samedi 11 août 2018

Confessions of a conjuror by Derren Brown

What's up little one ?
Confessions of a conjuror by Derren Brown (Channel 4, 336 pages, 2011)

Incipit :
I loathed myself again. My heart pounded beneath my stupid blousy gay shirt, and as ever, I found it absurd that I had done this a thousand times yet still battled with the same weary desire to be veiled in the shadows of a corner, to keep out of everyone's way and let them enjoy themselves in peace.

Partiellement autobiographie, partie exégèse d'illusions et de commentaires théorique sur ce qu'est la magie, ainsi que de nombreuses digressions de la part d'un obsessionnel compulsif, dévoilant son intimité au travers d'anecdotes assez personnelles et curieuses, le tout avec un art consommé de la narration pour peu que Derren Brown vous soit un minimum digne d'intérêt, par le biais de phrases à rallonge, ce qui a tendance à me pousser dans les limites de la compréhension de l'anglais dont je m'aperçois, à mon grand dam, que je n'en maîtrise toujours pas les ficelles. Je m'aperçois de quelques similitudes avec son idiosyncrasie, ce qui me le rend d'autant plus sympathique, fait déjà constaté lors de la lecture d'un de ses autres ouvrages, Tricks of the Mind, et ne fait que se confirmer dans ce nouvel opus, au point de m'inciter à la lecture de son dernier essai, sur le bonheur. J'apprécie son style qui révèle, entre autre, ses obsessions, ses petits plaisirs égocentrés avec une pointe d'impudeur, d'autodérision tout à fait british que ne renierait pas les Monty Python, et un humour assez caustique pour ne pas dire provocateur (que ne renierait toujours pas les Monty Python). Bref j'adore. Il y a quelques points où j'aurais des remarques, constructives cela va de soit, comme par exemple sur le saut de coupe page 52 qui semble être le saut de coupe classique avec le paquet du dessus qui passe en dessous. Si tel est bien le cas alors le pouce droit n'est pas bien placé sur l'image, ou alors c'est le saut de coupe Vernon et ... bon, au final, cela n'a guère d'importance, le sujet n'est pas exactement (lire pas du tout) sur la manipulation des cartes mais sur une réflexion plus globale de ce qui est présenté à des personnes, comment les impliquer, comment rechercher l'effet le plus puissant en fonction du contexte, les différentes étapes pour y arriver, avec beaucoup de descriptions psychologiques de la part de Derren Brown, et la distinction entre ce qui est perçu et ce qui se passe réellement, ce qui rend ces réflexions d'autant plus captivantes. Et au passage son appréciation de la lecture aux toilettes et d'une liste d'ouvrages conseillés en la matière (fécale). Sans chercher à me comparer à lui ou prétendre avoir une aura équivalente (rien que de l'évoquer, cela n'a aucun sens), ses névroses ont un sens pour moi, et qu'il décrive assez précisément des pensées assez peu politiquement correctes le rend attachant par cette sincérité presque naïve (d'apparence seulement). Cela me rappelle ce que j'ai lu sur Montaigne, qui n'hésitait aucunement à dire des choses peu flatteuses sur sa famille, et qui digressait à tout bout de champ. J'ai retrouvé cette même recherche de compréhension des autres, de soi (avec cette conscience d'être à fleur de peau, au point de s'auto-analyser constamment) et aussi de comment bien vivre finalement, avec une franchise et une candeur dans le propos qui laisse coi. Et cela ne m'étonne plus qu'il ait écrit un livre sur le bonheur. J'espère pouvoir le lire sous peu. J'ai été tenté de lui écrire (par mail), mais je comprends au travers de ce livre que ce n'est pas fondamentalement l'idée du siècle. Un personnage complexe, aux idées labyrinthiques, introverti/autocentré jusqu'à la moelle mais qui a su outrepasser ses limites et devenir un homme de spectacle. Dure équilibre entre son côté asocial et celui inter-relationnel de son travail. Chapeau l'artiste.

Note : AAAAA

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