dimanche 1 septembre 2019

La passe-miroir livre 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Babel, où E.D. ?
La passe-miroir livre 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos (Gallimard jeunesse, 496 pages, 2017)

Incipit :
L'horloge fonçait à toute allure. C'était une immense comtoise montée sur roulettes avec un balancier qui battait puissamment les secondes.

L'auteur arrive à se renouveler sans aucun problème. Cela semble tout simple pour elle. C'en est même fascinant. C'est là qu'on réalise que lorsqu'un monde imaginaire est suffisamment bien élaboré, construit, riche, alors il est possible de se projeter dans de très nombreuses histoires. Au point que j'ai été surpris d'apprendre que le quatrième volume, que j'attends avec impatience, sera le dernier. Il aurait été possible de faire sept volumes, comme pour Harry Potter, voire plus, soyons fou. Dès la fin du premier chapitre c'était parti. Quand aux dernières centaines de pages, j'ai lu au moins 4 heures d'affilée pour le terminer vendredi soir. Non que j'étais pressé particulièrement mais j'étais envouté et je voulais savoir ... Il y a plusieurs passages très touchants, que personnellement j'attendais sans être totalement sûr qu'ils arrivent. Une nouvelle arche, avec des références bibliques, Babel ce n'est pas rien comme symbole, sur la division, sur les langues et autres ramifications que l'auteur tisse avec délicatesse et subtilité. Ce n'est pas un secret, l'auteur a mis beaucoup d'elle dans cette saga. Je la perçoit à certains endroits et au travers de Victoire. Un corps capricieux et un double astral qui s'évade comme son esprit pour écrire cette histoire. L'histoire ne manque pas d'humour et là aussi c'est fait avec grâce, comme ce Mirage qui veut "sauver les apparences", ha ha trop drôle. Il aurait pu ne pas vouloir "perdre ses illusions" mais trop évident. Un livre chatoyant, touffu, étincelant de vie, d'émotions, de malice, de suspense. Babel est ce meilleur des mondes où certains mots sont proscrits, où l'histoire est réécrite, un peu comme dans 1984 d'Orwell ou Les falsificateurs d'Antoine Bello (Je n'ai lu que le premier) et qui m'évoque cet essai History : why it matters de Lynn Hunt. Au delà de ce genre de détails, il semble qu'il y ait plusieurs entités divines, c'est un peu gnostique sur les bords, avec un Dieu et un démiurge ? Une vision qui flirte avec la dualité, comme dans le roman La révolte des anges d'Anatole France. Peut-être en sauront nous plus dans la dernier volume. C'est un livre plutôt subversif, il serait certainement mis à l'index sur Babel ... Bref, cette série est de qualité, j'adore ! Ophélie for President !

Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que vent.

Il est des idées d’une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire.

En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.

George Orwell

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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