dimanche 25 mars 2018

Fief de David Lopez

Auto-destruct
Fief de David Lopez (Seuil, 251 pages, 2017)

Incipit :
C'est un nuage qui m'accueille. Quand j'ouvre la porte je vois couler sous le plafonnier cette nappe brune, épaisse, et puis eux, qui baignent dedans. Ixe, ça ne le dérange pas qu'on fume chez lui, du moment qu'on ne fume pas de clopes. Je le regarde, entre lui et moi c'est presque opaque.

Un groupe de jeunes désœuvrés,  dans des quartiers pas vraiment huppés, sans réelle culture, qui passent leur temps à fumer du shit, boire, jouer aux cartes. Ils ne pensent pas vraiment à leur avenir, ils vivent pleinement le temps présent, sans réaliser totalement leur aliénation. Jonas qui est le personnage qu'on suit jusqu'au bout s'essaye à la boxe mais on sent que ce n'est pas par réelle conviction. Cela m'a rappelé le sketch Le Blouson Noir de Coluche, quand il dit "On est une bande de jeunes, on se fend la gueule". Livre qui fait partie de la sélection du premier roman du prix Emmanuel Roblès 2018.

Un livre au style incisif, très parlé, finement mis en scène. On a l'impression de voir les personnages jouer devant soit. On ressent petit à petit tout le tragique de cette histoire. Il y a un côté assez réaliste semble-t-il que ce soit pour les échanges verbaux, la manière de fumer, très détaillée, ou encore les scènes de boxe. Je ne suis pas du tout fan de boxe et n'y connais rien mais l'auteur m'a fait ressentir les enjeux, les angoisses, la technique.

Un livre très bien fait, très humain finalement, même si on s'inquiète pour ces vies dont le sens est pour le moins vaporeux.

Note : AAA

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