mardi 30 octobre 2018

Le Débat Quantique d'Etienne Klein

Conférence sur le débat quantique. Albert Einstein vs Niels Bohr d’Étienne Klein (Fremeaux & Associes, 3 CDs, 2014)

Ahhh cela me rappelle mes études lointaines. Je lisais la relativité restreinte d'Einstein, j’essayais de comprendre les livres de l'éditeur Ellipses sur la physique quantique, livres que j'ai donné à un ami qui lui et parti faire des études de physique et qui vénérai Einstein. Je trouve toujours cela fascinant. Mais voilà, même en réduisant mes centres d'intérêts, au niveau agenda ça rentre pas. Bon je me suis consolé avec une vidéo youtube sur la structure fondamentale de la matière et le Boson de Higgs, avec Étienne Klein comme présentateur. J'ai bien aimé l'image des skis où le fartage qui interagit avec la neige est l'analogie illustrant l'illusion de la masse lorsque les particules, de masse nulle, interagissent avec le champ de Higgs. Aussi réjouissant est ce débat entre Einstein et Bohr sur l'appréhension du réel. Surtout raconté par Klein, avec son humour pince sans rire, ses anagrammes, son deuxième degré, ses regrets de l'époque où la physique faisait la une des journaux et où les citoyens en parlaient. Rien de tel en 2014 lorsque le Boson de Higgs a été découvert. Ce qui m'a interpelé le plus c'est la différence entre description du réel, explication et compréhension. Lors des questions réponses (3ème CD) il y a eu des remarques comme quoi la physique quantique était difficile à comprendre car n'est pas la physique standard, "normale", classique, habituelle, de notre monde macroscopique. Mouais. Le problème est que si je prends la gravité, on peut me la décrire, me l'expliquer avec de belles équations, avec les masses et tout et, oui, cela ne fait pas appel au divin ou à une entité mythologique donc l'explication est liée à la raison et en tant que telle plus réaliste et donc serait plus convaincante. Mais pourtant il ne s'agit que d'une modélisation. Sans graviton. Et même si elle avait le graviton, ce serait plus complet, plus satisfaisant intellectuellement, plus proche du réel mais en quoi ce serait plus compréhensif. Pour le dire autrement, je me rappelle dans Lumière et matière de Richard Feynman, où ce dernier proposait deux modèles (je cite de mémoire) pour expliquer les fentes de Young, une modélisation à base de roue de vélo et une autre avec des équations que seuls les physiciens et matheux pouvaient utiliser et exploiter. Les deux modèles étaient prédictifs et expliquaient pourquoi le photon a un moment passait à gauche ou à droite. L'un était simple, accessible, l'autre complexe, détaillé, mathématiquement parfait. Mais est-ce que comprendre est lié au modèle mathématique ? Est-ce que comprendre est lié à ce qu'il y ait un modèle ? Est-ce que mieux comprendre est lié à un modèle qui fait appel à la raison et non à la superstition ? Si comprendre se résume à modéliser, je reste, personnellement sur ma faim. Est-ce que ce n'est pas une illusion que d'estimer qu'un modèle mathématique permet de mieux comprendre qu'un autre qui ne l'est pas ? Si je reprends la gravité, ok il y a la masse terrestre qui attire la pomme (et inversement, mais la pomme ne fait pas le poids, ha ha), on découvre que ce sont les masses qui occasionne cette gravité et on fait un beau modèle mathématique. De savoir que ce sont les masses c'est déjà satisfaisant, un modèle permet en plus de valider, prédire et faire tout un tas de chose comme d'aller sur la lune. Mais il n'en demeure pas moins que d'être témoin de la gravité me parait toujours aussi "magique". Bon, la conférence n'est pas exactement sur ce point particulier mais sur ce qu'on peut savoir du réel, pour Einstein, un modèle doit rendre compte de l'intégralité du réel et de tous les phénomènes, il y a un réel en soi, un réel a priori dirait Kant. Pour Bohr, le réel se limite à ce qu'on en perçoit, il se limite à la mesure du monde, il se construit à travers celles-ci et le réel se résume à cela. Bon la conférence est bien plus précise, détaillée et scientifique, mais c'est l'idée. C'est surtout bien raconté avec les points historiques majeurs. La conclusion permet, ce qui est rare et souligné par Étienne Klein, de trancher une question philosophique. Au cours de la conférence, certains estimait que la physique quantique était compliquée à comprendre, je ne parle pas des équations mais des phénomènes comme l'intrication. Je pense, comme Étienne Klein, que c'est un faux problème. Ceux qui disent comprendre la gravité par exemple, n'en ont qu'une idée vague, ne connaissent pas l'équation en général, simplement ils en connaissent les principes généraux et peuvent l'observer tous les jours, bref c'est essentiellement culturel. Savoir que deux particules intriqués forment un système non local est assez simple à comprendre. En tout cas plus simple que le fonctionnement d'un ordinateur, d'un smartphone etc. C'est contre intuitif, mais au final c'est une question d'habitude, de culture. Plus simple que le fonctionnement d'un anagyre qui, même après description de l'équation, ne m'aide toujours pas à comprendre vraiment, ou comme le jouet Feel Flux où un aimant ralentie une bille de métal, comme les freins utilisant les courant de Foucault. Ou le pendule de Foucault, surtout si son axe pointe vers le même point dans l'Univers. Ou les trous noirs ... Déjà que la gravité ait une influence à de si grandes distances m'épate et on peut me sortir les équations qu'on veut je ne vois pas comment cela serait moins magique, moins merveilleux, et donc plus compréhensible. Oui la compréhension passe par une description plus réelle, en tout cas s'appuyant sur ce qu'on perçoit de celui-ci, et oui c'est bien plus satisfaisant intellectuellement que dire que c'est un pouvoir magique, mais pour conclure (On va pas y passer la nuit non plus), pour moi le réel est magique d'une certaine manière. La Vie est magique. D'ailleurs une des lois de Clarke dit que toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. Mais d'un autre côté beaucoup de personnes utilisent un smartphone sans savoir le début d'un commencement de son fonctionnement. La technologie est donc ce qui fait partie de notre culture, de nos usages. Ce qui n'en fait pas partie relève de la magie, indépendamment de notre connaissance scientifique du sujet. Bref. Bon, la conférence est passionnante. Ce sera avec plaisir que je la réécouterais.

Tout ce qui est dans le futur est une onde.
Tout ce qui est dans le passé est une particule.
Lawrence Bragg.

Note : AAAAAA

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