mardi 5 novembre 2019

La philosophie en clair de Michel Puech

et sans décodeur
La philosophie en clair de Michel Puech (Ellipses, 288 pages, 2012)

Incipit :
La philosophie, la vraie, celle qui est difficile mais importante, doit être accessible à tous. Non pas être «vulgarisée» ni «popularisée», mais diffusée. Il  existe un devoir de diffusion culturelle. Sans trop se prendre au sérieux quand même.
Pari réussi, un livre accessible et qui ne fait pas l'impasse sur des notions essentielles et profondes. Je dirais même livre excellentissime. Je regrette qu'il n'y ait pas un volume 2 avec 10 autres philosophes (Socrate, Spinoza, Hegel, Schopenhauer, Malebranche, Bachelard, Cassirer, Jankélévitch etc.). Je l'ai même acheté à ma fille pour son bac (Si c'est pas un gage de qualité ça !!! Alors que je ne l'avais que parcouru mais j'ai senti le potentiel, ma truffe a frémit dès les premières pages...). Il n'y a que la partie Heidegger qui ne m'a pas vraiment convaincu, je sais je suis trop limité, que voulez-vous. Mais, bon, plus grand penseur du XXème siècle et nazi cela fait un tantinet oxymore. Mais au delà de ce point qui peut être nuancé et que l'auteur nuance d'ailleurs, la pensée de Heidegger est la plus difficile, plus dur que la plus difficile même. Vous voyez compliqué ? Complexe ? Hé bien encore pire. Mais aussi la plus voilée, la plus abstruse, la plus déguisée et cela ... volontairement. Oui il l'a fait exprès ! Au point que l'auteur parle de secte pour les fans d'Heidegger et parle même d'ouvrages ... indéfinissables (Ahhhh le sens de la litote). Mon détecteur de bullshit était une vraie guirlande de Noël 25000 Watts. Car seuls des initiés (autre mot de l'auteur) comprennent le maître. J'y vois la défaite de la pensée, mais bon, c'est mon côté gauchiste ça. Élitiste n'est pas vraiment le mot, il suffit de peu diffuser, comme ses cahiers noirs n'est-ce pas ?, imposture me semble plus judicieux, comme certains écrits post-modernes et les blagues faites auprès de revues qui n'y ont vu que du feu et ont accepté n'importe quoi (Impostures intellectuelles de Sokal et Bricmont, ou le site d'Alain Badiou, le philosophe qui défendait les Khmers rouges). Quel intérêt de faire de la philo pour quelques élus ? Je n'en vois aucun. Je cite Michel Puech (114) qui cite Heidegger "L'être du Dasein a au moins un «sens» en ceci qu'il a une direction : l'être-vers-la-mort". Wahou, bon, pour l'originalité type "on va tous mourir", on repassera. Et sinon, l'eau ça mouille ? Mais le plus drôle, le plus savoureux est (125) dans la partie de Wittgenstein, le paragraphe sur Un cas clinique : Heidegger, ce dernier clairement mis dans la catégorie pervers, je dirais même pervers-narcissique, c'est plus récent dans la taxonomie des personnalités toxiques. Que du banal pour un nazi. Les philosophes professionnels (Encore un oxymore) français qui disent comprendre Heidegger (Mais comment le vérifier puisque sa pensée a été codée, rendu obscure par le maître lui-même) ont-ils aussi conscience qu'en plus d'une pensée cryptée, Heidegger a été mal traduit en français ? Des pages imbitables sur l'être et l'étant, et pourtant considéré comme le plus grand penseur du XXème siècle, il y a quelque chose qui colle pas. Plus grand penseur et nazi ? Il y a quelque chose qui ne colle pas (bis repetita). Mais alors pas du tout. Mais qui le dit que c'est le plus grand penseur ? A part les fans, juges et parties, un entre-soi, dont on est même pas sûr qu'ils ont vraiment compris vu que c'est ce qu'il y a de plus dur, c'est même parfois incompréhensible et en plus mal traduit en français. Bref la porte ouverte à dire tout et n'importe quoi, qui pourra contredire ? Comment appliquer le principe de réfutation ? Et la connaissance objective bordel vous vous en moquez ? Mais qui d'autres dit aussi que c'est le plus grand penseur du XXème siècle ? Ben tous les autres, c'est-à-dire ceux qui n'ont rien banané donc, et qui répètent bêtement ce que dit une clique d'aristo de la philo qui se paluchent sur des concepts abstrus et qui prétendent avoir compris. Cela fait mince. J'ai envie d'appliquer le rasoir d'Occam. Les fanatiques sectaires d'Heidegger vont pas aimer. Et en plus pour balancer des trucs du style que "l'être va mourir", pardon, que "l'étant se dirige vers l'être-vers-la-mort" (C'est du lourd, la vache) faut-il être un grand penseur ? bref j'ai du passer à côté de quelque chose de démentiel mais mon petit cerveau n'a rien saisi, j'assume, j'assume. Bizarrement je n'ai aucun regret, cela pue la baudruche surévaluée, la fumisterie, un mythe fabriqué après-guerre quand tout n'était pas connu de l'auteur. Heidegger n'a jamais eu de regret. Le plus grand penseur n'a rien regretté des millions de juifs exterminés. Ce n'est pas le plus grand penseur, c'est la plus grande saloperie en fait. Bon maintenant que je me suis bien amusé, je vous rassure, le reste de l'ouvrage est vraiment vraiment super. La quatrième de couverture indique "On ne vous avait jamais expliqué les choses comme ça". Exact. J'ai apprécié en particulier le chapitre sur Bergson, que je ne connaissais pas du tout, à part de nom et le titre de son ouvrage célèbre, sur le rire. Ce côté intuition m'a rappelé l'intuitionisme dans Le continent de la douceur, et bien plus encore. Surtout sur ce que je lis sur l'art. Cela m'incite à lire cet auteur qui m'a l'air vraiment vivifiant, pas comme l'autre blaireau nazi. (132) dans le chapitre Wittgenstein : "Aucune défense n'est plaidable pour le philosophe qui ne sait pas dire ce qu'il veut dire en langage ordinaire". Pas mieux.

La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît.
Alphonse Karr

Note : AAAAAAAAAAAAAA


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