jeudi 1 novembre 2018

The Genius and the Goddess by Aldous Huxley

Chaîne de vie !
The Genius and the Goddess by Aldous Huxley (Penguin Vintage, 128 pages, 2018)

Incipit :
"The trouble with fiction," said John Rivers, "is that it makes too much sense. Reality never makes sense."
 "Never ?" I questioned.
 "Maybe from God's point of view," he conceded. "Never from ours. Fiction has unity, fiction has style. Facts possess neither. In the raw, existence is always one damned thing after another, and each of the damned things is simultaneously Thurber and Michelangelo, simultaneouslyMickey Spillane and Thomas à Kempis. The criterion of reality is its intrinsec irrelevance."
L'incipit donne le ton, la réalité n'a aucun sens. Peut-être est-ce l'absurde de Camus, je ne sais pas, mais à la lecture de ce livre je le pense, récusant l'unité du réel dès l'incipit tout en réfutant le dualisme, renvoyant dos à dos le mètre linéaire de la psychologie analytique et celui de la philosophie, nous laissant finalement seul devant l'Univers. Aldous Huxley est un auteur qui, au delà d'une histoire d'amour, a quelque chose à dire, un auteur intelligent, cultivé, racé, qui nous fait part de ses interrogations et nous pousse à nous poser les même questions, il convoque ses propres questions existentielles qui sont, je le pense, communes à tous et à toutes. Une sensibilité, un art de décrire l'indicible de nos pensées ou plutôt de les suggérer à l'instar de Stefan Zweig ou d'un Victor Hugo. Une histoire remarquablement construite, lorsque, par exemple, Huxley remet en cause le dualisme, cela sera illustré à plusieurs endroits dans la nouvelle, laissant même libre cours à la notion de superposition (Qui éveille en moi aussi bien la physique quantique que Schopenhauer ou Nicolas de Cues que je suis en train de lire). Lorsque le thème du silence sera traité, plusieurs aspects et facettes de celui-ci seront approchés, aussi bien au niveau matérialiste, moral que spirituel. La finesse de l'écriture, la profondeur des thématiques traitées font de cet ouvrage une construction magistrale. La causalité que l'auteur approche par la Prédestination, m'a rappelé Spinoza, et la mécanique implacable de l'histoire celle du Grand Horloger panthéiste Spinoziste. Même la perturbation du narrateur qui s'immisce dans ces deux particules intriquées que sont le Génie et la Déesse, qui vient en prendre la mesure et par là même définit la place et la vitesse des uns et des autres, induisant la survie de l'un au détriment de l'autre, invitant Morta, l'une des trois Parques, à l’inéluctable de sa fonction, rend ce livre transcendant, bouleversant. Huxley m'avait déjà profondément plus aussi bien par son ouvrage sur Les portes de la perception que son livre Île. Étonnamment je n'ai pas lu, enfin je crois pas, son livre le plus connu, Le meilleur des mondes. Bref, une nouvelle d'une grande portée sur laquelle pourrait se tisser de multiples échanges avec vos amis, un soir à côté d'un feu de cheminée, avec une lumière tamisée. Comme dans Interstellar ou Platon, l'Amour est la plus haute vertu. Préparez vos mouchoirs quand même.

"Il y a toujours un peu de folie dans l'amour, mais il y a toujours aussi un peu de raison dans la folie."
Citation de Friedrich Nietzsche ; Ainsi parlait Zarathoustra (1885)

"La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur. C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument. S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles; sinon, il les favorise." Citation de Ramana Maharshi , (1879-1950), philosophe et mystique hindou.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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