lundi 11 novembre 2019

Orwell de Christin et Verdier

Orwell is watching you
Orwell de Pierre Christin et Sébastien Verdier (Dargaud, 160 pages, 2019)

Un roman graphique sur la vie d'Orwell. Un beau noir et blanc, un graphisme que j'aime bien, clair et net. Quelques illustration d'autres dessinateurs. Cela complète les livres que j'ai lu d'Orwell (Why I write, 1984, Animal Farm) ou sur Orwell (Simon Leys) mais aussi d'autres qui s'en inspirent (Limbo, 2084 que je n'ai pu finir, trop ennuyeux). Ce sont l'écoute de podcasts de France Culture sur Orwell (Episode 1 de l'émission Les chemins de la philosophie) et le fait de tomber sur cet ouvrage à la librairie de Beaugency qui m'ont fait céder. Ses propos, ses analyses, sa sincérité, son engagement, ses propos socialistes très actuels n'ont rien perdu de leur valeur. Déjà à l'époque il estimait de 1 à 10 entre le plus bas salaire et le plus haut. Ce combat n'est pas nouveau et les puissants se sont renforcés. Les tendances néo-fascistes d'un Donald Trump, son Fake-News comme étendard, ses attaques sur les institutions, son racisme, sexisme, sa bêtise crasse, ses débilités incessantes, ses inclinations à la dictature, son beaufisme gras, rappellent Ô combien le combat contre l'ignorance et la violence est toujours actuel et nécessaire. C'est aussi une réponse terrible à la naïveté de Petite-Poussette. Michel Serres s'ébahissait de cette dernière, Donald Trump en est une réponse cinglante, le Lucky Luke du tweet débile, offre une perspective très très inquiétante, car il a aussi le bouton nucléaire ... et la mentalité d'un enfant de 6 ans (je peux pas dire 7 qui est, dit-on, l'âge de raison). Pour être tombé sur une émission sur CNews avec Pascal Praud, Orwell serait là aussi ébahi. Moi qui pensait que le journalisme avait une charte éthique, une déontologie, il semble que non, que cette carte peut être donné à des polémistes idéologues propagandistes, du pilier de comptoir roi. Le pire est qu'il n'est pas le seul. C'est le nouveau modèle d'infotainment qui se répand comme la peste. Les réseaux sociaux, le choléra, en étant la caisse de résonance. L'excellent John Oliver (Mais aussi Trevor Noah du Daily Show) démonte la stratégie du menteur pathologique invétéré qu'est Trump, c'est du Critical Thinking 101 (Trump vs Truth) mais aussi The Trump Presidency, où John explicite en trois points (Deligitimizing the media, Whataboutism, Trolling) la stratégie en rouleur compresseur (Voir Limbo) du 45ème Président des États-Unis. La France n'est pas en reste. Pas d'arguments, ne pas écouter son interlocuteur, ne pas arrêter de lui couper la parole, faire des hors sujets, répondre à côté, insulter, ... Eric revient !!!! (Trop drôle il passe à la radio sur le jeu des mille euros la question "Qui était Eric Blair" !!!!). Bref. Un roman graphique intéressant et passionnant.

Note : AAAAAAAAA

Bergson La création de soi par soi de Karl Sarafidis

Manuel de culturisme spirituel
Bergson La création de soi par soi de Karl Sarafidis (Eyrolles, 146 pages, 2013)

Incipit :
On accuse souvent la philosophie de ne servir à rien, de ne répondre à aucun besoin réel et de n'offrir aucun but concret à l'humanité.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'incipit. Pour celles et ceux qui s'intéressent à la philosophie, au contraire, elle peut servir et apporter beaucoup. Ce n'est pas la (ou les) philosophies qui sont en cause mais plutôt de ne pas s'y intéresser, de ne pas se prendre en main et de ne pas y réfléchir. D'innombrables ouvrages démontrent le contraire de l'incipit, (Par exemple Happy qui montre Ô combien le stoïcisme peut participer à notre bonheur, mais pas que) dont l'ouvrage ici-présent bien évidemment. Certes c'est pour mieux nous introduire à la pensée de Bergson qui propose justement une réflexion qui peut nourrir notre développement personnel et notre vision de la vie. Et ce livre le fait magistralement, des chapitres qui charpentent un édifice reposant sur quelques piliers essentiels des écrits d'Henri Bergson. Il y a quelques points auxquels je n'adhère pas ou qui sont contraires aux idées que je me suis construites en lisant d'autres auteurs (Trinh Xuan Thuan, Klein, Stephen Hawing par exemple) mais dans l'ensemble il s'agit d'une pensée cohérente, du "connais toi toi-même" à "deviens ce que tu es", on y retrouve les pensées d'autres philosophes ou d'autres penseurs.Y compris Anselm Kiefer dont je suis grand fan, car Bergson parle beaucoup de création au sens large. Cela m'incite aussi à aller puiser dans les ouvrages de Bergson, dont sont extrait des citations, même s'ils ont l'air moins clairs que l'analyse qu'en fait Karl Sarafidis. Étonnamment j'ai commencé un livre sur la Kabbale et j'y retrouve des similitudes nettes, que l'Homme vaut plus qu'il ne croit (pour faire très synthétique). Les passages sur le fait de créer ont de forts impacts sur moi car comme je peint (en toute modestie) cela résonne bien différemment que si je ne peignais pas. D'autant que les propos d'Anselm (encore lui) m'ont décomplexé sur ce sujet et a converti mon regard sur plusieurs points.

Note : AAAAAAAAA

The Mysterious Benedict Society and the prisoner's dilemma by Trenton Lee Stewart

Autobus à Impériale
The Mysterious Benedict Society and the prisoner's dilemma by Trenton Lee Stewart (Little, Brown Books for Young Readers, 400 pages, 2010)

Incipit :
In a city called Stonetown, on the third floor of an old, gray-stoned house, a boy named Reynie Muldoon was considering his options.

Troisième volume des aventures des quatre enfants, je pensais même que j'en étais au quatrième ... Toujours aussi addictif, je ne m'en lasse pas. Il y a un bon suspense, de bons personnages, qui continuent à nous surprendre, de bonnes idées narratives. C'est de l'excellente aventure pour les enfants, j'adore ! (Étant enfant moi-même, cela va de soi pourrait-on dire). Je n'ose trop parler de l'intrigue sans rien dévoiler mais il est raisonnable de penser que ce volume clos la trilogie au point où je m'inquiétais que cela soit vraiment terminé, l'auteur ayant débuté une autre saga. Mais non il y a peu un quatrième volume est paru ... pas encore en poche. Donc plus cher. Mais d'un autre côté relié. J'aime beaucoup les illustrations, les couleurs des différents volumes, l'incitation à de bonnes intentions, entraide, bienveillance, fraternité, savoir et connaissance,se dépasser. Et des méchants mémorables, Mr. Curtain dont l'esprit semble voilé (D'où son nom, rideau en français), bien sûr mais aussi McCracken (Un crack dans son domaine ha ha) ! Et comme tout ce qui a du succès dans un monde hyper-connecté, il y a un wiki fandom sur cette série avec fiches de personnages, forum de discussion etc.

Note : AAAAAAAAA

mardi 5 novembre 2019

La philosophie en clair de Michel Puech

et sans décodeur
La philosophie en clair de Michel Puech (Ellipses, 288 pages, 2012)

Incipit :
La philosophie, la vraie, celle qui est difficile mais importante, doit être accessible à tous. Non pas être «vulgarisée» ni «popularisée», mais diffusée. Il  existe un devoir de diffusion culturelle. Sans trop se prendre au sérieux quand même.
Pari réussi, un livre accessible et qui ne fait pas l'impasse sur des notions essentielles et profondes. Je dirais même livre excellentissime. Je regrette qu'il n'y ait pas un volume 2 avec 10 autres philosophes (Socrate, Spinoza, Hegel, Schopenhauer, Malebranche, Bachelard, Cassirer, Jankélévitch etc.). Je l'ai même acheté à ma fille pour son bac (Si c'est pas un gage de qualité ça !!! Alors que je ne l'avais que parcouru mais j'ai senti le potentiel, ma truffe a frémit dès les premières pages...). Il n'y a que la partie Heidegger qui ne m'a pas vraiment convaincu, je sais je suis trop limité, que voulez-vous. Mais, bon, plus grand penseur du XXème siècle et nazi cela fait un tantinet oxymore. Mais au delà de ce point qui peut être nuancé et que l'auteur nuance d'ailleurs, la pensée de Heidegger est la plus difficile, plus dur que la plus difficile même. Vous voyez compliqué ? Complexe ? Hé bien encore pire. Mais aussi la plus voilée, la plus abstruse, la plus déguisée et cela ... volontairement. Oui il l'a fait exprès ! Au point que l'auteur parle de secte pour les fans d'Heidegger et parle même d'ouvrages ... indéfinissables (Ahhhh le sens de la litote). Mon détecteur de bullshit était une vraie guirlande de Noël 25000 Watts. Car seuls des initiés (autre mot de l'auteur) comprennent le maître. J'y vois la défaite de la pensée, mais bon, c'est mon côté gauchiste ça. Élitiste n'est pas vraiment le mot, il suffit de peu diffuser, comme ses cahiers noirs n'est-ce pas ?, imposture me semble plus judicieux, comme certains écrits post-modernes et les blagues faites auprès de revues qui n'y ont vu que du feu et ont accepté n'importe quoi (Impostures intellectuelles de Sokal et Bricmont, ou le site d'Alain Badiou, le philosophe qui défendait les Khmers rouges). Quel intérêt de faire de la philo pour quelques élus ? Je n'en vois aucun. Je cite Michel Puech (114) qui cite Heidegger "L'être du Dasein a au moins un «sens» en ceci qu'il a une direction : l'être-vers-la-mort". Wahou, bon, pour l'originalité type "on va tous mourir", on repassera. Et sinon, l'eau ça mouille ? Mais le plus drôle, le plus savoureux est (125) dans la partie de Wittgenstein, le paragraphe sur Un cas clinique : Heidegger, ce dernier clairement mis dans la catégorie pervers, je dirais même pervers-narcissique, c'est plus récent dans la taxonomie des personnalités toxiques. Que du banal pour un nazi. Les philosophes professionnels (Encore un oxymore) français qui disent comprendre Heidegger (Mais comment le vérifier puisque sa pensée a été codée, rendu obscure par le maître lui-même) ont-ils aussi conscience qu'en plus d'une pensée cryptée, Heidegger a été mal traduit en français ? Des pages imbitables sur l'être et l'étant, et pourtant considéré comme le plus grand penseur du XXème siècle, il y a quelque chose qui colle pas. Plus grand penseur et nazi ? Il y a quelque chose qui ne colle pas (bis repetita). Mais alors pas du tout. Mais qui le dit que c'est le plus grand penseur ? A part les fans, juges et parties, un entre-soi, dont on est même pas sûr qu'ils ont vraiment compris vu que c'est ce qu'il y a de plus dur, c'est même parfois incompréhensible et en plus mal traduit en français. Bref la porte ouverte à dire tout et n'importe quoi, qui pourra contredire ? Comment appliquer le principe de réfutation ? Et la connaissance objective bordel vous vous en moquez ? Mais qui d'autres dit aussi que c'est le plus grand penseur du XXème siècle ? Ben tous les autres, c'est-à-dire ceux qui n'ont rien banané donc, et qui répètent bêtement ce que dit une clique d'aristo de la philo qui se paluchent sur des concepts abstrus et qui prétendent avoir compris. Cela fait mince. J'ai envie d'appliquer le rasoir d'Occam. Les fanatiques sectaires d'Heidegger vont pas aimer. Et en plus pour balancer des trucs du style que "l'être va mourir", pardon, que "l'étant se dirige vers l'être-vers-la-mort" (C'est du lourd, la vache) faut-il être un grand penseur ? bref j'ai du passer à côté de quelque chose de démentiel mais mon petit cerveau n'a rien saisi, j'assume, j'assume. Bizarrement je n'ai aucun regret, cela pue la baudruche surévaluée, la fumisterie, un mythe fabriqué après-guerre quand tout n'était pas connu de l'auteur. Heidegger n'a jamais eu de regret. Le plus grand penseur n'a rien regretté des millions de juifs exterminés. Ce n'est pas le plus grand penseur, c'est la plus grande saloperie en fait. Bon maintenant que je me suis bien amusé, je vous rassure, le reste de l'ouvrage est vraiment vraiment super. La quatrième de couverture indique "On ne vous avait jamais expliqué les choses comme ça". Exact. J'ai apprécié en particulier le chapitre sur Bergson, que je ne connaissais pas du tout, à part de nom et le titre de son ouvrage célèbre, sur le rire. Ce côté intuition m'a rappelé l'intuitionisme dans Le continent de la douceur, et bien plus encore. Surtout sur ce que je lis sur l'art. Cela m'incite à lire cet auteur qui m'a l'air vraiment vivifiant, pas comme l'autre blaireau nazi. (132) dans le chapitre Wittgenstein : "Aucune défense n'est plaidable pour le philosophe qui ne sait pas dire ce qu'il veut dire en langage ordinaire". Pas mieux.

La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît.
Alphonse Karr

Note : AAAAAAAAAAAAAA


dimanche 3 novembre 2019

The Girl Who Lived Twice by David Lagercrantz

Etron, étron, petit patapon
The Girl Who Lived Twice by David Lagercrantz (MacLehose Press, 368 pages, 2019)

Incipit :
A beggar nobody had seen before appeared in the neighbourhood that summer. No-one knew him by name, nor seemed to care much about him, but to a young couple who passed him every morning he was the “crazy dwarf”. He was in fact around one metre fifty tall, but he was certainly erratic, and he would occasionally spring up and grab people by the arm, babbling incoherently.

Une série enterrée avec brio par un auteur nase. Pourtant je m'étais dit qu'on ne m'y reprendrait plus ... Mais voilà j'ai cru un instant qu'il avait remonté le niveau, ce qui était possible au regard du gouffre où on était tombé. Grave erreur. J'hésite à créer une nouvelle catégorie : le contraire du livre coup de cœur, l'antithèse du livre culte, en somme l'étron resplendissant de toute son aura de vacuité. Qu'est-ce que c'est mauvais, j'y crois pas. J'ai tenu jusqu'au chapitre 23 (Plus de la moitié du livre) et c'est d'un ennui abyssal. Qu'est-ce qu'on en a rien à cirer de ce fait divers qui traine en longueur (au moins la moitié du livre !), l'auteur pisse à la ligne à n'en plus finir tellement il brode sur une intrigue médiocre. Même en anglais l'auteur m'ennuie, me lasse et me pousse au désintérêt le plus profond.  Cela fait un mois que je suis dessus et chaque reprise est plus difficile, je préfère jeter l'éponge et lire autre chose. C'est moins débile que les propos incohérents de Trump (Cours d'esprit critique pour les nuls par l'excellentissime John Oliver ici et ) mais quand même. Le monde en déréliction ...
Je confirme ...
Mais le capitalisme se satisfait de la nullité, tout se vend. Et même il l'annonce par avance, comme pour le dernier Astérix, qui affiche fièrement dans ses têtes de gondole, je cite, "Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de nouveau !..", autodérision, certes, mais à 5 millions d'exemplaires. Couper des arbres pour ça, je me pose la question. Que ce dernier Millenium soit l'étron d'arbre, il y a une cohérence. Bon c'est vrai je me défoule un peu. J'ai commencé un tableau et pour la deuxième partie j'attends que cela sèche. Faut bien que je m'occupe ! Mais ce qui est acceptable pour Astérix, destiné après tout en priorité aux enfants de 9 ans (tant pis pour la double lecture destinée quant à elle aux adultes, que maîtrisait Gosciny), l'est moins pour Millenium. Là pas vraiment d'excuse. C'est rare qu'un thriller fasse ressentir la notion métaphysique de néant.


Note : .

samedi 2 novembre 2019

Marina de Carlos Ruiz Zafon

Castle in the snow
Marina de Carlos Ruiz Zafon (Pocket, 284 pages, 2012)

Incipit :
Nous ne souvenons que de ce qui n'est jamais arrivé, m'a dit un jour Marina. Il aura fallu qu'il s'écoule une éternité pour que je finisse par comprendre le sens de ces mots. Mais mieux vaut commencer par le début, qui, dans cette histoire, se trouve être à la fin.

Un roman qui au départ fait rêver, m'a emporté, puis petit à petit à faire resurgir des peurs pour terminer dans le tragique dans tout ses états, y compris celui de l'amour impossible. Un livre plein d'émotions, où j'ai retrouvé l'auteur de L'ombre du vent. Un petit côté fantastique gothique, ce n'est pas un hasard si l'un des personnage s'appelle Maria Shelley, un clin d’œil appuyé. Merci à Christophe, libraire de Beaugency, de me l'avoir recommandé. Un livre adapté au temps, à mon humeur. D'ailleurs pour écrire ce court article, j'écoute The Sky is Crying de Gary B.B. Coleman. Oui on voit tout de suite que je nage dans le positif grave. Bon je vous laisse, je vais faire un tour dans un cimetière. Je suis dans ma phase famille Addams, puis je regarderais à nouveau La labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro

Note : AAAAAAA

vendredi 1 novembre 2019

Âme brisée d'Akira Mizubayashi

Âme brisée d'Akira Mizubayashi (Gallimard, 256 pages, 2019)

Incipit :
« Dimanche 6 novembre 1938, Tokyo.
 Bruit sec et tranchant des pas de bottes, grandissant, ralentissant. Quelqu'un marche. Il s'est arrêté ... Il a repris sa marche ... Il s'est arrêté de nouveau. Il est maintenant tout près. Je crois entendre sa respiration.
Il s'agit d'un présent. C'est toujours délicat, surtout et principalement si je n'apprécie pas le livre. Bon là dessus je suis rassuré et confiant. Et puis il m'a été dédicacé, cela fait partie du présent, la belle signature en français mais surtout en japonais et accompagné d'un tampon, rouge, un kanji ancien d'après ma fille et qu'elle m'a traduit. C'est kawaï, non ? Un très beau titre, au connoté multi-couches, l'âme étant aussi bien la pièce d'un violon, la beauté intérieure d'un être, la passion intérieure, la beauté intérieur d'un objet que celle d'un enfant ou encore celle d'un pays. Je suis un peu en désaccord avec l'auteur comme quoi la langue japonaise serait plus hiérarchique que le français car ce dernier utiliserait le même mot "père" quel que soit son interlocuteur, qu'il soit bas dans la hiérarchie ou un qu'il soit ministre. La langue, en fait la parole, pour être plus précis, est ce qu'on en fait et elle est le reflet de la civilisation qui l'a vu naitre, de plus cette dernière évolue. Bien sûr elle peut masquer (Comme dans Lumière pâle sur les collines d'Ishiguro) par une attitude polie, obséquieuse ou hypocrite, mais cela est due aux conventions sociales plus qu'à la langue elle-même. La langue le permet car la culture l'a créé ainsi, mais il est possible de jouer avec la langue, la modifier, et d'énormes possibilités sont offertes à cet effet. D'ailleurs les personnages font justement l'effort de ne plus mettre san comme suffixe, suffixe marquant la déférence et le respect, mais aussi une certaine distance, démontrant par là même ce que je viens de dire, la langue n'empêchant en rien de faire différemment, qu'il est possible de s'affranchir de conventions en contournant ses reflets dans la langue. Le connoté (au sens de Barthes) avec le langage non verbal (le regard, le sourire en coin) et le verbal (le ton, le rythme) peuvent très bien également modifier la signification du pure signifiant. Bref il y a quelque chose qui ne colle pas. Cela n'enlève rien au constat des conventions sociales ni la manière dont c'est vécu dans l'ouvrage, ce dernier n'étant pas un livre théorique sur le sujet de toute manière. Mais cela entrait en conflit avec ce que je lis par ailleurs sur la sémiotique, et n'ai pu m'empêcher de ramener ma "science". Le livre commence par un trauma, trauma qui imbibera toute la vie du personnage. Le fil rouge est un violon, lien indéfectible avec l'aura paternelle, genre d'objet transitionnel, qui instillera à la fois la force de vivre, induira un choix de vie, et trouvera sa résolution post-traumatique dans une réconciliation avec l'histoire et son passé. C'est raconté avec beaucoup de délicatesse et de retenue, c'est, j'aurais envie de dire, très japonais, dans la manière de faire. Peut-être que je me laisse aussi influencer par l'aura d'un pays qui m'intrigue. Un livre sur l'absurdité du monde, sa violence, sa bêtise. Un livre qui véhicule des émotions touchantes, un livre sur la résilience.  Un beau livre.

Note : AAAAAAA

Le Grand Paris d'Aurélien Bellanger

Un architecte a plus d'une tour
dans son sac
Le Grand Paris d'Aurélien Bellanger (Folio, 528 pages, 2018)

Incipit :
Je 'appelle Alexandre Belgrand.

Je comprends mieux Jérôme Garcin, du Masque et la plume, alors qu'il parlait de son dernier roman , Le continent de la douceur,  qui trouvait l'auteur très houellbacquien. Je ne trouvais pas, mais à la lecture de ce livre, Le Grand Paris, effectivement, outre l'aspect un peu fataliste, la fin rappelle fortement Soumission. Les chapitres sont courts comme pour son dernier livre, donc je ne comprends pas trop ce qu'à voulu dire Arnaud Viviant, encore moins sur le fait que Jean-Philippe Toussaint avec sa clé USB lui donnerait une leçon (?!), moi que ce soit dense et long ne me pose pas de souci particulier du moment que c'est intéressant. Comme à chaque fois l'auteur s'inspire de personnage réels, on reconnaitra facilement sous les traits du Prince un ancien Président français, et là il mélange savamment urbanisme, aménagement du territoire et politique. C'est assez féroce dans l'analyse d'ailleurs. Bon Aurélien est très bon y'a pas à dire. Petit bémol tout de même, p 145, erreur sur la couleur Budé pour la série grecque, ce n'est pas l'orangé qui est réservé à la série latine (C'est un souvenir d'enfance, car j'avais un Budé latin, que je n'ai plus, et puis vous n'êtes pas obligé de me croire, alors vous pouvez le vérifier noir sur blanc sur le site de l'éditeur), mais la couleur chamois. Tsss Aurélien, qu'est-ce qu'il se passe ? Tu ne fais pas tes nuits ? Ta camomille était trop forte ? Naaan mais je plaisante, de toute façon tu m'as l'air plus costaud que moi et je suis lâche. Je dois dire que des trois que j'ai lu d'Aurélien, c'est celui que je préfère le moins. Peut-être à cause de la politique et de l'architecture vue principalement sous l'angle de l'aménagement. Non que ce dernier sujet ne m'intéresse pas mais c'est le contexte politique qui contamine tout. Cela reste tout de même très bon. Je serais attentif à la sortie de son prochain !!!

Note : AAAAAA

lundi 28 octobre 2019

The Rosicrucian Enlightenment by Frances Amelia Yates

La vie en roses
The Rosicrucian Enlightenment by Frances Amelia Yates (Rootledge, 352 pages, 2001)

Incipit :
The title of this book may give rise to some misunderstanding. 'Rosicrucian' may suggest that this is going to be a book about a modern groups of inquirers into various forms of occultism.
Frances Yates est une historienne plus particulièrement intéressé par la renaissance. A cette époque il y a des évènements Bohème / Palatinat (Frederick V et Elizabeth Stuart). Etonnament, pour moi en tout cas, ces évènements sont assez liés avec deux textes de Rosencreutz, le Fama et le Confessio, qui sont deux textes mystificateurs. Les rosicruciens suggérés dans ces deux textes sont sans existence historique avérée. Néanmoins cela a eu un effet performatif, à la fois en mettant en avant une soif de savoir et de connaissance, et surtout en insufflant une dynamique bien réelle qui a permis et facilité la création de structures concrètes comme la Royal Society. Cet ouvrage offre un éclairage historique d'évènements sous l'angle ésotérique, magique occulte, habituellement ignorés des historiens qui préfèrent une analyse historique conventionnelle (les acteurs clés, les guerres, l'économie, les rois, les reines, les attentats etc). L'ouvrage souligne l'influence de certains personnages importants à cette époque et qui sont particulièrement porté sur la magie, l'occulte, l'alchimie etc. (John Dee par exemple) et leur influence historique importante (y compris lorsque le roi Charles I s'est opposé à certaines visions, ce dernier l'a fait en se positionnant par rapport à Dee, et l'idéologie sous-jacente au mouvement d'idée rosicrucienne). Il faut ainsi voir le rosicrucianisme comme un mouvement d'idées qui a influé sur un mouvement bien plus général qui a in fine mené aux Lumières ou a préparé son avènement. J'ai été surpris et content d'y retrouver Athanasius Kircher, (cf. sa fiche wikipedia) considéré comme le Léonard de Vinci fin Renaissance, rien de moins. Un livre historiquement détaillé et pointu, offrant des pistes de réflexions. Je regrette que l'auteur ne soit plus de ce monde. J'ai aussi son livre sur L'Art de la mémoire, un savoir ancien utilisé de nos jours notamment par les illusionnistes et les mentalistes. Elle a écrit un livre sur Giordano Bruno, qui connaissant l'art de la mémoire justement, et sur l'occultisme à l'époque élisabéthaine. Bref un très bon livre sur un époque riche en évènements.

Note : AAAAAA

Anselm Kiefer - Hors Série Beaux Arts

Bréviaire pour âmes damnées
Anselm Kiefer A la bibliothèque Nationale de France et au Centre Pompidou  Hors Série Beaux Arts (Beaux Arts, 65 pages, 2015)

Un numéro spécial du magazine Beaux Arts, spécial Anselm Kiefer, lié à une double exposition (BNF, Beaubourg) avec de belles reproductions et des textes éclairants. Cela ne vaut pas de voir en vrai, d'autant que certaines œuvres sont assez grandes et qu'une photo ne rendra jamais justice. Un complément à ce que j'ai pu entendre dans les podcasts de France Culture ou son discours au Collège de France. Certains passages exprimés par Kiefer sont en symphonie avec des passages de l'introduction de La naissance de la tragédie de Nietzsche (Lecture en cours). Ce n'est peut-être pas un hasard ... L'un philosophe au marteau l'autre crée à la spatule. Il n'y a pas de hasard. Je m'intéressait aussi à Gerhard Richter, et suis tombé sur des propos qu'il tient sur Anselm Kiefer, nous t'écoutons Gerhard :  « Exposition Kiefer. Ces prétendus tableaux. Ce n’est pas de la peinture. Il leur manque l’essentiel, et même si, d’emblée, ils ont la fascination choquante du macabre, au bout d’un certain temps, ces « tableaux » expriment ce qu’ils sont réellement : une substance informe et amorphe, une croûte qui ressemble à de la soupe figée, une crasse répugnante, un simulacre de naturalisme qui, graphiquement, a, au mieux, l’efficacité d’un décor de théâtre. L’ensemble s’exhibe avec un pathos et une ostentation indéniables, d’autant plus que le contenu repose sur un prétexte littéraire, illustré par un tas d’immondices. L’autre prétexte est l’anecdote tirée à l’arrachée des tiroirs de l’histoire, pour profiter du fait que, tant qu’on évitera de définir les choses, tout est bon pour suggérer des associations. La seule chose que je redoute est de peindre aussi mal. » Extrait de: Gerhard Richter « Textes, 1962-1993. ». Bah alors Gerhard ? On a pas pris sa verveine ? On est tendu du slip ? Bon merci tout de même Gerhard pour des propos de haute volée qui laissent entrevoir, me semble-t-il, une pointe de jalousie mêlée à un manque de confiance en soi, en tout cas que je trouve peu digne, peu argumenté. Je suis pas impressionné. Mais ok tu m'incites à lire tes écrits, ça c'est bien joué. Finalement il est possible d'être artiste et de manquer totalement de sérénité, ou d'avoir un ego insécure, alors que je pensais que cela élevait l'âme. Tout de même, pourquoi tant de mépris ? Ils étaient à la même école et ils se sont chamaillé ? Donc je vais m'intéresser de plus près à Gerhard, oui je suis comme cela, faut que je creuse (J'ai d'ailleurs pris un abonnement à Pelle Magazine, allez-y c'est super). D'autant que John David Ebert  parle également de Richter dans son MOOC sur l'Art contemporain (Vidéos ici). Son recueil de textes de Richter est un peu cher, même en anglais. Fait ch... je veux dire c'est dommage. Mais on devrait trouver des choses intéressantes sur le net.

Mes outils ne sont pas uniquement le pinceau et la spatule. Je fais appel à toutes sortes d'engins tels que des grues, des camions, une excavatrice ... L'art peut se référer à toutes choses et se servir de tous les instruments.
Anselm Kiefer

Note : AAAAA

Astérix. La fille de Vercingétorix de Ferri et Conrad

Catastrophix !
Astérix. La fille de Vercingétorix de Ferri et Conrad (Editions Albert René, 48 pages, 2019)

Et voilà je me suis laissé à nouveau tenter. A cause d'un article "positif" (Très immérité, mais peu importe). Le Papyrus de César était très moyen mais mieux que Astérix chez les Pictes. Astérix et la Transitalique était encore moins bien, d'ailleurs pour ne pas en dire du mal ... je n'en parle même pas ... Bon là encore nul, pardon mauvais. Le dessin est ok, pas vraiment de soucis de ce côté. Il y a tout de même l'application d'une recette usée jusqu'à la corde, quasi tous les poncifs sont au rendez-vous. Et le scénario est, comment dire, vraiment pas terrible. Pas d'étincelle de créativité. On sort à peine de la torpeur dans laquelle j'ai sombré au fil des pages. Heureusement il n'y en a que 48. On est à des années lumières de la belle époque. Bon là c'est vraiment le dernier que je lis. La madeleine est moisie.

Note : .


lundi 21 octobre 2019

L'art survivra à ses ruines d'Anselm Kiefer

Est-ce que les ruines survivront à l'Art ?
L'art survivra à ses ruines d'Anselm Kiefer (Collège de France/Fayard, 96 pages, 2011)

Incipit
Monsieur l’Administrateur
Chers collègues
Mesdames, Messieurs

Le Collège de France a invité un artiste plasticien en espérant, je présume, qu’il vous parle d’art, qu’il vous renseigne sur ce qu’est l’art, qu’il en démontre selon lui l’origine. Je vous dirai qu’il n’y a pas de définition de l’art. Toute tentative de définition se défait au seuil de son énoncé, au même titre que l’art qui ne cesse d’osciller entre sa perte et sa renaissance. Il n’est jamais là où on l’attend, où l’on espère le saisir, et, en me référant à l’Évangile selon saint Jean (chapitre 7), je dirai : « Là où il se trouve, nous ne pourrons jamais l’atteindre. »

Il est possible que j'ai découvert cet artiste pendant un cours, sur le MOOC Understanding Contemporary Art de John David Ebert (59 vidéos dispo sur Youtube) et depuis je lis, j'écoute tout ce que je trouve sur lui. Et si je peux voir une expo je n'hésiterais pas. J'irais bien à son atelier à l'est de Paris ...Ce livre est une transcription de sa leçon inaugurale au collège de France. Il y a une courte présentation, dispo en ligne, puis le discours d'Anselm, dispo en ligne. Il y a même la version filmée, dispo en ligne également. Dire que j'apprécie cet artiste est presque une litote, c'est en deçà de mon ressenti. Ce qu'il pense je le pense aussi et je me sens très proche de ses propos philosophiques ou spirituels. A un moment il écrit/dit "Selon une légende hassidique, une lumière est allumée sur la tête de chaque enfant en gestation dans le ventre de sa mère". Cela m'éclaire (ha ha) sur les installations de Christian Boltanski qui utilise semble-t-il cette légende, ce qui n'occulte en rien d'autres interprétations. Nous sommes poussières d'étoiles, donc des étoiles. Cette lumière dorée chez Boltanski peut aussi être la pierre philosophale, ou une parcelle du divin. Je vous recommande L'Art Cosmogonique d'Anselm Kiefer, un entretien avec Étienne Klein dans son émission (Écoutable sur  France Culture, Youtube), c'est génial, souvent drôle, passionnant. Encore plus génial, le documentaire de la BBC, au titre fabuleux, Imagine ... Anselm Kiefer remembering the future (2014), IMDB, visible sur Viméo. On peut visiter le studio d'Anselm. Comme j'aimerais avoir un terrain de jeu de cette taille ... En plus d'être facétieux, il me rappelle le dynamisme infatigable de mon beau-père, à toujours devoir réaliser, construire, modifier quelque chose. Anselm fait maintenant partie de mon panthéon tout personnel, comme Mark Alizart, Yuval Noah Harari, Michel Onfray (ses livres), Etienne Klein, Albert Einstein, Richard Feynman, Aurélien Bellanger, Barthes, Lévi-Strauss, Trinh Xuan Thuan, Joseph Campbell, George Orwell, Nietzsche et tant d'autres.

Tab n° 24 Cosmogonie d'A.K.
J'avais composé ce tableau dans un carnet de notes, au crayon il y a une semaine. Avec différents symboles. Et de la récup (Un plateau de disque dur IDE 3.5', celui de 2.5' a explosé en mille morceaux). Et entre cette conception et sa réalisation j'ai depuis écouté Anselm. Donc un tableau en hommage à Anselm par son titre. Sa composition évoque aussi mes lectures/écoutes de Trinh Xuan Thuan, Mark Alizart, Étienne Klein etc. mais aussi des parcelles mémorielles des années 80, dont je me suis remémoré ... a posteriori (!). Bon je ne vous dit pas tout, à vous d'y trouver quelque chose ... ou pas. Son titre fait explicitement référence à l'émission d’Étienne Klein (Cf. supra). Le choix des couleurs, et donc du cadran en quatre parties, provient de la lecture de Carl Gustav Jung (Man and his symbols) le matin même de la réalisation, à propos d'une légende juive de la création de l'Homme Cosmique. J'ai du acheter trois variétés de cordelettes afin de trouver celle qui me convenait le mieux. Maintenant j'ai du stock ... Il faudrait que je fasse de la récup comme Anselm, mais outre le problème de stockage, mon épouse risque de mettre rapidement le holà ... Oui car Anselm achète en gros tout un tas de choses, comme le zinc des toits de Paris ou le plomb de la Cathédrale Notre-Dame. Il a failli acheter une centrale nucléaire !! Oui, décommissionnée quand même. Et les matières premières récupérées se retrouvent dans ses œuvres. Il fait aussi de l'électrolyse, cela me rappelle les miennes avec tubes à essai, une pile, une cathode et une électrode ... et j'avais de l'hydrogène entre autre ... Heureusement que mes parents ne savaient pas tout. C'était il y a longtemps il y a prescription. L'acrylique est moins explosif (Encore que ...). Bref cet exposé d'Anselm contient de nombreuses pépites. Ci-après quelques-unes d'entre elles.

L’art, cependant, devrait permettre de regarder au-delà des choses et le visible n’être que le support de l’invisible, l’émanation du secret divin.

Je crains que la beauté qui se réalise dans l’art ne devienne cendre une fois remontée au niveau du discours.

L’art doit être nuisance.

Je n’ai foi que dans l’art et, sans lui, je suis perdu. Seuls les poèmes ont une réalité. 

Anselm Kiefer
L'Art survivra à ses ruines. Conférence Collège de France.

Note : AAAAAAAAAA

samedi 19 octobre 2019

The Mysterious Benedict Society and The perilous journey by Trenton Lee Stewart

Ohé les gars de la marine !
The Mysterious Benedict Society and The perilous journey by Trenton Lee Stewart (Little, Brown Books for Young Readers, 464 pages, 2009)

Incipit :
On a bright September morning, when most children his age were in school fretting over fractions and decimal points, a boy named Reynie Muldoon was walking down a dusty road.

Le volume deux de la saga. Cela me permet de patienter pour le volume 4 de la Passe-miroir. C'est vraiment de la bonne littérature jeunesse, de l'aventure, des personnages attachants, des moments périlleux, des moments de pure émotion. Le méchant est bien méchant mais pas trop, pour ne pas générer d'attaque cérébrale chez les moins de 12 ans (ni chez moi d'ailleurs). Le méchant s'est échappé à la fin du tome 1, The Mysterious Benedict Society, et là il revient, encore plus méchant. Pourquoi ? PARCE QUE. Mais les quatre compères ne se laissent pas faire, ils suivent un parcours d'énigme, style rally, et chacun aura sa part, l'union fait la force !!! Une fin haletante ! J'adore !!! Alors que je patauge dans le dernier Millenium (The Girl who lived twice), une bouse immonde, un étron stellaire, je souffre à chaque chapitre tellement c'est chiant, même l'anglais ne me motive pas suffisamment. Il est fort quand même ce Lagercrantz, pour atteindre un tel niveau de nullité, je lui reconnais même du génie dans ce domaine. Hé bien ce livre jeunesse, à côté, est une perle rare. C'est même indécent de le comparer à Lagercrantz. Cela fait trois semaines que je m'inflige Lagercrantz alors que ce volume 2 de La société mystérieuse Bénédicte, je l'ai dévoré en quelques jours. Y'a pas photo comme on dit chez les jeunes de moins de 20 ans. Enfin, les jeunes de moins de 20 ans des années 80. J'attends le volume 3 avec impatience. Dire qu'il me reste Millenium à finir. Courage ...

Note : AAAAAAAA

Introducing Postmodernism - A graphic guide by Richard Appignanesi & Chris Garratt

Bob'art !
Introducing Postmodernism - A graphic guide by Richard Appignanesi & Chris Garratt (Icon books Ltd, 192 pages, 2013)

Incipit :
The origins of 'postmodernism'.
Sir, - The first use of the termn "postmodernism" (Letters, February 19) is before 1926, and extends to the 1870s, when it was used by the British artist John Walkins Chapman, 1917 when used by Rudolph Pannwitz.

J'aime beaucoup cette série de guide illustré, comme pour la sémiotique. Cela porte bien son nom d'introduction, cela rappelle l'origine, multiple, les différentes appréciation du concept et son évolution au cours du temps. Un concept bien en accord avec notre temps, la société de consommation, la publicité, la communication, les réseaux informatiques et son corollaire la société hyper-médiatique, la déconstruction, l'art contemporain etc. Ces deux derniers éléments sont emblématiques par leur exploration des limites et la remise en cause de tout et n'importe quoi et la perte de repère, repères qui, avant, étaient assez claire. Cela donne en tout cas des clés de lecture de notre modernité, fut-elle post. Cela permet aussi de s'habituer à une prose inventive, mélangeant différents concepts, cela fait même un peu art contemporain, on déconstruit, on joue avec l'axe paradigmatique, on jongle avec signifiant/signifié, et après on est surpris et béat au centre de ruines sémiotiques fumantes, errant sur le pourtour asthmatique d'un tore asynchrone. Oui, il est temps que je prenne des vacances.

Nous façonnons nos outils et par la suite nos outils nous façonnent.
Marshall McLuhan (Trouvé dans le MOOC L'Art et la création numérique de la fondation Orange)

 Note : AAAAAAAAAA

A la première personne d'Alain Finkielkraut

"Je", deux rôles
A la première personne d'Alain Finkielkraut (Gallimard, 128 pages, 2019)

Incipit :
Parce que, malgré mes efforts pour ralentir le galop du temps, j'avance irrémédiablement en âge et aussi, je l'avoue, parce que je souffre des épithètes inamicales parfois accolées à mon nom, le moment m'a semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance.

Ayant à peine terminé La défaite de la pensée, je me suis laissé tenté par ce livre qui venait de sortir. Il y aurait beaucoup à en dire. Mais surtout mon souhait aurait été d'avoir Alain Finkielkraut en face de moi pour échanger sur quelques points avec lesquels je ne suis pas du tout d'accord et où j'aimerais des précisions. L'auteur n'est pas toujours simple à suivre, je n'ai pas son vécu, son savoir, ses connaissances et sa puissance de raisonnement. Mais j'apprécie son honnêteté intellectuelle et le fait qu'il essaye toujours d'argumenter avec sincérité. Tout le monde ne peut en dire autant. Malheureusement je l'ai il y a au moins une semaine, et j'ai terminé d'autres livres. Je n'ai pas pris la peine de prendre des notes, j'ai surtout discuté avec mon épouse sur les points qui me chagrinaient. Toujours intéressant de lire cet auteur pour moi car il me pousse à réfléchir. Là aussi je fais court, j'ai une peinture à terminer. Hé oui les journées ne font que 24h et je ne peux faire tout ce que j'aimerais. Quel rapport avec le livre ? Aucun.

Note : AAAAAA

Sans Atout et le cheval fantôme de Boileau-Narcejac

Hé Manu, tu montes ?
Sans Atout et le cheval fantôme de Boileau-Narcejac (Folio Junior, 176 pages, 2007)

Incipit :
Le Voyage
- François, regarde comme elle est faite, cette valise ! ... Si tu veux emporter des livres, ne les mets pas sur tes chemises. Allez, donne-moi ça ! Je me demande combien de temps encore il faudra être derrière toi ... Où as-tu fourré tes chaussettes ? ... François, tu pourrais répondre.
- Oui, maman.

Je m'aperçois que j'aime beaucoup les romans jeunesse. Mais pour celui-là il y a une autre raison. Je l'ai lu au collège. Sur les conseils de Guillaume, un handicapé moteur qui adorait Sans Atout et qui me l'a fait découvrir. Outre que cela m'a rappelé cet évènement, je voulais savoir si, après tant d'années, relire ce livre évoquerais en moi des souvenirs ou si même je me souvenais de l'histoire. Alors en fait un peu, une sorte de familiarité lointaine et diffuse. Retrouver ce type d'histoire de mon enfance est aussi une manière de me ressourcer, je ne saurais dire pourquoi, peut-être parce que on y retrouve un monde protégé d'une certaine manière, en dépit du suspense de l'histoire, une histoire classique comme je les aime, qui date d'un passé peut-être révolu à une époque, la nôtre, où la technologie, l'ordinateur, les téléphones portables doivent forcément pointer le bout de leur nez. Je dois être nostalgique. C'est donc cela. Un sentiment réconfortant. Ah oui, le livre est sympa. Et puis je fais court, j'ai du retard. Quelques évènements ont perturbé mon rythme de montre suisse.

Un crime peut être une œuvre d'art, et un détective un artiste.
Agatha Christie

Note : AAAA

La défaite de la pensée d'Alain Finkielkraut

Roger, passe moi le sel ...
La défaite de la pensée d'Alain Finkielkraut (Folio, 186 pages, 1987)

Incipit :
A l'ombre d'un grand mot.
 Dans une séquence du film de Jean-Luc Godard Vivre sa vie, Brice Parain, qui joue le rôle du philosophe, oppose la vie quotidienne à la vie avec la pensée, qu'il appelle aussi vie supérieure.

Un ouvrage qui donne un bonne idée des lignes de fractures qui traversent notre société. Qui m'a au moins donné, à moi, des éléments de réflexion, des points d'inflexions dans ma pensée. Par exemple entre d'un côté l'unité dans la différence qui peut mener au nationalisme le plus obtus et destructeur et d'un autre côté le cosmopolitisme, le métissage, qui peut mener à la dissolution et l'uniformisation dans un monde globalisé. Je me sens aussi bien dans la défense (peut-être pas le mot le mieux choisi) d'une culture française, d'une certaine idéologie, sans que cela mène pour autant à ce que Lévi-Strauss dénonçait (Est barbare celui qui croit à la barbarie) et qui a pu justifier l'impérialisme, colonialisme, que dans le métissage des peuples et des cultures et de goûter à la diversité du monde, à la richesse des croisements, sans pour autant m'incliner dans la dissémination des Mc Donalds partout dans le monde y compris en chine ou le quartier chinois de San Francisco. C'est un livre sur les frontières, diverses et pas que matérielles mais aussi mentales. Au delà de l'avis qu'on a sur l'auteur, ce livre permet de se positionner. Car la question est où se situe-t-on ? Soi, dans un groupe, au sein d'un peuple, dans le monde. Je suis tout aussi bien élitiste dans le sens où j'estime que l'apport de certaines civilisations ou une partie de certaines civilisations est supérieure à celles qui, par exemple, justifient l'excision, la lapidation, la domination d'un sexe par rapport à l'autre mais je comprends le relativisme explicité par Lévi-Strauss (à nouveau est barbare celui qui croit à la barbarie) qui met en garde celui qui jugerait à l'aune de sa civilisation. Je suis élitiste mais sans cautionner la distinction et le reproduction des élites selon Bourdieu. Mais égalitariste car je souhaite que tout le monde réussisse. Mais je comprends que des valeurs ne peuvent se dissoudrent dans le "Tout se vaut" et le nivellement par le bas d'un égalitarisme aveugle et sans exigence. Il n'y a donc pas une, mais des fractures, et celles-ci se situent à de multiples niveaux qui s'entremêlent et il peut devenir rapidement impossible de s'entendre si on n'explicite pas d'où on parle, de quel niveau on parle, et de quelle fracture en particulier on souhaite parler. Ce livre est d'autant plus intéressant qu'il parle de sujets qui peuvent faire polémique, qui touche à des lignes que les media montent en épingle (Il faut bien vendre), que certains journalistes un peu trop souvent transformés en polémistes épanchent avec leurs idéologies sous-jacentes au lieu d'informer de manière la plus neutre possible. D'un autre côté au citoyen d'avoir un esprit critique, de s'abreuver à différentes sources. Finalement pas de solution ... Mais l'idéal est certainement un vœux pieu et peut-être pas souhaitable, qui sait. Le meilleur des mondes nous a averti. Alors je pourrais illustrer une des thèse de ce livre par un exemple. Cela peut paraître un peu violent mais bon je fais court, donc je nuance moins. C'est un peu comme pour l'affaire de Tree de l'artiste Paul McCarthy. Une affaire très intéressante pour moi, qui illustre à sa manière l'ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich Le paradigme de l'art contemporain, ou même les propos en creux ou parfois un peu gênés ou hypocrites des podcasts sur France Culture à propos de l'Art contemporain (Je crois que c'est un des podcast de La Dispute mais n'en suis plus sûr, qui évacuent le problème en disant que les critiques de l'art contemporain sont anciennes et connues tout en évitant de répondre sur le fond, mais d'autres podcasts, avec un peu de langue de bois, reconnaissent à mi-mot un certain épuisement du sens), ou même l'interview par Audrey Pulvar du galeriste qui soutient McCarthy. Je précise de suite que je ne cautionne ni le vandalisme ni l'agression physique dont a été victime l'artiste. En revanche cela illustre ce que disait la sociologue Heinich. Le galeriste ne dit quasiment rien de l’œuvre, à part que pour lui c'est de l'abstrait (Ce qui fait un peu léger quand même). Tree n'a rien à voir avec un plug anal (On pourra s'apercevoir que si au delà d'une hypocrisie bien pensante ironiquement visible). Sauf que dans la même interview il disait ne pas savoir ce qu'était un plug anal (pourquoi pas) et quelques minutes après il indique que l'artiste avait un plug anal dans son atelier, qui lui rappelait un arbre de Noël une fois peint en vert etc.  La galeriste, qui se présente aussi comme spécialiste de McCarthy, vient à la fois de tout juste découvrir ce qu'est un plug anal tout en disant en filigrane qu'il savait bien, avant l'affaire donc, ce que c'était, vu qu'il décrit d'où vient l'idée et comment McCarthy se l'est appropriée, la langue de bois dans toute sa splendeur. On ne peut pas dire à la fois qu'on ne savait pas (alors qu'on est spécialiste de l'artiste) et dire juste après qu'on savait (en tant que spécialiste de l'artiste, en tant qu'acteur de l'art contemporain où le discours prime, justement). Puis dire, à l'encontre de toute évidence, que cette œuvre, Tree, n'est pas provocatrice, au détriment même de la définition de ce qu'est la provocation, ne dépassant guère la blague vulgaire d'un potache en mal de reconnaissance, et rejoignant les autres œuvres provocatrices de l'artiste, que le galeriste se cache bien de mettre en avant, comme la sculpture de G. W. Bush sodomisant des cochons. Mais aussi en contradiction avec le réel où des personnes se sentent, à tort ou à raison, offensés. Déni du réel. Bienvenue dans l'hyperréel où le simulacre remplace le réel, ou les faits deviennent alternatifs. Mais là où cela devient instructif est l'article de Libération où ceux qui critiquent Tree sont des anti-art contemporain (je récuse ce fait réducteur, je m'intéresse justement à l'art contemporain et il y a de nombreuses œuvres que j'apprécie) ou des peine à jouir (des coincés) manquant d'humour, sur ce point les critiques d'Alain Finkielkraut (oui il y a un lien avec le livre Défaite de la pensée et l'amalgame réac fait par Libération) sont bien plus drôle (Voir ce podcast, oui c'est un canal considéré comme Réac, je sais, merci). Lui non plus ne justifient en rien le vandalisme ni l'agression mais s'amuse de la détumescence (lol) de l’œuvre, cette dernière étant une structure gonflable, et là j'ai trouvé cela bien plus drôle, hilarant même, démontrant que certaines œuvres trouvaient leurs limites rapidement par la vacuité du discours (l’œuvre est bien, selon le galeriste, parce que ? ... Parce que ? Parce que McCarthy est célèbre !!!! Quelle profondeur de pensée, je suis foudroyé ...) et, comme l'ont démontrés les vandales, c'est surtout parce que c'est une œuvre qui bande mou, un art soutenu littéralement par ... du vent, via un compresseur (en un seul mot, mais en deux mots cela serait plus juste), une œuvre qui ne manquait malgré tout pas d'air (oui je continue à filer la métaphore), comme son auteur, le galeriste et l'entre-soi d'une petite élite bobo fortunée (Oui moi aussi je sais manier les clichés). Pour Libération ceux qui n'aiment pas ou critiques Tree sont ? Sont ? Des Fachos !!!!! Oui le point Godwin en filigrane, des gens de la Manif pour tous, alors que le titre parle ... d'inconnus, mais les inconnus qui s'en prennent à l'art contemporain, Libération les connait en fait). Pour Libération cette œuvre ambiguë (Mot cache-sexe (désolé) délicieusement hypocrite, vu qu'il s'agit d'une réplique exacte (ce n'est pas moi qui le dit) d'un plug anal de plusieurs mètres de haut). Pour Libération c'est ... ambiguë ... l'hypocrisie dans toute sa splendeur à nouveau, la novlangue dans toute sa beauté, finalement l'affaire est jubilatoire) devrait faire sourire, à peine sauvé par le conditionnel, ceux qui sont rendus fou ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Cela me fait assez mal de lire dans ce journal ce genre de conneries simplistes, niveau cours de récrée ou comptoir de bar, mais d'un autre côté je finis par trouver tout cela assez désopilant, enfin poilant (désolé pour le connoté mais je reste dans le ton). Oui je vois bien les frictions à bout moucheté entre Libération et Le Figaro ... l'entre-soit entre deux idéologies faussement opposées (Car les boutiques place Vendôme lisent certainement plus Le Figaro que Libération, et c'est Libération qui défend Tree et Le Figaro qui regrette l'art contemporain, rien que cela vaut son pesant de cacahuètes sur la confusion généralisée). Mais la critique aurait gagnée à être nuancée, équilibrée. Mais non, l'idéologie la plus crasse règne, de part et d'autres d'ailleurs, entre un Luc Ferry dénonçant à tout va, et des encensoirs idolâtres : Réponse néanmoins intéressante à Luc Ferry sur France Culture. Le galeriste devant Audrey Pulvar,  indiquant que l'art devrait éveiller les conscience et regrettant en même temps les critiques négatives, ne se rendant même pas compte de la débilité d'un tel propos, au moment même où les consciences justement s'éveillent ! Sortent de leur apathie ! Grosso modo l'art doit nous éveiller pour ... nous agenouiller devant lui, curieuse conception de l'éveil, plus dogmatique ou manichéen tu meurs (Arghh suis mort). L'adhésion inconditionnelle est la seule voie pour tout l'art contemporain, dévoilant ainsi sa vision totalitaire par ses thuriféraires, à l'inverse de l'éveil présupposé, celui qui doit nous interroger, nous élever et nous laisser libre, pourquoi pas, de ne pas être d'accord, oui je sais j'abuse grave. Les limites intellectuelles et spirituelles des petits soldats dont la cécité est cruellement visible pour toute personne déconstruisant ces discours simplistes qui n'arrivent même plus à voiler l'imposture tellement il est transparent. Maintenant, qu'un plug anal ait trôné sur une place célèbre de Paris, ne me surprend pas, dans un monde du simulacre, de l'illusion, de l'hyperréalité comme dirait Jean Baudrillard, où tout se vaut, à partir du moment où la nomenklatura l'a signifié, le réel n'existe plus, le monde des réseaux sociaux, médiatiques vous disent quoi penser, ad nauseam, vous font revivre l'attentat du 11 septembre en boucle pendant des semaines, ce n'est pas un attentat mais des centaines, l'hyperréel du monde de la copie, de la reproduction à l'échelle industrielle, bienvenu dans le virtuel. Ce Tree de McCarthy est une vision du mépris postmoderne, un fuck géant soutenu par les nouveaux riches, sans culture, sans histoire, sans passé, des jouets (sex toy géant) pour des personnes immatures, qui n'ont pas dépassé le stade anal, qui ne savent plus quoi faire de leur argent tellement il suinte de leurs pores, la décadence en somme, le Vivre et penser comme des porcs de Gilles Châtelet. (Il ne s'agit que de mon avis et vous avez le droit de ne pas être d'accord, juste d'éviter de me traiter de facho pour autant). D'une certaine manière Tree est l'arbre qui cache la forêt (Oui elle est facile celle-là). Malheureusement ce n'est pas le plus bel arbre qui a été choisi, une imposture qui reflète le choix émit par des imposteurs, il y a une logique là-dedans. La boucle est bouclée. Alors pourquoi je parle Art contemporain alors que dans ce livre d'Alain Finkielkraut il n'en parle guère ? Car il s'agit d'une ligne de fracture, d'incompréhension, presque d'impossible réconciliation, où s'agrègent de multiples axes, plans et qui vous range, bien malgré vous, et en dépit du réel, dans un camp ou dans un autre, dans un case définitive où on vous empêchera de sortir. Rien que d'avoir parlé d'Alain Finkielkraut avec un collègue m'a fait comprendre que j'avançais sur un terrain miné, sans même avoir dit si j'étais d'accord ou pas avec lui !. Où il devient difficile d'énoncer une pensée argumentée, de jouer cartes sur tables, de dire pourquoi on pense ceci ou cela. En fait ce qui me déplait profondément c'est le mensonge, l'imposture, l'injustice, l'hypocrisie, et je m'aperçoit que le monde en est bouffi. Je ne crois plus à ces inepties comme quoi Tree choquerait le bourgeois et donc serait rebelle ou punk (ha ha la tarte à la crème) ou quoi que ce soit d'autres. Artistiquement parlant c'est tout simplement pauvre, n'a aucune originalité, aucune profondeur (en dépit d'un dénoté explicite renforcé d'un connoté qui flirte clairement avec le fondement) et je n'ai rien lu d'intéressant sur Tree même, le discours ne tournant qu'autour de l'auteur, qu'il est connu, américain, la scène internationale !, etc., un discours meta, ou encore le discours comme quoi Tree n'a pas posé de problème dans d'autres pays (D'une certaine manière révélant sa vacuité, son insignifiance même, la France s'honore de dénoncer ce vide, on pourrait plutôt s'en réjouir non ?). Audrey Pulvar se trouvant dans la position de défendre un plug anal géant, cela fait un peu happening des Yes Men, sauf que ces derniers ont un réel discours dénonciateur, qui ne semble finalement rien changer non plus au monde ah la la tant pis. Au final l'"affaire" est assez drôle j'en conviens. Le comportement sectaire d'un certain milieu de l'art n'est pas dénué d'intérêt finalement. Qu'on soit en accord ou pas. Bref faut se détendre, tout va très bien, c'est une catastrophe comme on dit. Mais voir infra la citation de Marcel Duchamp (qu'on peut trouver dans Le Dictionnaire amoureux de l'art moderne et contemporain de Pierre Nahon). Tout est dit. Et par une personne qui s'y connait.

L'Art contemporain c'est l'art de se faire remarquer.
Laula, méta poète, France, 1981

Ce néo-Dada qui se nomme maintenant Nouveau Réalisme, Pop’Art, assemblage… est une distraction à bon marché qui vit ce que Dada a fait. Lorsque j’ai découvert les ready-made, j’espérais décourager ce carnaval d’esthétisme. Mais les néo-Dadaïstes utilisent les ready-made pour leur découvrir une valeur esthétique. Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté.
Marcel Duchamp – Lettre à Hans Richter, 10 novembre 1962.


Note : AAAAA

jeudi 3 octobre 2019

The Mysterious Benedict society by Trenton Lee Stewart

Famous Four
The Mysterious Benedict society by Trenton Lee Stewart (Little, Brown Books for Young Readers, 512 pages, 2008)

Incipit :
In a city called Stonetown, near a port called Stonetown Harbour, a boy named Reynie Muldoon was preparing to take an important test.

Voilà un livre d'aventure rafraîchissant, de l'excellente littérature jeunesse, un livre sur la perte, l'amitié, avec un suspense terrible et la magie des feel-good books. L'introduction est magistrale, la manière dont l'auteur s'arrange pour qu'un groupe d'enfants futés se rencontrent et soient amenés à défendre le monde d'une menace Orwellienne et panoptique. Quelques astuces, des puzzles, et beaucoup de tendresse. Je ne dirais pas que cela me rappelle Le club des cinq ou Les six compagnons car, hum, bon, je ne m'en rappelle plus très bien, mais c'est peut-être comme ce livre que je ressentais ces séries étant plus jeune, et donc cela m'a rappelé ces moments passés. Peut-être aussi la réminiscence du premier volume de Kim détective (Lu au moins cinq fois), ou de la série des Sans Atout de Boileau-Narcejac, que j'ai lu au collège. Bref ce livre jeunesse a été un grand moment nostalgie-bonbon, sous la couette le soir, à m'évader de pensées moins fun. Je crois que je régresse, je vais bientôt relire Oui-Oui ou regarder les Barbapapa. Nan pas de citation cette fois, que le souvenir d'un doux rêve qui m'échappe déjà. Vous posez pas de question, lisez ce livre (en français si vous voulez, il existe) il vous enchantera (Faut aimer la littérature jeunesse quand même, hein, sinon pas sûr que la magie opère).

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA

mercredi 2 octobre 2019

Roland Barthes par Roland Barthes par Roland Barthes

Fioritures entropiques
Roland Barthes par Roland Barthes par Roland Barthes (Points, 256 pages, 2014)

Incipit :
Voici, pour commencer, quelques images : elles sont la part du plaisir que l'auteur s'offre à lui-même en terminant son livre.

Un livre assez autobiographique mais avec une distance aristocratique, l'auteur parle de lui à la troisième personne, ce qui m'a rappelé ma professeur de sixième, Mme Hecquet (Collège Sagebien à Amiens), gloire à elle qui m'a instruit, qui faisait de même à l'oral mais, symétriquement, en parlant de son interlocuteur. Je me rappelle d'une fois où, en me posant une question du style "Il a fait telle chose", je m'étais vu répondre "Qui ça ?", pour finir par comprendre que c'était de moi dont il était question. Bon vous vous en tapez royalement, je le comprends. Sous couvert d'une biographie et d'éléments intimes ou personnels (Je parle du livre là), c'est aussi une suite de réflexion sur le langage, grand dada de l'auteur, et plus largement de sémiologie, avec de nombreuses illustrations, parfois conceptuelles comme page 230 sur le signifiant sans signifié (Tout en illustrant un signifié, autre que celui qui n'est pas directement représenté). Je ne savais pas Roland Barthes peintre (plus d'une centaine d’œuvres, au moins une fois exposées à Beaubourg), ni aussi versé dans le piano. De brefs passages où je pense n'avoir pas compris grand-chose même si j'ai un début d'idée, ce qui peut faire court dans un exposé. La liste des illustrations, à  la fin de l'ouvrage, donne plus de détails mais ce n'est pas pratique car les pages du début ne sont pas numérotées (!). Mais le papier est épais, glacé et cela rattrape un peu cet anomalie (Nan je déconne, c'est deux claques oui). C'est un livre par entrées, alphabétiques, qui peut vraisemblablement se lire dans le désordre. Cela fourmille d'idées et d’anecdotes, notamment sur les livres qu'il envisageait d'écrire. C'est autoréférencé de ses différents ouvrages, sorte de hub d'accès à sa bibliographie. Sa mort est évoquée dans La septième fonction du langage, sorte de livre hommage, en tout cas plus hommage que Le Barthes sans peine qui, dit-on, aurait blessé l'amour-propre de Barthes. Et je peux le comprendre. A la lecture de ce R.B. par lui-même on devine aisément quelqu'un de sensible, de bienveillant, qui souhaitait, à sa manière, participer à la grande aventure humaine. Oula je m'emballe. Bref, un livre qui m'a accompagné ces dernières semaines, puisant de temps à autres quelques morceaux choisis.

Tab n° 19 : Déchirure II ou la 6ème extinction
Une autre de mes peintures, toujours aussi joyeuse. Déchirure II ou la sixième extinction (Acrylique, 24x30cm). Il y a un peu de sable fin aussi ... Titre dans l'air du temps. Je ne fais pas partie du club un peu crétin des A.A.F. (All Against Franzen). En fait j'ai eu une promo sur le rouge donc je l'utilise, cela tombe bien, c'est raccord avec le dernier rapport du GIEC. Les mêmes qui trouvent Franzen trop alarmiste, ce qui ne manque pas de sel venant de leur part, mais le plus troublant est la mauvaise foi de ces mêmes scientifiques qui, semble-t-il, ont des soucis de compréhension de texte et font un procès simpliste et biaisé. Comme quoi être scientifique et faire de l'idéologie n'est pas antinomique. Ce tableau aurait pu s'appeler Déclivité d'un cycliste alcoolique et sa mort prématurée. Les marques de pneu mènent à la scène de l'accident de manière ascensionnelle, la chute de l'histoire étant celle dudit cycliste dont il reste la mare, comme la trace d'un bateau ayant quitté le port, la déclivité de sa ligne de vie en contrepoint de la ligne montante, un manque de politesse en somme.

Les cris des bêtes sont des sténographies sensorielles dans l'espace. Tel était le langage premier de l'homme.
Malcolm De Chazal

Note (Du livre pas de la peinture) : AAAAAAAA

Le continent de la douceur d'Aurélien Bellanger

Missel Europa
Le continent de la douceur d'Aurélien Bellanger (Gallimard, 496 pages, 2019)

Incipit :
Les mathématiques étaient passées avec facilité, comme une seconde naissance, à travers les bassins en nylon tissé des baudriers fluo et ils évoluaient déjà dans les branchages luminescents par grappes de trois ou quatre - les plus beaux fruits de la terre, les ramifications dernières des sciences mathématiques, les cerveaux les plus légers du monde.

J'aime bien cet auteur, que ce soit La théorie de l'information (Avec Xavier Niel fictionalisé et des liens avec Shannon, voire résumé sur youtube ici) ou encore L'aménagement du territoire.  J'adore sa prose, sa manière de raconter, pleine de ramification et de liens en sous-texte. C'est à l'écoute du Masque et la plume qui parlait de son dernier roman qu'il m'a été rappelé à l'existence. J'ai été franchement comblé, heureux de le retrouver. Il a l'art et la manière de s'abreuver de l'actualité, aussi bien l'histoire que les technologies et il parsème son ouvrage, et ce n'est pas gratuit, d'éléments divers puisés par ci par là. Qu'il cite le jeu de Go, le Raspberry Pi, Gödel, ou encore l'excellentissime Jeu des perles de verre d'Hermann Hesse, cet auteur est du miel de châtaignier pour moi (Oui l'un de mes miels préféré !). C'est bien écrit, très littéraire pour moi. Et il en a des idées. Par exemple son énigme sur la corde. La réponse est 2*Pi, après un calcul très simple, sauf qu'il ne parle jamais de la formule ni qu'il s'agit de 2*Pi, juste 6,28. Ce qui n'obscurcit en rien le propos, or Pi apparait plusieurs fois avec le Raspberry par exemple. Mais surtout c'est raccord entre les mathématiques type formule et les mathématiques intuitionnistes évoquées dans l'ouvrage. J'ai appliqué la formule, bêtement je pourrais dire, et pourtant la réponse m'a surpris, contre-intuitive justement ! Toute la différence entre savoir (formules toutes faites) et connaissance (savoir intégré qui peut s'exprimer par l'intuition via notre calculateur quantique, notre cerveau), or mon intuition ne m'aurait jamais donné cette réponse. Tout ça pour dire que cet exemple est magnifique de pertinence dans cet ouvrage. Et s'il n'y avait que cela. C'est une réflexion poussée sur l'Europe. Qu'un personnage, femme, porte ce nom est aussi à lecture multiple et symbolique. Calculabilité et histoire européenne. Quel étrange duo, et pourtant il arrive à mêler intelligemment les deux. J'aime cette écriture à plusieurs niveaux, à plusieurs couches, cette complexité où il est possible d'avoir plusieurs regards, plusieurs interprétations, plusieurs niveaux de lectures, des rapprochements inattendus pour ainsi dire poétiques, jeux de langages, d'images, de science, de symboles, qui prennent d'autant plus de poids que je lis aussi Roland Barthes par Roland Barthes et Le Dictionnaire amoureux de l'Art moderne et contemporain.  Bon j'avais pris des notes sur ce livre mais j'en ai perdu une moitié. Peu importe, cet auteur est brillant, il me transporte. Une fin que je trouve magnifique, j'ai pas d'autres mots. C'est fort, puissant, je suis sur le cul. Bon je n'avais pas lu son livre sur Le Grand Paris, je vais compléter de ce pas. Il m'a l'air d'un touche à tout, sa fiche wikipédia impressionne car cela dépasse ces quatre romans. Hummm je vais creuser, il devrait y avoir du youtube, du France Culture à regarder/écouter. Je m'en délecte d'avance. Si vous voulez un résumé il y en a un sur youtube, mais pas utile, foncez ! Pourquoi il a pas le Goncourt au fait ? (Bon cela me rassure, sa fiche wikipédia indique qu'il a eu le Prix de Flore et le prix Amic de l'Académie française, c'est un bon début). Au fait, Aurélien, dis moi, tu fois quoi ce week-end ? Je me taperais bien une petite discut' avec toi ... Par exemple il y a quelques trucs où je sais pas si tu es dans le 1er, le 2ème, le 3ème ou le nième degré. Page 258 "Il n'y avait pas plus démocratique qu'un milliardaire", ben voyons Ginette. Page 260 "La violence, c'est casser une bouteille au lieu de l'ouvrir délicatement", humm pas con Robert. C'est un peu de la philo pet de lapin, non ? Mais le reste relève très largement le niveau. Je sais, je suis taquin. M'en veut pas, c'est de naissance.
Tab n°17 : Déchirure ou la 6ème extinction

Voilà une autre peinture, très festive, sur la déchirure du monde, la sixième extinction en cours. Bon vous pouvez aussi y voir un furoncle en phase terminale, chacun ses obsessions. Acrylique, 24x30cm. Il y a de la coquille d’œuf, du sable fin, de la craie pilonnée, ha oui de l'acrylique aussi, et énormément de talent (arf arf). Un peu d'acétone pour cramer mes poumons, heu non, pour faire des traces ... voilà voilà, bonne journée !



Note (Du livre, pas de la peinture) : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA (Vas-y Aurélien !!)

There is a great satisfaction in building good tools for other people to use.
Freeman Dyson (From Wikiquote), qu'il est possible de traduire librement par : "C'est trop de la balle de concevoir de bons outils que les gens peuvent utiliser "

lundi 30 septembre 2019

Semiotics A graphic Guide by Paul Cobley & Litza Jansz

This is not a pipe, nor a wolf
-> Introducing SeMiotics A Graphic Guide by Paul Cobley & Litza Jansz (Icon Books Ltd, 176 pages, 2012)

Incipit étendu :
If you go to the right cocktail parties, or hang around the foyers of the right cinemas, or read the right Sunday colour supplements, or watch the right late night arts programmes on TV, then you will know that "semiotics" is a valuable buzzword.


Déjà j'aime bien apprendre en m'amusant. Et la présentation bande-dessinée me rappelle, il y a fort longtemps, ce même type d'ouvrage à la bibliothèque d'Amiens. La raison est que j'ai une approche visuelle, j'aime les schémas, les synoptiques, l'architecture, les graffitis ... heu pardon je m'égare. Bon là cela parle de signes, forcément on s'attend à voir plein de dessins, en plus la couverture rappelle Magritte, un de mes peintres fétiches.C'est ludique donc.  Bref, cela fait sens avec d'autres lectures comme Le nom de la Rose, ou encore Le Signe d'Umberto Eco, et plus globalement mes lectures sur la linguistique et le langage. Mais aussi ma lecture presque terminée de Roland Barthes (par Roland Barthes, autoréférentiel à souhait). Sans parler du MOOC sur l'Art Contemporain dont les vidéos sont disponibles ici, 59 vidéos sur l'Art après la métaphysique par John David Ebert. Et, cela va de soi, avec les peintures que je réalise. Ce livre n'est pas qu'une introduction, c'est culturel, historique, référencé et ne manque pas d'humour. Les aspects postmodernes m'amusent beaucoup, il y a un peu d'onanisme intellectuel je trouve, mais bon ce n'est que mon avis partiel et partial. Ce livre donne le vocabulaire de base, quelques aspects historiques, les personnages clés (Saussure, Pierce, Jakobson etc.), les concepts, et propose une réflexion sur la sémiotique (à distinguer de la sémiologie mais bon franchement ...). L'annexe qui indique des lectures pour approfondir m'a fait rêver. Mais voilà, dépenses minimums donc je vais devoir lire mes 7845 livres en retard qui s'empilent autour du lit, c'est ma femme qui va être contente. Bon j'ai la flemme ce soir, je suis crevé. Alors pas d'insert d'une de mes peintures et pas de citation. Faudra chercher vous-même. Non, ne me remerciez pas.

Note : AAAAAAA

samedi 21 septembre 2019

La clé USB de Jean-Philippe Toussaint

Travail à la mine
La clé USB de Jean-Philippe Toussaint (Les Éditions de Minuit, 191 pages, 2019)

Incipit :
Un blanc, oui. Lorsque j'y repense, cela a commencé par un blanc. A l'automne, il y a eu un blanc de quarante-huit heures dans mon emploi du temps, entre mon départ de Roissy le 14 décembre en début d'après-midi et mon arrivée à Narita le 16 décembre à 17h15.

Un roman à l'ambiance d'espionnage. C'est bien écrit, l'ambiance est très bien rendue (suspense, sentiment d'oppression, de surveillance généralisée) et les thématiques bien exploitées : traces numériques, confiance numérique, grandes quantités de données qui se promènent sur de simples objets, le téléphone comme fil à la patte, à la fois médiateur pour se connecter au réseau "virtuel" et outil de pistage. Jeux des apparences, qu'elles soient économiques, éthiques, sociales ou techniques. L'incipit fait état de cette opposition apparente, entre la précision chirurgicale de l'horodatage de l'espace-temps borné de son absence et en contrepoint le "blanc" où il laissait le moins de traces possibles. Entre vide et plein. Ce plein de données qui est le big data, denrées rares parfois, où le mineur de Zola se transforme en mineur de crypto-monnaie, cette dernière garantie par des livres de comptes chiffrés (blockchain), où on passe à côté de l'essentiel, vivre. Quelques erreurs factuelles comme page 74 sur les adresses IP. L'auteur clairement a simplifié grandement la réalité. Non les ordinateurs n'ont pas une adresse ip fixe. De surcroît elles ne sont pas toutes accessibles, il y a les plans d'adressage privé et public. Les premiers sont inaccessibles par essence, mais il y a des techniques de contournement plus ou moins complexes. Mais cela n'enlève rien au roman et ce n'est pas gênant finalement. C'est suite à un Masque et la plume que j'ai été amené à lire ce livre, et surtout que j'avais eu l'impression que la fin réservait une surprise. Je devais être particulièrement bouché ou alors dans une expectative excessive car la fin, m'enfin, m'a laissé sur ma faim. Je dirais même qu'une déception notable a envahi mes synapses. Je suis passé à côté de quelque chose ...  comme le héro du livre finalement. Mais je m'attendais tellement à quelque chose que ce quelque chose m'a semblé futile et désappointé je fus. Certes c'est bien fait mais au final j'aurais pu me passer de cette lecture. Bon ok la fin m'a fortement déçu. C'est plat alors que tout l'ouvrage faisait monter un suspense assez dense. Il y a bien une chute à la fin de l'ouvrage, la chute de mon intérêt. D'un autre côté cela correspondait au moment où la lecture se terminait. Mais en même temps j'aime bien que perdure quelque chose au delà, une fois avoir clos un livre. Raté. J'ai commencé Le continent de la douceur d'Aurélien Bellanger pour me réconforter (Et ça marche, pour l'instant). J'aime beaucoup cet auteur même si je n'ai lu que ses deux premiers romans (La théorie de l'information, lu avant le commencement de ce blog et L'aménagement du territoire). Faudra que je lise son Grand Paris.
Tab n°15 : Transmutation I

 Voici un autre tableau, Transmutation I. Initialement Transmutation, mais comme depuis j'en ai fait un autre ... Aux couteaux. Mais sans les lancer. Les couleurs, en séchant, sont moins vives et c'est bien dommage. Le bleu en particulier s'est fortement assombri. Il va me falloir expérimenter un peu plus. Acrylique, 30x40 cm, peinture Abstract de Sennelier. Cela peut faire penser au feu primordial du Big Bang ou à celui des alchimistes dans leur Athanor. Ils voulaient transmuter le plomb en or, ce que les physiciens dans leur athanor géant, les accélérateurs de particules, ont pu faire (Mais cela coûte un bras). N'était-ce pas d'une intuition tout bonnement incroyable ? En tout cas peindre me semble être un dialogue avec moi-même et me rapproche des artistes (les vrais) car je me pose dorénavant des questions que je ne me posais pas et j'apprécie aussi mieux leur travail maintenant que je perçoit certaines difficultés. J'expose à Beaubourg en fin d'année, vous êtes invités. Naaaan je déconne ! J'ai laissé la place à Christian Boltanski. Je pense que vous êtes gagnant. De rien.

La science du beau est une drôlerie inventée par les philosophes pour la plus grande hilarité des artistes
Émile Zola

Note : AAAA