dimanche 8 décembre 2019

Cryptocommunisme de Mark Alizart

Un Marx et ça repart !
Cryptocommunisme de Mark Alizart (PUF Perspectives critiques, 144 pages, 2019)

Incipit :
En 1968 un groupe de hippies lance un magazine visionnaire. Le Whole Earth Catalog mêle cybernétique, écologie et socialisme, tout entier guidé par l'intuition que l'informatique peut sauver la planète et réinitialiser le communisme.

Réflexion originale sur le communisme, ou plutôt, pour être plus précis, sur le cryptocommunisme (Un mixte entre communisme et la blockchain, qui fait écho au socialisme = Soviets + électricité). Aspects politiques, cybernétique, informatique, écologique et donc une matière vivifiante pour réfléchir en sus d'aborder des sujets qui me passionnent. Je dirais même que plus des thèmes ou matières différentes sont mélangés, rapprochées, se fracassent entre elles et arrivent pourtant à faire émerger quelque chose qui a du sens, plus je suis fasciné. La blockchain va sauver le marxisme sans ses aspects staliniens. Je résume mais c'est l'idée. Le communisme est-il soluble dans la technologie ? Dans la société de l'information ? La Technique même peut-elle sauver le communisme ? (Jacques Ellul ne serait pas d'accord du tout, la technique étant aliénation). La thèse est intéressante et pousse à se poser des questions différemment, arriverait presque à réhabiliter une idéologie génocidaire. Un livre en tout cas plus accessible, pour moi, qu'Informatique Céleste. Mais en écoutant tous les podcasts France Culture avec Mark Alizart, j'ai depuis compris certaines choses. Déjà que ce dernier avait mis 20 ans à comprendre Hegel. Oh, ok ... donc normal que je banane rien à certains aspects, vu que la philo c'est son métier et moi, ben, pas du tout. Je suis amusé de constater que certaines thèses sont anciennes et que dans des romans récents (Thriller) Daemon et Freedom de Daniel Suarez, ce dernier les met en pratique et va jusqu'à la logique, non pas de la Blockchain mais partiellement de celle de Metropolis, le film de Fritz Lang,sauf que les ouvriers ne se soulèvent pas ou ne sont pas incités à se soulever, de la même manière. Le Deus ex machina qui tire les ficelles est sensiblement différent, et fait un pilotage plus comminatoire. Je trouve l'auteur aussi assez peu critique, notamment sur la consommation électrique faramineuse (ha ha) du minage, seulement un passage vers la fin, mais cohérent avec les systèmes auto-organisé dissipateur de chaleur où plus c'est évolué plus ça dissipe, l'humain dissipant plus que le soleil, en production d'énergie libre en watts par unité de masse (Explicité dans Thermodynamique de l'évolution : Un essai de thermo-bio-sociologie de François Roddier, une des excellentes références en bas de page de Cryptocommunisme, rien que pour cela merci !), ce qui peut sembler contre-intuitif. J'aime bien le contre-intuitif. Cela me remet en question en mode "ha bon ? sans déconner ?". Bref, un livre revigorant, qu'il me faudra relire dans quelques temps.

Note : AAAAAA

Aucun commentaire:

Publier un commentaire