lundi 10 juin 2019

Harry Potter A l'école des sciences morales et politiques de Jean-Claude Milner

Je pointe ou je tire ?
Harry Potter A l'école des sciences morales et politiques de Jean-Claude Milner (Puf, 180 pages, 2014)

Incipit :
J.K. Rowling a écrit un roman d'éducation. Le public ne s'y est pas trompé : en 1997, les premiers lecteurs du premier volume paru avaient à peu près l'âge du héros. Ils se sont formés en même temps que lui et grâce à lui.

Maintenant que j'ai relu la saga, je peux m'attarder sur quelques ouvrages de prêt quant à son analyse. Une œuvre riche où j'entraperçois de multiples sens. Lire des ouvrages sur la saga permet d'y confronter mes propres vues et même d'en trouver qui m'auraient échappé. Par exemple cet ouvrage accentue les aspects politiques auxquels je ne m'étais pas attardé. Les liens avec la situation de l'Angleterre et notamment Margaret Thatcher (Chantre de l'ultralibéralisme le plus répugnant, qui a poussé à la misère des milliers de personnes, et son TINA : There Is No Alternative) m'étaient passé au dessus de la tête. En revanche pour les aspects moraux cela me touchait beaucoup plus. Pour les aspects (légèrement) négatif, l'auteur souhaite réduire le champ de ses analyses sur les films et non les ouvrages. C'est plus simple dit-il. Certes. Mais les films, même supervisés par J.K. Rowling ne sont qu'une interprétation des ouvrages qui en restent l'essence. Je trouve cette approche dommageable, l'auteur s'en explique même sur plusieurs pages. Cela permet à l'auteur de critiquer vertement l'acteur de Dumbledore (le 2ème) mais cela est, à mon sens, complètement hors sujet, cela fait même un peu vengeance personnelle, type règlement de compte. Il ne voit pas non plus le rapport avec l'alchimie alors que les quatre maisons en ont les couleurs (Rouge, Bleu, Jaune, Vert), ce sont aussi les quatre éléments et que les noms comme Albus (œuvre au blanc) et Rubeus (œuvre au rouge) y font explicitement référence. Bon je vais éviter de trop la ramener, je n'ai lu que deux livres sur l'alchimie dont un de Burensteinas.Cela ne fait pas de moi un spécialiste. Bref, tout cela n'est que détail. l'auteur m'a permis de faire des rapprochements auxquels je n'avais pas prêté attention, en général à cause de mon ignorance ou manque de culture. J'avais bien perçu qu'Hogwarts était calqué sur les college anglo-saxon. Y compris pour les aspects châtiments corporels. Et l'esthétique me rappelait Oxford que j'avais pu visiter. Mais je ne savais pas qu'ils avaient été conçus dans un esprit humaniste permettant tout un chacun d'y être accepté, tout le contraire d'Hogwarts où dès le début, via un des fondateurs (Slytherin) il y a fracture, Slytherin Salazard, élitiste raciste, ne souhaitant que des sangs purs. J'ai bien aimé également le rapprochement entre le monde de la magie et l'économie capitaliste du XIXème siècle. J'avais bien perçu les aspects surannés et l'esthétique XIXème siècle mais n'avais pas poussé l'analyse jusqu' à ce rejet de l'hypercapitalisme vu que la magie permet de s'en affranchir. Sur les aspects dictateur, en citant explicitement Hitler, qu'il est difficile d'occulter à la lecture de la saga Harry Potter, cela fait sens aussi avec le livre de Joseph Campbell, où on peut entre autre lire page 471 : En somme la tâche du héros est d'abattre le père sous son aspect d'égo obstiné (dragon, ...) ../.., c'est moi qui met en gras, pour l'aspect pouvoir absolu, et souligne pour l'aspect serpent (forme de Dragon, sans aile), Harry étant la figure de Saint-Michel tuant le dragon, où de l'ange tuant Satan (Place Saint-Michel à Paris). Voldemort étant la Mort à face de serpent (Toujours J. Campbell page 476) le glaive remplacé par la baguette des anciens (en fait des aînés, Elder wand, traduit semble-t-il en français par baguette de sureau ??? Sérieux ???, bon je n'ai pas l'édition française alors je sais pas). Bref je ne puis résumer toutes les idées de cet ouvrage mais je perçoit mieux maintenant les aspects politiques évoqués. Également sur les aspects roman d'apprentissage et d'éducation. Et comme l'éducation me semble un des fondamentaux de la démocratie cela ne peut que me réjouir.A noter (p. 113) l’exploration riche de la notion d'imaginaire de supériorité, et p. 94 que le plus efficace des pouvoir est le savoir (Comme le Knowledge is power, de Francis Bacon, 1597). Zut je viens de retrouver mes notes, et p. 84 il y a quelque chose sur la laideur (Dans le Gorgias de Platon), que je voulais compléter avec Le portrait de Dorian Gray, contrat faustien. Mais voilà ce livre est un prêt et je l'ai remballé, emmailloté, scotché dans un emballage. Boah ... tant pis.

Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

Note : AAAAA


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