dimanche 1 décembre 2019

Dernière sommation de David Dufresne

Le Petit Livre Jaune
Dernière sommation de David Dufresne (Grasset, 234 pages, 2019)

Incipit :
Vicky tournait la bague de son majeur, comme un rituel.


Roman sur le mouvement Gilet Jaune, à défaut de le nommer autrement, inspiré fortement de faits réels (à 90% d'après l'auteur dans une interview). Un réquisitoire sur les dysfonctionnements au plus au niveau de l'état. Non pas un livre contre la police, ni pour les casseurs d'ailleurs, mais l'état devenu policier ou à tout le moins avec des représentants menteurs. Les mensonges sont flagrants, par exemple décrypté par des journalistes du Journal Le Monde, où le déni du Président de la République est tout simplement sidérant, mais Castaner n'est pas en reste. C'est du Trump avec une syntaxe correcte et de jolis mots, pour couvrir les autres maux.  Il y a des approches différentes dans d'autres pays mais là sont couvert des violations de la loi par leurs représentants mêmes. Des faits alternatifs à la française. J'imagine l'effet dévastateur à une époque des réseaux sociaux où tout se partage, tout se transmet. Et on ne parle pas ici de Black bloc armés qui se font tabasser, où là, je dirais se faire frapper est tout à fait proportionné. Je n'ai guère de pitié pour les casseurs. Mais ce qui est couvert est bien plus grave. La juriste rappelle la loi et je ne pensais pas que c'était si encadré en fait. Bref. Ce livre nous fait plonger dans la dérive de l'état policier, encouragé par ses plus hautes institutions, sans réflexions rationnelles, sans changements de doctrine, sans perspectives. Que de l'émotionnel, de la répression aveugle, de la langue de bois et surtout des mensonges flagrants. Cela porte aussi un autre nom : incompétence. Mais en tout point conforme à une vision ultra-libérale, darwinisme social, pouvoir et force étant l'horizon indépassable. Les policiers sont mis dans des positions intenables, on confond casseurs et manifestants pacifiques, et les médias de masse ne font tout simplement pas leur travail ou avec du retard, participant dans un premier temps à une propagande d'état. Pour s'en prémunir il faut aller puiser à différentes sources, lire des essais, comme celui de Danièle Sallenave sur Jojo le Gilet Jaune. Titre tiré d'une expression méprisante du Président, un Trump aux petits pieds, plus policé, plus érudit, mais le même fond, menteur, méprisant des classes sociales et pour les ultra-riches. Qu'attendre de plus d'un ex-banquier ? Qui de surcroit découvre la pauvreté via un film ? Déni, déni, déni. Un étudiant s'immole par le feu. Un cas isolé. Une Directrice d'école se suicide. Un cas isolé. Les mêmes techniques de com. Déni, déni, déni. On laisse l'hôpital publique crever. On donne La Française des Jeux (Exploitation légitimée des pauvres) bénéficiaire au privé. On privatise les bénéfices, on étatise les pertes. La même recherche du profit absolu du Capital accompagné main dans la main par la recherche du mensonge du nouveau Ministère de la Vérité. Désolant.

La violence : une force faible. 
Vladimir Jankélévitch (Le pur et l’impur )

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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