dimanche 7 juillet 2019

Vertige du Cosmos de Trinh Xuan Thuan

Je suis le vortex.
Je suis la spirale.
L'être ou le néant ?
Vertige du Cosmos. Une brève histoire du ciel de Trinh Xuan Thuan (Flammarion, 464 pages, 2019)

Incipit :
Grâce à mon métier d'observateur du cosmos, j'ai la grande chance d'aller dans des endroits d'une beauté exceptionnelle, loin du bruit et de la fureur humaine. Les observatoires sont des lieux magiques où l'astronome peut communier avec le ciel et recueillir la lumière cosmique grâce aux «grands yeux» que sont les télescopes.
Encore une réussite. Je viens de lire récemment Le cosmos et le lotus, et je ne me lasse pas de cet auteur. On retrouve, surtout à la fin des passages redondants entre ces deux ouvrages, mais cela permet de réviser. Le sous-titre Une brève histoire du ciel, rappelle comme en écho Une brève histoire du temps de Stephen Hawking (que j'ai lu en anglais il y a assez longtemps, A brief history of time). Ce livre, richement illustré, de vestiges antiques, d'artéfacts ou encore de schémas explicatifs, porte excellement bien son titre. Effectivement c'est vertigineux. Au delà de l'archéoastronomie qui remet en place, pour ne pas dire réhabilite nos ancêtres, qui étaient bien plus doués qu'on ne le pensait (On peut citer trois exemples majeurs : Stonehenge, les amérindiens, l'Afrique), c'est la connaissance de plus en plus poussée du ciel, du cosmos, qui laisse pantois. Il y a effectivement communion et cela sur de multiples plans. L'auteur rappelle que nous sommes poussières d'étoiles (et né poussières nous y retournerons ...), il montre au travers de l'histoire humaine le lien indéfectible avec ce ciel, faisant le lien avec notre terre, que ce soit Stonehenge clairement lié au couple Soleil/Lune (Mais pas les étoiles, mais aussi funéraire), ou cette voûte étoilée Navajos en plein désert ou encore les Medecine Wheel. Je connaissais le serpent Kukulcan Maya (peut-être dans Campbell, je ne sais plus trop) où, lors des solstices, l'onde lumineuse crée une ombre solaire ondoyante le rendant vivant, connectant le haut de la pyramide à la terre où la tête su serpent repose, comme une comète venue ensemencer notre planète de la Vie. Il (L'auteur, pas Kukulcan) rappelle à juste titre les trois étapes de notre vision du monde, l'Univers magique, l'Univers mythique puis l'Univers scientifique, le passage progressif su sacré au profane et en quoi cela revient à marcher sur un seul pied. Une belle épopée, toute basée sur un élément fondamental : la lumière, qui est aussi notre limite, nous ne pouvons observer plus loin qu'à 47 milliards d'année-lumière, c'est notre horizon. Les conceptions modernes vers la moitié du livre jusqu'à la fin explore cette quête humaine sans fin avec des interrogations spirituelles, l'auteur faisant à nouveau le lien avec les fondements du bouddhisme (P.402 interdépendance, page 404 unité de l'Univers, avec le pendule de Foucault, et bien sûr l'impermanence). Un voyage enchanteur sur le ciel sous tous de multiples aspects, culture, science, foi, histoire, archéologie, civilisations. Et puis j'ai compris comment on mesurait les distances des étoiles, notamment grâce aux céphéides, phares de l'espace, génial, non ? Un livre magique qui touche au merveilleux et saura vous émerveiller, par un arpenteur du monde. Merci Trinh.

L'ancienne alliance est rompue : l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir est écrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres.
Jacques Monod, Le Hasard et la nécessité

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA puissance 5000

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