dimanche 5 mai 2019

Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann

Totem et tambouille
Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann (Actes Sud, 299 pages, 2007)

Incipit :
LE VOYAGE
En septembre 1828, le plus grand mathématicien du payes quitta, pour la première fois depuis des années, la ville où il résidait, afin de participer au Congrès allemand des naturalistes à Berlin. Bien évidemment, il ne voulait pas y aller. Il s'y était refusé des mois durant, mais Alexander von Humboldt était resté inflexible jusqu'à ce que, dans un moment de faiblesse et dans l'espoir que ce jour ne vînt jamais, il eût accepté.

Deux grands esprits explorent le monde à leur manière. L'un dans le monde abstrait des mathématiques, rechignant à voyager, l'autre par une exploration obsessionnelle, notant, mesurant, escaladant, et collectionnant les échantillons. Deux approches différentes, tenant chacune à leur manière de repousser les frontières de l'inconnu, mais qui se rejoignent, la géographie et la mesure du monde, l'espace abstrait n'étant qu'une autre couche de l'espace physique, même si la carte n'est pas le territoire. L'un, Gauss, sera amené à se déplacer et à mesurer (ha ha) de manière plus concrète le monde, quant à l'autre, Humboldt, de tenter de concevoir plus abstraitement le monde, surtout lors de son voyage arrangé et truqué en Russie. D'une certaine manière inadapté au monde qui les entoure mais traçant des voies innovantes, l'interaction de ses deux esprits ne manque pas de sel, à la fois opposés et complémentaires, ce qui permet à l'auteur d'avoir un regard amusé et amusant sur deux personnalités atypiques. Il se dégage une certaine philosophie de la vie, arpenter étant une manière de méditer, que ce soit au travers d'efforts physiques et de la souffrance, que de s'abstraire au monde immédiat, au prix d'heurter la sensibilité de ses proches et de rater des évènements qui pourtant nous enrichissent. Faut-il, pour repousser les frontières de l'ignorance, être autant asocial ?  Est-ce une nécessité, pour découvrir le monde, physique ou des idées, de devoir s'affranchir de celui-ci ? Il y a un léger paradoxe que ce livre explore, nos choix ayant des conséquences et chacun gère à sa manière le difficile équilibre entre ce à quoi il aspire et le devoir de gérer le quotidien. Équations à nombre d'inconnues infinies et qui n'a pas de solution. Bon après de vaines recherches je n'ai pas retrouvé mes notes sur cette lecture, je comptais extraire quelques citations et les mettre ici ... Tant pis. La feuille aux annotations crayonnées a du se perdre quelque part, dans un espace non euclidien certainement.


Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.
Guy de Maupassant

L'homme est la mesure de toute chose
Vendeur de chez Castorama, rayon vis à placo

Note : AAAA

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