samedi 7 juillet 2018

La fièvre d'Urbicande de Schuiten et Peeters

Rubik or not Rubik's cube ?
Les cités obscures. La fièvre d'Urbicande de François Schuiten et Benoît Peeters (Casterman, 112 pages, 2009)

Une série, les Cités Obscures, qui m'a séduit il y a quelques années déjà. Je pense, il y a longtemps, avoir débuté par Les murailles de Samaris, genre de Matrix de papier, grotte de Platon, qui nous interroge sur le réel et nos perception. L'architecture a une place de choix dans cette série, et La fièvre d'Urbicande n'y échappe pas. Cette architecture grandiose, saupoudrée d'une ambiance mêlant perfection utopique et organisation discrètement totalitaire, propose une esthétique rappelant les grandeurs souhaitées de Germania, avec des sculptures qu'auraient pu concevoir d'Arno Breker, sculpteur très doué au service des nazis, ce qui l'a condamné à l'oubli. La ville est coupée en deux, une césure sociale, avec l'élite d'un côté et la plèbe de l'autre, plus pauvre mais peut-être plus libre, un à l'inverse d'un Berlin sous l'époque de sa coupure entre le communisme aliénant et l'américanisme galopant. Robick le héro, en souhaitant relier par un troisième pont soulèvera des interrogations sur son innocuité, des troubles pourraient subvenir par cette modification du réseau. De manière assez ironique, un grain de sable, d'apparence anodine, un simple élément, sous forme de cube (Le Robick's cube ? un clin d’œil à ma jeunesse et aux années 80), énigmatique comme le monolithe noir de 2001, va perturber cet édifice politico-sociéto-architectural.  Robick tentera de le résoudre par des équations, la raison, essayant de retrouver l'origine, l'explication de ce grain de sable qui vient gripper cette organisation au bord de la sécession. Le changement, qui fait tant peur, va faire basculer dans l'inconnu, dans la vivifiante recherche du sens de la vie, cette ville sclérosée et ses habitants, libérant des forces créatrices latentes de cette ville oppressante.

Note : AAAAA

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