dimanche 28 avril 2019

A mind at play by Jimmy Soni & Rob Goodman

Are you talkin' to me ?
A mind at play. How Claude Shannon invented the information age by Jimmy Soni & Rob Goodman (Simon & Schuster paperbacks, 365 pages, 2017)

Incipit :
The thin, white-haired man had spent hours wandering in and out of meetings at the International Information Theory Symposium in Brighton, England, before the rumors of his identity began to proliferate.
Wahou, quelle très belle biographie, qui rend honneur à son sujet. A la fois les aspects scientifiques d'un changement de paradigme notable sur le traitement de l'information, sur sa nature réelle, et comment l'appréhender, mais aussi l'histoire d'un génie, d'un chercheur, d'un curieux, d'un bricoleur. Le mot bricoleur m'ennuie car tinkering en anglais n'a pas les mêmes connotés négatifs que bricoler en français. Une personnalité un peu névrosée, humble, à l'esprit brillant. Une lumière qui va vaciller (Alzheimer) comme l'écrivent les deux auteurs, pour un esprit toujours en joie (A part un bref passage limite de dépression), ce qui est rare, semble-t-il, parmi les chercheurs. Le mot courage (p. 277) est même évoqué alors qu'il est rarement associé aux mathématiciens et autres ingénieurs. J'aime beaucoup que Claude ait été comparé à Maurits Cornelis Escher (p. 278) dont je suis un admirateur depuis longtemps. Amusant que les auteurs estiment que tout "vrai" mathématicien ou informaticien ait un jour essayé de jongler avec au moins trois balles. Ce qui est mon cas (*wink*). J'avais aussi une version de The Ultimate Machine avec une main de squelette (Arf arf), qui doit trainer quelque part dans mon bureau, qui porterais bien le même nom que la maison de Claude : Entropy house. Et puis un de mes premiers programme en C, il y a bien longtemps, était un logiciel de compression de données utilisant l'algorithme LZW (Liv Zempel Welch) bien que Welch ne soit pas ici cité (je ne sais pourquoi), et Claude a ouvert cette voie sur cette compression particulière. Dans la richesse de ce livre j'y entraperçoit de la philosophie antique, page 257, le connait-toi toi-même, p. 263 le discours lié au prix Kyoto mélangeant entreprenariat et Zen (!), ou encore p. 260, le changement de perspective et à l'instar d'Alice traversant le miroir et changeant de dimension, permet de percevoir le monde différemment, de le transformer radicalement. Un peu comme l'expérience à la Maison de la Magie de Blois, il y a quelques années, où, en portant des lunettes miroir 45° (Diagon Alley ?) on voyait le plafond lunaire donnant ainsi l'impression de marcher sur une planète inconnue, le sol étant en réalité normal. Génial !!! J'aime beaucoup le code caché sur sa pierre tombale (p. 272). Seul le curieux est ainsi récompensé, seul celui qui fait l'effort de chercher trouve, seul celui qui a encore le courage d'aller au delà peut aller au delà justement (Oui La Palice en rougit de bonheur). En plus une formule cachée, cela fait rêver, non ?. Ce n'est pas la formule de Dieu, mais celle de Claude, voilà tout. Claude qui a su garder une âme d'enfant et s'intéresser à des choses qu'un scientifique "standard" considèrerais comme superflu, indigne de lui, frivole. Il a eu l'énorme chance d'être dans une époque qui laissait aller à la rêverie, au temps libre pour s'adonner à ses passions, un peu comme une part de temps libre chez Google pour projet personnel, sauf qu'à Bell Labs c'était tout le temps (!). Moi qui aime bien les codes, Claude a travaillé pendant la seconde guerre mondiale en cryptographie ... Son attrait pour les jeux d'argent me parlent, lui la roulette, moi plutôt le Poker Texas Hold'em. Wouha la vie de rêve, la maison de rêve, emplie de gadgets ... une vie riche, passionnée et passionnante ... Bref, cette biographie m'a émue, transporté, fait voyager dans les étoiles. Claude is my new God. Oui, c'est vrai, je me permet de l'appeler Claude. Je n'ai pas son génie, mais je me sens extrêmement proche de lui, à mon échelle. Cela aussi a contribué à faire de cette biographie un moment de grand bonheur. Un hommage éblouissant pour "l'esprit ingénieur", que beaucoup de jeunes devrait lire, étudier. Un exemple à suivre.

The true spirit of delight, the exaltation, the sense of being more than man, which the touchstone of the highest excellence, is to be found in mathematics as surely as in poetry.
Bertrand Russell.

Note : AAAAAAAAA,

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