lundi 22 octobre 2018

Décadence de Michel Onfray

Boom !
L'Antéchrist II
Décadence. De Jésus à Ben Laden. Vie et mort de l'Occident de Michel Onfray (Flammarion, 656 pages, 2017)

Incipit :
Métaphysique des ruines
Même la mort meurt
Carthage (Tunis),
vendredi 29 avril 2016,
fin de matinée.
Sous un ciel noir comme saturé par les cendres d’un volcan qui n’existe pas, deux fois troué par une lumière froide qui parvient à peine à percer l’obscurité, une ville entière menace de s’effondrer le long d’une plage sans eau sur laquelle, non loin d’un bateau échoué, médite un évêque mitré avec sa crosse. La palette du peintre qui signe cette toile, Monsù Desiderio, est sobre : le noir bitumé de la nuit et l’or mordoré d’un soleil froid. La ville fut magnifique, voire magnificente : les ruines témoignent, les bâtiments furent sublimes par leur grandeur, leur puissance, leur robustesse. Une colonne immense, une rotonde coiffant le sommet d’un arc massif, un campanile ouvragé, d’imposants immeubles à étages, mais le tout ruiné, abîmé, effondré sans qu’on sache par quoi. Une guerre ? Il aurait fallu qu’elle dispose de nos moyens militaires contemporains. Une peste qui aurait vidé la ville de ses habitants et laissé au temps le temps d’effectuer son œuvre ? Possible. Un tremblement de terre qui justifierait qu’après la secousse la mer ait déserté la plage et se soit enfuie plus loin en laissant un bateau effondré sur le rivage ? Plus probable en effet.

Vie et mort du Judéo-Christianisme est aussi l'autre sous-titre qu'on peut découvrir sur une autre édition. Deuxième volume d'une trilogie après Cosmos . Déconstruit avec force détails les travers du judéo-christianisme tout en marquant les points d'orgues historiques, les étapes de cette décadence. L'Islam, qui n'est pas récent non plus, y prend aussi sa part. Me rappelle dans le ton l'Antéchrist de Nietzsche. J'y ai découvert plein de choses, ce qui est toujours le cas avec Michel Onfray, notamment que le Dieu est mort de Nietzsche n'était pas le premier. L'abbé Jean Meslier dans son Testament, avait déjà annoncé le désenchantement du monde bien avant lui, et qui connaît Jean Meslier ? En tout cas bien moins connu que Nietzsche. J'ai ressenti un certain entrain, de la part de l'auteur, à présenter un angle déliquescent de l'histoire de l'Occident. C'est argumenté, étayé, (trés) détaillé et les notes bibliographiques en annexes sont alléchantes, en particulier celle sur Aristote au mont Saint-Michel. On voit aux polémiques que certains points historiques ne sont pas si clair que cela. A nouveau des spécialistes ou idéologues qui utilisent l'insulte au lieu d'un débat sain et honnête basé sur l'argumentation. J'attends avec impatience le dernier volume de la trilogie. J'aime bien la couverture, de loin j'ai l'impression de voir un champignon atomique ...

Il est plus beau d'éclairer que de briller. 
Saint-Thomas d'Aquin

Note : AAAAA

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