mercredi 2 octobre 2019

Roland Barthes par Roland Barthes par Roland Barthes

Fioritures entropiques
Roland Barthes par Roland Barthes par Roland Barthes (Points, 256 pages, 2014)

Incipit :
Voici, pour commencer, quelques images : elles sont la part du plaisir que l'auteur s'offre à lui-même en terminant son livre.

Un livre assez autobiographique mais avec une distance aristocratique, l'auteur parle de lui à la troisième personne, ce qui m'a rappelé ma professeur de sixième, Mme Hecquet (Collège Sagebien à Amiens), gloire à elle qui m'a instruit, qui faisait de même à l'oral mais, symétriquement, en parlant de son interlocuteur. Je me rappelle d'une fois où, en me posant une question du style "Il a fait telle chose", je m'étais vu répondre "Qui ça ?", pour finir par comprendre que c'était de moi dont il était question. Bon vous vous en tapez royalement, je le comprends. Sous couvert d'une biographie et d'éléments intimes ou personnels (Je parle du livre là), c'est aussi une suite de réflexion sur le langage, grand dada de l'auteur, et plus largement de sémiologie, avec de nombreuses illustrations, parfois conceptuelles comme page 230 sur le signifiant sans signifié (Tout en illustrant un signifié, autre que celui qui n'est pas directement représenté). Je ne savais pas Roland Barthes peintre (plus d'une centaine d’œuvres, au moins une fois exposées à Beaubourg), ni aussi versé dans le piano. De brefs passages où je pense n'avoir pas compris grand-chose même si j'ai un début d'idée, ce qui peut faire court dans un exposé. La liste des illustrations, à  la fin de l'ouvrage, donne plus de détails mais ce n'est pas pratique car les pages du début ne sont pas numérotées (!). Mais le papier est épais, glacé et cela rattrape un peu cet anomalie (Nan je déconne, c'est deux claques oui). C'est un livre par entrées, alphabétiques, qui peut vraisemblablement se lire dans le désordre. Cela fourmille d'idées et d’anecdotes, notamment sur les livres qu'il envisageait d'écrire. C'est autoréférencé de ses différents ouvrages, sorte de hub d'accès à sa bibliographie. Sa mort est évoquée dans La septième fonction du langage, sorte de livre hommage, en tout cas plus hommage que Le Barthes sans peine qui, dit-on, aurait blessé l'amour-propre de Barthes. Et je peux le comprendre. A la lecture de ce R.B. par lui-même on devine aisément quelqu'un de sensible, de bienveillant, qui souhaitait, à sa manière, participer à la grande aventure humaine. Oula je m'emballe. Bref, un livre qui m'a accompagné ces dernières semaines, puisant de temps à autres quelques morceaux choisis.

Tab n° 19 : Déchirure II ou la 6ème extinction
Une autre de mes peintures, toujours aussi joyeuse. Déchirure II ou la sixième extinction (Acrylique, 24x30cm). Il y a un peu de sable fin aussi ... Titre dans l'air du temps. Je ne fais pas partie du club un peu crétin des A.A.F. (All Against Franzen). En fait j'ai eu une promo sur le rouge donc je l'utilise, cela tombe bien, c'est raccord avec le dernier rapport du GIEC. Les mêmes qui trouvent Franzen trop alarmiste, ce qui ne manque pas de sel venant de leur part, mais le plus troublant est la mauvaise foi de ces mêmes scientifiques qui, semble-t-il, ont des soucis de compréhension de texte et font un procès simpliste et biaisé. Comme quoi être scientifique et faire de l'idéologie n'est pas antinomique. Ce tableau aurait pu s'appeler Déclivité d'un cycliste alcoolique et sa mort prématurée. Les marques de pneu mènent à la scène de l'accident de manière ascensionnelle, la chute de l'histoire étant celle dudit cycliste dont il reste la mare, comme la trace d'un bateau ayant quitté le port, la déclivité de sa ligne de vie en contrepoint de la ligne montante, un manque de politesse en somme.

Les cris des bêtes sont des sténographies sensorielles dans l'espace. Tel était le langage premier de l'homme.
Malcolm De Chazal

Note (Du livre pas de la peinture) : AAAAAAAA

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