mardi 19 mars 2019

Le signe d'Umberto Eco

L'homme est bien langage (p. 254)
Le signe: histoire et analyse d'un concept d'Umberto Eco (Le Livre de Poche, 280 pages, 1992)

Incipit :
I. Supposons que M. Sigma, citoyen italien en voyage à Paris, se mette à ressentir un «mal de ventre ». J'ai utilisé un terme très général, parce que M. Sigma n'éprouve encore qu'une sensation confuse. A présent, il se concentre pour définir le malaise : brûlures d'estomac ? spasmes ? coliques ? Il tente de donner un nom à des stimuli imprécis : en les dénommant, il les culturalise ;

Un livre plus difficile que Le langage, plus académique, théorique, plus universitaire ausi. Il n'en reste pas moins très clair, structuré et éclairant sur la richesse, pour ma part insoupçonnée, des signes et de la sémiologie en général. Un livre qui commence par une histoire qui ne paye pas de mine mais où, 90 pages plus tard, vous manipulerez des catégories du genre Légisigne Iconique Rhématique et autre Sinsigne Indexical Dicent. Cela pourrait ne pas être vendeur (comme on dit dans le jargon du marketing ciblé du détail) à part pour quelques individus câblés d'une manière spécifique, mais tout est défini clairement avec des exemples. Donc pas d'inquiétude. Mais c'est pour donner une idée du niveau d'analyse et d'abstraction où on peut être mené pour décrire les signes, les classer, les analyser et les différencier. Parfois je trouve l'auteur un peu pédant, par exemple au chapitre 5, le plus touffu et parfois difficile à suivre, page 230, 231, 232, plusieurs paragraphes quand même denses, pour au final, je cite : « En bref, les énoncés ne reflètent pas la forme des faits : c'est nous qui, par apprentissage, pensons les faits dans les formes où les énoncés les ont coulés». Tout ça pour ça ! D'un autre côté, si on commence par la conclusion, les paragraphes qui précèdent deviennent tout à coup plus clair. Tout de même une introduction sur la sémiologie qui m'a vraiment passionné. Ahhhh cela fait du bien de lire des livres comme cela ...


Les paroles seules comptent.
Le reste est bavardage.
Ionesco.
 Note : AAAAAAA

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