mercredi 19 juin 2019

Carnets de Saint-Jacques de Compostelle de François Dermaut

Paire quantique intriquée
Carnets de Saint-Jacques de Compostelle. Journal de bord d'une renaissance de François Dermaut (Glénat, 120 pages, 2003)

Incipit :
Fin 1997, je touche presque le but fixé il y a cinq ans ... mourir en me détruisant par l'alcool. Le brouillard de bière et de whisky à travers lequel je vois la vie s'opacifie de plus en plus, au point qu'il m'est impossible d'entamer le Xe tome des Chemins de Malefosse sans trembler.
Carnets illustré du vécu et ressenti de François Dermaut sur le chemin de Compostelle. De l'équipement emmené et son poids indiqué au début au fac-similé des Crédencials de l'auteur et de celle qui l'a accompagné, tout à la fin. Bizarrement les tampons sont très différents entre les deux alors qu'ils sont censés s'être arrêtés aux mêmes étapes. J'ai vraiment adoré cet ouvrage aux superbes crayonnés, croquis, aquarelles etc. Il se trouve que j'ai rencontré François lorsque j'étais ado, il passait à la maison. J'ai toujours les volumes qu'il m'a dédicacé. Pour mon éducation disait-il. J'ai aussi devant les yeux au dessus du bureau un tirage numéroté. C'est le dessinateur des Chemins de Malefosse et le scénariste, Daniel, est un ami de la famille du côté de ma mère. Et puis la vie a demandé son dû, et les chemins ont divergé, la raison s'en trouve peut-être dans l'incipit, poignant à lire. J'aime qu'il ait décidé de se remettre sur pieds, indispensable à la marche sur le chemin de Compostelle et non celui de Malefosse. Tel que je vois cette suite d'épreuves, c'est pour se trouver soi, ce n'est pas une compétition, et surtout ne devrait pas amener à se désoler de ceux qui ne font que les 100 derniers kilomètres et qui obtiennent la Compostella tout comme ceux qui ont fait 1700 km. C'est leur problème. Donc je pensais qu'il serait plus dans le spirituel après un tel chemin, mais ce n'est que mon regard, de celui qui n'a même pas fait une étape dudit chemin, donc qui franchement devrait la fermer, baisser les yeux et ramper dans du verre pilé sans piper mot. Ces carnets sont très vivants, plein de détails, d'anecdotes, avec un regard assez acéré, normal pour un dessinateur habitué à saisir les moindres particularités. Il y a de l'humour, du lâcher prise, de superbes rencontres, des moments singuliers, mais aussi de la souffrance, du découragement et de la sueur. Cela donne une bonne idée de ce qu'il est possible de ressentir même si absolument rien ne remplacera de le faire soi-même. Rien ne remplacera les rencontres, uniques, ou de s'être complètement déconnecté du monde absurde pendant quelques mois. Vivre par procuration n’est pas vivre. Néanmoins je me suis senti emporté plusieurs soirs de suite à la lecture de ces carnets. Peut-être était-ce aussi le bon moment pour les lires. Tout simplement. Un complément actuel et récent au très beau livre Les étoiles de Compostelle. Sur la route il y a des monastères, possibilité de coupler avec une retraite ? Mais comme le dit ma chérie, une randonnée de quelques jours en bord de Loire peut aussi avoir un effet similaire. Je me demande tout de même. Si Compostelle a fait ses preuves c'est qu'il y a bien une raison. En dehors d'avoir des ampoules aux pieds, d'user ses semelles et de vivre à la dure, style entrainement préparatoire du GIGN, il y a par exemple les rencontres cosmopolites, des américains, canadiens, australiens, des jeunes, des moins jeunes, les bords de Loire sont un peu plus convenus à ce titre. Bon je commence l'entrainement ce week-end. Première étape : sortir de la maison. Puis plus dur : 200 m. Et peut-être aller jusqu'à Beaugency à pied. Cela me décrassera des tracas du travail, c'est toujours ça, et cela n'a pas de prix. Attention conclusion : lisez ces carnets, un témoignage parfaitement mis en musique !

L’homme doit se libérer d’un excès de travail que le zèle ou l’urgence ont poussé à un tel point, que l’individu n’a plus de temps pour réfléchir sur lui même et sur le sens de sa vie .
Sénèque (Il a vraiment tout compris ce gars là ...)

L'homme qui s'efforce de monter vers un idéal est semblable au voyageur qui, le soir gravit une colline : arrivé au sommet, il n'est pas plus près des étoiles mais il les voit mieux.
J. Tannery

 La marche n'est pas une simple thérapeutique mais une activité poétique qui peut guérir le monde de ses mots.
Bruce Chatwin

Note : AAAAAAAAAAAAAA

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