lundi 11 février 2019

Les libertins baroques de Michel Onfray

Blue Oyster Cult
Les libertins baroques, Contre-histoire de la philosophie t.3 de Michel Onfray (Livre de Poche, 314 pages, 2009)

Incipit étendu :
Identités du Grand Siècle. L'historiographie classique parle du Grand Siècle pour caractériser le XVIIe. Grand, certes, probablement, mais pourquoi, pour quelles raisons, et selon qui ? Les questions ne se posent pas. L'affaire est entendue ... De sorte qu'à se demander d'où vient l'expression, à qui on la doit, ou quelle personne en est l'auteur, on se trouve bien en peine. La locution circule mais jamais explicitée, racontée ou démontée.

L'auteur continue (Ici le tome 3, bon là non plus je ne lis pas dans l'ordre, zut, j'ai commencé par le tome 4 : Les ultras des Lumières) sa recette favorite : thématique d'une période (Ici les libertins baroques), réhabilitation de philosophes oubliés ou mis dans l'ombre (Volontairement ou non), déconstruction des a priori et de l'histoire officielle, forces mises en perspective, remise en cause de clichés ou étiquettes imposées ou des philosophes "officiels" et reconnus, histoire de la pensée (Ici le XVIIème), liens avec tout le reste (Pensée antique, etc.). On retrouve les portraits et un résumé de la pensée de Pierre Charon, La Motte Le Vayer, Saint-Evremond, Pierre Gassendi, Cyrano De Bergerac et Spinoza. Un passage particulièrement intéressant sur les anamorphoses, comme celle que l'on retrouve sur le tableau d'Holbein, Les ambassadeurs. Cette série de Michel Onfray est vraiment pas mal, j'y découvre tellement de choses sur l'histoire, ce que de grands penseurs ont vécu, ont imaginé, ont pensé. Ce que leur époque leur permettait d'espérer, de divulguer. La stratégie des libertins est intéressante. Très conformiste en public, ne pas déranger ou outrer. Mais en petit comité très anti conformiste, remettant en cause l'état des choses, le sapere aude des Lumières avant l'heure en somme, dont on peut considérer que le terrain a été préparé par les libertins. Des portraits de penseurs avec leurs failles, leurs limites, leurs passions, leurs vies singulières. J'ai bien aimé l'éclairage sur le rôle des salons, tenus par des femmes. Lieu de rencontre amoureuse autant qu'intellectuelle et spirituelle, les cafés philo de l'époque, en plus raffiné peut-être. Là aussi je me dis que toute la série de la contre-histoire de la philosophie d'Onfray mériterait d'être étudiée. Après tout il semble n'y avoir que 11 volumes, c'est faisable, non ?


Ni rire ni pleurer, mais comprendre.
Spinoza

Note : AAAAAAA

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