mardi 13 mars 2018

Transport d'Yves Flank

La nausée
Transport de Yves Flank (L'Antilope, 133 pages, 2018)

Incipit :
Les odeurs me collent à la peau, surtout au visage. En pleine figure. Pas celles des animaux, bœufs vaches cochons moutons ce qu'on voudra, non, celles de la merde des humains, aigre, tenace, lancinante. Ça déborde jusqu'au ciel, ça prend à la gorge, ça enveloppe, ça diffuse une infection généralisée.
Un livre moralement inattaquable au regard du sujet, les trains de la mort, ici accompagné des dernières pensées pornographiques d'une victime. L'amour et la haine, la vie et la mort, viscérales. Fait parti de la sélection du Roblès 2018.

J'ai clairement détesté ce livre (et c'est rare). Il m'a rappelé l'insupportable film Salò ou les 120 journées de sodome de Pasolini que je n'ai pas fini. Faudrait-il voir des scènes de torture pour juger que la torture est ignoble ? Faudrait-il voir un film décrivant des enfants de 7 mois avec un pédophile pour se rendre compte de l'ignominie de la pédophilie ? Faut-il montrer la dégradation la plus crade dans un train de la mort pour en comprendre l'indignité totale ? Un voyeurisme malsain voire obscène qui n'apporte rien, ni à la compréhension ni à la littérature. Des descriptions ad nauseam où il est très difficile d'imaginer le personnage de la rousse, pas crédible un instant, se remémorant des fellations alors qu'elle est dans un train de la mort (?!), c'est se moquer du monde. Un livre indécent qui m'a écœuré. Je n'ai pas besoin de lire cela pour me rendre compte de l'ampleur de la tragédie des camps et de la Shoah, les livres d'histoire en rendent compte très bien. Les dernières parties ne rattrapent pas ce livre. Je préfère largement Maus.

Note : 0

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