samedi 31 mars 2018

Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea

Dessine moi un mouton !
Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea (L'Iconoclaste, 222 pages, 2017)

Incipit :
Je tombais, je tombais et j'avais oublié pourquoi. C'était comme si j'étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m'y raccrocher mais je n'attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d'air mouillé.
Shell, un enfant un peu simplet décide pour devenir un homme de partir à la guerre. Il croise la destinée d'une jeune fille et un lien particulier va se nouer entre eux, un pacte particulier. Un des livres de la Sélection du Prix Emmanuel-Roblès 2018.

Une histoire touchante de naïveté, de poésie et de rêve. L'auteur a réussit à capter quelque chose de rare, quelque chose qui touche à la nature profonde de l'âme humaine. Teinté d'humour involontaire, jamais au détriment du personnage de Shell, que cela rend très attachant. Un drame dont la charge émotionnelle qui m'a fait couler quelques larmes à la fin, et qui m'a rappelé Des fleurs pour Algernon ou La nuit des temps de Barjavel. Je sais je suis trop fragile. Un premier roman sur l'enfance très réussit, brodant sur les rêves qu'on peut avoir pour se réaliser, à cet âge où tout semble possible. Bon maintenant pour le classement il est quasi ex-aequo pour la première place avec L'ivresse du sergent dida, d'un autre côté il me reste encore à lire Fugitive parce que reine, donc tout n'est pas joué mais quand même ce livre m'a beaucoup plu.

Note : AAAAA

lundi 26 mars 2018

Quattrocento de Stephen Greenblatt

C'est de la bombe, bébé !
Quattrocento de Stephen Greenblatt (Flammarion, 381 pages avec notes et index, 2017 pour cette édition)

Incipit :
Un chasseur de manuscrits
 C'était au cours de l'hiver 1417, Le Pogge chevauchait à travers les collines et les vallées boisées du Sud de l'Allemagne, en route vers sa lointaine destination, un monastère réputé pour posséder une réserve de vieux manuscrits.

Il s'agit d'un essai romancé. Le surtitre, alléchant, est comme le début d'un thriller ésotérique : 1417 : aux origines de la renaissance, un manuscrit perdu ...
 
Un ouvrage intéressant à plus d'un titre, on y suit un érudit bibliophile, un italien du nom de Le Pogge, et la redécouverte par ce dernier du poème de Lucrèce, le De rerum natura, qui aurait pu être perdu. On y apprend au passage comment l'écriture manuscrite si stylée et parfaite de Le Pogge a eu une influence très forte sur les futurs caractères imprimés. Et surtout l'auteur nous relate l'influence de ce poème de Lucrèce sur la Renaissance et sur des esprits tels que Giordano Bruno, Machiavel ou encore Montaigne. L'auteur refait vivre les luttes de pouvoirs au sein de l'église mais aussi entre l'église et les courants divers dont l'humanisme ce qui donne un ouvrage très vivant, qui vous emporte, je l'ai fini alors que je l'avais commencé hier, c'est une merveille d'idées, de réflexions, de compte-rendu impressionnant de la vie d'une époque, de l'histoire des idées et de leurs luttes, de la vie des manuscrits (et de leurs morts), des liens avec l'antiquité (on pourrait même dire la pensée antique) et l'évolution des ces liens, des intrigues de palais au plus proche tant il y a de détails, bref ce livre est passionnant de bout en bout !! L'Histoire racontée comme cela est tout simplement magique. C'est très documenté (pleins de notes) et il y a même un index ce qui est rare (mais appréciable). Un titre hautement recommandable. Cela m'a donné envie de lire Lucrèce ... qui se rajoute à mon panthéon personnel des personnes édifiantes.


Note : AAAAAAAAAA

dimanche 25 mars 2018

Fief de David Lopez

Auto-destruct
Fief de David Lopez (Seuil, 251 pages, 2017)

Incipit :
C'est un nuage qui m'accueille. Quand j'ouvre la porte je vois couler sous le plafonnier cette nappe brune, épaisse, et puis eux, qui baignent dedans. Ixe, ça ne le dérange pas qu'on fume chez lui, du moment qu'on ne fume pas de clopes. Je le regarde, entre lui et moi c'est presque opaque.

Un groupe de jeunes désœuvrés,  dans des quartiers pas vraiment huppés, sans réelle culture, qui passent leur temps à fumer du shit, boire, jouer aux cartes. Ils ne pensent pas vraiment à leur avenir, ils vivent pleinement le temps présent, sans réaliser totalement leur aliénation. Jonas qui est le personnage qu'on suit jusqu'au bout s'essaye à la boxe mais on sent que ce n'est pas par réelle conviction. Cela m'a rappelé le sketch Le Blouson Noir de Coluche, quand il dit "On est une bande de jeunes, on se fend la gueule". Livre qui fait partie de la sélection du premier roman du prix Emmanuel Roblès 2018.

Un livre au style incisif, très parlé, finement mis en scène. On a l'impression de voir les personnages jouer devant soit. On ressent petit à petit tout le tragique de cette histoire. Il y a un côté assez réaliste semble-t-il que ce soit pour les échanges verbaux, la manière de fumer, très détaillée, ou encore les scènes de boxe. Je ne suis pas du tout fan de boxe et n'y connais rien mais l'auteur m'a fait ressentir les enjeux, les angoisses, la technique.

Un livre très bien fait, très humain finalement, même si on s'inquiète pour ces vies dont le sens est pour le moins vaporeux.

Note : AAA

mercredi 21 mars 2018

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer (Les éditions de l'Observatoire, 304 pages, 2017)

Incipit :
 Un pas. Une pierre. Un chemin de poussière. Un printemps qui bourgeonne. Au fond bruit un torrent.
 Des bruits. Mille pas. Tous aussi mal cadencés.
 «Il y aura bien une halte, plus tard, pense-t-il. Cette longue marche forcée s'arrêtera un jour.»
 Aimé sent la brise, infime et infiniment douce.

Après Transport, encore un livre de la Sélection Roblès 2018 sur la deuxième guerre mondiale, c'est malin ... Donc un léger a priori pour commencer, et il est vrai qu'au début j'ai craint d'être dans le même cas que le livre Arden dans lequel je n'ai pas réussi à entrer et où je me suis ennuyé à mourir. Là, à part quelques petites longueurs, rien de tel, et l'histoire a su me captiver. Un sujet difficile dont le fil conducteur est la destinée de Magda Goebbels, qui aurait laissé périr son père. Ce sont aussi les derniers instants dans le bunker d'Hitler, alors qu'un livre (La Mort d'Hitler de Brisard et Parshina) et un documentaire viennent de sortir sur la fin de ce dernier, coïncidence signifiante ? Déjà en 2017 il y avait eu Magda Goebbels, la première dame du IIIe Reich, un documentaire d'Antoine Vitkine. Revenons au livre, en parallèle des derniers jours de Magda, la destinée d'innombrables vies et surtout celles d'enfant dont la vie a été brisée par ces moments atroces de l'Histoire. Une fin glaçante où l'on peut vivre en quelques pages un infanticide. Un livre qui propose un angle différent sur la chute du nazisme. L’addendum précisant la démarche de l'auteur ainsi que les sources utilisées a été un plus. Le titre est judicieusement choisi. Il y a des pages très bien écrites.

Note : AAA

samedi 17 mars 2018

Je suis ... Louise Michel de Laure Chevalier-Persod

Woman Power
Je suis ... Louise Michel de Laure Chevalier-Persod (Jacques André éditeur, 97 pages, 2018)

Incipit :
C'est une grande bâtisse froide, battue par les vents, où l'on se serre autour de l'âtre dans l'espoir improbable d'y puiser la chaleur nécessaire à la nuit. Au village, on l'appelle «le château». C'est là que je voie le jour le 29 mai 1830.
Dans la même collection que Je suis... Étienne Dolet, un court mais essentiel portrait de Louise Michel, une femme courageuse qui a lutté pour la reconnaissance des droits des femmes et plus globalement pour la justice, l'égalité et pour les pauvres. Son rôle dans la Commune de Paris (1871), sa déportation en Nouvelle-Calédonie sans fléchir, refusant ultérieurement sa grâce car n'étant accordée que pour elle, en font une icône pour la lutte pour les droits des plus démunis et pour une justice plus juste. Je comprends mieux la défense de ce symbole que fut la commune (Association), pour des idées comme l'autogestion, le partage et aussi peut-être en réaction à la répression infâme de Thiers. J'aime beaucoup cette collection qui présente des figures emblématiques à l'instar de Jean Zay (Cercle Jean Zay à Orléans). Je suis ébahi par tant de courage et de force de conviction pour des idées qui me semblent indispensables pour une société plus juste, plus égale, plus élevée.

Note: AAAA

mardi 13 mars 2018

Transport d'Yves Flank

La nausée
Transport de Yves Flank (L'Antilope, 133 pages, 2018)

Incipit :
Les odeurs me collent à la peau, surtout au visage. En pleine figure. Pas celles des animaux, bœufs vaches cochons moutons ce qu'on voudra, non, celles de la merde des humains, aigre, tenace, lancinante. Ça déborde jusqu'au ciel, ça prend à la gorge, ça enveloppe, ça diffuse une infection généralisée.
Un livre moralement inattaquable au regard du sujet, les trains de la mort, ici accompagné des dernières pensées pornographiques d'une victime. L'amour et la haine, la vie et la mort, viscérales. Fait parti de la sélection du Roblès 2018.

J'ai clairement détesté ce livre (et c'est rare). Il m'a rappelé l'insupportable film Salò ou les 120 journées de sodome de Pasolini que je n'ai pas fini. Faudrait-il voir des scènes de torture pour juger que la torture est ignoble ? Faudrait-il voir un film décrivant des enfants de 7 mois avec un pédophile pour se rendre compte de l'ignominie de la pédophilie ? Faut-il montrer la dégradation la plus crade dans un train de la mort pour en comprendre l'indignité totale ? Un voyeurisme malsain voire obscène qui n'apporte rien, ni à la compréhension ni à la littérature. Des descriptions ad nauseam où il est très difficile d'imaginer le personnage de la rousse, pas crédible un instant, se remémorant des fellations alors qu'elle est dans un train de la mort (?!), c'est se moquer du monde. Un livre indécent qui m'a écœuré. Je n'ai pas besoin de lire cela pour me rendre compte de l'ampleur de la tragédie des camps et de la Shoah, les livres d'histoire en rendent compte très bien. Les dernières parties ne rattrapent pas ce livre. Je préfère largement Maus.

Note : 0

dimanche 11 mars 2018

L'ivresse du sergent dida d'Olivier Rogez

Je vous ai compris !
L'ivresse du sergent dida d'Olivier Rogez (LEPASSAGE, 312 pages, 2017)

Incipit :
Le sergent Dida n'avait jamais rencontré sa bonne étoile, aussi ne levait-il plus les yeux vers le ciel. Son regard était constamment dirigé vers le sol. Les flaques de boue, le magma de détritus qui encombrait les caniveaux et l'ombre pitoyable de ses godillots usés en formaient son horizon.
Un des livres de la sélection du prix Emmanuel Roblès 2018. Et le premier que je viens de terminer. Et j'en suis très satisfait. Le style, l'écriture, certains mots choisis, les métaphores filées, le tout avec beaucoup d'ironie et de maîtrise. Une déconstruction méthodique des mécanismes du pouvoir et de la géopolitique. Ce qui m'a plus c'est l'évolution parfois surprenante des personnages, en particulier Dida mais aussi l'ambassadrice de France. La courbe de la destinée de Dida m'a rappelé celle de la grandeur et de la décadence d'une idée. Entre cynisme des uns et vision voire poésie des autres, qui va gagner ?

Un livre que j'ai beaucoup apprécié de lire (En à peine trois jours) et qui su me surprendre plusieurs fois tant je m'attendais à un énième roman sur l'Afrique avec les classiques comme la corruption, les militaires, les coups bas etc. Mais là il y a quelque chose de plus qui rend se livre très vivant, chargé d'espoir, éclairant, et j'aime beaucoup la fin qui m'a rappelé celle de Printemps, été, automne hiver et printemps. Il faut que tout change pour que tout reste comme avant. Une belle couverture pointilliste dont les couleurs flamboyantes, la position de force et de victoire résument à elles deux l’ambivalence du personnage.

Note : AAAAA


mercredi 7 mars 2018

Érasme Grandeur et décadence d'une idée de Stefan Zweig

Érasme Grandeur et décadence d'une idée de Stefan Zweig (Le livre de poche, 185 pages, 1935 pour la première édition)


Incipit :
Érasme de Rotterdam, la gloire de son temps, n'est plus guère de nos jours qu'un nom, reconnaissons-le. Ses œuvres innombrables, écrites dans une langue internationale aujourd'hui oubliée, le latin des humanistes, sommeillent paisiblement dans les bibliothèques; à peine est-il encore question parmi nous d'un seul de ses ouvrages, qui, tous, furent célèbres dans l'Europe entière.
Déjà l'auteur, Stefan Zweig, est un de mes auteurs favoris (Le joueur d'échecs, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, La confusion des sentiments). Et là il écrit sur une idée merveilleuse, l'humanisme, et sur celui qui a porté cette idée au XVème siècle, Érasme, et qui en a vu vers la fin de sa vie l'échec avec la montée du protestantisme luthérien qui a mit à feu et à sang l’Europe par son opposition au papisme. Et pourtant Luther et Érasme avaient les mêmes finalités, mais un méthode radicalement différente, Érasme avait un syncrétisme et une tolérance, une recherche irénique vrillée au corps.

Ce livre n'est pas une biographie, la prendre comme telle serait une erreur, mais porte sur la grandeur et la décadence de cette idée, l'humanisme, avec en toile de fond les États-Unis européens unis par la culture, la langue latine et la religion chrétienne. Par certains aspects on retrouve les valeurs chères à Stefan Zweig ce qui donne souvent des arguments pro domo.

Qu'il ait écrit cet ouvrage en 1935 à la veille de la seconde guerre mondiale donne une tonalité toute particulière à la partie sur la décadence de l'idée d'humanisme et son corollaire, l'amélioration possible de l'humain et de la société dans sa globalité. Non pas qu'il ne faille pas promouvoir cette idée et l'internationalisme (p. 85) qui va avec, ce qui a permit à des esprits comme Rabelais ou Voltaire de prendre leur envol grâce aux graines semées par Érasme, mais être conscient des raisons de l'échec et de la défaite de la pensée (p. 176) qui les a accompagnées, que l'on pourrait résumer par le fanatisme (p. 122). Une décadence confirmée violemment par l'Histoire (p. 177 "En vérité, il n'y a plus de place sur terre pour la liberté de l'esprit, pour la tolérance et l'harmonie, ces idées fondamentales de l'humanisme") de l'époque, puis celle après la parution du livre (Seconde Guerre Mondiale qui a poussé au suicide Stefan Zweig et sa femme) et qui rencontre encore de nos jours des échos via l'actualité qui voit la montée des populismes en Europe.

Le fanatisme est résumé page 122 par Stefan Zweig par :

Mais lorsque le «national» et le «social» s'unissent dans l'ardeur de la foi religieuse, il en résulte toujours des secousses qui ébranlent l'univers; et quand il se trouve un homme pour symboliser les désirs inconscients d'une multitude d'individus, cet homme acquiert une puissance qui tient de la magie.

qui pourrait s'appliquer aux totalitarismes et à sa variante le nazisme.

Stefan Zweig donne un peu d'espoir tout de même mais je ne puis m'empêcher de penser que tout cela est bien triste. Un livre très beau, aux idées nobles et brillamment mises en scènes.

Note : AAAAAAAA

lundi 5 mars 2018

Miroir du nihilisme de Michel Onfray

Miroir du nihilisme Houellebecq éducateur de Michel Onfray (Galilée, 128 pages, 2017)

Incipit :
Si l'évidence conduit à placer philosophiquement Michel Houellebecq sous le signe de Schopenhauer, il ne manque pas d'intérêt non plus de regarder dans l'ombre de Nietzsche, non comme un personnage conceptuel du philosophe, entre le Dernier des Hommes ou l'un des Deux Rois, le Plus Hideux des Hommes ou l'Homme à la sangsue, le Mendiant Volontaire ou l'Ombre Voyageuse, l'Enchanteur ou le Devin, mais comme un homme qui aborde en romancier des sujets que Nietzsche traite en philosophe.
Un livre qui défend Michel Houellebecq en tant qu'auteur et plus particulièrement son livre Soumission (L'interview qu'il en donne, en annexe, est la meilleure critique du livre que j'ai lue) en revenant sur la polémique médiatique que le livre a suscité. C'était peu avant les attentats de Charlie Hebdo (et l'assassinat entre autre de Charb, Cabu, Bernard Maris ...). Michel Onfray décrit aussi ce qu'il entend par nihilisme et rien que pour cela ce livre est intéressant et surtout il analyse l'affaire Mehdi Meklat et le deux poids deux mesures, l'aveuglement grossier de certaines personnes (Pascale Clark, Edwy Plénel) ou certains médias (Les Inrocks, Médiapart, France Inter) ce qui donne un réquisitoire au vitriolMichel Onfray se fait clairement plaisir (c'est bien écrit et percutant) car il frappe fort et juste (mais ceux qu'il cible l'ont bien cherché aussi). Ce qui est tout de même atterrant c'est que par pure idéologie certains en viennent à défendre l'indéfendable. Le problème pour eux est que c'est tellement grossier que cela se voit, et surtout ils oublient qu'internet, lui, n'oublie rien. Dans son livre, Onfray va loin, qu'on en juge :

Comment un livre qui met à nu les mécanismes de la collaboration pourrait-il être vu comme une grande œuvre par ceux-là mêmes qui collaborent ? Soumission fonctionne comme un miroir de la collaboration ; il est normal que les collaborateurs l'aient brisé en mille morceaux en adeptes de la pensée magique qui pensent que, si l'image renvoyée est laide, et elle l'est, c'est la faute du miroir et non du visage qui s'y regarde.

Surtout Michel Onfray déconstruit certains mécanismes des médias et du politiquement correct et sur ce point il est très fort et son esprit critique est une leçon enrichissante (Sa prise de recul, sa démonstration des inconsistances de certain(e)s, leurs hypocrisies, leur incompétence parfois, l'entre soi qui mène au conformisme etc.). Un manuel de défense intellectuelle.

Note : AAAAA

The little voice by Joss Sheldon

The little voice by Joss Sheldon (EDITION 1.0, 165 pages, 2016)

Incipit :
It was my sixth birthday when the little voice first spoke to me. 
Please do understand, dear reader, that it wasn't an abstract little voice. Oh no ! It belonged to a little creature who lived inside my brain. But that creature had not,  up until that point, ever said a word.
Un enfant se découvre une petite voix qui l'incite à écouter son for intérieur et exprimer son moi véritable. Que ce soit à l'école ou à la maison les conséquences d'agir de cette manière, par rapport aux normes sociales, auront des conséquences immédiates et palpables.
Silence is a source of great strength
Lao Tzu
Un excellent livre sur le conformisme, la pression sociale, la liberté individuelle versus la société, la destinée avec des références de la psychologie sociale (Milgram, la soumission à l'autorité, Ash et la pression sociale, le conditionnement opérant de Skinner, les biais d'optimisme etc) et des citations de ... Lao Tseu ! Un livre qui donne à réfléchir, à philosopher, qui pousse à se poser de bonnes questions, à développer son esprit critique, à penser par soi-même et trouver son propre chemin (Le tout en 160 pages). Un livre aussi sur les comportements et la vie en société, son aliénation consumériste et un certain regard sur le déroulement d'une vie, celle du narrateur. Un peu provocateur mais j'aime bien !
He who knows does not speak. He who speaks does not know
Lao Tzu


 Well done Joss Sheldon !

Sur le conformisme (et d'autres thèmes comme la tolérance ou l'égalité homme femme) je viens de voir (et d'apprécier grandement) The Shape of water de Guillermo del Toro ainsi qu'Hidden Figures que je recommande chaudement à tous ceux que je connais !!!







Note : AAAAAAA (Livre de Joss et les deux films cités)

La loge noire de Jean-Pierre Croquet

La loge noire de Jean-Pierre Croquet (Archipel, 320 pages, 2017)

Incipit :
Vendredi 3 avril 1914
— Croyez-vous en l’existence du mal ?
La question posée par lord Henry Halifax étonna sir Charles James.
La conversation avait roulé comme à l’habitude. Confortablement assis dans les bergères de cuir brun de la bibliothèque d’un hôtel particulier du quartier de Mayfair, à Londres, les deux pairs du royaume avaient échangé des commentaires sur le comportement des responsables du ministère de la Marine. Par la grande fenêtre, les lueurs du crépuscule filtraient au travers des fins rideaux ourlés de chintz, s’harmonisant avec la couleur dorée du vieil alcool qu’ils dégustaient.
Je pensais me régaler avec cet autre ouvrage de type thriller ésotérique (et sa couverture gothique) mais c'est un peu trop souvent tiré par les cheveux ou expédié rapidement, bon pourquoi pas, cela donne un côté pulp si l'on ne s'attache pas trop à la crédibilité, avec l'avantage d'avoir un rythme soutenu et une aventure à 300 à l'heure. Ce qui m'avait pourtant attiré était la présence dans ce thriller d'Aleister Crowley et de Conan Doyle, avec aussi un côté Jack l'éventreur (alors en fait pas vraiment ...). Cela part un peu dans tous les sens mais je reconnais à l'auteur d'avoir su magner plusieurs thématiques (magie noire, espionnage, la deuxième guerre mondiale avec Winston Churchill, la franc-maçonnerie) et d'en faire un mélange mouvementé ... mais un peu déçu quand même sur le style ou certains passages trop elliptiques ou la caricature trop poussée de certains personnages (Par exemple : le super intendant ...). Bon allez je ne me suis pas trop ennuyé quand  même !

Note : AA

vendredi 2 mars 2018

Prix Emmanuel-Roblès 2018 du premier roman : la sélection

Prix Emmanuel-Roblès 2018 du premier roman : la sélection (Agglopolys, Blois)

Comme chaque année le prix Emmanuel-Roblès. Voici la sélection dévoilée ce vendredi :
  • ANDREA, Jean-Baptiste, Ma reine, édition L’Iconoclaste 
  • FLANK, Yves, Transport, édition de L’Antilope 
  • HUISMAN, Violaine, Fugitive parce que reine, édition Gallimard
  • LOPEZ, David, Fief, édition du Seuil
  • ROGEZ, Olivier, L’ivresse du sergent Dida, édition Le Passage
  • SPITZER, Sébastien, Ces rêves qu’on piétine, Édition de l’Observatoire
Cela va faire de la lecture pour ces prochaines semaines ... et peut-être un choix cornélien pour voter ...

jeudi 1 mars 2018

Jean Zay, un républicain de François Marlin

Jean Zay, un républicain de François Marlin (Infime Éditions, 208 pages, 2015)

Incipit :
Si l'on devait choisir une date pour marquer l'entrée de Jean Zay dans la carrière politique, celle du lundi 28 décembre 1931 s'imposerait sans doute. Ce soir-là, le déjà «vieux» militant du Parti Radical se transforma en jeune candidat aux élections législatives.
Ce 28 décembre 1931 donc, le Comité républicain radical et radical-socialiste d'Orléans désigna Jean Zay comme son candidat pour les élections législatives d'avril 1932 dans la Première circonscription d'Orléans.
Il ne s'agit pas vraiment d'une biographie qui a par ailleurs déjà été rédigée et qui est citée dans cet ouvrage mais plus d'une focalisation sur Jean Zay et sa carrière politique au niveau local, dans le Loiret. Un focus politique avant-guerre qui a vu Jean Zay s'implanter, s'opposer, subir des attaques "légitimes" et d'autres, principalement de l'extrême-droite d'une virulence et d'un antisémitisme total et en cela conforme à sa destinée qui l'a vu être abattu lâchement par des miliciens, affidés de Pétain. Un homme courageux aux idées nobles comme la République (Droits de l'Homme, Laïcité, Démocratie) et qui a été reconnu par beaucoup pour ses qualités, son intelligence et sa culture. Bien qu'admis tardivement au Panthéon, il est peu connu, alors qu'il a fait beaucoup pour l'école et l'égalité, par exemple l'allongement à 14 ans de l'école obligatoire. Il a aussi instauré le sport (ce qui n'a pas convaincu ma fille ...) au sein de l'enseignement. Une figure importante pour la culture, le savoir pour tous. Un livre qui m'a aussi intéressé pour l'histoire politique locale, et sa presse quotidienne régionale de l'époque. J'ai commandé un de ses ouvrages très bien noté : Souvenirs et solitude, ses écrits lorsqu'il était prisonnier.

Note : AAAA