samedi 9 mars 2019

Silence de Comès

Fée clochette et campagne profonde
Silence de Comès (Casterman, 145 pages, 2018)

J'avais lu cette bande-dessinée il y a fort longtemps, je me rappelle avoir été conquis par cette intrigue mêlant superstition, sorcellerie, enjeux de pouvoir, Histoire, deuxième guerre mondiale, racisme, méchanceté, esprit de clocher etc.  avec un noir et blanc de toute beauté, aplats au pinceau, jeux d'ombres. La portée symbolique est très bien menée, le silence du muet, celui de l'omerta d'un village, le silence des lâches, de la complicité, de la peur, les taiseux de la campagne, le silence imposé, le silence de la neige, de la nuit, de l'automne. L'auteur joue avec ces nombreux contrastes, comme ceux du noir et du blanc. Le silence du muet qui s'associe avec la perte de la vue, cela rappelle le manque, ce manque des sens en conflit avec les manques de la morale, de l'éthique, de la bonté. C'est une histoire forte, et j'avais un peu oublié la violence qui l'habite. C'est, avec notamment Le Grand pouvoir du Chninkel (et d'autres), parmi mes BD favorites. L'idiotie de Silence me rappelle Des fleurs pour Algernon, la vengeance L'été meurtrier, et la source de l'intrigue polluant la vie d'un village a été utilisée dans la série Les vieux fourneaux. Basic Instinct des campagnes, un Amour et la Haine de Mélanie Klein, en noir et blanc. Il n'en reste pas moins que Silence est une référence. Un chef d’œuvre. Un classique. A lire. Vraiment. Parabole partiellement biblique, comme pour Adam, innocent qui a accès à la connaissance suggérée par Eve, qui le mènera à sa chute. Mais à la fin, transcendante, sous forme d’Éden retrouvé, l'auteur contrebalance la noirceur de l'histoire.

Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse.
Sénèque.

Note : AAAAAAAAAAAAAA

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