dimanche 29 octobre 2017

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu (Folio SF, 329 pages, 2010)

Incipit :
Quand ça arrive, voilà ce qui arrive : je me tire dessus.
 Enfin, c'est-à-dire, pas sur moi à proprement parler. Sur mon futur moi. Il sort d'une machine à voyager dans le temps et se présente comme Charles Yu. Qu'est-ce que vous vouliez que je fasse ? Je le tue. Je tue mon propre avenir.
Un livre assez loufoque et bien barré. Jeu de narration, machine à voyager dans le temps et à voyager dans l'imaginaire et dans le texte, le narrateur est aussi l'auteur, auto-fiction voire auto-science-fiction, mise en abyme, jeu sur la diégèse, extradiégétique, intradiégétique et métadiégétique (tant qu'à faire), bref un jeu littéraire assez abouti et c'est tout le mérite de cet ouvrage. Néanmoins les aspects familiaux dysfonctionnels sont moins probants voire ennuyeux et donc je suis un peu déçu. Et pourtant plusieurs thématiques sont abordées comme l'espace-temps, la réalité/l'apparence, la relativité et même le bouddhisme (cela tombe bien) mais c'est moins passionnant que la mise en abyme dans L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde ou les voyages temporels de Les voies d'Anubis de Tim Powers ou de Le voyageur imprudent de Barjavel. Là l'auteur mélange plus de thème que les livres que je viens de citer, et cela est clairement son point fort mais au détriment d'une histoire qui n'est au final pas vraiment intéressante, un peu dommage.


Note : AAA


Chère Ijeawele de Chimamanda Ngozi Adichie

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie (Gallimard, 84 pages, 2017)

Incipit :
Chère Ijeawele,
Quel bonheur. Et quels prénoms adorables : Chizalum Adaora. Elle est si belle. A peine un jour, et elle semble déjà curieuse du monde. C'est magnifique ce que tu as fait là, mettre un être humain au monde. T'adresser mes «félicitations» paraît bien peu de choses.
Une lettre à une amie souhaitant éduquer sa fille selon des principes féministes. Certains pourrait y voir un manifeste de plus. C'est surtout dans un style sensible, équilibré, harmonieux, la recherche d'une éducation sur des bases égalitaires au sens de non soumises à un arbitraire ou à une hégémonie culturelle/politique/sociologique à dominante masculine. Il ne suffit pas de proclamer être pour légalité homme-femme, ni de temps en temps faire la vaisselle, voire reprendre à bon compte quelques maximes sans se rendre compte qu'elles sous-tendent justement cette hiérarchie homme-femme.Tout changement passe par l'éducation, donc celle des enfants, encore faut-il se débarrasser de nos atavismes dépassés. 

Un texte court mais fort utile où, en quelques suggestions, est proposé un changement de vision et de logiciel afin d'avoir un monde meilleur et plus respectueux des uns et des autres. A une époque où le sexisme (et parfois pire) sévit, un livre salutaire que tout un chacun devrait méditer.

Merci Mélanie pour ce prêt.

Note : AAAAAAAAA

samedi 28 octobre 2017

Conspiration de Giacometti et Ravenne

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Conspiration de Giacometti et Ravenne (JC Lattès, 530 pages, 2017)

Incipit :

La nuit tombait en douceur sur cet arrondissement de la rive droite, autrefois populaire. Une vraie soirée de début de printemps, calme et tiède, que les Parisiens savouraient comme un cadeau inespéré après des semaines grises et pluvieuses. Pas un nuage à l’horizon, juste un ciel pur et lumineux qui se métamorphosait en bleu d’encre. Les lampadaires de rue, infatigables travailleurs de la nuit parisienne, luisaient dans le couchant. Il flottait dans l’air ce parfum familier de laisser-aller, de douceur réconfortante qui contrastait avec le rythme effréné de la journée. C’était dans ces moments éphémères que Paris continuait à ensorceler. Et à panser ses récentes blessures.
Après In Nomine, Le Rituel de l'Ombre, Conjuration Casanova, et Frère de Sang, La croix des assassins, ApocalypseLux Tenebrae, Le Septième Templier , Le Temple Noir et Le règne des Illuminati, L'Empire du Graal, le dernier en date des aventures du commissaire franc-maçon s'attaque cette fois à une conspiration mondiale inspirée des projets MK Ultra de la CIA. Étonnamment (ou pas d'ailleurs) le dernier Science & Vie donne des pistes réalistes, à la puissance utilisée près, je ne donne pas plus de précision sinon je vais divulgâcher (une excellente trouvaille canadienne pour remplacer le mot spoiler en anglais) l'intrigue. Un nouveau thème est abordé, une société secrète à laquelle ont appartenu des présidents américains comme les Bush. La fin augure d'un prochain épisode et cela c'est la bonne nouvelle. Car oui là je n'en ai plus à me mettre sous la dent. Pas grave je suis dans Mange Prie Aime, un roman initiatique spirituel post Sex & the city. Pour en revenir à Conspiration, ces romans sont toujours construit un peu de la même manière mais c'est efficace et prenant, la base pour un thriller. Bonne lecture !

Note : AAA

mercredi 25 octobre 2017

L'infini dans la paume de la main de Trinh Xuan Thuan et Matthieu Ricard

Lorsque le sage regarde la lune,
l'idiot regarde la paire de jumelles.
L'infini dans la paume de la main, Le moine et l'astrophysicien de Trinh Xuan Thuan et Matthieu Ricard (Pocket, 400 pages, 2000)

Incipit :
Introduction
par Matthieu Ricard
Comment mener mon existence ? Comment vivre en société ? Que puis-je connaître ? Ces trois questions ont préoccupé l'humanité au travers les âges. Idéalement, la conduite de notre existence devrait nous amener à un sentiment de plénitude qui inspire chaque instant et nous laisse sans regret à l'heure de la mort. Vivre en société avec les autres devraient engendrer le sens de la responsabilité universelle. La connaissance devrait nous révéler la nature du monde qui nous entoure et celle de notre esprit.
A l'instar des débats philosophiques antiques, un dialogue fructueux entre deux visions du monde, celle de la science et celle du bouddhisme. Un livre d'une grande profondeur tout en étant accessible et qui évoque des questions pour le moins fondamentales. On pourra retenir que science sans conscience n'est que ruine de l'âme mais aussi qu'une science purement abstraite est non seulement insuffisante pour répondre à certaines questions mais peut manquer à l'imaginaire du scientifique pour nourrir sa pensée latérale.

L'Histoire a également montrée au travers de scientifique de renom qu'ils se sont lourdement trompés sur certains point et qu'un peu d'humilité alliée à une ouverture d'esprit dont la spiritualité fait partie ne peut être que bénéfique pour tous et en premier lieu pour le scientifique lui-même.

Des échanges particulièrement riches qui offrent au lecteur des arguments qui font sens et permettent d'approfondir sa réflexion mais aussi d'avoir une approche plus subtile et plus vaste du monde. Certains éléments défient notre imaginaire mais en compensation changent nos perspectives sur la vie, la mort, notre place dans l'Univers, nos perceptions et j'en passe. Le plus étonnant est l'adéquation troublante d'une vision vieille de 2500 ans et des dernières avancées en matière de physique quantique.

Mon unique réserve est que le livre est faible sur la partie intelligence artificielle, on dirait un débat des années 80, réduisant l'IA à des performances brutes et semble occulter les dernières avancées ou dernières technologies (auto-apprentissage par réseau de neurones, deep learning etc), le livre Chatbot le robot, certes plus récent, est plus pertinent sur ce thème au niveau philosophique, même si trop court à mon goût.

En tout cas un excellent livre, au titre magnifique tiré d'un vers de William Blake, un de ces livres rares qui sont à la fois exigeant mais dans la limite de ma compréhension et qui, en un nombre de pages limitées, réussit l'exploit de me donner à penser de manière éclairante et élevée. Car se limiter à le lire et à comprendre c'est bien, l'intégrer et changer sa manière de voir et penser c'est nettement plus séduisant. Une bonne suite à Une Nuit ou à Siddhartha. Un très bon complément à mes études bouddhistes.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
(oui une assez bonne note)


jeudi 19 octobre 2017

Une nuit de Trinh Xuan Thuan

Une nuit de Trinh Xuan Thuan (L'Iconoclaste, 237 pages, 2017)

Incipit :
Je suis sur l'île d'Hawaï au milieu de l'océan Pacifique. Le paysage est loin de celui des cartes postales, des plages au sable fin et des palmiers. Le panorama, aride, dépourvu de toute végétation, est quasi lunaire : nous sommes au sommet du volcan endormi Mauna Kea, l'un des meilleurs sites au monde pour observer le ciel. La dernière éruption remonte à 5000 ans. A 4207 mètres, environ 40% au-dessus de l'atmosphère terrestre, le ciel est d'une pureté sans pareille.
L'auteur raconte une nuit passé dans un observatoire astronomique unique au monde. Un mélange harmonieux de cette nuit, parsemée de poésies, d'extraits de la littérature, de photos absolument splendides sur notre Univers, avec pour cet ensemble comme thématique la nuit, ce moment particulier où, en levant la tête, un monde féérique et grandiose s'offre à nos sens. A la fois vulgarisation scientifique mais aussi emprunt d'idées bouddhistes comme l'impermanence, car, entre autre tout est en mouvement. Est aussi abordé l'interdépendance entre toutes choses (et donc pas d'existence en soit en tant qu'absolu, rien n'existe en tant que tel car tout change tout le temps et cela illustre la vacuité en zen) ce qui donne un mélange d'une grande beauté et d'une profondeur spirituelle sidérante. Un livre magique, édifiant et magnifique. Une réussite sur tous les points. Je m'incline avec respect devant Trinh Xuan Thuan.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

mardi 17 octobre 2017

Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro

Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro (Folio, 297 pages, 1984)

Incipit :
Niki : ce nom que nous avons donné à ma fille cadette n'est pas un diminutif, mais le résultat d'un compromis avec son père. Paradoxalement, c'était lui qui voulait lui donner un nom japonais ; quant à moi, souhaitant peut-être égoïstement que rien ne put me rappeler le passé, je tenais à un prénom anglais. Il accepta finalement Niki, trouvant ce nom une consonance vaguement orientale.
Bien après le drame de Nagazaki, une japonaise, vivant dorénavant en Angleterre, se remémore son passé, des situations avec son beau-père, son mari et quelques amies, dont une en particulier sur le départ pour l'Amérique.

Ambiguïté des situations, communication pervertie, hypocrisie dans les relations, non-dits, fêlure entre l'ancien Japon et la Japon moderne accentué par la globalisation en particulier l'américanisation avec en fond de toile tout le paradoxe lié au passé si particulier de Nagazaki, l'auteur, au travers de situations de tous les jours, a l'art de laisser en suspend, de ne pas tout dévoiler, de laisser planer des doutes, de laisser des hypothèses non résolues, le tout dans un style légèrement clinique. En manque de Murakami et suite à l'attribution du Prix Nobel de Littérature 2017 à Ishiguro, j'ai pensé lire son premier ouvrage. J'ai bien fait.

Note : AAAA

dimanche 15 octobre 2017

La Citadelle des Neiges de Matthieu Ricard

Bouddhisme pour les nuls
La Citadelle des Neiges de Matthieu Ricard (Pocket, 114 pages, 2005)

Incipit :
Détchèn naquit à Khorma, un hameau de l'Est du Bhoutan, au pied de l'Himalaya. Un moine des environs l'avait baptisé Détchèn Dorjé, «Félicité de Diamant ». Tout enfant déjà, il avait le pressentiment qu'il était possible de comprendre le monde. Il sentait en lui la présence d'une force qui ne demandait qu'à s'exprimer. Il ne savait pas très bien quelle direction lui donner, mais l'espoir brillait en son cœur comme une petite flamme.

On suit, dans cette courte nouvelle, le choix d'un garçon de devenir moine dans un monastère bouddhiste. Écrit avec délicatesse, le souhait de montrer la recherche spirituelle, également avec poésie et le souhait de transmettre des valeurs humanistes. Un conte philosophique explicitant en partie le Dharma, au sens de l'enseignement de Bouddha, une bonne introduction si c'est que vous cherchez et sinon une histoire plaisante qui peut amener à s'interroger sur l'existence. Pour moi un complément du livre du même auteur, L'art de la méditation (en cours d'étude), ou de mon stage pratique (cours de méditation et enseignement), namasté à Lama Shédroup qui m'a éclairé de son savoir ce samedi.

Note : AAAAA

samedi 14 octobre 2017

Samsara de Ron Fricke

Samsara de Ron Fricke (Film américain, 1h42 , 2011)

Une fois n'est pas coutume, c'est ici un film que je vous recommande. Je cherchais un film sur le bouddhisme et il y en a deux qui s'appellent Samsara, l'autre étant de 2001 et réalisé par Pan Nalin. Ici c'est une suite de plans accompagnés de musiques, pas de textes, pas d'explication, mais par effet Koulechov, il pourra susciter chez le spectateur différentes émotions et significations ou encore interprétations.

D'une grande beauté plastique, d'une richesse pictographique exceptionnelle, des suites de séquences pourront ébahir, déranger ou encore interpeller. Par effet projectif votre vision du monde accentuera une tendance plutôt qu'une autre, pour moi la surconsommation, l'exploitation animale mais aussi la richesse des cultures humaines qu'elles soient sociétales ou religieuses.

Un film à ne pas manquer.

Note : AAAAAAA

jeudi 12 octobre 2017

Siddhartha d'Hermann Hesse

Om
Siddhartha d'Hermann Hesse (Livre de poche, 158 pages, 2013)

Incipit :
Siddharta, le bel enfant du brahmane , le jeune faucon, grandit en compagnie de son ami, Govinda, fils lui aussi d'un brahmane, à l'ombre de la maison et du figuier, sur la rive ensoleillée du fleuve, auprès des bateaux, dans la verdure de la forêt de Sal.

Une vision du début du bouddhisme tout à fait personnelle mais ô combien symbolique, à la manière d'un conte philosophique, et qui cherche, comme souvent chez Hesse à édifier son lecteur. Pour ma part il y a réussit avec brio, un texte maîtrisé, qui offre des points de vue spirituels sur la vie avec poésie, philosophie et une forme de démarche pédagogique à peine voilée. J'avais fortement apprécié Le jeu des perles de verre ou encore Demian, et cet auteur me confirme une fois de plus son talent et mon désir de lire plus de ses ouvrages (pas de problème j'ai prévu Le loup des steppes). Arrivé à la dernière page, une larme de bonheur mystique a coulée, avec l'impression d'avoir ouvert tout mes chakras et de faire Un avec l'Univers. Cela m'a remémoré Printemps Automne Hiver et Printemps magnifique film coréen. Je vous laisse, je brûle un peu d'encens et m'en vais psalmodier quelques mantras ...

Note : AAAAAAAA

dimanche 8 octobre 2017

Les pierres sauvages de Fernand Pouillon

Manuel de gestion de projet.
Les pierres sauvages de Fernand Pouillon (Points Seuil, 272 pages, 2008)

Incipit :
Dimanche de l'Oculi.
 La pluie a pénétré nos habits, le gel a durci le lourd tissu de nos coules, figé nos barbes, raidi nos membres. La boue a maculé nos mains, nos pieds et nos visages, le vent nous a recouvert de sable. Le mouvement de la marche ne balance plus les plis glacés sur nos corps décharnés.

Journal d'un moine cistercien au XIIème siècle, dont le métier est architecte et qui aura participé à la conception de dizaines d'édifications d'églises, chaque entrée du journal, quasiment, commençe par un saint et le jour dans le mois. La vie rude vue par un esprit à la psychologie fine dont la compréhension des êtres est aussi élevée que sa vision architecturale. De très beaux passages qui offrent de multiples réflexions sur l'art et l'homme mais aussi sur le vécu très rude à cette époque, surtout les différents métiers pratiqués en tant que cistercien (et donc pauvreté, manque de moyen et une Règle rigoureuse à respecter). Un livre à l'écriture racée qui m'a rappelé dans l'esprit Le passeur de lumière mais en moins aventureux et en plus réaliste. Quelques photos de l'église du Thoronet ainsi que les plans se trouvent vers la fin du livre. Des notes historiques et un glossaire complètent l'ensemble. Vous apprécierez aussi pas mal de passages à teneur philosophique pour ne pas dire symbolique. Une vision de l'époque parfaitement retranscrite (je parle du ressenti je n'ai pas moyen de le vérifier, mon vaisseau spatio-temporel est de toute façon chez le garagiste pour une révision des 50 sauts dans le temps). Cela fait le troisième ouvrage où, ces derniers mois, je rencontre Hughes de Payns (1er Maître de l'Ordre du Temple), outre Le passeur de lumière cité plus haut, mais aussi, je crois, dans Le septième templier, je vais finir par savoir des trucs en histoire si cela continue !

L'auteur est en photo à la 4ème couverture, j'aime pas dire du mal, mais il avait pas l'air d'un boute-en-train ou d'un spécialiste des blagues à Toto. En revanche sa carrière c'est pas de la rigolade mais du sérieux.

Note : AAAAA

mercredi 4 octobre 2017

L'Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Ça me la coupe !
L'Empire du Graal de Giacometti et Ravenne (JCLattès, 592 pages, 2016)

Incipit :
Brocéliande
Château de Comper
De nos jours
Marcas ne savait pas depuis combien de temps il était dans cet état. Entre le rêve et la vie.
À la frontière.
Quand il ouvrait ses yeux qui brûlaient, il distinguait la silhouette de son compagnon recroquevillée contre le mur. Sans doute avait-il trouvé un appui. Il ressemblait à une araignée, à une grosse araignée qui n’allait pas tarder à tomber dans la bouche d’ombre prête à l’avaler. Sa vue se brouilla. Il haletait.

Après In Nomine, Le Rituel de l'Ombre, Conjuration Casanova, et Frère de Sang, La croix des assassins, ApocalypseLux Tenebrae, Le Septième Templier , Le Temple Noir et Le règne des Illuminati, voici le retour du plus célèbre policier Franc-maçon !  Et dans une quête cette-fois ci qui explore le mythe du Graal. Ahhh cela pourra rappeler à certains Excalibur de John Boorman, Indiana Jones de Spielberg, Les dames du Lac de Marion Zimmer Bradley, Enchanteur de Barjavel et j'en passe. D'ailleurs dans cet épisode nous avons en fait droit à deux romans, le thriller et un autre plus court, un conte du Graal plutôt très sympa à lire. Avec toujours ses côtés historiques qui permettent de s'instruire en frissonnant. Les auteurs font même de l'autodérision soit en citant implicitement Dan Brown, soit en s'amusant avec un personnage auteur lui aussi d'ouvrages type thriller ésotérique et, en passant, ils se laissent aller à brocarder gentiment l'ostracisme supposé de la part de l'intelligentsia littéraire sur ce genre un peu méprisé. Cette histoire permet aussi d'aborder la foi et le besoin de merveilleux des êtres humains et ce qui fait vivre une religion. Oui on peut s'amuser tout en s'interrogeant judicieusement sur des points essentiels. Bref un vrai plaisir détente instructif. Cela me distrait de l'autre livre que je lis, plus sérieux, d'un certain René Guénon, Aperçus sur l'initiation, dont le style un peu lourd aux phrases à rallonge abusant des subordonnées, une phrase pouvant allègrement s'étaler sur une page, m'agace un peu. Cela demande une concentration plus serrée mais surtout me fait ranger l'auteur parmi les pédants, et plus précisément ceux qui aiment se la péter grave. Il va falloir m'armer de courage, ce René Guénon semble avoir écrit tout un tas de choses intéressantes que je compte lire.

Pour en revenir à notre Graal, la série s'arrête bientôt. Encore un et hop fini ! Enfin jusqu'à ce que les auteurs en écrivent un autre ! Et je l'espère de mes vœux. J'ai déjà recherché quelques ouvrages similaires et en farfouillant je suis tombé sur un livre qui a eu les honneurs de pas mal de lecteurs : Les pierres sauvages de Fernand Pouillon. Quel beau titre ! Je l'entame dès cet article mis en parution ! En fait il n'a pas grand-chose à voir au final avec la saga de notre commissaire franc-maçon Marcas mais plutôt aurait des similitudes avec le bon livre Le passeur de lumière.

Note : AAAA