lundi 28 mai 2018

L'histoire commence à Sumer de Samuel Noah Kramer

L'histoire commence à Sumer de Samuel Noah Kramer présenté par Dominique Charpin (Champs Histoire, 313 pages, 2017)

Incipit :
Chez les Sumériens, l'école est sortie tout droit de l'écriture, de cette écriture cunéiforme dont l'invention et le développement représentent la contribution la plus significative de Sumer à l'histoire de l'homme.Les documents écrits les plus anciens du monde ont été retrouvé dans les ruines de l'antique cité d'Uruk : pour les trois premières campagnes de fouilles (1929-1931), un millier de petites tablettes "pictographiques" où l'on relève surtout des bribes d'aide-mémoire bureaucratiques et administratifs.
Un livre qui nous décrit avec passion, détails et par chapitres thématiques, la première civilisation connue. Ce qui est le plus étonnant ce sont les thèmes bibliques comme le déluge qui ont préexisté à ceux écrits par les hébreux, les premiers récits de mythographes qui proposent une cosmogonie et une anthropogonie, et bien sûr la première écriture connue (le cunéiforme, qui me rappelle ma lecture sur le linéaire B).

Étonnamment dans le thriller ésotérique La vengeance de Gaïa, on apprend au passage que le déluge décrit par Sumer, la Bible ou encore par Platon dans le Timée (rapporté par lui à 9000 ans avant JC) coïncide (il y a 12000 ans donc) à une montée très forte des eaux. Rien que pour cela La vengeance de Gaïa est fabuleux. La bibliographie qui l'accompagne est aussi alléchante ... Vivement les vacances que je puisse lire un peu plus.

Revenons au livre sur Sumer, quelle émotion cela doit être de trouver des tablettes ... et d'être le premier à les déchiffrer ... et d'en découvrir le sens et la richesse historique !!!!. Cela doit être une sensation purement magique et en lisant ce livre je me suis imaginé de temps en temps à la place de Samuel Noah Kramer.

Dans mes études j'ai aussi suivi G.E.A. et lors de mes cours de droit je me rappelle le directeur qui nous avait parlé du code d'Hammurabi. Et bien ce n'est pas le plus ancien (mais le plus complet semble-t-il).

Bref un livre qui vous émerveillera à plus d'un titre !!

Note : AAAAAAAA

Race et histoire de Claude Lévi-Strauss

Race et histoire de Claude Lévi-Strauss (Folio essais, 127 pages, 2014)

Incipit :
Parler de contribution des races humaines à la civilisation mondiale pourrait avoir de quoi surprendre, dans une collection de brochures destinées à lutter contre le préjugés raciste. Il serait vain d'avoir consacré tant de talent et tant d'efforts à montrer que rien, dans l'état actuel de la science, ne permet d'affirmer la supériorité ou l'infériorité intellectuelle d'une race par rapport à l'autre, si c'était seulement pour restituer subrepticement sa consistance à la notion de race, en paraissant démontrer que les grands groupes ethniques qui composent l'humanité ont apporté, en tant que tels, des contributions spécifiques au patrimoine commun.
Un texte lumineux qui déconstruit la notion de race, de cultures et des travers méthodologiques parfois mais surtout des biais que tout un chacun peut avoir en comparant sa culture ou société par rapport à une autre. Je l'avais lu il y a environ 30 ans ... autant dire complètement oublié. Un livre toujours actuel, essentiel, qui donne matière à penser, à repenser sur des notions a priori évidentes qui ne le sont pas du tout (et de loin). Un texte accessible, d'une richesse très dense, d'une logique implacable, qui fait écho de manière curieuse et fructueuse avec mes autres lectures du mois (Comme L'histoire commence à Sumer, Sumer cities of Eden, L'égypte ancienne pour les Nuls,  et La vengeance de Gaïa). Belle illustration d'une main négative de la grotte préhistorique de Pech-Merle. Ah la la j'aurais du faire archéologue.

Note : AAAAAAAAA

Tao Te King de Lao-Tseu traduit par Stephen Mitchell

Tao Te King de Lao-Tseu traduit par Stephen Mitchell, calligraphies de Ou Yang Jiao Jia (Synchronique éditions, 127 pages, 2012)

Incipit :
Le tao qui peut être exprimé
n'est pas le Tao éternel.
Le nom qui peut être nommé
n'est pas le Nom éternel.

L'indicible est l'éternellement réel.
Nommer est l'origine
de toutes choses particulières.

Un très beau livre au format poche, avec un élastique de protection et une couverture forte. Je l'ai lu deux fois pour l'instant, croyant saisir un sens pour qu'il m'échappe aussitôt. Accompagné de belles calligraphies sur lesquelles on peut s'abandonner. Traduit par le même auteur que pour Gilgamesh ou le Bhagavad Gita. Une belle collection de textes antiques fondamentaux. Je n'ai pas encore atteint l'illumination mais j'y travaille. Cela accompagne mes lectures bouddhistes et mes méditations.

Note : AAAAAAA

mardi 15 mai 2018

Au café existentialiste la liberté l'être & le cocktail à l'abricot de Sarah Bakewell

Lettres et le néon
Au café existentialiste la liberté l'être & le cocktail à l'abricot de Sarah Bakewell (Albin Michel, 512 pages, 2018)

Incipit :
On dit parfois que l’existentialisme est plus un état d’âme qu’une philosophie. D’aucuns font remonter son origine aux romanciers tourmentés du XIXe siècle, et au-delà à un Blaise Pascal qu’effrayait le silence des espaces infinis ; plus en amont encore à l’introspection de saint Augustin, et au-delà à l’Ancien Testament, à la lassitude de l’Ecclésiaste et à Job, l’homme qui osa remettre en question le jeu que Dieu menait avec lui et en fut réduit à se soumettre. À tous ceux, en bref, qui se sentaient mécontents, révoltés ou aliénés de tout.
Cependant, d’autres à l’inverse situent la naissance de l’existentialisme moderne autour des années 1932 à 1933, au moment où trois jeunes philosophes étaient assis au bar du Bec-de-Gaz de la rue du Montparnasse à Paris, s’échangeant les dernières nouvelles tout en buvant la spécialité de la maison, un cocktail à l’abricot.
Simone de Beauvoir en raconta l’histoire la plus détaillée ; elle avait alors autour de vingt-cinq ans et était déterminée à voir le monde de près au travers de ses yeux aux paupières élégamment bombées. Elle était là avec son petit ami, Jean-Paul Sartre, un homme de vingt-sept ans aux épaules voûtées, aux lèvres de mérou tombantes, au teint brouillé et aux oreilles décollées. Ses yeux pointaient des directions différentes du fait de son œil droit presque aveugle qui avait tendance à s’égarer en raison d’un grave strabisme divergent ou d’un défaut d’alignement du regard. Parler avec lui pouvait désorienter celui qui n’était pas averti, mais si l’on s’efforçait de rester accroché à l’œil gauche, on le trouvait qui observait invariablement avec une chaleureuse intelligence : l’œil d’un homme qu’intéressait tout ce que vous pouviez lui dire.



Un excellent livre, genre vulgarisation (au sens noble du terme) philosophique, sur la vie des intellectuels à l'origine du courant existentialiste, qui découle de la phénoménologie de Husserl. On y croise Sartre, Beauvoir, Camus, Heidegger, Merleau-Ponty, Husserl, etc. le tout très accessible, très vivant, plein d'anecdotes, inscrit dans l'Histoire sans en évacuer les côtés sombres (Les conflits entre personnes ha la la) de certains ou encore leur compromission comme par exemple celle d'Heidegger avec le nazisme. C'est pas pour dire mais pour des philosophes, supposés être des monstres de sagesse, c'est un peu râpé. En plus que celui qui est considéré comme LE philosophe du XXème siècle avec son Être et temps soit un nazi cela interroge ...

L'auteur, et je lui donne entièrement raison, n'a pas souhaité séparer la biographie de la philosophie, ce qui se pratiquait il y quelques dizaines d'années et où il fallait étudier la pensée d'un philosophe, ses idées et uniquement cela. Cela arrange aussi certains quand on pense à Heidegger ... Or, et ce livre le démontre, la pensée d'un philosophe est indissociable de son milieu, de son époque, de ses rencontres, de ses amis, de comment il s'habille, passe ses vacances, de ses compagnons voire de son épouse ou de son/sa secrétaire. Ce livre m'a rappelé l'excellent livre de Michel Winock, Le siècle des intellectuels, que je vous recommande tout aussi chaudement. Il y a parfois quelques coquilles ou une traduction curieuse, je ne sais, comme par  exemple la phrase de Liebniz :


 Alors cette phrase qui peut rappeler que l'existence précède le néant, ou l'essence parait-il, et donc qu'être plus matinal que le rien est plutôt (ha ha) bien vu tant l'avenir appartient à ceux qui se lèvent plus tôt (hu hu). La phrase serait plutôt (hi hi) : pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien. Comme quoi d'ailleurs Heidegger et Sartre n'ont rien inventé (Naaaaan, on se calme, je plaisante !).

Bref ce livre est une petite merveille qui explique des choses a priori compliquées mais les rend accessible, et donne furieusement envie de se plonger dans L'être et le néant voire d'autres ouvrages qui sont également cités, comme les ouvrages de Merleau-Ponty. Ayant déjà lu Les mots, j'ai bien sûr commandé L'être et le néant, qui, depuis la lecture d'Au café existentialiste, me parait tout à fait abordable (C'est là où peut-être la rencontre avec le réel risque d'être douloureuse, si vous ne voyez pas d'entrée sur ce livre dans ce blog d'ici un an, c'est que je l'aurais rencontré ce réel ... et que je  m'y serais écrasé comme une bouse, une bouse pseudo-intello mais une bouse quand même).

Note : AAAAAAAA

dimanche 13 mai 2018

Cosmos de Michel Onfray

Cosmos Une ontologie matérialiste de Michel Onfray (Flammarion, 528 pages, 2015)

Incipit :
La mort
Le cosmos nous réunira
 Mon père est mort dans mes bras, vingt minutes après le début de l'Avent, debout, comme un chêne foudroyé qui, frappé par le destin, l'aurait accepté, mais tout en refusant de tomber.
Le début d'une trilogie, une brève encyclopédie du monde comme le souligne l'auteur dès le début. A la fin de l'ouvrage il résume en quelques pages sa vision, sa cosmogonie, sa philosophie de vie.

J'aime beaucoup cet auteur, que ce soit dans son histoire de la contre-philosophie (France Culture ou en achat mp3) ou dans ses ouvrages comme celui-ci. Je n'en ai pas lu beaucoup mais à chaque fois j'en retire surprises, pistes à explorer, interrogations diverses, sources d'émerveillement ou d'incompréhension (Je ne suis pas philosophe, il me manque des bases, toutes en fait). Je m'amuse à noter, plus ou moins, ce qui m'interpelle et j'aimerais parfois avoir l'auteur devant moi pour qu'il me précise sa pensée voire me dise en quoi je me trompe sur son analyse. J'y vois parfois des contradictions, parfois une vision légère ou binaire, pour ne pas dire un peu trop manichéenne à mon goût, mais au delà de ce qui peut paraitre pour une critique négative cet auteur me permet toujours d'être plus riche en moi et rien que pour cela qu'il en soit remercié. Parmi les éléments qui me chiffonnent, il y a cet anti-christianisme récurrent par exemple, alors qu'il prône la raison, mais plus loin il s'ébahit d'un scientifique qui imagine (un univers chiffonné)  toute une théorie, et pour l'instant qui n'est qu'une théorie, qui reste à démontrer. Dans les deux cas l'imaginaire, non démontré. Certes l'un est supposé l'être un jour ou l'autre mais disons que cet arbitraire sur l'imaginaire, mauvais en spiritualité et bon en science, m'étonne un peu. Page 627 tout en bas (version J'ai Lu) il est même en pleine mystique qu'il combat par ailleurs (semble-t-il). Donc là j'aurais aimé lui demander de préciser sa pensée sur l'imaginaire en général et son usage dans différents domaines.

Toujours prompt à critiquer ce qu'il n'aime pas, il est par exemple sévère avec John Cage et son morceau 4'33 qu'il confond (volontairement et à mon sens hypocritement) avec le silence. Une simple réflexion (ce que l'on apprend au yoga lorsqu'on fait silence et qu'on se concentre sur  les bruits de la salle, puis sur ceux en dehors de la salle, en clair il n'y a jamais vraiment de silence, il est même insupportable au point de ne pas tenir 3 mn dans une salle anéchoïque) ou la simple consultation de la page wikipédia sur John Cage (à propos du morceau) ou du morceau lui-même lui aurait ouvert l'esprit. Il le fait volontiers avec le Land Art, qu'il aime, et s'extasie sur des tuyaux de 22 tonnes en plein nature expliquant leur intérêt métaphysique alors que l'observation simple de la nature comme il l'a fait jeune pouvait suffire amplement et pourrait à ce titre subir ses mêmes foudres qu'il réserve à Cage (Je me suis même dit, pour être en lien avec le cosmos faut des trucs de 22 tonnes ???? alors qu'allongé un soir en plein champ et admirer la voûte étoilée est à portée de tout un chacun, et pèse moins lourd). Mais voilà il aime le Land Art et pas certaines formes d'Art contemporain (Ce qui est son droit c'est pas le sujet). En fait ce qui me gêne est le manque de cohérence de sa pensée, telle que je la comprend cela va de soit mais il est important que je le précise. Ce deux poids deux mesures où sur l'Art contemporain qu'il vilipende tout est mauvais et il devient alors lapidaire, laissant entendre le vide de la pensée, la mort du signifié, bla bla bla, et sur ce qu'il aime cela devient extraordinaire, alors que dans ces deux exemples c'est tout aussi élitiste, ce qu'il n'aime pas par ailleurs dans le cas ... de l'Art Contemporain. L'un est certes plus proche de la nature (encore que) mais les sites recherchés étant isolés (toujours dans le cas du Land Art), souvent c'est la démarche conceptuelle qui peut être vu dans un musée (?!). Non pas que cela me pose souci, je connaissais l'installation Sun Tunnels de Nancy Holt et j'aime beaucoup, c'est aussi la couverture du livre. Bref c'est tout de même aussi élitiste l'un comme l'autre même si de manière différente. Et puis sur une page c'est la mort du signifié, ok, et sur l'autre, la mort du signifiant (ha bon faudrait savoir), mélangeant allégorie, symbole, métaphore comme si ces mots se valaient (C'est son côté name dropping, mots "savants" toutes les deux lignes, liste de synonymes logorrhéique avec effet de sidération à la clé), bon c'est vivifiant et pousse à rester vigilant mais je trouve que parfois c'est un peu confus conceptuellement. Parfois c'en est même drôle, page 654 il y a cette phrase : "On connaît d'autres instruments de musique préhistoriques, tous fabriqués avec des fragments de la nature : pierre, os, bois, corne, coquillage.", c'est moi qui souligne, j'ai ri en m'exclamant "naaaan sans déconner !", tant il vrai que trouver des instruments de musique préhistoriques, en plastique et fruit d'une imprimante 3D,  n'était pas simple à l'époque. Disons que c'était rare. Bon je lui accorde le Prix Lapalissade 2018.

Une dernière remarque, il magnifie les Tziganes et il est vrai qu'il en parle magnifiquement. Tellement amoureux de son sujet (c'est son côté passionné, et il est vrai qu'il est bien d'être passionné, après tout il est du coté dionysiaque et pas apollinien) qu'il justifie qu'ils volent. Bon pourquoi pas. Mais la manière dont il le fait m'interroge car je doute que si j'allais voler chez un Tzigane, ce dernier aurait la même largeur de vue que Michel Onfray qui les met sur un piédestal.

Bref un gros pavé, et ce n'est que le premier tome, mais j'ai apprécié les nombreux sujets abordés, les concepts étalés, sa curiosité qui semble étonnante, son éclectisme apparent sur la diversité des sujets, sa manière passionnée d'en parler et de nous pousser, en tout cas me pousser, à creuser. Par exemple j'ai voulu en savoir plus sur Caspar David Friedrich tant il m'a motivé à m'intéresser à ce peintre dont je ne retenais pas le nom mais qu'en fait je connaissais par ailleurs, en particulier parce que le tableau Le voyageur contemplant une mer de nuage est un des préférés de ma femme.

Je ne vais pas le cacher, il me tarde de lire la suite (Décadence), mais là je suis dans le passionnant "Au café existentialiste la liberté l'être & le cocktail à l'abricot" de Sarah Bakewell qui est une "suite" intéressante au livre d'Onfray ... quelque part ... au point où je pourrais faire mien ce que dit Sarah Bakewell de Sartre, mais en l'écrivant à propos de Michel Onfray : "Tout ce qu'il défendait témoignait de solides connaissances, mais aussi d'une pensée désordonnée, parfois biaisée, mais capable de faire vivre notre sens de la vie. [...] Si je résume mes réactions, Sartre m'apprit qu'un esprit quelque peu brouillon peut néanmoins fasciner." Onfray m'apprit qu'un esprit quelque peu brouillon peut néanmoins fasciner. Et bien plus. Bon, également à cause de Sarah Bakewell, en plus, j'ai envie de lire L'être et le néant ... ainsi que son livre sur Montaigne ... ouinn je vais pas m'en sortir.

Note : AAAAAAAAAAAAAA

samedi 12 mai 2018

A Day in the Life of Marlon Bundo by Jill Twiss and E.G. Keller

Hi Mike, How r'ya doing today ?
A Day in the Life of Marlon Bundo by Jill Twiss and E.G. Keller (Chronicle books, 40 pages, 2018)

Un livre parodique d'un livre similaire écrit par la fille et illustré par la femme de Mike Pence en réponse aux attitudes anti-LGBT de ce dernier. Promu dans l'émission Last Week Tonight de John Oliver, et qui voit un lapin, Marlon Bundo, tomber amoureux d'un autre lapin, Wesley. Et je ne peux manquer d'apporter ma contribution pour la lutte contre l'homophobie, la reconnaissance de l'égalité dans la diversité, et de tirer la langue aux homophobes, aux anti mariage pour tous et autre identitaires de tout poils (de lapin). Un vrai livre jeunesse, une histoire typique de ce type d'ouvrage, si ce n'est un message que d'aucuns estimeraient subversif ...en particulier Mike Pence.

Note : AAAAA

mercredi 9 mai 2018

Une tempête d'Aimé Césaire

Une tempête d'Aimé Césaire (Points, 92 pages, 1997)

Incipit :
Scène I
GONZALO
Bien entendu, nous ne sommes qu'un fétu de paille dans cet océan déchaîné, mais Messieurs, tout n'est pas pour autant perdu, il n'y a qu'à tâcher de gagner le centre de la tempête.

Titre ainsi que la pièce est librement inspiré de La tempête de Shakespeare. Titre éminemment symbolique s'il en est. Une pièce à bien des points riche et dense de réflexion. Un des personnages me rappelle Martin Luther King (en plus il parle d'un rêve) quant à l'autre plus radical il me rappelle Malcolm X. Les thèmes variés me rappellent la controverse de Valladolid et une variante sur l'oppression, la domination, l'émancipation, l'esclavage, le pouvoir, la colonisation, la soumission, l'aliénation et j'en passe avec comme point d'orgue et de conclusion la Liberté. Très bien écrit, avec même de la poésie. Un très grand livre.

Note : AAAAA

Mon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet

Le penseur de Botero
Mon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil Jeunesse, 40 pages, 2004)

Un de mes achats jeunesse (A partir de 3 à 5 ans) au Salon du Livre de Beaugency 2018. Et dédicacé à mon nom ! (Mon côté narcissique). Trop magique de voir l'auteur dessiner la dédicace ... Un ouvrage très drôle ! Recommandé de 3 à 77 ans (Ouf je suis dans la tranche !)

Note : AAAA

mardi 8 mai 2018

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez (Fleuve édition, 528 pages, 2018 )

Incipit :
         
PREFACE
« Juste un mot en avant : un xiphophore. »
Ainsi débute le livre de mon père Caleb Traskman. J’ai déniché son manuscrit dans un carton remisé au fond de son grenier, où il avait la fâcheuse tendance à tout entasser. Le paquet de feuilles format A4 se cachait dans ce fourbi depuis un an, bien au chaud sous une lucarne qui, cet été-là, déversait une belle lumière du Nord. Mon père n’avait jamais révélé l’existence de ce manuscrit à personne, sûrement l’avait-il écrit seul dans son immense villa, face à la mer, lors des dix mois durant lesquels ma mère mourait à petit feu dans un hôpital, rongée par Alzheimer.
 Encore un livre bien torturé, labyrinthique avec mise en abyme genre poupées russes fractales récursives avec jeux de mots palindromiques et numérales alambiqués et masques divers (psychopathe, l'auteur derrière sa création elle-même atteinte de cryptomnésie, auteur caché car intertextuel, un livre labyrinthique je vous dit). Le fils d'un écrivain retrouve dans un grenier un manuscrit inachevé qui raconte, entre autre, l'histoire d'une écrivaine, auteure de thriller, et d'un dernier ouvrage dont le tire éponyme renforce le jeu de miroir (Miraure devrais-je dire) et la mise en abyme, pas loin de le mise dans un abime ... de noirceurs et de ténèbres. C'est tordu à souhait et les jeux de piste sont plutôt intéressants. J'ai au moins trouvé le "truc" du début du livre. Quant à la fin j'ai une hypothèse dont je discuterais avec la fan absolu de Thilliez et qui se trouve dans mon club de lecture (Oui c'est assez pratique j'avoue). Un bon moment avec ce côté page turner que j'affectionne avec cet auteur.

Ayant débuté quatre ou cinq livres je n'avais plus trop l'occasion de mettre des articles dans ce blog. Et Thilliez s'est glissé entre un livre sur l'égyptologie (passionnant !), un livre sur l'imaginaire symbolique (trop de la balle), un autre sur Nietzsche (Dans la collection Philosopher avec ...), encore un (oui là j'ai abusé grave) d'Aimé Césaire (Une variation sur La Tempête de Shakespeare) et enfin Cosmos de Michel Onfray (bientôt fini).  Donc en théorie je devrais finir plusieurs livres dans peu de temps. Bon c'est la théorie.

Note : AAA