jeudi 26 novembre 2020

The End of College by Kevin Carey

 The End of College : Creating the Future of Learning and the University of Everywhere by Kevin Carey (Riverhead Books, 288 pages, 2016)

Incipit :

The Japanese television crew and excitable LA producer were the first signs that something unusual was happening at MIT.

Un livre plus réaliste, concret, étayé que Petite Poucette. Plus récent aussi. Mais qui n'évacue pas l'enseignant, ne confondant pas savoir/connaissance et éducation/pédagogie. Le constat du Digital Learning, de l'enseignement à distance, du numérique, est maintenant bien connu. Même des instances européenne s'en font l'écho comme le CEPS (Rapport en ligne). La France n'est pas très bien classée (18ème). Et il ne suffit pas de Moodle pour répondre aux enjeux. Dans ce livre le constat est sévère, élitisme des Universités, manque crucial de pédagogie, dépenses délirantes pour attirer l'étudiant, dépenses non en pédagogie, en travail, en accompagnement mais en infrastructures de divertissements (terrains de sport, murs d'escalades, salles de sport high tech etc) qui font grimper les inscriptions à des niveaux indécents où les étudiants se retrouvent endettés jusqu'au cou à 21 ans. Or le numérique change la donne. Accès global à des cours, à des ressources, à de l'aide (Forum), nouveaux outils (Octave, Fold-it), coût marginal très peu élevé etc. Un marché énorme où le privé peut se substituer rapidement aux Universités publiques ou élitistes. Comme une plateforme qui met en lien étudiant, enseignant avec des cours optimisés, organisés, multi-formes, où une I.A. permet de déceler les points faibles de l'apprenant, où les données récupérées permettent d'affiner un cours et le rendre accessible au plus grand nombre. Quelle sera la plateforme GAFA de l'éducation ? EdX ? Coursera ? Khan Academy ? Fun MOOC ? Jeune je rêvais d'une ... simple calculatrice, j'ai fini par avoir une TI57LCD, mais je voulais une calculatrice graphique et programmable (avec plus de mémoire que la TI57). Maintenant on a en ligne ou en client lourd Octave !!! On peut voir les arcanes de l'implémentation des variables dans Python Live, on peut expérimenter avec les dernières technologies comme les containers Docker, on a un environnement intégré pour apprendre à coder sur CodeCademy, etc. J'ai aussi suivi il y a quelques années un cours d'Art Contemporain de John David Ebert (Contemporary Art Course, qui n'est plus disponible sur Open Online Education ni dans le channel Youtube, alors pour la certification c'est râpé ! Mais j'ai son livre, excellent) . Il y a plus intéressant dans ce livre The End of College, même si l'auteur se perd un peu sur sa propre vie avec un propos un peu redondant et dilué. Met il met le doigt sur le pouvoir des Université actuelle : le diplôme ! Les université étant détentrices de cette clé d'entrée, mais la foi en ce bout de papier est la même que la foi dans les billets de 20 euros, cela repose sur une entente tacite. La mise en place de certifications reconnues, étayées et validées et leur mise en valeur dans LinkedIn par exemple peut sonner le glas de la toute puissance des Universités traditionnelles. Il y a encore quelques années les enseignants ne voulaient pas que leurs cours soient disponibles, accessibles, partagées. Ils risquent de se tirer une balle dans le pied à une époque de l'Open Learning Inititative, des MIT Open Courseware, de l'Open Educationnal Ressource. Ce livre regorge d'anecdotes, de rencontres, de ressenti divers, d'expérience, et fait ressentir la vague numérique qui nous submerge. Dommage qu'il n'y ait pas de bibliographie, de références et que le propos ne soit pas plus académique. Adepte des MOOCs pour découvrir tout un tas de chose, je ne peux qu'adhérer aux propos de l'auteur, propos qu'on peut constater lorsqu'on s'intéresse à ce sujet ou qu'on connait de près une université. J'ai bien aimé la partie validation des certifications en dehors du circuit habituel des diplômes émis par des institutions reconnues, les Open Badges, et j'ai apprécié les propos qui sous-tendent non pas l'intérêt qui me semble évident, mais qui la manière dont les apprenants s'en saisissent et leur approche pour les mériter, les collectionner, les mettre en valeur. Cette reconnaissance des compétences acquises était le dernier rempart qui protégeait les Universités ... Que va-t-il se passer ?

Note : AAAAAAAAAA


Doing math with Python by Amit Saha

 Doing math with Python. Use Programming to Explore Algebra, Statistics, Calculus, and More!  by Amit
Saha
(No Starch Press, 264 pages, 2015)

Incipit :

The USA  Network television channel once ran a detective dramedy called Psych, in which hyper-observant amateur sleuth Sean Spencer solved cases while pretending to use psychic abilities.

Un livre fabuleux. Ha si j'avais pu avoir accès à de tels ouvrages plus jeune ... J'adore cet éditeur. Et ce livre est parfait pour découvrir Python en s'amusant !!! Bon ok faut aimer s'amuser avec les maths, mais le calcul symbolique, quelques stats, etc. mais apprendre en s'amusant quoi de mieux ? C'est extrêmement motivant, cela permet de découvrir diverses facettes de ce langage tout en s'intéressant à diverses problématiques. En particulier produire des haïkus ! Cracker des codes, élever des rats, jouer avec la formule de gravitation, etc. Le petit souci pour les haïkus, c'est de trouver une base de mots en français qui compte les syllabes mais bon un peu de challenge que diable. Et au passage on découvre les chaînes de Markov. Et comme je suis visuel, l'occasion de faire des graphiques avec la librairie MatPlotLib .... que du bonheur ... Nerdgasm ! Je me suis préparé sur Codecademy (Python 2) et sur Fun MOOC pour Python 3 (J'en suis à la cinquième semaine, bientôt les classes objets !!!). C'est là aussi qu'on s'aperçoit que les cours en ligne ont énormément progressé. Même si la France est 18ème (Rapport du CEPS) pour sa préparation au numérique. Cela rejoint le livre que j'ai presque fini, The end of College, une critique sévère du système universitaire US, qu'on pourrait étendre sur certains aspects au système français. Même si le livre commence à perdre sa place pour apprendre, le numérique étant plus dynamique, malléable, interactif, etc., il reste tout de même de ouvrages comme celui là qui sont très amusant à explorer. J'aurais aimé que le livre nous fasse coder par étape pour arriver à la fin au programme complet, un peu comme le fait Codecademy. Mais globalement ce livre adresse des sujets très divers et montre le potentiel de la programmation, sa plasticité. Les concepts Python se retrouve par exemple dans Octave, l'équivalent libre de Matlab, un outil génial pour explorer les matrices, l'algèbre linéaire. Quand j'étais au lycée j'ai tout juste pu accéder à une TI57LCD (De mémoire) puis à une HP11C en NPI (Toujours de mémoire) et là on a ... Octave qui fait des graphiques comme avec MatPlotLib. cela permet de comprendre des concepts, de jouer avec. Comme ce livre qui démontre tout le potentiel de la programmation, ici en Python. Cela rend l'algorithmique plus sexy ... Et cet éditeur No Starch Press me plait autant que l'éditeur O'Reilly !

Note: AAAAAAAA

mercredi 18 novembre 2020

Prelude to Foundation by Isaac Asimov

 Prelude to Foundation by Isaac Asimov ( HarperCollins, 216 pages, 2016)

Incipit :

Suppressing a small yawn, Cleon said, “Demerzel, have you by any chance ever heard of a man named Hari Seldon?”
Ahhh quel cycle !!! J'ai commencé par relire la trilogie initiale et puis ... dans la foulée ... retour aux sources. Cela commence un peu lentement et même avec quelques longueurs au début même si cela est suffisamment intriguant, puis cela décolle et la fin, quelle fin !!! J'adore ! On ressent bien le côté humaniste de l'auteur, sa vision, à une échelle cosmique. Il n'y a pas que la science ou les maths, mais aussi la psychologie, la sociologie, une forme de géopolitique. Je me demande dans quelle mesure il n'a pas influencé l'auteur de Dune ou tant d'autres. Et puis finalement j'apprécie de le lire dans le "désordre", de savoir d'où vient cette psychohistoire comment Hari en est venue à la développer dans quelle conditions. Et là surprise il y a même de l'amour !! Hummm nerdgasm ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

mardi 10 novembre 2020

Ce qu'ici-bas nous sommes de Jean-Marie Blas de Roblès

 Ce qu'ici-bas nous sommes de  Jean-Marie Blas de Roblès  (Zulma, 268 pages, 2020)

Incipit:

Ce mémoire est une mise en forme de mes carnets de route destinée, sur la suggestion du professeur Binswanger, à mettre un peu d'ordre dans le chaos de mes souvenirs.
Ce livre me fait l'effet d'un O.L.N.I (Objet Littéraire Non Identifié) encore qu'il me rappelle par certains côtés à la fois le roman The Selected Works of T. S. Spivet mais encore l’inénarrable Catalogue d'objets introuvables de Carelman. Mais c'est surtout l'angle sous lequel il est raconté, une monographie anthropologique sur la contrée du Zindàn. Mélange de verve, d'humour pince sans-rire, de références diverses et surprenantes qui allie à la fois le sérieux et le déjanté, l'imaginaire ébouriffé, entremêlant actualité et passé, une mixtape postmoderne poétique. Vous y retrouverez des passages sur le jeu de Go, et donc sur le deep learning (pour les fans du software engineering) qui a mené Lee Sedol à sa perte, (pour les fans du jeu de Go et d'Alphago) mais aussi des tatouages en forme de QR code, pour les fans de technologie, de l'EMDR (pour ceux qui s'intéressent à la psycho), un langage (qui existe), le BrainFuck (Sur la page wikipédia l'incontournable 'Hello World' en BrainFuck, genre de machine de Turing), pour ceux qui ont un côté g33k, à la fois humour raffiné, provocateur, érudit, fourre-tout parfois, mais très bien raconté, avec un côté Oulipien dont je devine à peine les contraintes. J'ai raté une bonne partie des références littéraires citées en fin d'ouvrage. Mais ce qui fait aussi la particularité de ce roman ce sont ses illustrations, en partie collage mais aussi réalisations de l'auteur (Bravo !). En fait, j'adore ces gravures noir et blanc vintage (style XIXème siècle) finement ciselées et souvent complètement barrées, en contrepied de leur statut encyclopédique d'origine. Un roman atypique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, un peu du Lévi-Strauss sous LSD ou psylocibin, voire des deux. A un moment il y a un écorché d'un personnage nommé Occam et je me demandais si cela avait un rapport avec le rasoir d'Occam, principe bien connu, je suppose que oui, en tout cas je trouve cela délicieusement raffiné.

Note : AAAAAAAAAAA

dimanche 8 novembre 2020

Le proto-fasciste Donad Trump viré

 Donald J. Trump (SORE LOSER) viré 

Despicable man. Indecent guy in chief

Enfin le dictateur aux petits pieds, le sexiste (tweet, documentaires), raciste (tweets, mur Mexique, propos sur les pays shithole), escroc (Trump University [Commision sénatoriale], évasions fiscales [l'analyse de ses comptes]), menteur compulsif (tweets, il triche y compris au Golf !!), corrompu/corrupteur, égocentrique, déstabilisateur du monde (fermeture d'ambassade, mépris des Palestiniens etc.), sociopathe (cf. le portrait par sa nièce, Too much and never enough de Mary L. Trump), impoli (tweets, conférences), grossier (tweet, conférences, débats), complice de meurtre dans sa gestion du COVID9, mal éduqué, insultant, méprisant, irrespectueux des lois (y compris protocole de la Maison Blanche), mauvais perdant, traitre à sa propre nation (Collusions avec la Russie avérée mais la lâcheté et l'idéologie crasse des Républicains l'a protégé), anti-démocrate, mettant en péril les piliers de base comme la séparation des pouvoirs (judiciaire etc), attaquant les médias systématiquement, populiste au vocabulaire limité, enfin il dégage. C'est un soulagement. Le monde ne peut que s'en porter mieux. Car avec les Bolsonaro, Boris Johnson, Erdoğan, PoutineOrbán, Kim Jong-un franchement cela devient inquiétant. Sans parler de Fox News (aka Fake News) et du journalisme partisan qui n'a quasiment plus aucune éthique. Un système qui est devenu mafieux et funeste. Pas surprenant que le RN soit supporter d'un tel individu.

 Avec Kamala Harris on retourne à une politique intelligente, décente et compétente au moins !

Chandan Khanna / AFP

Culture Numérique de Dominique Cardon

 Culture Numérique de Dominique Cardon (SciencesPo Les Presses, 432 pages, 2019)

Incipit :

L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques provoquées par l'invention de la machine à vapeur ou de l'électricité au cours des révolutions industrielles.
Une compilations des cours de l'auteur à Sciences Po, accessible à tous et c'est là son tour de force. Même si par mon métier j'ai plus d'affinités sur le sujet qu'une personne n'ayant aucune connaissance sur ce thème. L'importance d'une culture numérique, étant donné que c'est la société dans laquelle on vit et donc la comprendre, me semble essentiel pour comprendre les enjeux, les inquiétudes, les contraintes, les possibilités et être un citoyen/citoyenne éclairé. Chaque article est cours et va à l'essentiel et chaque article est accompagné d'excellentes références soit de livres (sociologie, études, réflexions), soit de conférences (TED par exemple), soit d'articles fondateurs (Celui de 1936 de Turing ou de 1998 de Brin et Page, le pagerank de Google), bref une mine d'informations même si ces articles fondateurs je les connaissais. Quelques erreurs de typographie, ce qui est un peu dommage. Et, horreur, encore cette confusion entre programmateur et programmeur (p. 395) que je m'amusais à pointer dans de nombreux ouvrages. Un programmateur travaille à la radio ou se trouve dans une machine à laver, alors que le programmeur est le codeur, le développeur de programmes. Rien à voir. Trouver cette confusion dans ce genre d'ouvrage, de culture numérique, je le rappelle, fait un peu mal quand même. Bon c'est tout de même contrebalancé par la qualité des articles et le spectre large des points adressés. Je regrette qu'il y ait si peu sur le e-learning, sur l'Art numérique (le deep dreaming inversant le Machine Learning, cf. DeepDream, et Deep Dream Generator), ou une référence à Snowden (Par exemple l'excellent No place to hide de Glenn Greenwald) mais globalement du bon ouvrage. Devrais être lu par tout le monde. Car cela parle aussi du citoyen et de l'usage des big data avec l'opendata comme dans les sites nosdeputes.fr ou ParisData. Ils rappellent aussi l'usage de CookieViz (de la CNIL) qui permet de connaitre la manière dont vous êtres traqués.

Note : AAAAAAAAAAAA

Seconde fondation d'Isaac Asimov

 Seconde fondation d'Isaac Asimov (Denoël, 256 pages, 1966)

Incipit :

Il y aurait bien d'autres choses à dire sur le Mulet et son Empire que ne le fait l'Encyclopédie, mais la plupart s'écartent des préoccupations qu'elle s'est tracées.

Le cycle initial, de trios volumes, se termine. après Fondation et Fondation et Empire. Mais le cycle de Fondation est bien plus important et comprends au final sept volumes. Je n'ai pas réussi à les trouver en ouvrage complet ou séparé et encore moins à un coût raisonnable. Mais j'aimerais bien lire les sept. Je vais y réfléchir. Là un cycle s'achève. C'est toujours brillamment mis en scène et Asimov trouve, encore, le moyen de nous piéger et de nous surprendre. Matérialisme de la première fondation et monde du pouvoir psychique de la deuxième de nombreux symboles et idéologies parcourent l’œuvre, notamment cette volonté de puissance propre à l'humain, même si c'est au détriment d'un idéal plus vaste. Cette saga est un peu Star Wars mais avec un scénario bien plus élaboré et profond et bien antérieur à cette saga filmique. Dommage que Denoël est mal fait son travail éditorial, c'est plein de fautes de français, de fautes typographiques et page 211 il manque même une partie de phrase !!! Du travail ni fait ni à faire. quel mépris pour l'auteur et les lecteurs. J'espère que les éditions ultérieures auront eu plus de soin à l'ouvrage. Franchement ...

Note : AAAAAAAAAAAA

Fondation et Empire d'Isaac Asimov

Fondation et Empire d'Isaac Asimov (Denoël, 250 pages, 1966)

Incipit :

Bel Riose voyageait sans escorte, ce qui est contraire aux prescriptions de l'étiquette pour le chef d'une flotte stationnée dans un système solaire encore peu amical, sur les marches de l'Empire Galactique.
La suite de Fondation, toujours aussi puissant, une géopolitique cosmique. Avec un grain de sable qui apparait, un personnage mystérieux, le Mulet. L'impression d'avoir un cours sur le libre arbitre individuel versus celui des sociétés, le cours de l'Histoire et les destinées individuelles, et cela au travers du prisme d'un spectre large, en en-tête de chapitre une mystérieuse Encyclopédie Galactique. J'aime bien la manière dont Asimov manipule lecteur ... A plan within a plan within a plan ... clever ! Bon c'est une bonne lecture !!! 

Note :  AAAAAAAA

samedi 31 octobre 2020

Clean Code de Robert C. Martin

 Clean Code A handbook of Agile Software Craftmanship de Robert C. Martin (Prentice Hall, 431 pages,
2019)

Incipit :

One of our favorite candies here in Denmark is Ga-Jol, whose strong licorice vapors are a perfect complement to our damp and often chilly weather.

Un excellent livre de méthodologie sur l'Art de coder proprement, sur les principes sous-jacent à la factorisation, au soin à apporter au nommage, avec force de conseils, un bible de référence en somme. A lire ... à relire. Et à appliquer !!! Les exemples foisonnent et sont en Java. Oui je me suis remis à la programmation depuis quelques temps (Python et Java), à la programmation objet et aux outils pour coder proprement (Pylint, pycodestyle, pydocstyle etc), avec un environnement dans une Virtual Machine Ubuntu avec Workstation, un profilJava et l'EDI Eclipse et un profil Python. Des cours en lignes (notamment sur Code Academy, un MOOC Python 3 sur Fun-mooc, un MOOC de Bioinformatique sur Coursera, oui cela occupe !!!), de l'algorithmique et l'usage d'EDI ou d'éditeurs avancés (Visual Code Studio). Avec quelques centres d'intérêt comme le Deep Learning, le NLP, la librairie MatPlotLib, les algos génétiques, le Design Pattern, ce genre de trucs. Au delà des aspects techniques cela montre combien le développement est devenu une industrie collaborative et où coder proprement est fondamental. Cela donne aussi une rigueur et des bonnes pratiques qui peuvent se généraliser.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA

Fondation d'Isaac Asimov

Fondation d'Isaac Asimov (Denoël, 236 pages, 1966)

Incipit :

Il s'appelait Gaal Dornick et c'était un bon provincial qui n'avait encore jamais vu Trantor.
Ahh la psychohistoire. Mélange de mathématiques de très haut niveau et de prévisions historiques basées sur les masses et les mouvements de fond. Il s'agit d'une relecture, encore que m'en rappelant plus guère, c'est presque une lecture. Lu quand j'étais jeune, insouciant. Sans pandémie, sans terrorisme. Avec un meilleur moral  sociétal ha ha. Bon. Dommage que Denoël ne relise pas assez, cela aurait éviter de nombreuses fautes. En dehors de cela il y a une ampleur dans ce cycle qui me laisse pantois. L'impression qu'Asimov a perçu qu'il y a des choses qui nous dépassent individuellement avec ce hochet de croire qu'on peut prédire l'avenir. Mais comme l’humain est un chaos de niveau 2, pour que cela se réalise il ne faut pas qu'il soit au courant. Hummm je comprends. Bon bref, c'était distrayant et plaisant à relire. C'est pas super bien écrit mais les idées foisonnent. 

Ah oui j'ai aussi fini Harry Potter. The Half-blood Prince et The deathly Hallows.  Aussi des relectures alors je vous les épargne. A ce propos les éditions MinaLima ont sortie le premier volume de la saga illustré par leur soins. c'est MAGNIFIQUE !!!! Un rêve de gosse. Images somptueuses, couleurs douces et chaudes, propices au merveilleux.  Et des pliages ... Le rêve absolu !!

Note : AAAAAAAA

Le théorème funeste d'Alexandre Kha

 Le théorème funeste d'Alexandre Kha (Éditions Tanibis et Alexandre Kha, 44 pages, 2019)

Une BD presque entièrement en N&B , d'un style épuré fascinant, géométrique, symbolique, mathématique. La quête de la résolution d'un théorème de Fermat par un mathématicien qui a passé huit ans de sa vie à chercher. Un labyrinthe où la pensée se perd, imagine, trace un chemin indicible dans les profondeurs de la réflexion. Comme je potasse "Qu'est-ce que les mathématiques : Une introduction élémentaire aux idées et aux méthodes " de Courant / Robbins (Le mot 'élémentaire' peut fourvoyer, il faut avoir un intérêt réel pour les maths), je touche à peine du doigt ce qu'il a fallu d'énergie pour résoudre un tel problème. Cette BD met en scène magistralement cette quête dans les cieux des idées abstraites et la rend touchante et singulière.

Note : AAAAAAAAAAAAA

Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (Livre de poche, 409 pages,  2020)

Incipit :

Quand Zarathoustra eut atteint l'âge de trente ans, il quitta son pays natal et le lac de son pays et alla dans les montagnes.

Quel livre étonnant. Étonnant par son inventivité, sa poésie, sa profondeur, sa flamboyance, ses aphorismes stupéfiants de beauté et de sens abyssal. J'avoue ne pas avoir tout saisi. Cela secoue de lire Nietzsche. Cela fait d'ailleurs du bien. Un livre riche qu'il me faudra relire. Des propos rafraîchissants en ces moments de pandémie, de suprématisme, de terrorisme, de communautarisme, de séparatisme. Nietzsche serait stupéfait de cet Islam radical funeste, totalitaire dont les représentants sont d'une bêtise confondante rare. Quelques farfelus au Pakistan, devant l'ambassade de France, voulait même que leur pays jetent une bombe nucléaire sur la France. A cause de ... quelques dessins. Rien que cela. Raser un pays parce qu'on se sent offusqué ? Des femmes, des enfants ... tout le monde. Même des musulmans (6 millions). Ce musulman pakistanais ne perçoit même pas l'imbécilité de ses propos. Contraire au Coran qui spécifie bien que tuer un musulman est le pire des crimes (Cela n'a pas sauvé Ahmed Merabet). Vision totalitaire et nazifiante. A cette aune on peut raser la planète, tout un chacun peut toujours être offusqué de quelque chose. Le respect brandit comme une épée pour tuer l'Autre. Mais de quel respect parle-ton ? C'est confondant de bêtise, d'ignorance. Il y a 200 religions dans le monde, croire que la sienne prévaut sur celle des autres et tuer en son nom ? Quel manque de maturité, quel manque de sagesse, quel manque de dépassement de soi. Le surhomme Nietzschéen, c'est pas gagné ... Sont pas près de se dépasser eux-mêmes les terroristes ... Man muss noch Chaos in sich haben, um einen tanzenden Stern gebären zu können. Méditez là dessus les intégristes ... Heureusement qu'il y a des musulmans pour la laïcité et pour une lecture plus actuelle. Vive la liberté d'expression !!! Au fait avez-vous remarqué dans ce livre de Nietzsche ? Il y a un aigle (Ravenclaw), un serpent (Slytherin) et ... un lion (Gryffindor). Ne manque que le blaireau ... Oui bon Harry Potter est en moi, je n'y peux rien !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

jeudi 8 octobre 2020

second manifeste convivialiste d'Internationale convivialiste

 second manifeste convivialiste Pour un monde post-néolibéral d'Internationale convivialiste (Actes Sud, 142 pages, février 2020)

Incipit :

Un peu partout dans les pays les plus riches, la jeunesse commence à se mobiliser pour exiger que les États et les grandes entreprises se décident enfin à lutter réellement contre le réchauffement climatique et contre la dégradation irréversible de l'environnement naturel.

Un constat juste de l'état du monde, un manifeste qui propose un substrat de société convainquant (Cinq piliers). En revanche la feuille de route pour y arriver me laisse perplexe, elle est limité à des mouvements d'indignation comme #Metoo, ou avec une vision moraliste étriquée, le 'name and shame', dont on peut douter de son efficacité au regard des personnes qui sont bien au delà de toute morale, ou encore de porter un badge AH (page 102), je ne sais si cet affichage dérisoire dans un monde parcellaire et polarisé aura le moindre effet également, ou le souhait , au moins dans un premier temps, d'être "récupéré" par des mouvements politiques. Le film d'Al Gore (An inconvenient truth), presque 15 ans déjà, les documentaires comme Demain, tout cela est nécessaire, très bien, mais il faudra bien plus pour un réel changement. Excellent bibliographie où j'y retrouve, pour ainsi dire sans surprise, Philippe Descola et Bruno Latour. A une époque où des guignols dangereux comme Bolsonaro ou Donald J Trump sont élus, je ne vois pas de réel espoir se profiler à l'horizon. Je crains que les ouvrages sur l'autre débile Trump soient plus vendus que ce manifeste pourtant si essentiel pour notre avenir. Ce qui ne veut pas dire ne pas essayer. Donc lisez ce livre, faites en part autour de vous, engagez-vous, soutenez ! Yeehaaa !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Penser le Coran de Mahmoud Hussein

 Penser le Coran de Mahmoud Hussein (Folio essai, 234 pages, 2013)

Incipit 

Nous sortions d'un autre temps.

Nous venions de consacrer de longues années à l'écriture du livre qui retrace la vie du Prophète Muhammad, d'après les premières chroniques musulmanes.

Je lis le Coran, et j'ai aussi compulsé Le Coran pour les nuls (De Malek Chebel et Sohaib Sultan). Ce dernier présente une grande partie de la complexité du monde musulman mais malheureusement propose des argumentations édulcorées sur les sourates qui posent question (Par exemple dans La partie de 10, sur la femme, la violence et l'incohérence), en ignorant sciemment, pour la femme, le verset IV, 34 (Qui permet de battre sa femme si on craint sa désobéissance). Cet ouvrage de Mahmoud Hussein offre des propos moins lénifiants. Il commence par clarifier les deux visions du Coran, la vision littérale où le Coran est incréé, intemporel, une révélation de tout temps, et une vision rationnelle inscrite dans l'Histoire. Cette dernière contextualise historiquement le Coran, comment il s'est élaboré, et comment le Coran à l'époque a contribué à l'amélioration de la condition féminine par rapport à avant son avènement. Cet ouvrage constate l'ignorance des musulmans eux-mêmes. Mais ce n'est guère étonnant, c'est humain je dirais. Combien de catholique ne connaissent pas la Bible, ayant une connaissance construire au travers de catéchisme ou de ont-dit ou simplement au travers de sa culture. Penser le Coran propose aux musulmans une vision moderne et éclairée, le Coran comme guide au XXIème siècle. Mais Mahmoud Hussein édulcore un peu l'apostasie (page 17), je n'ai pas trouvé la peine de mort en cas d'apostasie, néanmoins l'apostat peut s'attendre à un châtiment douloureux (III,177), pas de pardon (IV,137), la colère et un châtiment terrible d'Allah (XVI, 106). De même il n'adresse pas les points qui posent quelques soucis comme par exemple l'épouse du Prophète Aisha, promise à l'âge de 6 ans, alors que le Prophète en a 52, et probablement marié à elle quand elle avait 9 ans. Cela engendre des discussions sans fin sur internet et des vidéos youtube visant à expliquer voire justifier ce qui, dans le cadre littéraliste, pose bien plus de problème que cela n'en résous. Bref, cet ouvrage montre que la voie de salut pour le Coran n'est pas la vision littéraliste et s'en explique de manière érudite et étayée. Enfin c'est un ouvrage sur l'Islam et permet de mieux en comprendre les rouages ou les enjeux. La page bibliographique est aussi d'un intérêt certain pour les sources citées.

Note : AAAAAAAAA

samedi 26 septembre 2020

As a Man Thinketh by James Allen

 As a Man Thinketh by James Allen (Mockingbird Classics, 40 pages, 2016)

Incipit :

THE aphorism, "As a man thinketh in his heart so is he", not only embraces the whole of a man's being, but is so comprehensive as to reach out to every condition and circumstance of his life.

Peut-être pas l'ancêtre du self-help book, livre de développement personnel mais cela y ressemble fort. Un condensé sur l'art de la maîtrise de soi, et donc de sa vision du monde. Nous sommes ce que nous pensons. Pas tout à fait méthode Coué ou pensée positive, cela embrasse les deux et les dépasse. Le problème n'est pas de comprendre ni de croire mais d'appliquer. Car tout est lipide et clair. Mais c'est parfois si difficile d'appliquer de si simples conseils. Et pourtant ... ils sont tellement vrais. Cela me rappelle Sénèque ou Marc-Aurèle, nous créons notre réalité. A lire, et relire. Et relire.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Harry Potter and the Goblet Of Fire House Edition Slytherin by J.K. Rowling

Harry Potter and the Goblet Of Fire House Edition Slytherin by J.K. Rowling (Bloomsburry, 617 pages,
2020)

Incipit :

THE RIDDLE HOUSE

The villagers of Little Hangleton still called it “the Riddle House,” even though it had been many years since the Riddle family had lived there. It stood on a hill overlooking the village, some of its windows boarded, tiles missing from its roof, and ivy spreading unchecked over its face. Once a fine-looking manor, and easily the largest and grandest building for miles around, the Riddle House was now damp, derelict, and unoccupied.
Je continue ma relecture de ce même livre il y a un peu plus d'un an. Toujours aussi captivant. Cette fois j'ai noté précisément quelques citations comme "If you want to know what a man's like, take a good look at how he treats his inferiors, not his equals. ..." page 443. "Understanding is the first step to acceptance, and only with acceptance can there be recovery", page 572. "We are only as strong as we are united, as weak as we are divided", page 608. En relisant l'article sur ce même livre, je viens de le faire car je me demandais si ... et oui j'avais déjà noté ces trois mêmes phrases !! Comme quoi ... La scène avec Harry, Cedric et la coupe est particulièrement impressionnante, un fairplay d'une grande justesse, qui va intensifier la scène suivante de manière remarquable. J'aime beaucoup Fred et Georges, leur art consommé de la dérision. Mais mon personnage préféré n'est pas encore arrivé ... Luna Lovegood. Qui me rappelle Klaus dans Umbrella Academy (la série, pas le comics) en moins droguée mais aussi lunaire et barré, elle aussi voit la mort ... Bon je suis un grand fan de la saga d'Harry ... de plus en plus.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaa

lundi 21 septembre 2020

Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte

 Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte (Livre de Poche, 446 pages, 2019)

Incipit :

L'éclair du flash projeta la silhouette du mort sur le mur.
J'ai revu il y a peu La neuvième porte avec Johnny Depp. Et en faisant des recherches sur le livre occulte Les neufs portes du royaume des ombres (wouha !!) et le Delomelanicon (Wouha comme le Nécronomicon ?) j'ai appris qu'en fait ce film était inspiré d'un livre de Pérez-Reverte !! Et il y a bien les gravures dans ce livre. D'ailleurs il y en a une reproduction fidèle (chère malheureusement) achetable en ligne. Bref. Alors le livre m'a un peu déçu. Il est vrai que je connaissais l'intrigue mais le style est pesant, l'intrigue mollassonne parfois. Certes c'est sophistiqué (Peut-être un peu trop), érudit, littéraire, avec une mise en abyme sur l'écriture, mais tout de même, je suis un peu déçu. Les gravures et le jeu de piste rattrapent un peu. La fin est bien moins bonne que celle du film. Ce dernier une intrigue plus épurée, le scénario a plus de peps, ont été rajouté des éléments et situations "sataniques", ce qui confirme que l'ouvrage aurait gagné à être allégé. Bon cela reste une lecture qui a tout de même ses attraits, le monde des bibliophiles, pour un genre particulier, l'occulte... Et puis le Diable ! Quand même ! Lucifer a tout de même plus de classe !

Note : AAAAA

samedi 19 septembre 2020

Cinq leçons de morale par Umberto Eco

 Cinq leçons de morale par Umberto Eco (Grasset, 176 pages, 2000)

Incipit

J'ai décidé de réunir deux articles écrits à l'occasion de deux guerres.

Un livre qui parle de morale. Mais au travers d'articles publiés dans la presse italienne (Si j'ai bien compris). La légitimité de la guerre, surtout l'ingérence. Il définit alors la "fonction intellectuelle", ne pas réagir avec ses émotions mais prendre du recul, argumenter etc. Des "intellectuels" ont du avoir les oreilles qui sifflent. Et cela ne concerne pas que l'Italie ...  Donc très bonne définition de la "fonction intellectuelle" p. 16, j'applaudis des deux mains. Pour m'étonner que le même Umberto Eco, page 42 écrive "La première, c'est que les services secrets du monde entier sont par définition inefficaces, ils n'ont jamais été capables de faire tuer ni Castro, ni Saddam Hussein, et il est honteux qu'on juge bon de gaspiller pour eux l'argent public". Alors en termes de recul, de prise de distance et de ne pas se laisser aller à des poncifs, à l'émotion, aux jugements à l'emporte pièce, à des généralités, à une argumentation à peu près nulle, on repassera. Un simple contre exemple : Eichmann rapatrié par le Mossad en Israël pour être jugé. Les propos lapidaires d'Umberto Eco ne font pas honneur à sa définition de la "fonction intellectuelle". Je ne dis pas qu'il a tort sur le fond, juste que sur la forme c'est assez pauvre et ne respecte pas sa propre définition de la "fonction intellectuelle". De même pour sa définition étroite de l’athéisme p. 141, estimant que les athées souhaitent ... réfuter l'existence de Dieu (!?). Ah ah qu'il est drôle. Oui dans la définition particulièrement erronée d'Umberto Eco qui, à partir de sa définition irrationnelle a beau jeu de dénoncer ou de s'étonner de ce qu'il a lui-même inventé. Pour la "fonction intellectuelle" on repassera. Il y a des athées rationnels M. Eco. Je vous aurais bien conseillé de lire par exemple The God Delusion de Richard Dawkins ou Qu'est-ce que la connaissance ? pour affiner votre réflexion. Vous allez dire que je n'ai pas aimé cet ouvrage. Faux. Le sujet de la guerre et où on place les limites et les seuils pour une guerre "juste" sont estimables. Sa critique virulente sur les dérives de la presse est éclairante (mais ne m'apprends guère), et enfin son interrogation sur une morale laïque est très bien amenée. Et puis je ne donne que mon avis personnel, qui ne vaut pas grand-chose. Mais j'aurais aimé échanger avec lui. Tant pis. Un livre honnête, riche de réflexions sur la morale sur des sujets difficiles qui méritent amplement de s'y pencher, au moins pour les sociétés qui se disent démocratiques. Et puis j'ai appris qu'on pouvait être fondamentaliste et ... tolérant. Cela n'a pas de prix.

Note : AAAAAAAAAAA

dimanche 13 septembre 2020

Consolation de la philosophie de Boèce

Consolation de la philosophie de Boèce (Rivages poche, 236 pages, 2020)

Incipit :

 Moi qui jadis composais des poèmes ardents et enjoués

 Mes pleurs hélas ! me vouent à de mornes mélopées.

Je ne me rappelle plus comment je suis tombé sur cet ouvrage. J'ai du le noter comme référence suite à une lecture je suppose. La vie qui entoure cet ouvrage est étonnante. Boèce est en prison, torturé, sans que cela soit clairement évoqué dans l'ouvrage même, et il trouve le moyen de rédiger ce texte et de le faire sortir de prison. La préface, excellente, explique bien tout cela, ainsi que cet ouvrage n'ai pas eu l'hommage mérité puisque son auteur finalement s'affranchit de Dieu pour se consoler de sa mauvaise Fortune. Car après une vie flamboyante il se retrouve condamné à mort. Incompréhension. Qu'a-t-il fait de mal ? N'a-t-il pas été un citoyen engagé, couvert de louange, faisant le bien, s’appuyant sur la raison etc. ? Alors il trouve cela injuste, injuste que les gens bons (oui, pas drôle) soient punis et les méchants s'en sortent. Mais il se base sur l'immortalité de l'âme (Comme dans L'Utopie), donc une punition dans l'au-delà, le mal au regard de l'éternité est toujours punie, à défaut de l'être sur terre. Mouais. Il y a une logique au moins. En tout cas le dialogue avec Dame Philosophie est de haute tenue, argument, déduction etc. comme dans La Docte Ignorance, et il rédige cela qu'avec sa mémoire, utilisant tout son savoir, le mettant peut-être pour la première fois en pratique. Quelle leçon de lucidité devant la mort imminente. Quelle sagesse ! Comme pour les stoïques pour qui la mort n'est rien. Comme pour Harry Potter (Écouter La mort de la mort) il est dans l'acceptation de sa finitude et c'est cette même mort qui lui fait atteindre un sommet qu'il n'aurait peut-être pas atteint sinon. Je m'étonne toujours de tomber sur ce genre d'ouvrages dont je n'avais jamais entendu parler il y a encore quelques mois. Je m'interroge sur le système éducatif ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

L'Utopie de Thomas More

 L'Utopie de Thomas More (Librio, 126 pages, 2018)

Incipit :

L'invincible roi d’Angleterre, Henri, huitième du nom, prince d'un génie rare et supérieur, eut, il n'y a pas longtemps, un démêlé de certaine importance avec le sérénissime Charles, prince de Castille.
Inspiré de la République, un dialogue décrivant l'organisation avant-gardiste pour l'époque (1516) d'une île, Utopie. Cela reste un texte incroyablement moderne préfigurant Le Manifeste du Parti Communiste, pour sa lutte des classe ou plutôt d'éviter qu'elle existe, Le Meilleur des Mondes, pour son souhait d'un monde parfait, équilibré, Jérémy Bentham et son panoptique, par son auto régulation et surveillance/transparence érigé en principe, Ile d'Aldous Huxley, pour l'aspect utopique sur une île, L'Île Mystérieuse de Jules Verne, idem, mais aussi des évènements historiques comme la révolution française, ou des interrogations toujours actuelles, les questions sur l'égalité, le partage des richesses, l'euthanasie, les végétariens, la condition animale, cultiver son jardin (dans les deux sens, dont le Candide de Voltaire se souviendra, bien que Voltaire ait eu des propos bien racistes contre les noirs et les juifs, il n'a pas du assez cultiver son jardin),  le référendum, l'Université Populaire (bien avant Michel Onfray), le respect du au travail manuel et aux métiers essentiels (Un gros pied de nez aux "premiers de cordée", slogan propagandiste mensonger des ultra libéraux incultes, sociologiquement mensonger, et argument économique tartuffe), brocardant le Dieu argent, brocardant l’aristocratie (Ceux qui croient à leur supériorité de naissance (!?), j'en ai dans la famille), brocardant l'apparence (Diktat de la mode ou de l'habit qui ferait le moine), brocardant l'amoncellement des textes de lois (!!! quelle prescience !), mettant en avant les services publics (dont la santé), etc. Mais ce livre est aussi le fruit de son époque, quelques traces de sexismes, de patriarcat bon teint, pas de place pour l'athéisme, car cela s'apparente à une théocratie même s'il y a une tolérance entre religions, mais bien sûr le Christianisme est ... la meilleure !. L'endoctrinement religieux des enfants est un principe de base en Utopie ... Ce qui relève de la pure maltraitance selon moi. De même Thomas More utilise l’argument éculé et faux que seuls les croyants peuvent avoir une morale. L'Histoire démontre plutôt l'inverse, ce sont tout de même des croyants qui ont allumé le plus de bûcher que je sache. Et c'est bien la corruption et autres dérives de son époque (croyante donc) qui l'a amené à rédiger ce texte. Donc pas de place pour les mécréants et autres athées semble-t-il. D'un autre côté l'immortalité de l'âme est un dogme absolu. Dommage de ne pas avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout de l'idée de laïcité, de tolérance, de fraternité, d'ouverture et de paix. C'est la limite de cet ouvrage qui reste par de nombreux aspects étonnamment moderne dans ses idées, surtout pour l'époque où il a été rédigé. Il rejette aussi les superstitions et autres oracles mais valide ... les miracles. Toujours cette difficile réconciliation entre Foi et Raison. La partie sur la Guerre fait un peu penser à un traité de polémologie style Le Prince (Mais qui parait en 1532 donc non) ou Sun Tzu dont il s'est peut-être inspiré. Fidèle à ses idées (pas de divorce par exemple) il fut ... exécuté par celui dont il encensait dans son incipit les vertus. Initialement j'avais commence Utopia XXI d'Aymeric Caron. Comme il s'inspire de L'Utopie de More alors je trouvais logique de commencer par lire sa source d'inspiration. Ce livre de More devrait être lu par tout le monde tant il offre des points essentiels sur la conception de la cité. Républicaine ... puisque basée sur La République de Platon.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

L'hérétique n'est pas celui que le bûcher brûle, mais celui qui l'allume.
Francis Bacon

Le siècle est fou. Fou de lâchetés, de démissions, de mensonges, d'impostures et de laideur, et ce qu'on appelle "crise de civilisation" n'est en vérité que le refus apeuré de toute hauteur.
Jean Cau

La crédulité se forge plus de miracles que l'imposture ne peut en inventer.
Joseph Joubert

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban - Ravenclaw Edition by J. K. Rowling

 Harry Potter and the Prisoner of Azkaban - Ravenclaw Edition by J. K. Rowling (Bloomsbury Childrens Books, 480 pages, 2019)


Incipit

Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard.

Oui je l'ai déjà lu. Je suis au courant. Mais voilà je trouve cette saga formidable, pleine de philosophie et de trouvailles. Et puis le Mal perd ! Non mais ! Et je commence à comprendre pourquoi cette saga me plait, elle y parle de libre arbitre, de destinée ou de déterminisme, de fraternité, de grandir, qui on est, du dérèglement du monde, bref de philosophie. Ce que confirme l'émission sur France Culture Marianne Chaillan, dans son livre Harry Potter à l'école de la Philosophie. Mais là je relis, pour la quatrième fois, mais dans une autre édition, relié, de la maison Ravenclaw. Et à chaque fois je m'immisce dans cet univers, plus profondément. A chaque lecture mon regard se convertie. 

Note: AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

dimanche 30 août 2020

In praise of shadows by Jun'ichiro Tanizaki

 In praise of shadows by  Jun'ichiro Tanizaki (Leete's Island Books, 56 pages, 1977)

Incipit :

What incredible pains the fancier of traditional architecture must take when he sets out to build a house in pure Japanese style, striving somehow to make electric wires, gas pipes, and water lines harmonize with the austerity of Japanese rooms—even someone who has never built a house for himself must sense this when he visits a teahouse, a restaurant, or an inn.

Je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi beau sur les sanitaires. Mais on entre surtout dans la pensée contemplative japonaise, de celle qui se soucie du détail, du beau, de l'esthétique, y compris voire surtout dans les objets du quotidien, là où on vit, l'essentiel en somme. Le contrepoint de l'utilitarisme et de notre occident consumériste, de la vitesse, du plastique, en un mot de la laideur (Ce qui nous semble beau étant mis en cage, enfermé dans ce qu'on appelle des musées, tout à fait dans la logique occidentale en perdition de spiritualité). J'ai, peut-être, touché légèrement du doigt l'esprit japonais, son esthétique, sa vision du monde, tout en délicatesse, en minimalisme. Les minimalistes occidentaux retrouvent cette économie matérielle mais passent complètement à côté de l'esthétique ou du raffinement japonais (L'ombre, les textures, la transparence, le silence, les sons naturels, l'harmonie, l'équilibre, les matières qui s'associent entre elles, bref une pensée globale esprit-corps-âme). Le passage sur la femme m'interroge, de celui qui enferme la femme ne laissant voir que son visage ou estimant que la femme japonaise fait tache dans un groupe d'occidentale. L'essentialisation me pose souci, dénotant des généralisations abusives, pire, le dégoût supposé de l'ombre par les occidentaux (Encore une généralisation abusive) justifie, pour des raisons esthétiques, sous-jacente à la psychologie, le rejet par la race blanche (!) des races de couleurs (!) (p. 31). Je suis stupéfait par ce genre de propos qui en une phrase réductrice, lapidaire, essentialiste, expliquerait le racisme et le trouverait ... normal. Pour des raisons  ... esthétiques. Pourquoi pas le bruit et l'odeur pendant qu'on y est, comme le proposait l'éminent intellectuel J. Chirac ? Mais les propos esthétiques de cet essai évacuant la psyché de la femme, de l'homme au sens large, le jugement est ainsi formé sur les apparences. Cependant on ne peut s'arrêter aux apparences ou alors on évite des raisonnements basés sur des faits aussi incomplets et étroits. L'impression que depuis la controverse du Valladolid, l'humain n'a guère progressé d'un pouce. J'ai apprécié les errances de cet essai, en dépit de ce qu'affirme la postface que l'occidental est habitué à thèse antithèse synthèse et une certaine structure. C'est possible. Mais je n'y adhère pas, encore un poncif d'un intellectuel en mal d'idée et qui affirme par autorité. Mais au moins il relève que le présupposé génétique qui aurait induit un goût particulier pour les ombres est un peu crétin. Bizarrement on aurait pu s'en douter, n'est-ce pas ce qu'on lit dans Candide, dans l'ouvrage de Darwin qui estime une l'humanité après son séjour en Terre de Feu, ou autre ouvrages antérieurs à cet essai ?

Note : AAAA

samedi 29 août 2020

L'ultime Mystère de Paris de Bernard Prou

 L'ultime Mystère de Paris de Bernard Prou (Anne Carrière, 331 pages, 2019)

Incipit :

Après l'affaire qui m'amena naguère à Pau afin de régler la succession de la bibliothèque du docteur Saint-Marly, j'ai amalgamé, en entorse avec la plus élémentaire déontologie, ma vie professionnelle et ma vie privée.

Un thriller ésotérique qui se lit avec avidité, rythme soutenu, meurtres, labyrinthe dans des souterrains, bibliothèques secrètes, énigmes, cryptographie, cercles d'initiés, et qui se mélange assez bien à des évènements contemporains, la guerre d'Algérie notamment et les bombes nucléaires gerboise françaises. Sur ce dernier point cela semble assez réaliste mais je ne sais la part historique, l'auteur ne le précise pas et je trouve cela dommage. Globalement c'est très bien fait, il y a des ruptures de tons un peu déroutantes mais au final je suis assez content de ce thriller. Le seul reproche est que la résolution de l'intrigue principale laisse sur sa faim (Les raisons des meurtres et le(s) assassin(s), je ne peux préciser sans divulgâcher). Les aspects alchimie et franc-maçonnerie ajoutent un aspect mystérieux et mystiques à l'ensemble qui se marrie bien à la grande histoire et propose une explication intéressante sur la pierre philosophale, un peu différente de celle d'Harry Potter ha ha.

Note : AAAAAAA

Harry Potter and The Chamber of Secrets House Edition Hufflepuff by J.K. Rowling

 Harry Potter and The Chamber of Secrets House Edition Hufflepuff by J.K. Rowling (Bloomsburry, 384 pages, 2018)

Incipit :

    CHAPTER ONE
The Worst Birthday
Not for the first time, an argument had broken out over breakfast at number four, Privet Drive.

Oui, je suis au courant, je l'ai déjà lu il y a seulement un peu plus d'un an. Que voulez-vous ... J'y pris à nouveau grand plaisir. Je me posais des questions sur le bien et le mal, en particulier sur Lucius Malfoy qui, par son action, a failli faire tuer, en tout cas a des intentions clairement meurtrière et qui s'en sort facilement par une petite tape sur la main et la perte de son familier. D'un point de vue de la justice temporelle il y aurait à redire, quant à Dumbledore, il avait peut-être derrière la tête un plan plus stratégique. Il n'empêche que Lucius s'en sort bien pour des visées clairement racialistes. Un ministre de la magie fantoche, un conseil soumis, un innocent envoyé en prison pour des raisons de communication, cela interroge beaucoup et il en est bien ainsi, cela permet des échanges fructueux avec ses enfants. Enfin, je le suppose.

Note : AAAAAAA

Le voyage initiatique de Daniel Béresniak

 Le voyage initiatique. L'enseignement des dieux de Daniel Béresniak (Detrad, 151 pages, 2013)

Incipit

"Lève-toi et marche !" Ces mots sont trop familiers, au moins dans l'espace judéo-chrétien, pour être connus.

Sur le conseil de lecture d'une amie j'ai lu ce livre avec plaisir. Cela résonnait bien avec ma randonnée cet été dans le Limousin. J'y ai retrouvé Gilgamesh mais avec une histoire sensiblement différente de celles que j'avais lu (Stephen Mitchell, Jens Harder), quant au Graal cela m'a rappelé Excalibur de Boorman mais aussi Indiana Jones 3, mais surtout qu'il me faudrait lire Chrétien de Troyes. Je n'ai pu m'empêcher d'y voir des liens assez fort avec La Montagne Magique (Par exemple p.143 sur le mythe du héros). Et bien sûr Harry Potter qui comporte aussi beaucoup l'usage du nombre sept comme dans le roman de Thomas Mann. A une époque de tourisme de masse,de Google Street, d'un perte de sens, que signifie encore voyager ? Sylvain Tesson y répond à sa manière, en Sibérie par exemple ou sur les chemins noirs, mais pour moi qui ne m'isole pas près du lac Baïkal, est-ce que je voyage ? Humm dans le Limousin oui ... Est-ce que cela m'a élevé ? Je me rappelle cette randonnée à la cascade de la Tine. Clairement j'y ai trouvé plus que de l'eau qui tombe.

Note : AAAAAAA

dimanche 23 août 2020

La Montagne Magique de Thomas Mann

La Montagne Magique de Thomas Mann (Livre de poche, 1169 pages, 2019)

Incipit :

Un jeune homme simple quitta sa ville natale de Hambourg, au plus fort de l'été, pour se rendre à Davos, dans le canton des Grisons.
Un livre qui nous emmène dans un voyage, à travers l'espace et le temps, comme un songe, une rêverie. Distorsion du temps, hors de l'espace commun, celui des hommes dans un monde profane. Ceux d'en Haut (Espace sacré) échappant à une routine des destins de l'Histoire. Ce livre parle de la Mort, omniprésente, et donc de la vie, de ses codes sociaux, de ses enjeux intellectuels qui y trouvent toujours place. Cela interroge notre humanité et induit une réponse intuitive sur notre origine, qui nous sommes et où nous allons. Il y a plusieurs manières de modifier notre perception du temps, l'auteur en parle lui même dans sa manière d'écrire au sein de cette histoire, mais la longueur du livre elle-même va œuvre sur le lecteur, l'auteur étant un Shaman qui va nous modifier notre état de conscience à plusieurs niveaux. Cela suit le mythe du héros (Campbell 1, Campbell 2), et les archétypes des religions (Eliade), un voyage initiatique en somme (Comme chez Jules Verne 1, Jules Verne 2, CF. Jules Verne et le roman initiatique de Simone Vierne), une catabase comme chez Homère (L'odyssée, Harry Potter 1, deuxième histoire dans Thorgal 1), où le héros se transforme après un passage via la mort, une deuxième renaissance. Une traduction claire, avec force annotations sur les références pas forcément évidentes (notamment celles du Faust de Goethe, même si j'aurais reconnu a minima La nuit de Walpurgis, car ayant lu Faust aux 3/4 cet été et l'ayant abandonné, c'est bien écrit, il y a de beaux vers mais l'histoire est assez mal racontée, par exemple la rencontre entre Faust et Méphistophélès est médiocrement expédiée, mal exploitée, nase. Le film La Beauté du Diable est bien mieux à ce titre. Et puis les chapitres manquent de liant, bref très déçu). Un grand roman, puissant, ramifié, complexe (ce qui ne veut pas dire compliqué : riche en somme). La traductrice propose une postface assez érudite qui m'a permis de comprendre certaines choses qui m'avaient échappées (Notamment le contexte de l'écriture du roman, paru dans l'entre deux guerre, en 1925, mais aussi la réception de cet ouvrage par Gide et la germanophobie française de l'époque, ou encore les liens avec l'oeuvre Proust ou Bergson). Je recommande. En fait il y a beaucoup trop à dire sur ce roman ... mais il n'en reste pas moins vertigineux.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA


samedi 22 août 2020

Qu'est-ce que la connaissance ? de Julien Dutant

 Qu'est-ce que la connaissance ? de Julien Dutant (Vrin, 128 pages, 2018)

Incipit :

Lorsqu'on demande à un philosophe ce qu'est la connaissance, on attend de lui une explication de ce en quoi elle consiste - une théorie de la connaissance.

Déjà je pense avoir à peu près tout suivi et compris. Une gageure sur un livre qui fouille dans le détail la notion de connaissance. C'est suite à une article de Science & Vie (N° 1235, août 2020) sur la démonstration mathématique de la croyance en Dieu que ce sujet m'a intéressé. Mais également à la suite de Free Will, m'interrogeant sur nos fondations mêmes. Cette démonstration de S&V est de suite reformulée dans le sous-titre par "selon les règles de la logique, l'existence de Dieu est nécessaire !" puis dans l'article que Dieu n'est pas véritablement prouvé mais que ne pas croire en la démonstration relèverait de l'irrationnel. Déjà reformuler à qui mieux mieux la problème initial ne va pas en la faveur d'une rigueur scientifique très claire. Mais je ne vois pas en quoi il est plus rationnel de démontrer mathématiquement ce qui relève de la croyance, de la foi et qui échappe en quelque sorte à la connaissance, cette dernière s'appuyant sur quelque chose de réel (Voir les définitions du réel et de la réalité). Il n'est pas clairement étayé non plus que la croyance aux licornes vaudrait moins que la croyance en Dieu sous prétexte que Dieu aurait plus qualités. Dans Harry Potter et la pierre philosophale la Licorne a bien également toutes les qualités de pureté (D'où mon 'L' majuscule). Il semble que se mêlent à tout cela des 'jeux de langage'. Rien que l'athéisme a une définition large et une réduite (Apparait plus clairement dans l'article Wikipédia anglais que celui en français). Mais l'article reprend une démonstration assez ancienne (Saint-Anselme) déjà démontrée au milieu du XXème siècle par Kurt Gödel, il s'agit de l'argument ontologique. Donc rien de vraiment nouveau d'un point de vue argumentaire. Le problème de cet argument, pour faire court et de manière lapidaire, est qu'il présuppose ce qu'il prétend démontrer (Comme le "Je pense donc je suis". Dès le premier "Je", la démonstration peut déjà s'arrêter, ce qui rend circulaire le raisonnement la phrase de Descartes ou la proposition une tautologie). L'avancée réelle, donc, apportée par l'article est en fait l’utilisation de l'informatique pour valider la démonstration de cet argument ontologique par Kurt Gödel, et d'ailleurs y trouver au passage une faille dans ce raisonnement. Mais au final n'est pas clairement séparé l'existence de Dieu de la croyance en l'existence de Dieu, le lien entre langage et réalité, le langage étant un outil permettant d'échanger mais avec un lien diffus avec la réalité (Richard Dawkins le rappelle très bien dans son livre Le gène égoïste, certains croyant aux mots au point d'oublier que les mots sont supposés être un reflet du réel et donc en oublie ... le réel). Bref, suite à cet article j'ai souhaité creuser le sujet, sur connaissance, ignorance, vérité, science et croyance. En premier lieu un livre sur l'épistémologie (de Guillaume Decauwert), un livre sur Philosophie de la connaissance (Dutant et Engel) et ce livre sur "Qu'est-ce que la connaissance ?". Je n'ai pas été déçu, on voit comment cette notion de connaissance est un sujet plus complexe, plus profond, plus difficile qu'il ne pourrait paraître de prime abord. Mais je regrette que cet livre ne soit pas plus clair entre la connaissance qu'à le sujet et la connaissance objectif "indépendante" du sujet. C'est la connaissance au sens un peu classique de "je connais" qui est tout de même liée à la vérité, au vrai, mais comme ces deux dernières notions ne sont pas approfondies on s'attache surtout à ce qu'il est possible de connaitre et ce qu'on entend par connaissance, au niveau de l'individu. Et distingue certitude, ou exonère l'erreur en cas de bonne foi. Cela parle de croyance mais au sens de "je crois que les clés sont dans le tiroir" ce qui n'est pas la croyance au sens de la foi qui n'est pas explicitement évoquée ici non plus. Ce livre montre les recherches sur la connaissance, définition, mais aussi formalisme avec le système formel (calcul des propositions et des prédicats), cela me rappelle quelques souvenirs de programmes en Prolog tout ça ... La deuxième partie reprend quelques sources (B. Russell, voir Logicomix, Peter Unger) et cite Wittgenstein plusieurs fois ce qui m'évoque aussi quelques souvenirs (Enquête, biographie). Globalement ce livre résume assez bien la problématique et les enjeux ainsi que les lignes de dissension entre les différents philosophes. J'ai particulièrement apprécié le trilemme d'Agrippa (P. 86) ainsi que les commentaires suite aux deux testes de B. Russell et Unger mais je reste sur ma faim en ce qui concerne le vrai, la vérité voire la Vérité et la distinction entre la connaissance qu'a un sujet et une connaissance qui serait indépendante du sujet (si elle existe). Le livre semble dire que cette distinction n'a pas d'importance au final et là-dessus il me faudrait y réfléchir plus intensément. Certes un groupe qui renforcerait ou aurait la même connaissance n'est pas un gage (Voir le film Le village de Night Shyamalan, ou le communautarisme ou tout type de groupe cohérent en leur sein, ou à peu près, y compris les complotistes) et puis il y a toujours la position style The Matrix, impossible de savoir si nous sommes dans une simulation (Je prends l'hypothèse qu'il n'y a ni Neo ni Morpheus), ou pire comme dans Simulacron-3 (en film soit Le monde sur le fil ou Passé virtuel) qui explore peut-être la régression infinie et nous perds dans une spirale sans fin. Au final un livre vivifiant et édifiant, un sujet passionnant, je me suis éclaté ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 

 “Those who can make you believe absurdities, can make you commit atrocities.” ― Voltaire.

dimanche 16 août 2020

Free Will by Sam Harris

 Free Will by Sam Harris (S & S International, 96 pages, 2012)

Incipit :

The question of free will touches nearly everything we care about.
J'avais des doutes. Je n'en ai guère plus. En ce qui concerne le libre arbitre ... nous n'en avons pas. Une illusion. Illusion utile d'un point e vue évolutionniste, rassurante, mais une illusion tout de même. J'avais regardé quelques vidéos sur le sujet (Voir mon post sur Parlez-vous cerveau) et Alex parlait de cet essai de Sam Harris. Quel que soit la manière d'y penser, de tourner autour, d'essayer de s'en sortir, ben non pas de libre arbitre. Faudra vous y faire. Cela ne veut pas dire être fataliste, ne rien faire ou ne pas essayer d'influencer pour une meilleur société ou excuser les criminels, ces points sont d'ailleurs adressés car effectivement cela peut donner le sentiment d'un "à quoi bon" délétère alors qu'en fait on peut faire comme l'auteur et s'améliorer ou se complaire dans l'illusion (Comme le traitre dans le film Matrix) ou comme l'auteur le dit en reprenant l'illustration de la couverture "A puppet is free as long as he loves his strings". Après les trois blessures narcissiques de l'humanité (Copernic, Darwin, Freud) et peut-être une quatrième avec l'I.A. (Défaite du meilleur joueur d'échec et récemment de Go), qu'on pourrait attribuer à John McCarthy ? Ou à Alan Turing ? bref, cette perte de libre-arbitre pourrait en être une cinquième (A moins qu'elle ne se cumule à celle de Freud qui disait
"malgré toutes les apparences et les croyances, l'homme n'était jamais le souverain de son âme" à quoi s'ajouterait, modification toute personnelle, "malgré toutes les apparences et les croyances, l'homme n'était jamais le souverain de son esprit").

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Parlez-vous cerveau de Lionel Naccache

 Parlez-vous cerveau de Lionel Naccache (Odile Jacob, n pages, 2100)

Incipit :

C'était un peu avant l'été, ce détail saisonnier qui peut paraitre incongru a ici sa petite importance.
Un recueil de chroniques radio dont l'ambition est de donner au citoyen honnête et curieux quelques éléments de base sur le cerveau, que ce soit sur la plasticité du cerveau, la dissonance cognitive ou encore la conscience de soi. C'est un peu léger et m'a laissé sur ma faim. Néanmoins on apprends tout de même plein de chose, notamment The Rubber hand Illusion. Qui me rappelle un peu l'expérience de l'INRIA (Six fingers illusion) en réalité virtuelle, pour nous faire accroire qu'on avait un sixième doigt ! Tout ça à cause d'échange avec un joueur de Go sur la conscience, le libre arbitre, les croyances ou qu'est-ce que penser/créer/etc. J'ai regardé pas mal de vidéos (Par exemple Alex de ComicSkeptic, ou Stephen Woodford de Rationality Rules) sur le sujet ce qui m'a amené à d'autres ouvrages. Cet ouvrage effleure ce libre arbitre et ne tend pas à dire que nous en ayons beaucoup. Cela parle un peu aussi de nos biais cognitifs. D'ailleurs le "Je pense donc je suis" n'est pas contradictoire mais un argument circulaire, le premier 'Je' étant préexistant dans le "Je pense" au "je suis" qui suit. Donc faut déjà être avant même de penser (Dire 'Je' suffit en fait, et puis si on existe pas, de facto on pense pas). L'argument ontologique qui sert aussi à prouver l'existence de Dieu, donc non cet argument circulaire ou tautologique ... ne marche pas. Mais comment sait-on que ce qui existe existe ? Qu'est-ce que le réel ? Et donc au bout d'un moment on se demande sérieusement comment notre cerveau fonctionne, qu'est-ce que penser, raisonner, qu'est-ce que croire, est-on libre de nos actions ? En méditant je me disais de plus en plus que non. Mais après tout s'observer n'est pas en soi une preuve, on peut mal s'observer par exemple. Et prendre son cas pour une généralité est une erreur. Donc attention aux inductions hâtives. Bref il me fallait un peu plus de matière pour échanger avec ce joueur.

Note : AAAAA

That which can be asserted without evidence, can be dismissed without evidence.” Christopher Hitchens.