samedi 30 juin 2018

How to live by Sarah Bakewell

Si la Montaigne ne vient pas à toi,
va à la Montaigne
How to live. A life of Montaigne in on question and twenty attemps at an answer by Sarah Bakewell (Vintage books, 387 pages, 2011)

Incipit :
 The twenty-first century is full of people who are full of themselves. A half-hour's trawl through the online ocean of blogs, tweets, tubes, spaces, pages and pods brings up thousands of individuals, fascinated by their own personalities and shouting for attention.They go on about themselves ; they diairise, and chat, and upload photographs of everything they do. Uninhibitedly extrovert, they also look inward as never before. Even as bloggers and networkers delve into their private experience, they communicate with their fellow humans in a shared festival of the self.

Sarah Bakewell est particulièrement douée pour nous faire aimer son sujet. Elle m'avait enthousiasmé avec son Café existentialiste en me rendant accessible l'existentialisme au point de m'inciter à lire L'être et le néant, comme quoi l'hypnose par livre interposé fonctionne ! On ressent son amour pour le sujet qu'elle traite et cela n'est peut-être pas étranger au fait qu'elle nous le rende, à nous lecteur, passionnant. Là aussi je me suis dit il faut que je lise Les Essais de Montaigne. Tout de suite ! Pourquoi attendre ? Vas-y qu'est-ce qui te retiens ? Ohhhh Stop hein ! Ouf je suis sorti de mon état hypnotique. Ce livre c'est tout ce que vous avez voulu savoir sur Montaigne sans jamais avoir osé le demander (Oui un peu comme le sexe pour Woody Allen mais ici c'est plus l'esprit). Un véritable panégyrique qui ne peut que vous convaincre de la valeur spirituelle de Montaigne et de son œuvre. A une époque du développement personnel et de tout un attirail livresque mais aussi d'offres plus concrètes (Retraite, séance de yoga, méditation, sophrologie, ASMR, MBSR etc.) replonger dans Montaigne est un orgasme mental des plus reposant, et ce livre le prouve en une question (Comment vivre) et vingt tentatives de réponses (à ladite question).

Je me suis senti un peu visé (syndrome de paranoïa) par l'incipit, vu que l'auteur parle du profil psychologique des bloggers (pour faire simple), de leur besoin de reconnaissance (syndrome égocentré), de leur étalage de vie privée (bon là pas trop quand même), mais aussi, et c'est pus positif, de leur quête à la connaissance de soi, vieux conseil antique qui n'a pas pris une ride et qu'on retrouve décliné dans tous les livres de spiritualité et de philosophie, sous une forme ou une autre. Est-ce rassurant ? Peut-être. Peut-être pas. A l'échelle géologique nous ne sommes qu'un grain de poussière mais que d'évolution en si peu de temps !. Même si nos tares n'en sont que plus tragiques (Guerres, individualisme, destruction méthodique du vivant, exploitation outrancière, profit et j'en passe etc.).

L'auteur nous fait découvrir cette vie atypique pour son époque, son œuvre singulière et sa réception à différentes périodes de l'Histoire, au point d'avoir été mis à l'index pendant quelque temps par le Vatican (!). C'est surtout un guide d'introduction aux Essais, à leur découverte ou redécouverte et une réflexion sur qu'est-ce que bien vivre ou plutôt comment y arriver. Le parcours est chaotique même pour Montaigne qui, sur plusieurs points s'en ai bien sorti, que ce soit son accident de cheval ou la perte irréparable de son ami le plus cher, de la Boétie. Il aborde les sujets par tous les sens (Ce qui me plait bien, j'ai une tendance faire des digressions, à aller dans tous les sens aussi, que je tente de contrôler, parfois avec un peu de succès), la vie de tous les jours, prosaïque il est vrai, mais qui a l'intérêt de parler à tout le monde, ce qui n'est pas l'apanage de philosophe plus conceptuels (Pascal, Descartes, qui, chacun à leur manière on dénoncé Montaigne).  C'est aussi une histoire des idées comme dans Au café existentialiste et sur ce point c'est extrêmement instructif. Je recommande chaudement ces deux ouvrages pour leur intérêt, leur style fluide et clair, du bel ouvrage comme pour Quattrocento de Stephen Greenblatt. Ils sont fort ces anglo-saxons !

Note : AAAAA

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