jeudi 5 avril 2018

Martin Luther King de Sylvie Laurent

Tu la veux celle-là ?
Martin Luther King Une biographie de Sylvie Laurent (Points, 521 pages, 2015)

Incipit :
 Ce n'est qu'en apparence qu'elle est douce, cette Auburn Avenue, petite rue d'Atlanta en Géorgie dans laquelle Martin Luther King vit le jour le 15 janvier 1929. Si un militant des droits des Noirs du nom de John Wesley Dobbs lui donna le sobriquet de «Sweet Auburn» («douce Auburn») au début du XXe siècle, c'est que cette artère qui irrigue le quartier de la ville dans laquelle nombre de Noirs sont confinés est prospère.

Au delà de la biographie c'est une relecture d'une partie de l'histoire des états-unis, un aperçu édifiant sur la lutte pour l'émancipation des noirs, sur les lignes de fractures intellectuelles, idéologiques, économiques, sociales et toute la complexité d'un combat long et difficile. Une analyse fine de la lutte de pouvoir qu'il soit blanc, de classe, géographique, etc. avec en toile de fond le marxisme, le communisme, l'internationalisme, et les liens qui ont pu naitre avec d'autres mouvements de même nature comme celui de Gandhi. Quelle ironie que ce soit le suprémaciste Trump qui se retrouve à célébrer le cinquantenaire de l'assassinat de M. L. King Jr ! 

Bizarrement j'ai acheté ce livre il y a quinze jours et peu de temps après Le nouveau magazine littéraire où ce livre était cité dans un article sur Martin Luther King et James Baldwin They had a dream. Encore plus étonnant, hier soir j'arrive à  la fin du livre relatant son assassinat, le 4 avril 1968 ... or nous étions le 4 avril. Il y a des coïncidences un peu étonnantes parfois. Bref, une biographie édifiante où c'est tout de même assez fou l'énergie, la lutte nécessaire ne serait-ce que pour faire appliquer la loi, la constitution et faire respecter les principes fondateurs. Le courage de King est exceptionnel, il a subi des coups, des tentatives de meurtres, sa maison a été piégée, il a eu des menaces verbales e téléphoniques continuent, le F.B.I. sur le dos et les coups bas pernicieux de J. E. Hoover. Et toujours en 2018 si on est noir et sans arme on peut se retrouver avec 20 balles dans le corps, ou lors d'une manifestation pacifique avoir un néo nazis qui vous fonce dessus en voiture et vous tue, sans que le Président du pays n'y trouve rien à redire ou alors en vient à accuser les deux camps (!?).

Dans ce livre il manquait tout de même les indiens. Les USA ont tout même construit leur civilisation sur un génocide. On en parle trois ou quatre fois vers la fin de l'ouvrage (Des indiens pas du génocide). Ce livre est quand une claque émotionnelle, une leçon politique, une démonstration de force d'un idéal, un bréviaire sur la lutte pour les droits civiques. Tiens cela m'a donné envie de lire Henry David Thoreau, Walden et bien sûr son ouvrage sur La désobéissance civile. Il était temps que je me forge quelques bases politiques ... :-)

Note : AAAAAAAAA

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