mardi 16 juillet 2019

A Monk's Guide to a Clean House and Mind by Shoukei Matsumoto

Guide pour maniaque obsessionnel
A Monk's Guide to a Clean House and Mind by Shoukei Matsumoto (Penguin Books, 129 pages, 2018)

Incipit :
I'm a Buddhist monk at Kyomoji Temple in Kamiyacho, Tokyo, Japan. I entered Kyomoji Temple in 2003, becoming a monk in the Jodo Shinshu Hongwanji sect.

Un guide exhaustif sur l'art du nettoyage dans les temples bouddhistes, art exercé par les moines. L'idée fondatrice étant que nettoyer son espace de vie est aussi se nettoyer l'esprit. On y retrouve vivre l'instant présent, purifié des scories des regrets du passé et des inquiétudes de l'avenir, vivre pleinement ce que l'on fait, être présent à soi-même. C'est avoir une conscience exacerbé de soi, de son environnement et donc des autres, on y retrouve alors le profond respect pour autrui. Il y a la recherche de l'Unité, de faire un avec le monde, là c'est l'idée importante de l'interdépendance à l’œuvre. Nulle surprise que cette recherche d'unité s'étende à la Nature, à ses rythmes, à l'appréciation de ses changements, aussi bien de sa variété, que des cycles des saisons. Il y a une recherche d'économie comme chez les minimalistes. Pas de gâchis, pas de consommation inutile, recyclage à tous les étages, pollution minimale, respect des animaux. Un système cohérent, complet, qui ne conviendra qu'à ceux qui en apprécie l'approche holistique. Un livre reposant, qui est en accord avec mes recherches actuelles. Les petits dessins sont adorables. Bréviaire pour les obsessionnels de la propreté et de l'hygiène. Amusant je regarde la série Monk, avec l'excellent Tony Shalhoub, et il s'appelle Monk !!!! Ha ha ha, on pourrait croire que le titre parle de ce personnage, qui aurait écrit un guide sur la propreté ... ok, ok, un rien m'amuse ...


La propreté est l'image de la netteté de l'âme.  
Montesquieu.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

vendredi 12 juillet 2019

Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin

Le sello fane
Immortelle randonnée. Compostelle malgré moi de Jean-Christophe Rufin (Folio, 288 pages, 2014)

Incipit :
Lorsque, comme moi, on ne sait rien de Compostelle avant de partir, on imagine un vieux chemin courant dans les herbes, et des pèlerins plus ou moins solitaires qui l'entretiennent en y laissant l'empreinte de leurs pas.

Oui, oui, je sais, encore un livre sur Compostelle. Que voulez-vous ... Mais à part un guide, je ne compte plus lire dessus, c'est bon je suis saturé, faut que je vois autre chose. Bon le livre. Tout d'abord un beau titre, avec certainement un clin à Mortelle randonnée ? Je ne sais. Mais l'idée d'un chemin immortel est assez parlant, quelque chose qui traverse le temps. L'auteur m'a surpris sur plusieurs points, déjà c'est la première fois que je lis que le chemin de Compostelle est propice à la drague (p. 30). Ah. Bon, ok. Et puis l'auteur a des comparaisons peu flatteuse du pèlerin, en premier lieu sujet à la clochardisation (p. 47) ce qui, au regard de clochards véritables vivant dans l'indigence la plus totale (par exemple autour de la cathédrale d'Orléans), est assez indécent. Parce que l'auteur a déféqué dans un parc et ne s'est pas lavé un jour ou deux il estime qu'il y a clochardisation. Trop habitué aux réunions d'ambassadeur sans doute, assez éloigné de personnes vraiment dans le besoin. Il compare aussi les pèlerins à des cafards (p. 50). Un déchet aussi (p. 106). Il compare même, à travers un sous-entendu pour moi sans équivoque, un hospitalero à un kapo ou un nazi (p. 130), en tout cas un gardien de camp de déportation (!), atteignant le point Godwin avec les honneurs, c'en est même stupéfiant. D'un autre côté la population locale (espagnole donc) est comparée à ... des tueurs (p. 137). Il s'agace des personnes prenant des notes (p. 88) alors que, franchement, qu'est-ce que cela peut bien lui faire ? Alors j'apprécie le côté direct, sincère et honnête mais tout de même je trouve que l'auteur manquait de quelque chose. Il y a même de lourdes incohérence, car d'un côté il a un ipad ?! (p. 80) puis dit faire le max pour avoir un sac léger (mochila). Page 141 il prend vraiment son cas pour une généralité et croit énoncer des vérités, des jugements définitifs sur "le" pèlerin. Mais petit à petit, par exemple p. 67 il y a que le connais-toi toi même implique de devenir étranger à ce que l'on était avant, pas mal, même si c'est le miroir du Deviens ce que tu es, et surtout à partir de la page 181 il y a un réel début de prise de conscience, je dirais même de spiritualité, par exemple page 208, le Principe, essentiel, ou encore page 269 le chemin qui réenchante le monde. Mis à part que j'ai trouvé l'auteur un peu plaigneux, cela reste une lecture inspirante et qui m'a offert une vision personnelle, normal pour un témoignage direz-vous, avec des passages assez bien écrit. Bref, je suis plutôt content de cette lecture. L'auteur révèle plus de lui-même que le chemin même, c'est en fait le principe, il le reconnait lui-même. Bref, il faut le faire ce chemin plutôt que lire dessus, c'est la différence entre la connaissance livresque et ce que Dan Millman dans Le guerrier pacifique appelle la réalisation, vivre quelque chose que lire sur ce quelque chose, exactement ce que dit le personnage joué par Robin Williams à Will Hunting joué par Matt Damon, la scène sur le banc. Donc j'arrête les lectures sur le Chemin et pense plutôt à faire un bout de chemin, un jour prochain.


Il vaut mieux marcher sur une tortue réveillée que sur un patin à roulettes endormi.
François Cavanna

L'enfant marche joyeux, sans songer au chemin ; il le croit infini, n'en voyant pas la fin.
Alfred de Musset

Si un homme veut être sûr de son chemin, qu'il ferme les yeux et marche dans l'obscurité.
Saint Jean de la Croix

It's a jungle out there
Disorder and confusion everywhere
No one seems to care
Well I do
Randy Newman


Note : AAAAAA

dimanche 7 juillet 2019

Vertige du Cosmos de Trinh Xuan Thuan

Je suis le vortex.
Je suis la spirale.
L'être ou le néant ?
Vertige du Cosmos. Une brève histoire du ciel de Trinh Xuan Thuan (Flammarion, 464 pages, 2019)

Incipit :
Grâce à mon métier d'observateur du cosmos, j'ai la grande chance d'aller dans des endroits d'une beauté exceptionnelle, loin du bruit et de la fureur humaine. Les observatoires sont des lieux magiques où l'astronome peut communier avec le ciel et recueillir la lumière cosmique grâce aux «grands yeux» que sont les télescopes.
Encore une réussite. Je viens de lire récemment Le cosmos et le lotus, et je ne me lasse pas de cet auteur. On retrouve, surtout à la fin des passages redondants entre ces deux ouvrages, mais cela permet de réviser. Le sous-titre Une brève histoire du ciel, rappelle comme en écho Une brève histoire du temps de Stephen Hawking (que j'ai lu en anglais il y a assez longtemps, A brief history of time). Ce livre, richement illustré, de vestiges antiques, d'artéfacts ou encore de schémas explicatifs, porte excellement bien son titre. Effectivement c'est vertigineux. Au delà de l'archéoastronomie qui remet en place, pour ne pas dire réhabilite nos ancêtres, qui étaient bien plus doués qu'on ne le pensait (On peut citer trois exemples majeurs : Stonehenge, les amérindiens, l'Afrique), c'est la connaissance de plus en plus poussée du ciel, du cosmos, qui laisse pantois. Il y a effectivement communion et cela sur de multiples plans. L'auteur rappelle que nous sommes poussières d'étoiles (et né poussières nous y retournerons ...), il montre au travers de l'histoire humaine le lien indéfectible avec ce ciel, faisant le lien avec notre terre, que ce soit Stonehenge clairement lié au couple Soleil/Lune (Mais pas les étoiles, mais aussi funéraire), ou cette voûte étoilée Navajos en plein désert ou encore les Medecine Wheel. Je connaissais le serpent Kukulcan Maya (peut-être dans Campbell, je ne sais plus trop) où, lors des solstices, l'onde lumineuse crée une ombre solaire ondoyante le rendant vivant, connectant le haut de la pyramide à la terre où la tête su serpent repose, comme une comète venue ensemencer notre planète de la Vie. Il (L'auteur, pas Kukulcan) rappelle à juste titre les trois étapes de notre vision du monde, l'Univers magique, l'Univers mythique puis l'Univers scientifique, le passage progressif su sacré au profane et en quoi cela revient à marcher sur un seul pied. Une belle épopée, toute basée sur un élément fondamental : la lumière, qui est aussi notre limite, nous ne pouvons observer plus loin qu'à 47 milliards d'année-lumière, c'est notre horizon. Les conceptions modernes vers la moitié du livre jusqu'à la fin explore cette quête humaine sans fin avec des interrogations spirituelles, l'auteur faisant à nouveau le lien avec les fondements du bouddhisme (P.402 interdépendance, page 404 unité de l'Univers, avec le pendule de Foucault, et bien sûr l'impermanence). Un voyage enchanteur sur le ciel sous tous de multiples aspects, culture, science, foi, histoire, archéologie, civilisations. Et puis j'ai compris comment on mesurait les distances des étoiles, notamment grâce aux céphéides, phares de l'espace, génial, non ? Un livre magique qui touche au merveilleux et saura vous émerveiller, par un arpenteur du monde. Merci Trinh.

L'ancienne alliance est rompue : l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir est écrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres.
Jacques Monod, Le Hasard et la nécessité

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA puissance 5000

vendredi 5 juillet 2019

En avant, route ! d'Alix de Saint-André

C'est la vraie marche.
En avant, route !
Arthur Rimbaud
En avant, route ! d'Alix de Saint-André (Folio, 352 pages, 2011)

Incipit :
 Le 14 juillet 2003, ma cousine Cricri et moi-même étions dans le très typique village de Saint-Jean-Pied-De-Port, au Pays basque, attablées devant une nappe à carreaux rouges et blancs typique, en train d'avaler du fromage et du jambon typiques avec un coup de rouge typique aussi, en fin d'après-midi, sous la menace d'un orage de montagne, bien noir mais presque tiède.

Et voilà, un livre de plus sur Compostelle. Un peu obsessionnel, non ? C'est marrant car Alix de Saint-André a choisi un titre qui fait référence à Rimbaud (Un texte sur la démocratie) mais aussi au cri de ralliement des pèlerins : ultréïa, traduit vaguement en "en avant", l'idée d'aller au delà de soi et des montagnes. En fait l'auteur a fait plusieurs fois le chemin de Compostelle, la partie espagnole, puis les 100 derniers kilomètres et enfin le chemin plus aboutie qui consiste à partir ... de chez soi ! Au début j'étais un peu déçu car bon que la partie espagnole, ou les 100 derniers km, mais bon la troisième partie m'a rassuré sur l'intention de l'auteur. Après, je ne l'ai pas fait ce chemin, à part dans la tête, là je le fais à chaque lecture, guide et romans. Mais littérairement cela donne trois tons différents et trois approches, la dernières optant pour le portrait de pèlerins rencontrés. Il y a quelques passages qui expriment la personnalité de l'auteur, des évènements qui ne sont pas directement liés au chemin, comme le suicide d'une amie proche. Cela donne un côté tarabiscoté avec des imprévus, comme le chemin de Compostelle finalement. Plus témoignage que roman, même si je pense que c'est un peu romancé, ce qui ne me pose pas de souci, que Le vestibule des causes perdues. Là j'ai commencé Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin, une autre approche encore. Le premier a sous-entendre que le Chemin de Compostelle c'est en fait un chemin de drague (!). Peut-être, mais de tout ce que j'ai lu c'est la première fois qu'il y a une telle comparaison générale aussi définitive, même si le témoignage de François Dermaut, dans ses carnets, va en ce sens, mais c'est un seul témoignage. Page 240 il y a cette belle phrase que j'ai noté, L’œil du poète est magicien et alchimiste, jouant de nos illusions et transformant notre réel. Comme Rufin, Alix de saint-André parle de radinerie permanente (p. 267) mais plus sous l'angle du pèlerin qui doit se contenter de peu (Ce qu'elle dit de la pauvreté page 303) que d'une volonté d'être pingre à tout prix. Page 304 elle différencie l'essence du chemin par rapport à des vacances, et c'est assez juste. Page 307 elle associe Yin et Yang au Bouddhisme, je doute beaucoup de la pertinence d'une telle comparaison, le Yin et le Yang, le Taijitu, étant le taoïsme d'origine chinoise et antérieur au bouddhisme, de l'Inde. Mais l'image biblique de brûler le vieil homme en soi est pas mal du tout (page 338). Et voilà, il n'y a plus canicule alors je prends le temps d'exploiter mes quelques notes. Ah oui il y a aussi crédentiale dans ce livre alors que dans plein de sites lié à Compostelle c'est une crédencial. Possible que ce soit un anglicisme, credential étant les éléments pour s'authentifier par exemple. Peu importe. Un livre pas mal pour qui veut s'imprégner de l'esprit du chemin, sous réserver de ne pas prendre ce témoignage pour vérité absolue ou ce qu'il vous adviendrait si vous vous y aventuriez. A nouveau il faut le vivre et non le lire pour en apprécier toute la profondeur et la quintessence.

Tout est écrit dans les sons. Le passé, le présent et le futur de l'homme. Un homme qui ne sait pas entendre ne peut écouter les conseils que la vie nous prodigue à chaque instant. Seul celui qui écoute le bruit du présent peut prendre la décision juste.
Paulo Coelho dans Le pèlerin de Compostelle

Note : AAAAAA

dimanche 30 juin 2019

Le vestibule des causes perdues de Manon Moreau

Tous les chemins mènent à Compostelle
Le vestibule des causes perdues de Manon Moreau (Pocket, 480 pages, 2014)

Incipit :
Il pleut ce jour-là à Paris et l'homme marche.
Pas comme les autres, les passants, les badauds, les étudiants du Quartier latin.
Lui marche vers quelque chose, vers quelqu'un, peut-être.

On suit une mosaïque de personnages, qui ont tous comme point commun d'être sur le camino de Santiago. C'est vraiment très bien fait, les personnages sont variés, attachants, les situations diversifiées avec quelques surprises. Bref, c'est bien construit. Ok, il est vrai que c'est un feel-good book, mais cela tombe très bien en ce moment, ce livre m'a clairement réconforté, il ne remplacera jamais de soi-même faire un chemin, un voyage, des rencontres, aider concrètement les autres, mais en temps de canicule c'est un bon substitut. Ce livre donne vraiment l'envie de prendre mon sac à dos, son paco, son baluchon comme la lame du tarot (Le Fou je crois), vers un abîme, qui vous révèlera à vous même. L'homme se dévoile devant l'obstacle disait Saint-Exupéry. On voit à quel point, dans ce livre, les épreuves nous amènent à devenir nous-même. Ce livre est truffé de pépites, de trouvailles, de bons moments, du bon travail quoi, à déguster sans modération. Bon en ce moment ce n'est pas facile de faire des articles, mon cerveau marche moins bien quand il fait plus de 30° dans la journée, et là on atteint des sommets. Je fais le poulpe dans le lit de la pièce du bas, à peu près la plus "fraîche", de temps en temps je lis, et de temps en temps je fais une micro-sieste de 2h (Vous avez le droit de rire là), ce qui me permet de pas mal lire au final, vu que la moindre activité engendre une perte de 200 litres d'eau, des vertiges, la perte des repères, une déambulation aléatoire dans la maison pendant 30 mn, donc j'évite. Merci de votre compréhension.Par exemple j'ai pris plein de notes en lisant Le cosmos et le lotus, et je n'en ai exploitée aucune. Pourtant il y a plein de passages lumineux. Je dis lumineux car Trinh Xuan Thuan a écrit spécialement des livres sur la lumière, tant son métier dépend de ce phénomène étonnant, invisible et pourtant qui permet, au travers un instrument de mesure (comme l’œil), ou une surface réfléchissante de révéler le monde qui nous entoure. Et je me disais que dans Le vestibule des causes perdues c'était un peu la lumière intérieure qui  nous révélaient les uns les autres, ce qui rejoint notamment l'interdépendance décrite par le bouddhisme.

Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière.
Gustave Thibon

Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres.
Jean-Paul Sartre

Note : AAAAAAAAAAAA

samedi 29 juin 2019

Le cosmos et le lotus de Trinh Xuan Thuan

L'origine du monde. Cours B.
Le cosmos et le lotus de Trinh Xuan Thuan  (Livre de Poche, 264 pages, 2013)

Incipit :
 Je suis le produit de trois cultures. Né vietnamien, éduqué à la française, j'ai acquis toute ma science aux États-Unis. J'y vis maintenant, et c'est là que j'enseigne et mène mes travaux.

En partie autobiographique, en partie vulgarisation scientifique, en partie épistémologie, en partie conscience de la science, c'est surtout la trajectoire d'une personne au travers d'une Histoire mouvementée et des aléas improbables qui ont modifié cette trajectoire. Allié à un hymne au cosmos et à l'astrophysique en général, l'auteur invite au voyage, à la conscience du monde qui nous entoure, à nos origines, et d'une certaine manière l'auteur transcende la science pour des interrogations plus métaphysiques, profondes, essentielles. J'aime beaucoup ce mélange de l'indicible et des sciences dures. Ce compte-rendu d'un homme qui s'interroge sur le monde, la quête du sens, alliant science et bouddhisme. J'avais adoré L'infini dans la paume de la main, échanges d'une grande qualité avec Matthieu Ricard, et Une nuit, pour sa beauté et sa poésie. Décidément cet auteur me convient parfaitement. Je me sens en accord avec ses idées, sa philosophie et sa vision du monde. A chaque fois il me permet aussi de réviser ce que j'ai pu lire, apprendre, ou réfléchir par ailleurs, entre autre la physique quantique ou ce qu'il est permis de comprendre de la science, même dans un thriller. Bref, une très belle synthèse du savoir et connaissance en astrophysique et des liens spirituels très forts avec le bouddhisme. C'est aussi la biographie étonnante de l'auteur, qui a traversé des moments historiques d'importance et souvent en tant que témoin de première main, comme la guerre du Vietnam. Hummm il vient de sortir Vertiges du Cosmos qui me tente fortement ...

Un, n'oubliez pas de regarder les étoiles et non pas à vos pieds. Deux, n'abandonnez jamais le travail. Le travail vous donne un sens et un but et la vie est vide sans lui. Troisièmement, si vous avez la chance de trouver l'amour, souvenez-vous qu'il est là et ne le jetez pas.
Stephen Hawking.

Note : AAAAAAAA x 10 puissance 33

vendredi 28 juin 2019

Close enough to touch by Colleen Oakley

You can't touch this
You can't touch this
I told you homeboy u can't touch this
Mc Hammer
Close enough to touch by Colleen Oakley (Allen & Unwin, 320 pages, 2017)

Incipit :
ONE TIME, A boy kissed me and I almost died.
 I realize that can easily be dismissed as a melodramatic teenagerism, said in a highpitched voice bookended by squeals. But I'm not a teenager. And I mean it in the most literal sense.

Une histoire entre Jubilee, qui a un souci médical, elle ne peut être touchée par un autre être humain, sinon ... elle meure, et Eric, séparé de sa femme, avec une fille qui ne lui parle plus, et qui a adopté Aja, un enfant particulier, orphelin des meilleurs amis d'Eric. Une romcom pleine de délicatesse, de tendresse, de bons sentiments mais bien amenée, avec des personnages très attachants. L'auteur a réussi à ce que je sois attentif à eux, que je m'inquiète pour eux et que j'éprouve les joies qu'ils éprouvent. Jubilee, la jeune fille qui ne peut être touchée est toute en contradiction, en fragilité, mais c'est peut-être Aja, le fils adoptif d'Eric (Qui est l'autre partie du "futur" couple potentiel ...), qui apporte un complément tout en nuance. Car au final ne pouvoir être touché pour un problème génétique ou pour un problème psychologique, où est la différence ? Deux êtres humains qui ont besoin, comme tout un chacun, d'être aimé, de découvrir la vie, et d'apporter aux autres. Ce livre montre bien sûr comment le manque de contact est difficile à vivre, mais montre aussi comment l'empathie, l'interaction, la fraternité, sont des valeurs qui rendent le monde meilleur. Au delà de la comédie romantique, il y a un message social. J'ai été très touché par cette histoire même si la fin m'a légèrement surpris.Un bon moment, et une manière très agréable de maintenir mon niveau d'anglais.

Les pensées et les actes d'amour sont clairement favorables à notre santé mentale et physique. Ils sont conformes à notre véritable nature. Les actes violents, cruels, haineux, au contraire, nous surprennent. Le problème est que, peu à peu, insidieusement, nous arrivons à penser que la nature humaine est mauvaise.
Dalaï Lama

Note : AAAAA

mercredi 19 juin 2019

Carnets de Saint-Jacques de Compostelle de François Dermaut

Paire quantique intriquée
Carnets de Saint-Jacques de Compostelle. Journal de bord d'une renaissance de François Dermaut (Glénat, 120 pages, 2003)

Incipit :
Fin 1997, je touche presque le but fixé il y a cinq ans ... mourir en me détruisant par l'alcool. Le brouillard de bière et de whisky à travers lequel je vois la vie s'opacifie de plus en plus, au point qu'il m'est impossible d'entamer le Xe tome des Chemins de Malefosse sans trembler.
Carnets illustré du vécu et ressenti de François Dermaut sur le chemin de Compostelle. De l'équipement emmené et son poids indiqué au début au fac-similé des Crédencials de l'auteur et de celle qui l'a accompagné, tout à la fin. Bizarrement les tampons sont très différents entre les deux alors qu'ils sont censés s'être arrêtés aux mêmes étapes. J'ai vraiment adoré cet ouvrage aux superbes crayonnés, croquis, aquarelles etc. Il se trouve que j'ai rencontré François lorsque j'étais ado, il passait à la maison. J'ai toujours les volumes qu'il m'a dédicacé. Pour mon éducation disait-il. J'ai aussi devant les yeux au dessus du bureau un tirage numéroté. C'est le dessinateur des Chemins de Malefosse et le scénariste, Daniel, est un ami de la famille du côté de ma mère. Et puis la vie a demandé son dû, et les chemins ont divergé, la raison s'en trouve peut-être dans l'incipit, poignant à lire. J'aime qu'il ait décidé de se remettre sur pieds, indispensable à la marche sur le chemin de Compostelle et non celui de Malefosse. Tel que je vois cette suite d'épreuves, c'est pour se trouver soi, ce n'est pas une compétition, et surtout ne devrait pas amener à se désoler de ceux qui ne font que les 100 derniers kilomètres et qui obtiennent la Compostella tout comme ceux qui ont fait 1700 km. C'est leur problème. Donc je pensais qu'il serait plus dans le spirituel après un tel chemin, mais ce n'est que mon regard, de celui qui n'a même pas fait une étape dudit chemin, donc qui franchement devrait la fermer, baisser les yeux et ramper dans du verre pilé sans piper mot. Ces carnets sont très vivants, plein de détails, d'anecdotes, avec un regard assez acéré, normal pour un dessinateur habitué à saisir les moindres particularités. Il y a de l'humour, du lâcher prise, de superbes rencontres, des moments singuliers, mais aussi de la souffrance, du découragement et de la sueur. Cela donne une bonne idée de ce qu'il est possible de ressentir même si absolument rien ne remplacera de le faire soi-même. Rien ne remplacera les rencontres, uniques, ou de s'être complètement déconnecté du monde absurde pendant quelques mois. Vivre par procuration n’est pas vivre. Néanmoins je me suis senti emporté plusieurs soirs de suite à la lecture de ces carnets. Peut-être était-ce aussi le bon moment pour les lires. Tout simplement. Un complément actuel et récent au très beau livre Les étoiles de Compostelle. Sur la route il y a des monastères, possibilité de coupler avec une retraite ? Mais comme le dit ma chérie, une randonnée de quelques jours en bord de Loire peut aussi avoir un effet similaire. Je me demande tout de même. Si Compostelle a fait ses preuves c'est qu'il y a bien une raison. En dehors d'avoir des ampoules aux pieds, d'user ses semelles et de vivre à la dure, style entrainement préparatoire du GIGN, il y a par exemple les rencontres cosmopolites, des américains, canadiens, australiens, des jeunes, des moins jeunes, les bords de Loire sont un peu plus convenus à ce titre. Bon je commence l'entrainement ce week-end. Première étape : sortir de la maison. Puis plus dur : 200 m. Et peut-être aller jusqu'à Beaugency à pied. Cela me décrassera des tracas du travail, c'est toujours ça, et cela n'a pas de prix. Attention conclusion : lisez ces carnets, un témoignage parfaitement mis en musique !

L’homme doit se libérer d’un excès de travail que le zèle ou l’urgence ont poussé à un tel point, que l’individu n’a plus de temps pour réfléchir sur lui même et sur le sens de sa vie .
Sénèque (Il a vraiment tout compris ce gars là ...)

L'homme qui s'efforce de monter vers un idéal est semblable au voyageur qui, le soir gravit une colline : arrivé au sommet, il n'est pas plus près des étoiles mais il les voit mieux.
J. Tannery

 La marche n'est pas une simple thérapeutique mais une activité poétique qui peut guérir le monde de ses mots.
Bruce Chatwin

Note : AAAAAAAAAAAAAA

lundi 17 juin 2019

Guide de la retraite spirituelle de Jean-Michel Varenne

Vivement la retraite !
L'ogive est-elle une retraite-chapeau ?
Guide de la retraite spirituelle de Jean-Michel Varenne (Christian de Bartillat, 222 pages, 1994)

Incipit:
Introduction
Témoigner : le présent livre n'a pas d'autre but. Rendre compte d'un cheminement dans plusieurs monastères chrétiens, bouddhistes, zen, ashram.
Il s'agit d'une quête personnelle et non d'une enquête ou d'un reportage sur la vie monastique.

Un livre trouvé à la ressourcerie. Pas cher en plus. Donné même. Qui tombe en plus à pic. C'est un peu le guide idéal pour moi, non une suite d'adresse mais un témoignage personnel, un ressenti sur différentes lieux de retraite, leur spécificité, le contact vécu avec une autre vision des choses, qu'elles soient chrétiennes, bouddhistes, zen ou d'un ashram. L'auteur rend très bien compte du lieu et de ce que cela lui a apporté. C'est bien écrit et par endroit même poétique. Cela peut donner, en première approche, une idée de que c'est que d'être retraitant. Retraitant de quelques jours, je pense que cela a peu à voir avec ceux qui font une retraite de 10 jours, comme Vipassana, ou plus important de trois ans, trois mois et trois jours. Encore que, d'un certain point de vue, celui de l'implication, d'une décision mûrement réfléchie, une telle durée ... ou 2 heures, peut être pareil. Je ne dois pas être suffisamment impliqué c'est sûr. Mais quelques jours me semblent un bon départ. Il y a tout de même ce chapitre sur une retraite Zen où on médite 7h par jour. Pour avoir médité 2h une fois (Quatre fois trente minutes), sept heures me paraissent difficiles ... là c'est quatorze fois 30 mn ... Je ne me sens pas prêt. En termes de temps à consacrer, c'est plus accessible que de faire le chemin de Compostelle en tout cas qui, lui, nécessite au moins trois mois. Cela dépasse mon nombre de jours de congés du boulot. Va falloir faire des choix un jour. Bref. L'auteur décrit son accueil, parfois la chambre, comment se passent les journées, souvent en silence, les rencontres avec d'autres retraitants, des objets, des détails, des moments singuliers. C'est vivant, parfois touchant, inspirant, m'a souvent posé questions, j'ai presque eu l'impression d'être avec lui pendant cette lecture passionnante à tout point de vue. Un très beau témoignage sur 10 lieux essentiels, dont une fois au Mont Saint-Michel, qui n'est pas celui qui m'a tenté le plus pour une retraite (Mais bien plus pour visiter ...).

Tu peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle retraite n'est plus tranquille ni moins troublée pour l'homme que celle qu'il trouve en son âme.
Marc Aurèle

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

dimanche 16 juin 2019

Les étoiles de Compostelle d'Henri Vincenot

Les gens sont comme des vitraux.
Ils brillent tant qu'il fait soleil,
mais, quand vient l'obscurité,
leur beauté n'apparaît
que s'ils sont illuminés de l'intérieur.

Elisabeth Kubler-Ross
Les étoiles de Compostelle d'Henri Vincenot (Folio Gallimard, 346 pages, 1987)

Incipit :
Comme ils arrivaient au rebord de la friche, en vue de la vallée qui se creusait à leurs pieds, Jehan le Tonnerre, le meneur de la bande s’arrêta net, le regard tendu vers le fond du ravin.
— Quoi que tu vois ? lui demanda le Trébeulot qui piétinait sur ses talons.
Jehan le Tonnerre ne répondit pas. Les yeux plissés parce que le soleil dardait à pic, étant au zénith, il regardait
— Alors, quoi que tu vois ? répéta le Trébeulot qui s’impatientait.
— Je vois ce que tu vois, tu n’as qu’à regarder ! Le Trébeulot mit sa main en visière et vit.

Un très beau livre sur la quête d'une spiritualité au travers du Compagnonnage. On suit le cheminement de Jehan le Tonnerre, essarteur, attiré par des moines constructeur et qui va trouver sa vocation. C'est au départ un déchirement, se séparer de sa communauté, d'une destinée toute tracée, peut-être se marier avec Reine, une jeune fille qui le fascine. Mais il ressent un appel au plus profond de lui, quelque chose qui le dépasse, l'intrigue, et ce sera le début d'une voie, de choix qui le mèneront au bout de son labyrinthe, et pas que celui qui fait entrer les compagnons sur la porte latérale. J'ai noté plein de passages, par exemple celui sur les chiens, secte de frères constructeurs, cette constellation étant au bout de la voie lactée donc au bout du chemin des étoiles qui mène à Compostelle (Voir la série DVD avec Burensteinas). Or c'est Sirius, dont le Patronus est le chien, dans Harry Potter. Mais il n'y a pas que ces liens très personnels, il y a aussi beaucoup de sagesse, de sens. Je me pose toujours la question de faire ce chemin ou pas, et de remplir mon Crédencial. Comment concilier cette démarche et mon travail qui me vole la plus grande partie de mon temps et de mon âme. L'an passé j'avais réfléchi à faire une retraite. Il y a une abbaye pas très loin de chez qui propose des retraites spirituelles justement. Ce livre me rappelle qu'il y a quelque chose en moi, ou plutôt un manque, un manque qui se creuse de jour en jour, et qui cherche à être comblé. Ce livre me rappelle qu'il faut faire un chemin, bouger, ne pas faire du sur-place, et qu'au cours de ce cheminement les réponses se trouveront d'elles-même. Les aspects mathématiques ou constructions géométriques, qui infusent les bâtisses sacrées (Voir Les pierres sauvages), secrets qui se passent entre maîtres, lors d'une formation qui se déroule surtout en marchant, en peu comme le Kin-hin du Zen, ressort avec force dans ce livre. La marche, qui me semble d'autant plus nécessaire si on doit méditer plusieurs heures par jour. Je n'ai pas encore expérimenté, vécu cela. Mais cela me semble de plus en plus nécessaire dans ce monde absurde et agité. C'est aussi l'alliance entre savoir et être, déjà évoqué et réfléchie dans Le manuel des héros ordinaires. j'ai eu la chance de tomber sur un livre d'occasion hier à la ressourcerie, le Guide de la retraite spirituelle, de Jean-Michel Varenne. Cette rencontre fortuite aurait-elle pu avoir lieu dans un monde dématérialisé où il ne serait guère possible de tomber par hasard sur un livre numérique, sauf au travers de GAFA prescripteurs ? J'en doute. Cette dématérialisation n'a rien de spirituel justement, et cela me navre, de jour en jour, de faire partie des petits soldats du numérique. Ce blog me permet peut-être de m'affranchir d'un métier qui ne me nourrit plus. Bref, ce livre lui, m'a envouté, m'a fait voyager, m'a fait réfléchir, m'a incité à me remettre en question, pas lui en tant que tel, je suis déjà dans la démarche, mais disons encore plus. Ce qui m'a aussi intrigué est la science des druides, de celle dont le christianisme se serait inspiré, à la fois pour se nourrir mais aussi pour supplanter une religion païenne. Qui rappelle à quel point les archétypes sous-tendent nos visions du monde (Voir Le héros aux mille et un visages). Cela m'invite à explorer le savoir des druides. Reste à trouver un ouvrage éclairant à ce sujet. Un livre très riche sur un passé ancien, sur les mythes celtiques notamment. Un beau livre à savourer, en bord de Loire, entouré d'arbres et d'oiseaux. Livre qui ouvre nos chakras comme avec Le passeur de Lumière.

Nous ne nous connaissons pas car nous n'avons jamais osé nous taire ensemble.
Maeterlinck.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA


samedi 15 juin 2019

Manuel des héros ordinaires du Lama Jigmé Rinpoché

Jedi Manual
Manuel des héros ordinaires. La voie des bodhisattvas du Lama Jigmé Rinpoché (Rabsel Éditions, 145 pages, 2016)

Incipit:
Suivre le chemin du bodhisattva commence par faire un «état des lieux», à l'image d'une entrée dans un nouvel appartement. Plus l'état des lieux est effectué avec soin, moins nous rencontrons de surprises par la suite ! Omettre cette étape peut vite conduire à jouer un rôle ou à faire semblant.

Ce livre m'a été conseillé par un membre du temple bouddhiste d'Orléans. C'est un manuel pratique, simple, qui propose d'aider à mettre en œuvre les principes de base du bouddhisme, de manière claire et concrète. Il y a la méditation, mais seule, sans réflexion, cela serait limité. Il y a les principes, le savoir bouddhiste, une description de la nature des choses, mais le savoir, voire la connaissance seule et sans sa compréhension profonde, cela serait limité. On voit déjà que méditation et étude sont liées. Et puis le troisième axe, la mise en pratique auprès des autres, dans sa vie de tous les jours. Tout cela est très clair, limpide. La difficulté, qui n'est pas mise de côté, loin de là, est d'y arriver. C'est par une pratique régulière, petit à petit, avec une progression étape par étape, avec de la souplesse mais aussi de la rigueur, c'est-à-dire ne pas lâcher, ne pas se laisser vaincre par quelques échecs, et toujours avec la volonté d'atteindre un but, lointain, mais l'important est d'essayer de l'atteindre. Cette mise en pratique est difficile. La méditation, j'essaye d'être régulier, l'étude, ce livre m'y aide, ainsi que d'autres, et la mise en pratique, pas simple. Il faut être modeste, d'une grande humilité, se satisfaire de petits pas dont personne ne sera conscient à part vous. Mais c'est une voie honorable et d'une beauté simple. Mais qu'elle est difficile à suivre (pour moi). Cela nécessite de ne jamais baisser les bras.

Celui qui est le maître de lui-même est plus grand que celui qui est le maître du monde.

On peut allumer des dizaines de bougies à partir d’une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant.

Citations de Bouddha

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

lundi 10 juin 2019

Harry Potter A l'école des sciences morales et politiques de Jean-Claude Milner

Je pointe ou je tire ?
Harry Potter A l'école des sciences morales et politiques de Jean-Claude Milner (Puf, 180 pages, 2014)

Incipit :
J.K. Rowling a écrit un roman d'éducation. Le public ne s'y est pas trompé : en 1997, les premiers lecteurs du premier volume paru avaient à peu près l'âge du héros. Ils se sont formés en même temps que lui et grâce à lui.

Maintenant que j'ai relu la saga, je peux m'attarder sur quelques ouvrages de prêt quant à son analyse. Une œuvre riche où j'entraperçois de multiples sens. Lire des ouvrages sur la saga permet d'y confronter mes propres vues et même d'en trouver qui m'auraient échappé. Par exemple cet ouvrage accentue les aspects politiques auxquels je ne m'étais pas attardé. Les liens avec la situation de l'Angleterre et notamment Margaret Thatcher (Chantre de l'ultralibéralisme le plus répugnant, qui a poussé à la misère des milliers de personnes, et son TINA : There Is No Alternative) m'étaient passé au dessus de la tête. En revanche pour les aspects moraux cela me touchait beaucoup plus. Pour les aspects (légèrement) négatif, l'auteur souhaite réduire le champ de ses analyses sur les films et non les ouvrages. C'est plus simple dit-il. Certes. Mais les films, même supervisés par J.K. Rowling ne sont qu'une interprétation des ouvrages qui en restent l'essence. Je trouve cette approche dommageable, l'auteur s'en explique même sur plusieurs pages. Cela permet à l'auteur de critiquer vertement l'acteur de Dumbledore (le 2ème) mais cela est, à mon sens, complètement hors sujet, cela fait même un peu vengeance personnelle, type règlement de compte. Il ne voit pas non plus le rapport avec l'alchimie alors que les quatre maisons en ont les couleurs (Rouge, Bleu, Jaune, Vert), ce sont aussi les quatre éléments et que les noms comme Albus (œuvre au blanc) et Rubeus (œuvre au rouge) y font explicitement référence. Bon je vais éviter de trop la ramener, je n'ai lu que deux livres sur l'alchimie dont un de Burensteinas.Cela ne fait pas de moi un spécialiste. Bref, tout cela n'est que détail. l'auteur m'a permis de faire des rapprochements auxquels je n'avais pas prêté attention, en général à cause de mon ignorance ou manque de culture. J'avais bien perçu qu'Hogwarts était calqué sur les college anglo-saxon. Y compris pour les aspects châtiments corporels. Et l'esthétique me rappelait Oxford que j'avais pu visiter. Mais je ne savais pas qu'ils avaient été conçus dans un esprit humaniste permettant tout un chacun d'y être accepté, tout le contraire d'Hogwarts où dès le début, via un des fondateurs (Slytherin) il y a fracture, Slytherin Salazard, élitiste raciste, ne souhaitant que des sangs purs. J'ai bien aimé également le rapprochement entre le monde de la magie et l'économie capitaliste du XIXème siècle. J'avais bien perçu les aspects surannés et l'esthétique XIXème siècle mais n'avais pas poussé l'analyse jusqu' à ce rejet de l'hypercapitalisme vu que la magie permet de s'en affranchir. Sur les aspects dictateur, en citant explicitement Hitler, qu'il est difficile d'occulter à la lecture de la saga Harry Potter, cela fait sens aussi avec le livre de Joseph Campbell, où on peut entre autre lire page 471 : En somme la tâche du héros est d'abattre le père sous son aspect d'égo obstiné (dragon, ...) ../.., c'est moi qui met en gras, pour l'aspect pouvoir absolu, et souligne pour l'aspect serpent (forme de Dragon, sans aile), Harry étant la figure de Saint-Michel tuant le dragon, où de l'ange tuant Satan (Place Saint-Michel à Paris). Voldemort étant la Mort à face de serpent (Toujours J. Campbell page 476) le glaive remplacé par la baguette des anciens (en fait des aînés, Elder wand, traduit semble-t-il en français par baguette de sureau ??? Sérieux ???, bon je n'ai pas l'édition française alors je sais pas). Bref je ne puis résumer toutes les idées de cet ouvrage mais je perçoit mieux maintenant les aspects politiques évoqués. Également sur les aspects roman d'apprentissage et d'éducation. Et comme l'éducation me semble un des fondamentaux de la démocratie cela ne peut que me réjouir.A noter (p. 113) l’exploration riche de la notion d'imaginaire de supériorité, et p. 94 que le plus efficace des pouvoir est le savoir (Comme le Knowledge is power, de Francis Bacon, 1597). Zut je viens de retrouver mes notes, et p. 84 il y a quelque chose sur la laideur (Dans le Gorgias de Platon), que je voulais compléter avec Le portrait de Dorian Gray, contrat faustien. Mais voilà ce livre est un prêt et je l'ai remballé, emmailloté, scotché dans un emballage. Boah ... tant pis.

Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

Note : AAAAA


Le héros aux mille et un visage de Joseph Campbell

Avoir la grosse tête ?
Le héros aux mille et un visage. La référence incontournable sur les mythes et le voyage du héros de Joseph Campbell (J'ai Lu, 634 pages, 2008)

Incipit :
Que nous écoutions avec une réserve amusée les incantations obscures de quelque sorcier congolais aux yeux injectés de sang, ou que nous lisions, avec le ravissement d'un lettré, de subtiles traductions des sonnets mystiques de Lao-Tseu ; qu'il nous arrive, à l'occasion, de briser la dure coquille d'un raisonnement de Saint-Thomas d'Aquin ou que nous saisissions soudain le sens lumineux d'un conte de fées esquimaux - sous des formes multiples, nous découvrons toujours la même histoire merveilleusement constante. Partout, la même allusion l'accompagne avec une persistance provocante : allusion à l'expérience qui reste à vivre, plus vaste qu'on ne le saura ou qu'on ne le dira jamais.

Quel livre fabuleux. Il nous apporte autant qu'il nous interroge. Il élargit nos perceptions autant qu'il en rappelle les limites. Il nous rappelle l'essence de notre humanité qui, de tout temps, a essayé d'expliciter le monde. Avec des points communs qui révèlent notre unité dans notre diversité. Cela permet de dépasser les visions dogmatiques pour en revenir à des points essentiels. Au travers ces diverses explorations des mythes on sent une vérité indicible commune à tous et à toutes. Cette vérité ne peut être révélée en tant que telle, c'est un cheminement au travers d'un ou plusieurs mythes mais, pour qui souhaite la chercher et par là-même se dépasser, elle finit par émerger pour chacun, selon sa culture, ses perceptions, sa compréhension. La conclusion du livre est saisissante, elle rappelle combien nos sociétés modernes se sont coupé de la nature, de ses mythes, et comment cela mène à la décadence. Cela rejoint en substance le constat de Michel Onfray. Relire Homère est insuffisant, nous nous sommes coupés de la culture grecque, du latin, des humanités. D'une certaine manière Harry Potter nous fait renouer avec la mythologie et peut nous amener à relire Homère. Grâce lui soit rendu. Le succès d'Harry Potter répond vraisemblablement à un besoin auquel les mythes d'autrefois répondaient. C'est symptomatique de nos sociétés en perte de sens qui font le succès des ouvrages de développement personnels et des sectes. La constat de Joseph Campbell l'explicite avec talent, culture et brio. Et quand je parle d'Homère, je pourrais tout aussi bien parler des Védas, du Šâhnâme, du livre des Morts, du Bhagavad-Gita, pour n'en citer que quelques-uns. Ce livre n'est pas qu'une compilation d'extraits, c'est une analyse comparée des mythes qui en recherche l'essence, de celle qui permet d'en dépasser la simple addition. Certaines phrases simples, bouddhistes ou de courants religieux, font désormais sens. Seules elles seraient restées cryptiques, mais à l'éclairage d'un mythe, ou mieux, dans le cas de cet ouvrage, de nombreux mythes divers (Indiens, scandinaves, néo-zélandais, incas, égyptiens etc.) cela montre la profondeur de certaines pensées, qu'il faut rattacher à des expériences personnelles, du vécu, afin d'en percevoir toute la richesse et profondeur. A la fin est aussi rappelé que les mythes ne sont que des habits de la vérité, ce qui rejoint la science qui habille le réel de modèles. Les habits, comme les modèles ne sont que des formes extérieures. C'est aussi un vade-mecum de pensées et de réflexions spirituelles brillantes. Un livre magnifique. Une lecture essentielle et indispensable.

Connaître les autres, c'est sagesse. Se connaître soi-même, c'est sagesse supérieure.
Lao-Tseu

Comment définir la méditation ? Comme la sagesse à la recherche de la sagesse.
Shunryu Suzuki

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 8 juin 2019

Harry Potter and the Deathly Hallows by J.K. Rowling

Caverne d'Ali Baba
Harry Potter and the Deathly Hallows by J.K. Rowling (Bloomsbury, 640 pages, 2007)

Incipit :
THE DARK LORD ASCENDING

The two men appeared out of nowhere, a few yards apart in the narrow, moonlit lane. For a second they stood quite still, wands directed at each other's chests; then, recognizing each other, they stowed their wands beneath their cloaks and started walking briskly in the same direction.  “News?” asked the taller of the two.

Et voilà relecture de la saga Harry finie ! Enfin presque, je vais tout de même relire Harry Potter and  the Cursed Child. Je vais pouvoir aussi me plonger dans quelques ouvrages pointus d'exégèse sous les différents axes : magie noire, invocations d'incubes, les flux de passagers ferroviaires entre la voie 9 et 10 pendant la seconde partie du XXème siècle au cours des périodes de pluie intenses, la baguette française, selon Ollivander, doit-elle être croustillante et dorée ?, les demi-géants et l'Hagrid de calcul pour le calcul scientifique,  les attaques WPA2 sur le réseau sans-fil magique et tout ça. La scène où Harry est avec Dumbledore m'en a rappelé deux autres, la première est celle avec Morgan Freeman où ce dernier joue le rôle de Dieu dans un lieu blanc et vide (Dans le film Bruce almighty), et l'autre est celle dans Matrix Reloaded avec l'Architecte, ou The Matrix Revolutions avec Mobil Avenue, aussi un lieu de transport comme pour Harry (Charing Cross), un lieu de transit, entre le Haut et le Bas. Ni mort ni vivant, Harry est un peu le Chat de Schrödinger, non ? Qui aurait pensé que ce volume traitait aussi de Physique Quantique ? Les scènes où Harry, Hermione et Ron sont pourchassés, ne savent plus où aller vraiment, avec ce pendentif maudit autour du cou qu'ils se passent l'un après l'autre et qui vous corromps, me rappelle très clairement l'anneau dans le Seigneur des Anneaux. Bon aller j'arrête de vous soûler avec mes divagations à deux balles. Merci J.K. Rowling pour cette saga qui m'a, de nouveau, enchanté. J'ai reçu depuis les deux derniers volumes en édition illustrée américaine. C'est la seule auteur où j'ai différentes versions des mêmes ouvrages ...

Combattre le mal avec fermeté, soutenir le bien, voilà toute la science du bonheur. 
Edward Young, Les beautés poétiques

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 1 juin 2019

Entretiens sur la multitude du monde de Jean-Claude Carrière et Thibault Damour

Il y a comme de l'électricité entre nous
Entretiens sur la multitude du monde de Jean-Claude Carrière et Thibault Damour (Odile Jacob essais, 241 pages, 2014)

Incipit :
PAYSAGE AVANT LA DEBACLE

Jean-Claude Carrière - Est-il vrai que, parmi les étudiants, les candidats physiciens se font rare ?

Thibault Damour - Oui, la baisse est sensible.

J’aime bien de temps à autre lire un ouvrage de vulgarisations scientifique. Alors celui-là je ne l’ai pas tout à fait choisi, c’est mon épouse chérie qui l’a ramené à la maison. Oui elle est comme ça, de temps en temps, entre une robe, un manuel de CP, un paquet de chips, elle ramène un livre de physique quantique. Donc comme elle pique les livres que sa fille vient d’acheter, et cela arrive aussi, les miens, hé bien là, c’est moi qui lui ai pris !! Niark niark niark je sais, je suis diabolique. Bon le livre. Entretien entre un scénariste, dramaturge, écrivain et un physicien pur et dur. Il y a des passages où j’ai franchement décroché (Parfois la timbale mais parfois parce que je n'ai rien compris). Mais voici quelques points intéressants que j’ai noté :

  • Les manuels scolaires du lycée mensongers et trompeurs depuis 1920. N’est-ce pas curieux d’ignorer sciemment les découvertes révolutionnaires qui ont eu lieu depuis un siècle ? Surtout dans une époque de retour à l’obscurantisme ? Humm pas faux.  
  •  L’atome, idée révolutionnaire grecque, est dépassé. Newton est dépassé. C’est l’histoire des sciences, il n’y a pas à le regretter mais à y réfléchir. Pourquoi ne plus transmettre ? Dans ce cas autant en rester à ce que le soleil tourne autour de la terre pendant qu’on y est. Cela rejoint le premier point.
  •  E = hf, équation aussi importante que E=Mc2, et pourtant très peu connue. C’est clair, je sens le scandale sociétal de grande envergure. Mais voilà grâce à ce blog vous connaissez dorénavant cette équation et vous allez lire ce livre.  
  • Espace-temps lié mais aussi force-matière. Non seulement tout est illusion mais tout est lié.  
  • Les atomes sont sécables et ne se réduisent plus aux particules dites élémentaires, il y a notamment les quarks.  Le vide ce n’est pas rien mais un flux quantique constant avec des boucles création annihilation (paire Brahma-Shiva p150). Bref un chaos constant et actif. Au point que le monde pourrait disparaitre aussi vite qu’il est apparu. Toute matière est instable et peu s’annihiler en pure énergie. Au Big Bang cela a été l’inverse, de la pure énergie qui a créé de la matière, qui fait quand même beaucoup penser au Fiat Lux.  
  • J’ai été happé par les liens avec Proust (A la recherche du temps perdu), le bouddhisme (Shiva, Brahma, La Maya p140), cela m’a rappelé mes lectures de Trinh Xuan Thuan & MatthieuRicard mais aussi d’Étienne Klein. J’aime aussi que des comparaisons s’appuient sur des artistes comme M. C. Escher (Mains se dessinant).  
  • La réalité est à la fois plus complexe et plus difficile à appréhender. Bon là rien de totalement surprenant pour moi, mais quand même, à chaque fois que je lis un livre de cette nature je suis stupéfait. Je ne m’y habitue pas encore. 
  •  Il y a plusieurs parties du livre où j’ai été largué et pourtant j’ai quelques notions mathématiques (nombres complexes, intégrales, vecteurs etc.). Ce n’est pas tant les équations, quasi absentes, mais de faire le lien entre des concepts mathématiques, notre réel, la « réalité quantique » et prendre de la distance sur le tout. Déjà quatre dimension cela demande un petit effort mais cela reste familier et très accessible. Mais 26 …    
  • J’ai peu lu sur la théorie des cordes et des super cordes et là c’était compréhensible pour moi. Ben là coco je dis merci. 
  • La conclusion qui déborde sur une réflexion sociétale 
  • On vit dans un monde multiple mais on en perçoit qu'un seul. Allez bam, bonne chance, oui tiens prends la boite d'aspirine.
Illusion, tout n’est qu’illusion. En conclusion un livre riche à plus d’un titre. En fait ce qu’il me faudrait ce sont des I.A., des bots conversationnels avec qui je puisse m’entretenir et poser des questions. Comme cela je pourrais poser des questions au bot Étienne Klein quand cela me chante. Je pense que dans l’avenir cela sera possible. Oups je m’égare. Bon livre intéressant même si je n’ai pas tout banané.

 L’Univers nous est compréhensible pour des raisons incompréhensibles.  
Einstein. (Page 184)


Note : AAAAA



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