dimanche 7 octobre 2018

La communauté philosophique de Michel Onfray

Combat de rue
La communauté philosophique de Michel Onfray (Galilée, 135 pages, 2004)

Incipit :
Un jardin nomade
 J'aspire à un genre nouveau Jardin d’Épicure, mais hors les murs, non plus sédentaire, géographiquement clos, localisé, mais un jardin nomade, portatif, mobile emporté avec soi partout où l'on se trouve. Un Jardin virtuel aux effets réels. Une façon de vivre selon les principes épicuriens dans le monde et non à côté de lui.

Je dois d'abord préciser que je ne connais pas beaucoup Michel Onfray ni son œuvre (Il dit avoir écrit 80 livres) et que je ne m'intéresse pas au personnage conceptuel médiatique et à ce qu'on en dit dans les médias (réseaux sociaux et autres). Je n'ai lu que quelques ouvrages de lui (Comme le Traité d'athéologie, Cosmos, Miroir du nihilisme, Décadence en cours de lecture) et je n'ai écouté que la saison 1 de sa contre-histoire de la philosophie à l'Université Populaire de Caen (Depuis j'apprécie mieux mon trajet maison-travail). Mais pour l'instant je le trouve toujours intéressant, me poussant à réfléchir, à m'interroger, à vérifier, à creuser, à aller plus loin. Et rien que pour cela, merci.

En parlant (cf. supra) de l'Université Populaire de Caen, ce livre en est le manifeste. Avec un côté pamphlétaire qui, en ce qui me concerne, m'amuse. Il tire à boulet rouge sur tout ce qui bouge et me rappelle en partie le livre également pamphlétaire De la pourriture de Jean-François Raguet.  Et puis franchement c'est un beau projet que de souhaiter éduquer, sensibiliser, intéresser à la philosophie. Un manifeste rafraîchissant sur le fond et la forme. Mais est-ce bien nécessaire de tirer à boulet rouge sur tout ce qui va pas pour convaincre de l'intérêt d'un tel projet ? Peut-être. Peut-être pas. J'aime bien les pamphlets en général, cela me pousse à critiquer, car intuitivement, je sens qu'il y a caricatures même si sur le fond il y a certainement du vrai. Parfois je sens le discours un peu simpliste, par exemple sur les cafés philo : les cafés philo c'est nul, c'est monopolisé par des narcissiques, on y a apprend rien, que des personnes qui récitent péniblement ce qu'ils ont lu, un psittacisme de comptoir etc. Inutile d'y aller donc, comme si ceux qui y allaient n'étaient pas complexes, multiformes, et ne savaient pas penser par eux même, ne lisant pas de philo, ne s'intéressant pas au monde etc. Cela peut arriver certes, mais n'est-ce pas un tantinet réducteur ? L'un (le café philo) n’empêchant pas l'autre (L'étude, suivre un enseignement, etc).

L'écoutant dans ses conférences, je retrouve ses thèmes de prédilections, et donc un peu redondant (anti platonisme primaire, la catégorie présocratique c'est n'importe quoi etc.) mais j'y ai découvert un passage sur la lettre à Schuller de Spinoza et l'allégorie de la pierre. Rien que pour cela je n'ai pas perdu mon temps et cela me pousse à lire Spinoza dont cette fameuse lettre. Et puis à force de taper sur Platon et de tout lui mettre sur le dos, j'en deviens un peu sceptique. Car si l'important est d'acquérir une démarche philosophique, de s'interroger, de s'étonner, alors que ce soit en étudiant, discutant Platon ou Épicure, l'important est bien la démarche pas le sujet d'étude (L'un n'empêchant pas l'autre). Une fois cette démarche acquise qu'est-ce qui empêche de critiquer Platon ou un autre ? Et d'élargir sa pensée ? Rien. Et puis étudier Platon ne fait pas de vous un platonicien, un aristocrate ou un vendu au pouvoir, cette pensée assenée par Michel Onfray me semble un peu monolithique. Et puis critiquer les philosophes qui utilisent des mots savants sans les définir et soi-même balancer les mots comme eumétrie et métriopathie (page 101) c'est un peu se moquer. Bon c'est juste un ressenti, rien de grave, après tout c'est mon chemin, pas le sien.  Il y a de très bon passage sur la philosophie et sur la démarche philosophique qui me rappelle les démarche antiques ou bouddhistes (Pages 21, 72, 101). Et puis il recommande Pierre Hadot, cela tombe bien c'est dans ma liste d'étude. Bref un manifeste qui m'a fait passer un bon moment, même court (je l'ai débuté hier soir et fini ce matin, je me réveille bien trop tôt, 5h, cela me laisse le temps de lire !). En tout cas merci Michel Onfray. Et puis je trouve qu'il y a trop de "Et puis" dans cet article. Je suis comme Thalès, à force de regarder le ciel et m'interroger je suis tombé dans l'Et puis. Ah. Ah. Ah. Hum c'est aussi la deuxième fois en quelques jours que je lis que la philosophie est morte (p. 96). L'autre fois c'est dans l'incipit d'un ouvrage de Stephen Hawking. Je n'en ai pas entendu parler dans les médias. Devais pas y avoir grand monde à l'enterrement.

Note: AAAAA

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