vendredi 20 mars 2020

Pierre, de Christian Bobin

Pierre, de Christian Bobin (Gallimard, 96 pages, 2019)

Incipit :
Je me moque de la peinture.

Un livre de sensations, sur un postulat irréel, la visite impromptue de l'auteur chez Pierre Soulages. L'incipit est rigolo vu que je viens de commencer un livre de Kerangal, Un monde à portée de main, qui porte sur la peinture. Vous vous en tapez complètement, je m'en doute bien. Je commence à apprécier Christina Bobin, il était temps. Et puis au détour de ses errances, des phrases qui font mouche. Il a l'air évocateur des démiurges, faisant naitre ne moi des images inédites ou des pensées fugaces. Gloire lui soit rendu en cette période de confinement. Quelques phrases que j'ai noté ? ok.


p. 7 : « Je cherche le surgissement d’une présence, l’excès du réel qui ruine toutes les définitions »

p. 8 : « Il y a une présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant »

p. 11 : « Je ne vois jamais photographiquement mais en esprit, ce qui est l’exacte façon de voir »

p. 22 : « Je t’aime assez pour me mettre en travers de ta mort et l’empêcher d’avancer ».

p. 38 : « Nous devrions savoir d'abord que tout est loin à jamais, sinon ce ne serait pas la vie» (De Dhotel en fait, mais cité)

p. 74 : « Mourir c'est laisser ses sandales sur le seuil du temps, pour entrer pieds nus dans la chambre d'une rose ou dans l’œil renversé d'une poupée »

p.88 :  « Qu'il est sublime de tâcher d'être humain et sourire d'échouer si parfaitement »

p. 93 : « La grande amitié c'est d'oser dire ses désaccords, faisant sursauter écureuils et étoiles »

p. 95 :  « L'intérêt des livres, c'est qu'ils taillent nos yeux, retendent la chair de nos âmes  »

Note : AAAAAA

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