà, il avait le pressentiment qu'il était possible de comprendre le monde. Il sentait en lui la présence d'une force qui ne demandait qu'à s'exprimer. Il ne savait pas très bien quelle direction lui donner, mais l'espoir brillait en son cœur comme une petite flamme.

On suit, dans cette courte nouvelle, le choix d'un garçon de devenir moine dans un monastère bouddhiste. Écrit avec délicatesse, le souhait de montrer la recherche spirituelle, également avec poésie et le souhait de transmettre des valeurs humanistes. Un conte philosophique explicitant en partie le Dharma, au sens de l'enseignement de Bouddha, une bonne introduction si c'est que vous cherchez et sinon une histoire plaisante qui peut amener à s'interroger sur l'existence. Pour moi un complément du livre du même auteur, L'art de la méditation (en cours d'étude), ou de mon stage pratique (cours de méditation et enseignement), namasté à Lama Shédroup qui m'a éclairé de son savoir ce samedi.

Note : AAAAA

samedi 14 octobre 2017

Samsara de Ron Fricke

Samsara de Ron Fricke (Film américain, 1h42 , 2011)

Une fois n'est pas coutume, c'est ici un film que je vous recommande. Je cherchais un film sur le bouddhisme et il y en a deux qui s'appellent Samsara, l'autre étant de 2001 et réalisé par Pan Nalin. Ici c'est une suite de plans accompagnés de musiques, pas de textes, pas d'explication, mais par effet Koulechov, il pourra susciter chez le spectateur différentes émotions et significations ou encore interprétations.

D'une grande beauté plastique, d'une richesse pictographique exceptionnelle, des suites de séquences pourront ébahir, déranger ou encore interpeller. Par effet projectif votre vision du monde accentuera une tendance plutôt qu'une autre, pour moi la surconsommation, l'exploitation animale mais aussi la richesse des cultures humaines qu'elles soient sociétales ou religieuses.

Un film à ne pas manquer.

Note : AAAAAAA

jeudi 12 octobre 2017

Siddhartha d'Hermann Hesse

Om
Siddhartha d'Hermann Hesse (Livre de poche, 158 pages, 2013)

Incipit :
Siddharta, le bel enfant du brahmane , le jeune faucon, grandit en compagnie de son ami, Govinda, fils lui aussi d'un brahmane, à l'ombre de la maison et du figuier, sur la rive ensoleillée du fleuve, auprès des bateaux, dans la verdure de la forêt de Sal.

Une vision du début du bouddhisme tout à fait personnelle mais ô combien symbolique, à la manière d'un conte philosophique, et qui cherche, comme souvent chez Hesse à édifier son lecteur. Pour ma part il y a réussit avec brio, un texte maîtrisé, qui offre des points de vue spirituels sur la vie avec poésie, philosophie et une forme de démarche pédagogique à peine voilée. J'avais fortement apprécié Le jeu des perles de verre ou encore Demian, et cet auteur me confirme une fois de plus son talent et mon désir de lire plus de ses ouvrages (pas de problème j'ai prévu Le loup des steppes). Arrivé à la dernière page, une larme de bonheur mystique a coulée, avec l'impression d'avoir ouvert tout mes chakras et de faire Un avec l'Univers. Cela m'a remémoré Printemps Automne Hiver et Printemps magnifique film coréen. Je vous laisse, je brûle un peu d'encens et m'en vais psalmodier quelques mantras ...

Note : AAAAAAAA

dimanche 8 octobre 2017

Les pierres sauvages de Fernand Pouillon

Manuel de gestion de projet.
Les pierres sauvages de Fernand Pouillon (Points Seuil, 272 pages, 2008)

Incipit :
Dimanche de l'Oculi.
 La pluie a pénétré nos habits, le gel a durci le lourd tissu de nos coules, figé nos barbes, raidi nos membres. La boue a maculé nos mains, nos pieds et nos visages, le vent nous a recouvert de sable. Le mouvement de la marche ne balance plus les plis glacés sur nos corps décharnés.

Journal d'un moine cistercien au XIIème siècle, dont le métier est architecte et qui aura participé à la conception de dizaines d'édifications d'églises, chaque entrée du journal, quasiment, commençe par un saint et le jour dans le mois. La vie rude vue par un esprit à la psychologie fine dont la compréhension des êtres est aussi élevée que sa vision architecturale. De très beaux passages qui offrent de multiples réflexions sur l'art et l'homme mais aussi sur le vécu très rude à cette époque, surtout les différents métiers pratiqués en tant que cistercien (et donc pauvreté, manque de moyen et une Règle rigoureuse à respecter). Un livre à l'écriture racée qui m'a rappelé dans l'esprit Le passeur de lumière mais en moins aventureux et en plus réaliste. Quelques photos de l'église du Thoronet ainsi que les plans se trouvent vers la fin du livre. Des notes historiques et un glossaire complètent l'ensemble. Vous apprécierez aussi pas mal de passages à teneur philosophique pour ne pas dire symbolique. Une vision de l'époque parfaitement retranscrite (je parle du ressenti je n'ai pas moyen de le vérifier, mon vaisseau spatio-temporel est de toute façon chez le garagiste pour une révision des 50 sauts dans le temps). Cela fait le troisième ouvrage où, ces derniers mois, je rencontre Hughes de Payns (1er Maître de l'Ordre du Temple), outre Le passeur de lumière cité plus haut, mais aussi, je crois, dans Le septième templier, je vais finir par savoir des trucs en histoire si cela continue !

L'auteur est en photo à la 4ème couverture, j'aime pas dire du mal, mais il avait pas l'air d'un boute-en-train ou d'un spécialiste des blagues à Toto. En revanche sa carrière c'est pas de la rigolade mais du sérieux.

Note : AAAAA

mercredi 4 octobre 2017

L'Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Ça me la coupe !
L'Empire du Graal de Giacometti et Ravenne (JCLattès, 592 pages, 2016)

Incipit :
Brocéliande
Château de Comper
De nos jours
Marcas ne savait pas depuis combien de temps il était dans cet état. Entre le rêve et la vie.
À la frontière.
Quand il ouvrait ses yeux qui brûlaient, il distinguait la silhouette de son compagnon recroquevillée contre le mur. Sans doute avait-il trouvé un appui. Il ressemblait à une araignée, à une grosse araignée qui n’allait pas tarder à tomber dans la bouche d’ombre prête à l’avaler. Sa vue se brouilla. Il haletait.

Après In Nomine, Le Rituel de l'Ombre, Conjuration Casanova, et Frère de Sang, La croix des assassins, ApocalypseLux Tenebrae, Le Septième Templier , Le Temple Noir et Le règne des Illuminati, voici le retour du plus célèbre policier Franc-maçon !  Et dans une quête cette-fois ci qui explore le mythe du Graal. Ahhh cela pourra rappeler à certains Excalibur de John Boorman, Indiana Jones de Spielberg, Les dames du Lac de Marion Zimmer Bradley, Enchanteur de Barjavel et j'en passe. D'ailleurs dans cet épisode nous avons en fait droit à deux romans, le thriller et un autre plus court, un conte du Graal plutôt très sympa à lire. Avec toujours ses côtés historiques qui permettent de s'instruire en frissonnant. Les auteurs font même de l'autodérision soit en citant implicitement Dan Brown, soit en s'amusant avec un personnage auteur lui aussi d'ouvrages type thriller ésotérique et, en passant, ils se laissent aller à brocarder gentiment l'ostracisme supposé de la part de l'intelligentsia littéraire sur ce genre un peu méprisé. Cette histoire permet aussi d'aborder la foi et le besoin de merveilleux des êtres humains et ce qui fait vivre une religion. Oui on peut s'amuser tout en s'interrogeant judicieusement sur des points essentiels. Bref un vrai plaisir détente instructif. Cela me distrait de l'autre livre que je lis, plus sérieux, d'un certain René Guénon, Aperçus sur l'initiation, dont le style un peu lourd aux phrases à rallonge abusant des subordonnées, une phrase pouvant allègrement s'étaler sur une page, m'agace un peu. Cela demande une concentration plus serrée mais surtout me fait ranger l'auteur parmi les pédants, et plus précisément ceux qui aiment se la péter grave. Il va falloir m'armer de courage, ce René Guénon semble avoir écrit tout un tas de choses intéressantes que je compte lire.

Pour en revenir à notre Graal, la série s'arrête bientôt. Encore un et hop fini ! Enfin jusqu'à ce que les auteurs en écrivent un autre ! Et je l'espère de mes vœux. J'ai déjà recherché quelques ouvrages similaires et en farfouillant je suis tombé sur un livre qui a eu les honneurs de pas mal de lecteurs : Les pierres sauvages de Fernand Pouillon. Quel beau titre ! Je l'entame dès cet article mis en parution ! En fait il n'a pas grand-chose à voir au final avec la saga de notre commissaire franc-maçon Marcas mais plutôt aurait des similitudes avec le bon livre Le passeur de lumière.

Note : AAAA

dimanche 24 septembre 2017

Le passeur de lumière de Bernard Tirtiaux

Le passeur de lumière Nivard de Chassepierre maître verrier de Bernard Tirtiaux (Folio, 396 pages, 1993)

Incipit :
En l'an de grâce onze cent treize, dans le mien pays de Meuse, le lieu dit de la « tour de Modave » fut le théâtre d'un duel à mort entre Nivard de Chassepierre, alors adolescent, et le redouté seigneur de Barvaux, un croisé de la première heure.

Les aventures au  XIIème siècle d'un artisan qui par le hasard des rencontres se retrouve à être missionné pour devenir un grand maître verrier. Il partira en Orient pour parfaire son art afin d'en faire profiter l'Occident. Une quête initiatique jalonnée de hauts et de bas, de beautés, de soif de savoir, d'amour mais aussi de douleurs et de tragédies. Style que je trouvais un peu lourd au début mais qui rapidement prend son envol pour atteindre une forme de poésie. Une ode à la vie, à l'art, au passage de témoin de la connaissance, à la lumière, en particulier celle des vitraux. L'artisanat mis en valeur au travers de l'art du verre et de sa coloration. Une histoire qui m'a happé, emplie de symbolisme et d'ellipses, que j'ai dévorée en moins de deux jours. Un livre qui décrit bien la sagesse, la force et la beauté des hommes, mais aussi leurs faiblesses et leur obscurité. Du bel ouvrage.

Note : AAAAA

samedi 23 septembre 2017

The Girl Who Takes an Eye for an Eye by David Lagercrantz

Roman de gare
The Girl Who Takes an Eye for an Eye: Continuing Stieg Larsson's Millennium Series by David Lagercrantz (MacLehose Press, 368 pages, 2017)

Incipit :
Chapter 1
June 12
 Lisbeth Salander was on her way back to her cell from the gym and the showers when she was stopped in the corridor by the warden. Alvar Olsen was blathering on about something, gesticulating wildly and waving a set of papers. But Salander could not hear a word he said. It was 7:30 p.m.
 That was the most dangerous time at Flodberga Prison. Seven-thirty p.m. was when the daily freight train thundered past; the walls shook and keys rattled and the place smelled of sweat and perfume. All the worst abuses took place then, masked by the racket from the railway and in the general confusion just before the cell doors were shut. Salander always let her gaze wander back and forth over the unit at this time of day and it was probably no coincidence that she caught sight of Faria Kazi.


Le volume 5, depuis la reprise avec Lagercrantz aux commandes qui avait déjà commis l'épisode 4 Ce qui ne me tue pas. J'avais un peu noté déjà que Lisbeth se transformait un peu en Jason Bourne mais bon j'étais tellement content de la retrouver que cela avait fait illusion à l'époque. Las, ce n'est plus le cas ici, les personnages sont réduits à leur plus simple expression, se reposant paresseusement sur le passé et se réduisant dans cet épisode à leur plus pure caricature, le pompon étant atteint pour Erika Berger, mais les autres ce n'est guère mieux. La subtilité n'est pas dans l'ADN de l'auteur, qui ressent le besoin de tout expliquer, quand on est censé s'inquiéter, ce qu'on doit penser, peu de place au mystère, aux sous-entendus, à l'expectative. Lisbeth est encore plus transformée en Jason Bourne, du combat, un peu de hack vite fait, un passé lié à des expérimentations, peu original, et en plus elle se fait prendre bêtement dans une scène cliché à pleurer, d'un manque d'invention abyssal. Il y a plusieurs scènes qui sont vraiment grotesques. Un désastre, plus rien de commun de l’œuvre initiale, à part les noms, les lieux, la Suède et les métiers de chacun. Beaucoup trop d'invraisemblances et surtout sans réelles surprises. Navrant. Heureusement qu'il était en anglais sinon j'aurais vraiment eu l'impression de perdre totalement mon temps. C'est triste.

Note : 0

samedi 16 septembre 2017

Frabato le magicien de Franz Bardon

Autel de la paix
Frabato le magicien de Franz Bardon (Éditions Moryason, 168 pages, 2016)

Incipit :
 En ce qui concerne la vie d'un Être tel que Franz Bardon, on ne peut parler que de vie « apparente ». Ce constat, qui est le nôtre,s'applique aussi à la vie de tout Adepte.

 Et de fait, que sait-on de la vie réelle des Maîtres qui ont été à l'origine de la Résurgence de la Connaissance Hermétique sous le nom de « Théosophie » ?Qui est véritablement l’Être Qui s'est fait connaître, au XIXe siècle sous le nom de «KOUT HOUMI», par exemple ? Même interrogation pour les autres Adeptes ...
 La biographie ésotérique de Franz Bardon, quelle a été sa vie d'Initié ou d'Adepte avant qu'une mission particulière, celle de répandre auprès des hommes le chemin de la véritable initiation magique. Pour peu que vous accréditiez cette histoire, elle forme un tout cohérent avec l'enseignement associé à F. Bardon et qui est abondamment cité dans cet ouvrage. Pour les autres, c'est un angle de vue particulier, ésotérique, qui pourra nourrir votre culture sur les sciences occultes (L'un n'empêchant pas l'autre).

Il est notable d'y voir des parallèles avec d'autres enseignements comme le Tao, des recommandations  qui remettent en cause le matérialisme et l'argent roi  que l'on retrouve dans des ouvrages récents comme celui de Thomas d'Ansembourg (Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l'intériorité citoyenne) qui écrit page 49 :

"Pour ce qui est de notre culture, il semble que quelques siècles de rationalisme aient hypertrophié l'intelligence intellectuelle au détriment des intelligences émotionnelles et spirituelle, et que quelques décennies d’État-providence, de sécurité et de recherche de la satisfaction  immédiate des désirs par la consommation aient achevé d'émousser notre capacité intuitive, notre esprit d'aventure et donc notre envie de participer à l’œuvre de la vie. "


Dans les grandes lignes je suis plutôt d'accord. Sur l'émotionnel je mettrais un bémol tant le matraquage des médias d'actualité télévisuelle utilise l'émotion mais cette fois au détriment de toute réflexion, d'analyse et de recul. Mais je concède que dans ce cas on ne puit guère parler d'intelligence, émotionnelle ou non. Plus curieuse est la remise en question de l'état providence mise au ban en même temps ou au même niveau que le consumérisme obsessionnel. Mais il est intéressant de voir les liens entre Confucius, le Tao, un livre récent et ce livre sur Franz Bardon. Bien d'autres liens pourraient être faits, c'est juste qu'en ésotérisme on finit par voir des symboles ou des perspectives similaires un peu partout (microcosme/macrocosme, ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, le moi intérieur, l'intériorité, etc)

Plus surprenant dans cet ouvrage est son antimaçonnisme, même s'il est indiqué que bien sûr toutes les loges n'hébergent pas des Mages noirs, à d'autres endroits sont cités des livres qui font encore plus ce rapprochement.  Même si j'étais prêt à accepter tout ce que dit ce livre j'y relève quelques incohérences ou quelques hypothèses particulièrement osées (comme, entre autre exemple, le fait qu'Hitler ait survécu à 1945).

Un livre original qui, en dépit de quelques réserves, m'a intéressé sur les aspects spirituels.

Note : AAAA

vendredi 15 septembre 2017

Le règne des Illuminati de Giacometti et Ravenne

Nous travaillons à l'oeil
Le règne des Illuminati de Giacometti et Ravenne (Fleuve Noir, 552 pages, 2014)

Incipit :

Rome
3 juillet 1963

Le trente-cinquième président des États-Unis descendit lentement de la Lincoln bleu nuit garée dans la cour de l’église. Un agent de protection inspectait d’un regard hautain le bâtiment aux vieux murs ocre et lézardés, même s’il savait que ses collègues étaient déjà en place.
Pour ses sorties officielles, John Fitzgerald Kennedy ne chaussait pas ses Ray-Ban Wayfarer, mais des Persol 649. Elles l’accompagnaient toujours dans ses déplacements confidentiels, amoureux ou politiques, lui procurant une illusion d’anonymat.

Après In Nomine, Le Rituel de l'Ombre, Conjuration Casanova, et Frère de Sang, La croix des assassins, ApocalypseLux Tenebrae, Le Septième Templier et Le Temple Noir  voici venu le tour des Illuminati de Weishaupt ! C'est toujours aussi bien avec les mêmes raisons que pour les ouvrages précédents, ici des conspirations mondiales où il y a encore plus secret que le plus secret, les poupées russes de la théorie du complot !. Je vous renvoie donc aux autres livres lus (oui j'ai un grand coup de flemme aujourd'hui !!!). Je viens de recevoir en livre relié (il faut bien ça) The Girl Who takes an Eye for an Eye, le dernier Millenium, avec Lisbeth Salander alors il me tarde de me jeter dessus (Je parle du livre, pas de Lisbeth). Bon Lagercrantz dans le précédent transformait un peu Lisbeth en Jason Bourne au féminin et je trouve cela un peu dommage. J'espère que cette fois l'intrigue sera plus poussée avec moins d'actions délirantes. Sinon je passais au suivant dans la série Giacometti et Ravenne, L'Empire du Graal, série que j'ai bientôt épuisée mais j'ai procédé à une enquête discrète, il y a des sites qui proposent des listes d'ouvrages similaires ... et j'ai trouvé Le testament noir de Jean-Luc Aubarbier. J'ai tout de même deux livres à finir dont Frabato, la biographie (très) romancée de Franz Bardon.

Bon ok je vous parle un peu de ce livre sur les Illuminati, une conspiration mondiale modernisée, qui surfe sur le conspirationnisme, mais se base sur les technologies actuelles (les révélations sur la NSA, l'eye tracking, les réseaux sociaux, les écrans partout tout le temps, oui le smartphone ! et un sujet assez intéressant concernant les neurosciences : les neurones miroirs !!!). Je vous laisse j'ai l'impression qu'on me surveille ...

Note : AAAAA