lundi 8 avril 2019

Une langue venue d'ailleurs d'Akira Mizubayashi

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Une langue venue d'ailleurs d'Akira Mizubayashi (Folio, 272 pages, 2013)

Incipit :
En 1983, je fis la connaissance de Maurice Pinguet, l'auteur de La mort volontaire au Japon (Gallimard, 1984). Je venais de rentrer de Paris où j'avais vécu trois ans et quelques mois.
Au travers d'une approche auto-biographique, un hymne d'amour à la langue française où l'on suit la trajectoire de ce mariage entre un homme et une langue seconde. Ce que j’apprécie, indépendamment de sa passion pour une langue autre au point d’être un locuteur proche d’un natif de la langue, avec cette poésie d’un accent légèrement du sud (Toulouse), c’est sa sincérité et son regard sur le monde. Je me sens assez proche de lui, ce qui induit, incidemment, un avis biaisé, subjectif cela va sans dire, mais avec une dérive propre à l’attachement qu’on porte sur l’objet en question. Je reste dans le cadre de mon centre d’intérêt du moment, le langage (Les langues, la linguistique, la sémiologie), et ce témoignage d’une personne ayant acquis une deuxième langue avec un investissement fort me touche car j’ai pris conscience, à ma mesure, de l’investissement nécessaire pour maîtriser un tant soit peu une autre langue. Ce qui m’a surpris et affligé c’est d’apprendre, dans Le prisme des langues je crois, que, de mémoire, 7 mois dans le pays équivaut à 7 ans d’apprentissage à l’école ! (Alors je mets un seul point d’exclamation mais une myriade s’imposerait de fait). Je me doute que rien ne vaut l’immersion, mais j’ai des soupçons que l’approche très scolaire n’est pas à la hauteur des enjeux. Néanmoins je me dis qu’avec Internet et l’accès à des ressources nombreuses, diverses et variées il est bien plus simple, pour qui s’en donne la peine, d’apprendre une langue de nos jours qu’il y a 20 ans (Pour ceux qui ne pouvaient voyager dans le pays, qui n’avait pas d’amis locuteur de la langue étudiée). Il y a de nombreux passages, assez intime, très touchant, où l'auteur se dévoile d'une manière courageuse je trouve. En ce sens il a raison de penser qu'écrire c'est manquer à la pudeur. Je vois bien de quoi il parle en disant cela. De plus cela résonne en moi d'autant mieux que ma fille vient de partir en Corée, à la découverte d'un pays qu'elle affectionne tant, au point d'en étudier la langue depuis plusieurs années et d'être particulièrement fan de K-Pop. Au travers elle je baigne dans le bonheur. L'auteur démontre aussi une maîtrise du langage assez étonnante et des réflexions qui m'ont enchantés. Guère étonnant que cet ouvrage ai reçu de nombreux prix. Ses remarques sur sa fille et son approche éducative, tout autant que sa proximité avec son animal de compagnie, ajoute à la poésie de l'ensemble.

La valeur de la vie ne peut se mesurer que par le nombre de fois où l'on a éprouvé une passion ou une émotion profonde.
Soichiro Honda


Note : AAAAAAA

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