vendredi 24 avril 2020

ABC La Kabbale de Daniel Souffir

ABC La Kabbale de Daniel Souffir (Grancher, 288 pages, 2014)

Incipit :
Bienvenue !
Entre, n'aie pas peur.
Une excellente introduction sur la Kabbale, une autre approche que La rose aux treize pétales ou L'arbre de vie selon la Cabale, plus pragmatique, presque du coaching si ce mot ne me hérissait pas le poil, surtout dans le domaine spirituel. Une entrée en manière claire, encourageante. Vers la fin cela me parlait moins. Le guide des lettres hébraïques et leurs correspondances, comme pour l'astrologie et ses planètes, et le discours mystique de la fin, hummm, non, pas trop pour moi. Là on entre dans la croyance et une pratique quasi religieuse. Mais cela reste une bonne entrée en matière.

Note : AAAA

lundi 20 avril 2020

Où atterrir ? de Bruno Latour

Où atterrir ? Comment s'orienter en politique de Bruno Latour (La découverte, 156 pages, 2017)

Incipit :
Cet essai n'a pas d'autre but que de saisir l'occasion de l'élection de Donald Trump, le 11 novembre 2016.
Un livre qui présente de manière claire, argumentée, sourcée, les trois phénomènes majeurs récents qui ont chamboulé la politique et qui redéfinissent notre avenir, pour peu que nous en prenions conscience et que la politique s'en saisisse. L'auteur analyse clairement ce qu'il se passe et comment les fractures idéologiques ont été modifiés et que malgré leur obsolescence reconnues par les politiques autant que par les médias restent sur le même axe d'analyse ce qui fait qu'on n'y comprend plus rien. L'élection de Trump a permis de clairement définir le nouvel axe (au point où l'auteur le ... remercie). Dans le sens de Trump c'est celui du déni, de ressources infinis, de la consommation à outrance. Qui sert ceux qui sont conscient qu'une planète est insuffisante pour tous et qu'il va y avoir de la perte. Mais, estiment-ils, pas pour eux. Et donc de l'autre côté de cet axe, celui de la raison, de la prise en compte de la biosphère, de l'ensemble des êtres qui l'habitent, qui forme un tout, le Terrestre. Ce que Philippe Descola explique parfaitement (Par exemple le podcast sur la pandémie, mais vous pouvez en trouver plein d'autres sur France Culture). Cela fait écho à Mark Alizart Le coup d'état climatique, ou encore à François Roddier La thermodynamique de l'évolution, ou encore à Yuval Noah Harari 21 lessons for the 21st century. Voir également le site de Bruno Latour. Ce livre propose les fondations d'une société post-pandémie, une nouvelle possibilité de mise en place de la politique Gauche/Droite mais autour d'un nouvel axe. C'est fondamental pour que la politique retrouve son rôle, qu'enfin tout le monde comprenne et s'y retrouve, et ne pas laisser les plus malins, les plus riches, mener leur programme funeste (Y compris Bill Gates qui se repeint en chevalier blanc, avec une hagiographie Netflix, mais qui a quand même quelques journalistes pour y voir un peu plus clair, comme ici et ici, qui ne donne que 50 millions alors que le fondateur de Twitter 1 milliards. Au regard de la fortune colossale de Bill Gates (105 milliards en 2019),  il s'agit bien d'une opération communication ... à petit budget). Revenons à ce livre. Un livre fondateur, à lire absolument. Comme les autres ouvrages de Bruno Latour et ceux de Descola.

Note : Il s'agir de sauver la planète, alors ... note infinie

mercredi 15 avril 2020

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier (Le livre de poche, 218 pages, 2018)

Incipit :
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189...
Je souhaitais un jour relire Le grand Meaulnes, une lecture adolescente qui m'avait marqué, l'impression pour la première fois de vivre un rêve éveillé. Je parle de la soirée de la fête au Domaine, je trouvais cela magique, cela m'a envoûté. J'ai compris à cette occasion le pouvoir des mots, comment ils pouvaient manipuler vos émotions intimes. Puis je me rappelais vaguement que cela se terminait 'pas très bien', qu'il partait à la guerre. En fait, pas du tout j'avais complètement oublié la suite de la fête. J'ai pris beaucoup de plaisir à le relier, même si le côté tragique est un peu plombant. Mais c'est d'un romantisme fou. Le plus troublant est que j'ai découvert à cette occasion à quel point c'est lié à l'enfance de l'auteur et à son amour contrarié. Cela transparait clairement dans la courte chronologie de la vie de l'auteur, à la fin de l'ouvrage. Je me suis mis à le lire en apprenant dans le NouvelObs la sortie en Pléiade de ce livre, puis le jour même où je comptais le commencer, son passage au Masque & la Plume. A ce propos Arnaud Viviant, au masque est, une fois de plus, imprécis, disant, je crois, avoir vu le mot adolescence deux fois. Il apparait sept fois. Trois fois au début, une fois au milieu et deux fois vers la fin. Ok, j'ai l'avantage d'avoir utilisé le logiciel Tropes. Mais ce passage sur l'adolescence, comme concept récent, et le fait qu'à l'époque on passait directement de l'enfance au monde adulte, me paraissait censé, et ce livre est bien cela. Donc j'ai été attentif à cela lors de ma lecture. S'il s'agit bien d'un passage alors peut-être n'est-ce pas un hasard que le substantif le plus usité est le mot 'porte' qui apparaît 113 fois. Que les deux adjectifs les plus usités sont petit (171 fois) et grand (320 fois). Mais je vous laisse avec mes analyses personnelles. J'ai été très heureux de relire ce livre qui m'a rappelé, de très nombreuses années après, mon adolescence.

Note : AAAAAAA

lundi 13 avril 2020

Une chambre à soi de Virginia Woolf

Une chambre à soi de Virginia Woolf (10/19, 171 pages, 1996)

Incipit:
Je sais, vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman.

Un essai très bien écrit, fin, drôle parfois, très ironique. Mais d'un autre côté, devant le constat du patriarcat et de la mise sous le boisseau de la moitié de l'humanité, il y a de quoi. Cela dit beaucoup de notre société dite moderne. Le sexisme n'a pourtant toujours pas disparu. Le mépris des femmes non plus. Les violences conjugales encore moins, qui ont augmentées gravement en cette période de confinement. Mais c'est aussi un hymne à la création et au roman en particulier. Je lis un livre atelier D'écriture de Laure d'Astragal qui dit, dans son ouvrage page 55 "../.. il est toujours plus efficace de faire comprendre les choses que de les dire". Et j'ai trouvé ce conseil, illustré, lumineux. J'ai pu constater comment Virginia Woolf utilisait à bon escient ce qui relève de la bonne littérature. Par exemple p.39 au lieu de dire "../.. une chambre banale, ../.." elle écrit "une chambre, comme des milliers d'autres, ../..". Là j'ai pris un exemple simple mais il y en a des bien plus aboutis(p. 42 avec l’aloès, ou les huiles essentielles de la vérité). Elle utilise aussi des couleurs, évocatrices, p. 48 le noir serpent de la colère,  p.50 ils ont été écrits à la lumière rouge de l'émotion et non à la lumière blanche de la vérité. Virginia W. a une analyse fine, sociologique, de l'humanité, p. 98 qui remet en cause le génie solitaire ex nihilo, p. 103 sur la révolte (au sens Camusien ?), p. 104 sur la pauvreté source de déclassement social total (Que Bourdieu et sa Distinction n'a fait que confirmer, et sa remarque perfide à l'encontre de Camus de montrer, à l'instar de Sartre, le mépris de classe d'un petit bourgeois), bref, p.162 que la liberté intellectuelle dépend des choses matérielles (D'où le titre de son ouvrage). Elle a d'excellentes recommandations pour écrire un roman, sur la création (p. 159). Elle est drôle, sur les "experts" qui mettent les gens dans des cases (p. 158) ou sur l'impossibilité des femmes d'écrire (p. 162). Bref, comme elle le dit si bien, laisser la ligne de la pensée s'enfoncer profondément dans l'eau du fleuve (p. 163). Une belle lecture ...

Note : AAAAAAAA

samedi 11 avril 2020

Odyssée d'Homère

Odyssée d'Homère (Pléiade, pages 561-878, 2013)

Incipit :
C'est l'homme aux mille tours, Muse, qu'il faut me dire, Celui qui tant erra quand, de Troade, il eut pillé la ville sainte, celui qui visita les cités de tant d'hommes et connut leur esprit, Celui qui, sur les mers, passa par tant d'angoisses, en luttant pour survivre et ramener ses gens.

Un classique de la littérature. Que je n'avais jamais lu. J'ai tenté l'Iliade pour commencer dans l'ordre, mais ces joutes verbales et ces Dieux belliqueux et si humains dans leurs comportements violents ne m'ont pas incité à poursuivre. Et puis les batailles, bof. L'Odyssée en revanche est une aventure pleine de rebondissements avec des voyages, comme de celui de l'Hadès, ou ce passage entre Charybde et Scylla, sont passionnants et éminemment symboliques, repris parfois dans certains proverbes. La structure est relativement complexe, ce qui ne veux pas dire compliqué, le travail de Pénélope, repris là aussi dans les proverbes, est évoqué mais en fait décrit lors du passage dans l'Hadès à la toute fin. J'aime bien cette richesse et ces ramifications. Le lire en Pléiade est bien sûr un plaisir de fin gourmet, surtout en cette période de confinement. D'autant que je suis malade alors me réfugier dans cet imaginaire est une véritable évasion. Et pour éviter de postillonner mes miasmes sur le papier Bible, je lis avec un masque. Je lis confiné, en somme.

Note : AAAAAAAAAA

Le mythe de Sisyphe d'Albert Camus

Le mythe de Sisyphe d'Albert Camus (Folio essais, 189 pages, 2018)

Incipit :
Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide.
Je ne comprends pas qu'on puisse reléguer Camus à un philosophe pour lycéens. Ce livre a des passages complexes, fait appel à une culture diverses (entre autre grecque) et pas que littéraire (Entre autre Plotin, Kierkegaard, Pascal, Nietzsche). Le thème n'est pas que l'absurde mais si ce thème est central, mais il y a l’existentialisme que d'une certaine manière Camus critique, ce qui, après L'homme révolté, ne fera que creuser l'écart avec Sartre. J'ai regardé quelques vidéos youtube (Par exemple La Grande Libraire, Les vies d'Albert Camus, j'ai abandonné celle de Michel Onfray car la personne qui fait l'interview n'a pas compris ce qu'une une interview, prise de parole longue, questions longues, parle comme si elle était en conversation avec Onfray oubliant le public, s'écoutant parler etc.). Je pourrais extraire une bonne dizaines d'idées fortes. Je ne tirerais que deux, à vous de le lire pour le reste.

"Un homme est plus un homme par les choses qu'il tait que par celles qu'il dit". p. 117

"Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne le fidélité supérieure qui nie les lieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux". (page 168).

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAA

L'exil et le royaume d'Albert Camus

L'exil et le royaume d'Albert Camus (Folio, 187 pages, 2007)

Incipit :
Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l'autocar aux glaces pourtant relevées.

Un recueil de six nouvelles. Je les ai toutes appréciées à l'exception de la dernière. Avec une préférence sur la nouvelle Jonas, qui me semble assez inspiré de la vie compliquée de l'auteur. Une autre sur l'endoctrinement, si je puis dire, est forte, violente. On y retrouve les thématiques chères à l'auteur notamment l'exil, l'étranger, l'humanisme, la violence, la création, l'absurde, la vie. J'avais étudié au lycée l'une des nouvelles, et ce souvenir était resté ancré en moi. J'ai pris plaisir à les lire (sauf la dernière donc), c'est bien écrit, c'est entrainant. J'aime bien Camus.

Note : AAAAAA