vendredi 16 novembre 2018

l'empire du Baphomet de Pierre Barbet

Le crépuscule des idoles
l'empire du Baphomet de Pierre Barbet (J'ai lu, 158 pages, 1972)

Incipit :
Octobre 1118.
 Haut dans le ciel azuré de Cathay, un météore laisse derrière lui une longue trainée argentée bien visible sous les rayons du soleil.
La forêt d'Orient, proche de Troyes, est dépouillée de sa parure dorée. Au loin, on entend le jappement plaintif de chiens flairant une piste.

Sous couvert d'une apparente uchronie, l'auteur réécrit l'histoire en prenant au pied de la lettre les accusations proférées à l'encontre des Templiers, en particulier la croyance en une divinité appelée Baphomet. Cette entité aurait donc ici existé et aurait aidé à la conquête des terres infidèles, ce qu'on a appelé les croisades (Une vision peu congruente, et tout de même dissonante, avec le message chrétien d'aimer son prochain). C'est clairement une critique de la guerre absurde, de l'impérialisme et du fanatisme religieux. Aliénation de par nos illusions de contrôle et de croyances diverses. L'enfer pavé de bonnes intentions, et allégoriquement  de devoir se défaire de notre puppet master, notre démon intérieur. Cette entité fournira des boules de feu, dont l'explosion forme un champignon atomique. C'est alors également une interrogation légitime, liée à l'époque (de l'écrivain, pas de celle de l'histoire) de la guerre froide, et de l'usage des armes nucléaires où, pour imposer sa vision, on est prêt à tout détruire, tout corrompre, y compris son propre idéal. Imposer la démocratie à coup d'ICBM peut légitimement interroger, c'est un projet un peu fou, MAD (Mutual Assured Destruction). Le final est intéressant à plus d'un titre, que ce soit le recours à la méditation en groupe, le combat de la raison en somme, et surtout des aspects qui auraient plu à Philip K. Dick grand pourfendeur du réel mais je ne peux en dire plus sans dévoiler la fin, justement. Un livre assez court qui fleure bon la science-fiction des années 70, avec une odeur de papier vieilli qui me plait bien. Des thèmes profonds sont ici traités sous l'apparence d'un récit qui baigne dans l'imaginaire. Une autre approche du crépuscule des idoles, symbolisée ici sur la couverture par un être verdâtre répugnant, cornu, ailé, aux yeux rouges et à la peau pustuleuse. Je pense que consulter un dermato et un oculiste s'impose dans les plus brefs délai, il me semble ne pas aller très bien. Je suis tombé sur cet ouvrage un peu par hasard suite à une série télévisuelle qui, déjà, m'avait amené à La révolte des anges.

Celui qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile.  
William Blake.

Note : AAA

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