vendredi 5 juillet 2019

En avant, route ! d'Alix de Saint-André

C'est la vraie marche.
En avant, route !
Arthur Rimbaud
En avant, route ! d'Alix de Saint-André (Folio, 352 pages, 2011)

Incipit :
 Le 14 juillet 2003, ma cousine Cricri et moi-même étions dans le très typique village de Saint-Jean-Pied-De-Port, au Pays basque, attablées devant une nappe à carreaux rouges et blancs typique, en train d'avaler du fromage et du jambon typiques avec un coup de rouge typique aussi, en fin d'après-midi, sous la menace d'un orage de montagne, bien noir mais presque tiède.

Et voilà, un livre de plus sur Compostelle. Un peu obsessionnel, non ? C'est marrant car Alix de Saint-André a choisi un titre qui fait référence à Rimbaud (Un texte sur la démocratie) mais aussi au cri de ralliement des pèlerins : ultréïa, traduit vaguement en "en avant", l'idée d'aller au delà de soi et des montagnes. En fait l'auteur a fait plusieurs fois le chemin de Compostelle, la partie espagnole, puis les 100 derniers kilomètres et enfin le chemin plus aboutie qui consiste à partir ... de chez soi ! Au début j'étais un peu déçu car bon que la partie espagnole, ou les 100 derniers km, mais bon la troisième partie m'a rassuré sur l'intention de l'auteur. Après, je ne l'ai pas fait ce chemin, à part dans la tête, là je le fais à chaque lecture, guide et romans. Mais littérairement cela donne trois tons différents et trois approches, la dernières optant pour le portrait de pèlerins rencontrés. Il y a quelques passages qui expriment la personnalité de l'auteur, des évènements qui ne sont pas directement liés au chemin, comme le suicide d'une amie proche. Cela donne un côté tarabiscoté avec des imprévus, comme le chemin de Compostelle finalement. Plus témoignage que roman, même si je pense que c'est un peu romancé, ce qui ne me pose pas de souci, que Le vestibule des causes perdues. Là j'ai commencé Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin, une autre approche encore. Le premier a sous-entendre que le Chemin de Compostelle c'est en fait un chemin de drague (!). Peut-être, mais de tout ce que j'ai lu c'est la première fois qu'il y a une telle comparaison générale aussi définitive, même si le témoignage de François Dermaut, dans ses carnets, va en ce sens, mais c'est un seul témoignage. Page 240 il y a cette belle phrase que j'ai noté, L’œil du poète est magicien et alchimiste, jouant de nos illusions et transformant notre réel. Comme Rufin, Alix de saint-André parle de radinerie permanente (p. 267) mais plus sous l'angle du pèlerin qui doit se contenter de peu (Ce qu'elle dit de la pauvreté page 303) que d'une volonté d'être pingre à tout prix. Page 304 elle différencie l'essence du chemin par rapport à des vacances, et c'est assez juste. Page 307 elle associe Yin et Yang au Bouddhisme, je doute beaucoup de la pertinence d'une telle comparaison, le Yin et le Yang, le Taijitu, étant le taoïsme d'origine chinoise et antérieur au bouddhisme, de l'Inde. Mais l'image biblique de brûler le vieil homme en soi est pas mal du tout (page 338). Et voilà, il n'y a plus canicule alors je prends le temps d'exploiter mes quelques notes. Ah oui il y a aussi crédentiale dans ce livre alors que dans plein de sites lié à Compostelle c'est une crédencial. Possible que ce soit un anglicisme, credential étant les éléments pour s'authentifier par exemple. Peu importe. Un livre pas mal pour qui veut s'imprégner de l'esprit du chemin, sous réserver de ne pas prendre ce témoignage pour vérité absolue ou ce qu'il vous adviendrait si vous vous y aventuriez. A nouveau il faut le vivre et non le lire pour en apprécier toute la profondeur et la quintessence.

Tout est écrit dans les sons. Le passé, le présent et le futur de l'homme. Un homme qui ne sait pas entendre ne peut écouter les conseils que la vie nous prodigue à chaque instant. Seul celui qui écoute le bruit du présent peut prendre la décision juste.
Paulo Coelho dans Le pèlerin de Compostelle

Note : AAAAAA

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