dimanche 3 mai 2020

La composition des mondes de Philippe Descola

La composition des mondes de Philippe Descola.Entretiens avec Pierre Charbonnier (Champs essais, 380 pages, 2017)

Incipit :
Pierre Charbonnier. - On s'imagine souvent que la vie d'un anthropologue doit être un roman d'aventures et que, bien avant d'en faire un métier, il faut avoir développé un goût pour le voyage et pour l'autre. Qu'est-ce qui dans votre parcours, a pu vous conduire sur cette voie ?


Un livre d'entretien qui contient quelques anecdotes intéressantes sur le parcours de l'auteur, sur l'histoire récente et mouvementée de l'anthropologie. Avec nos dirigeants fana d'indicateurs, de ROI, de rentabilité, etc. l'auteur n'aurait pu ouvrir son cours qui, au début, ne comptais que trois étudiants. Le genre de calcul qui tue à petit feu les humanités. Un regard profond et dense sur l'anthropologie. Parfois difficile à suivre. L'auteur regrette que l'écologie et l'anthropologie ne soit pas enseignés à l'école. Je confirme, c'est regrettable. Mais il a peu de poids sur nos politiques ... alors moi. Ce livre contient un message écologique fort, au sens d'un système global qui inclut les humains et les non humains. Au passage ce qui ressemble à un petit taquet gentillet à Michel Serres, citant son livre "écrivains, savants et philosophes dont le tour du monde", ce qui m'a incité à l'acheter. Plus que la thèse de Descola qui me semble ardue. Pas très regardant sur les vols et pillages des objets qui ont nourrit le musée Quai Branly (Il a été lié à sa création), tout en soulignant les dégâts de la destruction des totems sur les peuples (qui en tombent malade), donc il parle peu de ce pillage, bien plus des lois pour ne pas restituer, mais utilise tout de même le terme. Globalement cet ouvrage est un hymne à la vie, pour une vie globale de tous les êtres vivants. Un véritable projet transcendant. Les humains en seront-ils capables ? Un très beau livre, aux messages profonds et édifiants. Il rejoint et complète les ouvrages de Prançois Roddier, Claude Lévi-Strauss, Bruno Latour, Edgar Morin, Abdennour Bidar, Michel Serres, Jean-Claude Carrière, Mark Alizart (mais aussi sur le climat), bref des auteurs qui pensent la globalité, la complexité, l'avenir. Je pourrais y ajouter Pacôme Thiellement et son livre La victoire des sans Roi. Bref un ouvrage qui ouvre l'esprit et propose des perspectives, comme le livre La Voie d'Edgar Morin (Lecture en cours). Je vois bien aussi les trois couches pour l'anthropologie, tout d'abord l'ethnographie (Un stage en immersion dans une peuplade aux confins de l'espace-temps, ici les Ashuars), l'ethnologie qui voie un peu plus large, induction avec des ethnies proches ou au niveau d'un continent, et l'anthropologie qui a un spectre global au niveau de l'humanité (Je résume, l'auteur décrit bien mieux que moi). C'est aussi une bonne introduction sur ce métier transdisciplinaire qui amène à un relativisme tout à fait salutaire.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA

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