lundi 5 mars 2018

Miroir du nihilisme de Michel Onfray

Miroir du nihilisme Houellebecq éducateur de Michel Onfray (Galilée, 128 pages, 2017)

Incipit :
Si l'évidence conduit à placer philosophiquement Michel Houellebecq sous le signe de Schopenhauer, il ne manque pas d'intérêt non plus de regarder dans l'ombre de Nietzsche, non comme un personnage conceptuel du philosophe, entre le Dernier des Hommes ou l'un des Deux Rois, le Plus Hideux des Hommes ou l'Homme à la sangsue, le Mendiant Volontaire ou l'Ombre Voyageuse, l'Enchanteur ou le Devin, mais comme un homme qui aborde en romancier des sujets que Nietzsche traite en philosophe.
Un livre qui défend Michel Houellebecq en tant qu'auteur et plus particulièrement son livre Soumission (L'interview qu'il en donne, en annexe, est la meilleure critique du livre que j'ai lue) en revenant sur la polémique médiatique que le livre a suscité. C'était peu avant les attentats de Charlie Hebdo (et l'assassinat entre autre de Charb, Cabu, Bernard Maris ...). Michel Onfray décrit aussi ce qu'il entend par nihilisme et rien que pour cela ce livre est intéressant et surtout il analyse l'affaire Mehdi Meklat et le deux poids deux mesures, l'aveuglement grossier de certaines personnes (Pascale Clark, Edwy Plénel) ou certains médias (Les Inrocks, Médiapart, France Inter) ce qui donne un réquisitoire au vitriolMichel Onfray se fait clairement plaisir (c'est bien écrit et percutant) car il frappe fort et juste (mais ceux qu'il cible l'ont bien cherché aussi). Ce qui est tout de même atterrant c'est que par pure idéologie certains en viennent à défendre l'indéfendable. Le problème pour eux est que c'est tellement grossier que cela se voit, et surtout ils oublient qu'internet, lui, n'oublie rien. Dans son livre, Onfray va loin, qu'on en juge :

Comment un livre qui met à nu les mécanismes de la collaboration pourrait-il être vu comme une grande œuvre par ceux-là mêmes qui collaborent ? Soumission fonctionne comme un miroir de la collaboration ; il est normal que les collaborateurs l'aient brisé en mille morceaux en adeptes de la pensée magique qui pensent que, si l'image renvoyée est laide, et elle l'est, c'est la faute du miroir et non du visage qui s'y regarde.

Surtout Michel Onfray déconstruit certains mécanismes des médias et du politiquement correct et sur ce point il est très fort et son esprit critique est une leçon enrichissante (Sa prise de recul, sa démonstration des inconsistances de certain(e)s, leurs hypocrisies, leur incompétence parfois, l'entre soi qui mène au conformisme etc.). Un manuel de défense intellectuelle.

Note : AAAAA

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