dimanche 1 décembre 2019

La Tempête des échos de Christelle Dabos

Éole ! Éole ! Éole ! Éole !
La Tempête des échos. La Passe-Miroir tome 4 de Christelle Dabos (Gallimard Jeunesse, 572 pages, 2019)

Incipit :
- Tu es impossible.
- Impossible ?
- Peu probable, si tu préfères.
- ...

Un livre magistral, une maîtrise de la narration. Un livre très très attendu. La dernière pierre sur un édifice (une tour !) et quelle pierre ! La fin d'une saga, entre philosophie, religion et métaphysique. Christelle Dabos a construit un monde particulièrement riche, imaginatif, bourrés de références, volontaires ou involontaires, je ne sais, mais qui font écho (ha ha) aux archétypes du héros (J. Campbell), en l'espèce Ophélie. On pense à Alice au  pays des merveilles, à cause notamment du miroir, mais aussi d'un lapin au fond d'un puits, mais cela va bien plus loin, cela puise dans la Gnose et son dualisme, à l'Alchimie aussi bien par le haut et le bas que la recherche de l'identité, de son identité, au plus profond de soi, de l'Amour, aussi bien au sens chrétien que romantique, dans les mythologies diverses qui pourront rappeler Homère, et la Kabbale (Vu que je lis un ABC de la Kabbale de Daniel Souffir). Pour ce dernier point il y a dans ABC de la Kabbale : p. 123 l'énergie qui rappellera l'aerargyrum de la Passe-Miroir ou les fluctuations quantiques pour les physiciens, p. 118 dualité pure et conscience séparée (Vous comprendrez pourquoi en lisant La Tempête des échos), p. 121 je reçois et je restitue (Pareil, c'est limpide dans le roman) etc. Je ne dis pas que La Tempête des échos est un livre kabbaliste, juste que des fondamentaux traversent les grands textes et que les grands romans s'en inspirent ou laissent transpirer ce qui nous définie, nous rend unique, nous rend créateur. Cela veut dire, pour moi, que ce livre contient des éléments essentiels, une profondeur indéniable. Le Verbe créateur est emblématique, tant le langage a ici de l'importance, le code, c'est aussi bien Biblique que Kabbaliste, mais cela pourrait également évoquer beaucoup aux informaticiens, j'en suis encore bouleversé. Je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler, car au delà de ce que ce livre m'inspire, il m'a littéralement transporté, lu en un peu plus d'un journée tant je ne pouvais le lâcher. Cela me rappelle le bon temps du Dit de la Terre plate de Tanith Lee, lu il y a fort longtemps ou plus récemment Harry Potter. Un livre magnifique, une très belle conclusion à la saga, même si j'aurais aimé un épilogue. J'attends que mon épouse et ma fille aient lu le livre pour en discuter avec elles. Pardon poussin, de l'avoir lu avant toi. Mais tu me comprends. Il y aurait tant de choses à dire sur ce livre ... J'en suis époustouflé tant il est vertigineux. Un livre édifiant et inspirant. Ophélie, tu me manques déjà.

La vérité est dans l’imaginaire.
Eugène Ionesco

Vivre sans vertige n'est pas vivre
Jean-Pierre Luminet (PodCast France-Culture)

Note : un Gogolplex

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