vendredi 15 juin 2018

Libérons-nous ! d'Abdennour Bidar

Alien Nation ou aliénation ?
Hum, les deux mon colonel
Libérons-nous ! des chaînes du travail et de la consommation d'Abdennour Bidar (Les liens qui libèrent, 105 pages, 2018)

Incipit :
Revenus en otages
 Il y a près de chez moi une usine de cellulose dont les émanations sont une vraie pestilence. Elle empoisonne la vie de tout le voisinage à des kilomètres à la ronde. Elle appartient à une multinationale indonésienne qui reste sourde aux sommations du préfet l'enjoignant à se mettre en conformité avec les normes européennes et françaises en matière de rejet dans l'atmosphère.

Ah un livre qui libère ! En harmonie avec mes lectures actuelles, Approches de la vie intérieure de Lanza Del Vasto, Utopies réalistes de Rutger Bregman, d'ailleurs cité dans ce livre, de Montaigne, tout aussi cité (page101), des documentaires comme Demain, En quête de sens ou encore le documentaire d'Arte sur le Zen.Il est vrai que les arguments avancés me touchent et aussi que cette vision du monde est en accord avec mes convictions. J'ai pris de nombreuses notes tant les propos sont pertinents. Que ce soit sur le travailleur aliéné dont on essaie de souffler la bougie de son âme pour l'éteindre (page 14), la citation de Maslow (expert en pyramide, arf arf), qui dit que ce que nous appelons normal en psychologie est en réalité une psychopathologie de la moyenne, c'est fort non ?, le lien avec le mythe de Sisyphe, ou encore les propos de Bernard Maris page 32 qui fait penser à de l'onanisme procrastinateur. Si vous voulez savoir ce que je veux dire par là, faudra lire ce livre ...

Ce livre a réveillé en moi de multiples inquiétudes ou rejet d'une certaine idéologie, laquelle s'immisce y compris dans mon travail, avec des objectifs, des indicateurs, ces caches sexes du despotisme bienveillant qu'est le capitalisme consumériste actuel, idolâtrie de la performance à tous crins. Le tout soutenu par un Président des riches et tous ces mercenaires mercantiles qui font du lobbying à Bruxelles, permettant de valider encore dernièrement le glyphosate. Crime contre l'humanité et la biosphère, avec la complicité de certains élus collaborationnistes. En sus de l'horloge apocalyptique (2mn avant minuit en 2018) c'est l'horloge du musée de l'évolution, tic tac, tic tac, qui rythme nos pas, proche de ceux des lemmings, vers une fin de l'anthropocène à peine naissante. Le capitalisme fabrique sa propre novlangue et en plus nous la refourgue contre monnaie sonnante et trébuchante, il n'y a pas de petit profit. Très belle citation de Jaurès, page 41, mais qu'en a-t-on fait depuis 1890 ? Page 54 le fantasme de l'outil libérateur, de ce fémur tenu par l'hominidé dans 2001 odyssée de l'espace, mais qui laisse sourdre un totalitarisme technologique, n'est-ce pas HAL ? Alors comme l'auteur le pense peut-être est-ce la kaïros et qu'il faut en profiter, prêcher cette bonne parole en espérant qu'elle aura une résonance dans les jeunes générations. Difficile à une époque de la 6ème extinction, de la pollution plastique hallucinée (Voir en Indonésie, L'archipel des polymères, Le Figaro Magazine du 8 juin 2018), de penser par soi-même et avec les autres (page 69) et d'envisager des maisons du temps libéré (page 70), Carpe Diem, wu wei, ataraxie, oui, oui, oui, mille fois oui. Mais après quelques milliers d'années de philosophie, de pensées bonnes, de réflexions utopiales à la Thomas More, à Îles d'Aldous Huxley, où en sommes-nous ? Alors je me laisse aller à rêver, à envisager, à refaire le monde comme on dit, en espérant le meilleur pour tous dans un monde meilleur. Pardon Gaïa pour tout ce mal, les Hommes ne savent pas ce qu'ils font.

Note : AAAAAAAAAAAA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire