dimanche 11 mars 2018

L'ivresse du sergent dida d'Olivier Rogez

Je vous ai compris !
L'ivresse du sergent dida d'Olivier Rogez (LEPASSAGE, 312 pages, 2017)

Incipit :
Le sergent Dida n'avait jamais rencontré sa bonne étoile, aussi ne levait-il plus les yeux vers le ciel. Son regard était constamment dirigé vers le sol. Les flaques de boue, le magma de détritus qui encombrait les caniveaux et l'ombre pitoyable de ses godillots usés en formaient son horizon.
Un des livres de la sélection du prix Emmanuel Roblès 2018. Et le premier que je viens de terminer. Et j'en suis très satisfait. Le style, l'écriture, certains mots choisis, les métaphores filées, le tout avec beaucoup d'ironie et de maîtrise. Une déconstruction méthodique des mécanismes du pouvoir et de la géopolitique. Ce qui m'a plus c'est l'évolution parfois surprenante des personnages, en particulier Dida mais aussi l'ambassadrice de France. La courbe de la destinée de Dida m'a rappelé celle de la grandeur et de la décadence d'une idée. Entre cynisme des uns et vision voire poésie des autres, qui va gagner ?

Un livre que j'ai beaucoup apprécié de lire (En à peine trois jours) et qui su me surprendre plusieurs fois tant je m'attendais à un énième roman sur l'Afrique avec les classiques comme la corruption, les militaires, les coups bas etc. Mais là il y a quelque chose de plus qui rend se livre très vivant, chargé d'espoir, éclairant, et j'aime beaucoup la fin qui m'a rappelé celle de Printemps, été, automne hiver et printemps. Il faut que tout change pour que tout reste comme avant. Une belle couverture pointilliste dont les couleurs flamboyantes, la position de force et de victoire résument à elles deux l’ambivalence du personnage.

Note : AAAAA


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire