dimanche 8 décembre 2019

Les avalanches de Sils-Maria de Michel Onfray

Manuel du géologue philosophe
Les avalanches de Sils-Maria. Géologie de Friedrich Nietzsche de Michel Onfray (Gallimard, 176 pages, 2019)

Incipit :
Tutoyer le vide en marchant -. Mes visites au grand écrivain, je ne les ai faites qu'à Nietzsche : à Nice, contemporain du tremblement de terre qu'il est lui-même, et dans les rues où il croise peut-être Jean-Marie Guyau, le jeune auteur tuberculeux d'une Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction qu'il annotera avec fièvre ;

J'aime bien Friedrich Nietzsche et je ne saurais dire vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'il philosophe avec un marteau et que je trouve cela un tantitnet incongru, de prime abord. Et j'aime bien Michel Onfray, je parle de ses livres, pas de ses interventions publiques, c'est dynamique, clair, un peu provoc, non dénué d'un certain panache. Un peu de mauvaise foi ce qui le rend humain, donc proche de moi. J'apprécie aussi que l'auteur interprète un lieu géographique et le rapproche de la pensée en mouvement d'un philosophe. Comme quoi le lieu a ou aurait de l'importance, ce qui me semble assez plausible, comme l'influence du corps d'ailleurs. Cela donne aussi un joli sous titre, géologie de Friedrich Nietzsche. Pas mal, non ? Cela permet aussi de réhabiliter, à nouveau il me semble, le philosophe qui a eu sa pensée déformée, saccagée, violée par sa propre sœur et le régime nazi. Plus curieusement il y aurait encore de tels contresens notamment chez Deleuze que l'auteur prend plaisir à éborgner joyeusement. C'est aussi une explication de la pensée nietzschéenne, ce qui pour moi est toujours bon à prendre, n'étant jamais sûr de bien tout comprendre (Et même étant plutôt sûr de son contraire). Cela me donnerait presque envie de partir en voyage à cet endroit, Sils-Maria et de relire ce livre, tant l'évocation du lieu rentre en résonance avec son contenu. Il a aussi la faculté à m'inciter à explorer plus profondément ou à compléter car il égrène son récit de références diverses. Et enfin j'aime toujours la blanche comme format, sobre et classe à la fois. Il se trouve que je l'ai terminé depuis plusieurs jours déjà et que s'évapore les belles phrases que j'avais prévu pour cet article. Faute de n'avoir rien noté, tant qu'à faire, elles se sont évanouies dans les confins du néant. Cela m'apprendra à ne pas être plus régulier dans mes écrits. Le mot avalanche dans le titre prend un connoté particulier car, suite à la lecture de Cryptocommunisme de Mark Alizart, ce dernier mettait en note de bas de page un ouvrage indispensable (c'est son terme), Thermodynamique de l'évolution : Un essai de thermo-bio-sociologie de François Roddier, ouvrage dans lequel l'avalanche est pris comme exemple pour les phénomène en 1/f, et de point critique au delà duquel une rupture pouvait se déclencher. J'y vois un lien avec la pensée du philosophe, et donc le mot avalanche est d'autant plus approprié.

Note : AAAAAAAA

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