samedi 21 septembre 2019

La clé USB de Jean-Philippe Toussaint

Travail à la mine
La clé USB de Jean-Philippe Toussaint (Les Éditions de Minuit, 191 pages, 2019)

Incipit :
Un blanc, oui. Lorsque j'y repense, cela a commencé par un blanc. A l'automne, il y a eu un blanc de quarante-huit heures dans mon emploi du temps, entre mon départ de Roissy le 14 décembre en début d'après-midi et mon arrivée à Narita le 16 décembre à 17h15.

Un roman à l'ambiance d'espionnage. C'est bien écrit, l'ambiance est très bien rendue (suspense, sentiment d'oppression, de surveillance généralisée) et les thématiques bien exploitées : traces numériques, confiance numérique, grandes quantités de données qui se promènent sur de simples objets, le téléphone comme fil à la patte, à la fois médiateur pour se connecter au réseau "virtuel" et outil de pistage. Jeux des apparences, qu'elles soient économiques, éthiques, sociales ou techniques. L'incipit fait état de cette opposition apparente, entre la précision chirurgicale de l'horodatage de l'espace-temps borné de son absence et en contrepoint le "blanc" où il laissait le moins de traces possibles. Entre vide et plein. Ce plein de données qui est le big data, denrées rares parfois, où le mineur de Zola se transforme en mineur de crypto-monnaie, cette dernière garantie par des livres de comptes chiffrés (blockchain), où on passe à côté de l'essentiel, vivre. Quelques erreurs factuelles comme page 74 sur les adresses IP. L'auteur clairement a simplifié grandement la réalité. Non les ordinateurs n'ont pas une adresse ip fixe. De surcroît elles ne sont pas toutes accessibles, il y a les plans d'adressage privé et public. Les premiers sont inaccessibles par essence, mais il y a des techniques de contournement plus ou moins complexes. Mais cela n'enlève rien au roman et ce n'est pas gênant finalement. C'est suite à un Masque et la plume que j'ai été amené à lire ce livre, et surtout que j'avais eu l'impression que la fin réservait une surprise. Je devais être particulièrement bouché ou alors dans une expectative excessive car la fin, m'enfin, m'a laissé sur ma faim. Je dirais même qu'une déception notable a envahi mes synapses. Je suis passé à côté de quelque chose ...  comme le héro du livre finalement. Mais je m'attendais tellement à quelque chose que ce quelque chose m'a semblé futile et désappointé je fus. Certes c'est bien fait mais au final j'aurais pu me passer de cette lecture. Bon ok la fin m'a fortement déçu. C'est plat alors que tout l'ouvrage faisait monter un suspense assez dense. Il y a bien une chute à la fin de l'ouvrage, la chute de mon intérêt. D'un autre côté cela correspondait au moment où la lecture se terminait. Mais en même temps j'aime bien que perdure quelque chose au delà, une fois avoir clos un livre. Raté. J'ai commencé Le continent de la douceur d'Aurélien Bellanger pour me réconforter (Et ça marche, pour l'instant). J'aime beaucoup cet auteur même si je n'ai lu que ses deux premiers romans (La théorie de l'information, lu avant le commencement de ce blog et L'aménagement du territoire). Faudra que je lise son Grand Paris.
Tab n°15 : Transmutation I

 Voici un autre tableau, Transmutation I. Initialement Transmutation, mais comme depuis j'en ai fait un autre ... Aux couteaux. Mais sans les lancer. Les couleurs, en séchant, sont moins vives et c'est bien dommage. Le bleu en particulier s'est fortement assombri. Il va me falloir expérimenter un peu plus. Acrylique, 30x40 cm, peinture Abstract de Sennelier. Cela peut faire penser au feu primordial du Big Bang ou à celui des alchimistes dans leur Athanor. Ils voulaient transmuter le plomb en or, ce que les physiciens dans leur athanor géant, les accélérateurs de particules, ont pu faire (Mais cela coûte un bras). N'était-ce pas d'une intuition tout bonnement incroyable ? En tout cas peindre me semble être un dialogue avec moi-même et me rapproche des artistes (les vrais) car je me pose dorénavant des questions que je ne me posais pas et j'apprécie aussi mieux leur travail maintenant que je perçoit certaines difficultés. J'expose à Beaubourg en fin d'année, vous êtes invités. Naaaan je déconne ! J'ai laissé la place à Christian Boltanski. Je pense que vous êtes gagnant. De rien.

La science du beau est une drôlerie inventée par les philosophes pour la plus grande hilarité des artistes
Émile Zola

Note : AAAA

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