mardi 1 janvier 2019

Avicenne ou La route d'Ispahan de Gilbert Sinoué

Perse mode d'emploi
Avicenne ou La route d'Ispahan de Gilbert Sinoué (Folio, 532 pages, 1990)

Incipit étendu :
Première makama

Au nom d'Allah, celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux

 Moi, Abou Obeïd el-Jozjani, je te livre ces mots. Ils m'ont été confiés par celui qui fut mon maître, mon ami, mon regard, vingt-cinq années durant : Abou Ali ibn Sina, Avicenne, pour les gens d'Occident, prince des médecins, dont la sagesse et le savoir ont ébloui tous les hommes, qu'ils fussent califes,vizirs, princes, mendiants, chefs de guerre ou poètes. De Samarkand à Chiraz, des portes de la Ville-Ronde, à celle des soixante-douze nations, de la magnificence des palais aux humbles bourgs du Tabaristan résonne encore la grandeur de son nom.

Ce livre était posé sur la table d'un ami musulman et il m'en a parlé chaudement donc je l'ai lu et je n'ai pas été déçu du tout. Une relation de maître-élève, la transmission du savoir malgré les soubresauts du monde. Une ambiance orientale très bien rendue mais surtout un roman sur un savant traversant le chaos du monde, le bruit et la fureur des passions de pouvoir et arrivant tout de même à mettre en œuvre son génie polymathe : médecin, philosophe, musicien, poète, philologue et autres. Plutôt bien écrit, poétique avec des remarques pleines de sagesse. Une aventure comme un conte des mille et une nuits avec rebondissements divers mais aussi l'état de l'art de l'époque en médecine. Bon là je crois que je ne pourrais pas ... la trachéotomie au petit-déjeuner c'est pas pour moi. On pourra y lire le Serment d'Hippocrate p. 244 (Que je venais de lire dans La médecine pour les Nuls, un hasard ? certainement pas. Illuminati !). Autre coïncidence, on venait de me parler de l'ouvrage Le livre des Rois de Ferdowsi, le Shâhnâmè pour les perses. C'est un habitué du bar où je vais lire de temps en temps, tôt le matin, à l'ouverture, qui m'en a touché un mot. Un bar où je ne bois que café et chocolat chaud je vous rassure, et où je suis surnommé L'écrivain ...  C'est sympathique, mais erroné. Bref, il m'avait parlé de sa passion pour la Perse et en particulier l'art, et ayant lu le livre des rois il m'en a tracé les grandes lignes, un livre important au même titre que l'Odyssée ou Gilgamesh. Un livre dont je n'avais jamais entendu parler. Et ce livre, ainsi que son auteur, sont cités dans cette histoire (p. 250). Au final une belle aventure de la pensée. J'ai voyagé ces quelques derniers jours. Béni soit Sinoué.

Notre existence s'écoule en quelques jours. Elle passe comme le vent du désert. Aussi, tant qu'il te restera un souffle de vie, il y a deux jours dont il ne te faudra jamais t'inquiéter : le jour qui n'est pas venu, et celui qui est passé ... (p. 222)

Note : AAAAAA

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