jeudi 16 août 2018

Approches de la vie intérieure de Joseph Lanza del Vasto

Tree of Life
Approches de la vie intérieure de Joseph Lanza del Vasto  (Desclée De Brouwer, 308 pages, 2015)

Incipit:
On n'apprend pas à danser dans un livre. Non plus à méditer. C'est pourquoi il est honnête de prévenir, dans la mesure du possible, les illusions, les déceptions et les malentendus : il ne suffira pas de lire ce livre pour recevoir l'enseignement de vie auquel il se rapporte. Il y faut encore la présence, la surveillance, l'encouragement ou la retenue modératrice, le choix du moment, la sollicitude respectueuse de l'originalité de chacun, et la chaleur de l'amitié.
Un livre spirituel qui délivre des messages réfléchis, pensés et vécus et qui peuvent être une source dense de réflexion sur sa vie. N'étant pas croyant j'ai mis de côté les aspects liés à la croyance ne Dieu ce qui n'enlève pas tant de chose que cela de ce livre emplie de conseils avisés, d'analyse fines et de pistes sur la manière d'être plus que ce que l'on est et comment s'inscrire dans une société plus juste et plus fraternelle. Il y a de nombreuses remarques que je pourrais mettre en poster sur les murs de mon palace mental et m'y référer quotidiennement afin de progresser et de ne pas oublier. Il fait partie de ces nombreux textes qui apportent tellement qu'il est difficile à résumer. Comme pour les livres que j'ai lu sur le bouddhisme, le zen, le tao, il a raison de dire que lire est insuffisant (Cf. supra dès l'incipit). Comme je l'ai ressenti dans ce livre, ce n'est pas tant qu'il n'y ait pas de voies (Il y en a foison) vers un plan supérieur que de regretter que pas plus de monde n'y adhère dès aujourd'hui ou a minima adhèrent à un socle commun. Car cela fait de nombreuses années (pour ne pas dire millénaire) que des textes fondateurs pour une meilleure humanité existent et pourtant il est parfois (souvent ?) cruel de constater qu'il y a encore de nombreux (innombrables ?) problèmes non résolus et des tragédies quasi journalières. Certes ce type d'ouvrage peut mener chacun à être meilleur, c'est déjà cela (et c'est très important), et espérer que d'autres suivront ce même type de chemin. Peut-être suis-je un peu inquiet ce jour. Il faut dire que, lisant dans les bars le matin, j'ai eu un échange avec le barman justement, et il me demandait ce que je lisais (Les Tisserands d'Abdennour Bidar), quel en était le thème (Reconstruire la fraternité, les liens sociaux) et sans même en avoir dit plus, il m'a dit que ce n'était pas possible, qu'il n'y croyait pas. Puis est retourné servir d'autres clients. Un peu plus tard il m'a demandé que faisait l'auteur, j'ai juste répondu philosophe (Oui le bar n'est pas l'endroit le plus approprié pour développer une thèse en 6 points) et là aussi il a condamné de suite, que les philosophe il n'y croyait plus, que ce n'était que des idées. Bien. Ok. Merci pour le moral. Je n'ai pas tenté d'élaborer un discours plus construit sur le fond de l'ouvrage, qu'il n'avait d'ailleurs pas lu et par ailleurs déjà condamné, et moi pas encore terminé (j'en suis à la moitié) et qu'avant d'avoir un avis aussi lapidaire peut-être que cela aurait mérité quelques échanges plus approfondis ? J'ai plutôt tenté (vainement) de l'amener à des considérations plus positives et optimistes, mais j'ai échoué lamentablement. Alors je me dit un livre de plus qui donnera l'espoir à ceux qui, à la base, sont à la recherche de telles perspectives (et donc pas les autres) mais qui restera cantonné aux étagères des personnes déjà convaincues du sujet. Certes l'ouvrage incite à prêcher la bonne parole (pas la parole de Dieu, mais à tout le moins une parole de bienveillance, de paix, d'entraide, de compréhension et de dépassement de soi, de bienveillance etc.) et donc sert de au moins de support d'une certaine manière. Mais peut-être que l'immense diversité humaine, la divergence infinie des opinions, des souhaits, des perspectives, des besoins sont tels que toute tentative pour humaniser l'ensemble des humains, même avec des textes qui ratissent large, serait-elle vaine ? Que les forces individualistes, financières, de compétition à tout prix etc. sont peut-être plus fortes. Je me pose la question. Je n'ai pas la réponse. Ou si j'ai un début de réponse ... mais pas très optimiste. Mais ce livre donne espoir. C'est toujours ça. Et j'aime beaucoup l'écriture et la manière dont les idées sont développées par Lanza Del Vasto. J'ai bien aimé la partie sur la non violence et surtout l'explication sur la raison de tendre l'autre joue chez les chrétiens. C'est plus profond que je n'aurais cru. Merci à lui.

Note : AAAAAAAAAAAA


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